Editorial

La Trinité de Dieu,
condition de la primauté ici-bas de la charité

Le temps de Pâques se prolonge par un chapelet de fêtes lumineuses qui s’achèveront avec la célébration le 29 juin du martyre des apôtres Pierre et Paul, les « deux colonnes de l’Église ». Dimanche dernier nous avons vécu une Pentecôte exceptionnelle, avec d’un côté le pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, par un temps magnifique, rehaussé lundi à Chartres par les paroles fortes du cardinal Sarah, et de l’autre la venue de la relique du cœur de S. Padre Pio, qui a attiré des centaines d’autres pèlerins dans notre église.

Aujourd’hui, voici la fête de la Sainte Trinité. La Trinité : une notion bien abstraite semble-t-il, après la ferveur populaire qui a entouré la vénération de la relique. Ce genre de dogmes dont certains disent « qu’ils ne nous rejoignent pas dans notre vie ». Quelle erreur ! L’affirmation de la tri-unité de Dieu est la lumière la plus vive qui puisse être jetée pour éclairer le mystère de la nature humaine.

Dieu est une communion de Personnes à ce point unies dans l’amour qu’elles ne font qu’un. C’est parce qu’il est communion d’amour que Dieu veut entrer en relation avec les hommes : pour établir avec eux ce qui existe déjà en lui. Et c’est bien ce qu’enseigne S. Paul : l’Esprit Saint nous est donné pour nous intégrer à l’une de ces Personnes, celle du Fils. Pour que justement nous puissions appeler Dieu notre Père. Ainsi, sans cesser d’être le Dieu saint, transcendant, absolu, Dieu devient pour nous un proche, notre Père. Et cela par Celui qui s’est rapproché de nous au point de revêtir notre nature : le Fils qui s’est fait homme et qui nous incorpore à lui par le baptême. Nous sommes donc inclus dans l’être même de Dieu. Telle est la magnifique destinée qui s’offre à nous par la révélation du mystère de la Trinité : parce que Dieu est Trinité, chacun de nous est appelé à entrer dans cette communion d’amour et à y occuper la place du Fils pour vivre du Père par l’action de l’Esprit Saint.

La tri-unité de Dieu nous concerne donc au premier chef. Et elle nous explique le pourquoi de notre existence : si Dieu n’était qu’un monolithe – ce qu’enseigne le monothéisme des juifs ou des musulmans –, il n’y aurait aucune raison pour qu’il crée quelque chose hors de lui. Car la perfection résiderait dans l’Un qu’il est. Mais si la perfection réside dans l’Unité de plusieurs, alors il y a place pour autre chose que Dieu, pour une Création librement voulue par Lui. En somme, nous existons comme êtres uniques, substantiels, différenciés, comme véritables vis-à-vis de Dieu, et en même temps comme êtres sociaux, désireux de communion, appelés à l’unité, parce que Dieu intègre en lui l’altérité et qu’il la ressaisit dans l’unité de sa nature. C’est parce que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de la Trinité que l’amour est au cœur de notre vocation humaine, que la charité, selon les dires de S. Paul, est la voie la plus haute, celle qui ne passera pas.

Une occasion magnifique de manifester notre fierté d’être chrétiens et notre unité autour de l’Eucharistie nous est offerte par la procession du Saint-Sacrement qui aura lieu dimanche prochain en lien avec la paroisse S. Elisabeth de Hongrie. Venons-y nombreux, dans un esprit de prière pour ce monde qui se fait tant de mal en ne voulant pas reconnaître son origine en Dieu, en ce Dieu qui s’est fait si proche de nous dans l’eucharistie.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 27 mai 2018

La Promesse du Consolateur,
don du Père et du Fils

En ce 50ème jour après le matin du dimanche de la Résurrection, neuf jours depuis le Jeudi de l’Ascension, alors que la Vierge Marie priait avec les Apôtres, la promesse du Père et du Fils se réalise. Le vent, le feu d’une nouvelle loi se manifeste en dépassant celle des 10 commandements et de l’alliance du désert au Mont Sinaï. Le nouvel Isaac, le véritable Agneau pascal, le Fils de l’Homme, le Fils de Dieu a été sacrifié. Son sang et son innocence nous méritent le pardon du Père. Son Esprit vient distribuer ces mérites divins et humains. Le Consolateur avait commencé par former l’Enfant-Jésus en la Sainte Vierge Marie. Le Christ a accompli les œuvres du Père par ce même Esprit. Maintenant, les grâces de la Crucifixion et de la Résurrection sont répandues sur la terre à travers les siècles.

A chaque fois qu’une figure paternelle veut tout donner, veut pardonner jusqu’à offrir ce qu’il a de plus précieux afin de racheter l’injustice du péché, l’indifférence du pécheur, c’est le Père qui donne son Fils. Leur amour éternel réalise et diffuse le salut à travers l’humanité, à travers l’Eglise fidèle comme la Vierge Mère debout au pied de la Croix. C’est pourquoi tout homme doit avoir une dévotion particulière pour celle qui a été choisie comme instrument vivant et libre du Sauveur. Elle est la mère tandis que saint Joseph représente le Père. Que de grâces à travers des siècles de prières…

Un prêtre comme le Padre Pio est tout à la fois une figure du Christ souffrant qui célèbre le Saint sacrifice de la Messe, celle du Christ vivant aux cinq plaies lumineuses et glorieuses, et la face du Père qui pardonne à plus de deux millions de pénitents. Un saint prêtre est la manifestation du Consolateur promis. C’est pourquoi nous devons remercier Dieu de nous donner visiblement des saints et des saintes pour manifester la présence de l’Esprit-Saint qui agit dans les âmes. Tandis que les uns marchent sur le chemin de la contemplation et de la pénitence corporelle, les autres se recueillent auprès d’un cœur sacerdotal docile aux inspirations de la Pentecôte victorieuse.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 20 mai 2018

Mai, le mois de Marie.

Comme vous le savez, on entend parfois dire que le « mois de mai est le plus beau des mois », non seulement parce que le printemps s’installe, mais surtout parce que se multipli(ai)ent les célébrations mariales. La dédicace d’un mois à une dévotion particulière relève en effet de cette piété populaire qu’affectionne le pape ; elle est néanmoins récente, guère antérieure au 18e siècle.

Le mois de S. Joseph (mars), né à Viterbe, fut approuvé par Pie IX (1855) ; le mois du Rosaire (octobre), né en Espagne, approuvé par Pie IX, se répandit sous Léon XIII (1883) ; le mois du Sacré-Cœur (juin), né à Paris en 1833, fut approuvé par Pie IX (1873) ; on connaît encore le mois du S. Nom de Jésus approuvé par Léon XIII en 1902 (janvier), le mois du Précieux Sang approuvé par Pie IX en 1850 (juillet), le mois du Cœur Immaculé de Marie (août), le mois de Notre-Dame des Douleurs approuvé par Pie IX en 1857 (septembre), le mois des âmes du Purgatoire approuvé par Léon XIII en 1888 (novembre), le mois de l’Immaculée Conception (décembre)…

Le mois de Marie qui est le plus ancien de ces mois consacrés, vit le jour à Rome, peut-être autour du Collège Romain des jésuites (où je fis mes études…), d’où il se diffusa dans les Etats Pontificaux, puis dans le reste de l’Italie et enfin dans toute la catholicité. Il s’agit non seulement de méditer la vie, les vertus et les privilèges de Marie, mais de s’en inspirer pour sanctifier la vie quotidienne en pratiquant chaque jour une vertu. Ainsi, chaque jour du mois du mai, les fidèles méditent une vérité de la vie chrétienne en fonction de laquelle ils s’imposent une pratique particulière, puis font une invocation et chantent un cantique à la Vierge. Le Mois de Marie atteint la France à la veille de la Révolution grâce à la vén. Louise de France, fille de Louis XV et prieure du carmel de Saint-Denis. Cet usage n’eut un caractère général qu’avec les missions populaires de la Restauration alors que les jansénistes et le clergé constitutionnel s’opposaient farouchement à cette dévotion.

Les jésuites n’auraient fait que codifier des pratiques antérieures et, surtout, en souligner l’élaboration familiale. Ils recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l’honneur de la Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain. En effet on se souvient qu’au 13e siècle le roi de Castille Alphonse X le Sage avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et le mois de mai ; au siècle suivant, le bx Henri Suso OP avait, durant l’époque des fleurs, l’habitude de tresser des couronnes (Rosenkranz en allemand) pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge. L’oratorien S. Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le mois de mai où il réunissait les enfants autour de l’autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps, les vertus qu’il avait fait éclore dans leurs jeunes âmes.

Que passé son mois, rehaussé cette année par la présence à S. Eugène, au moment de la Pentecôte, de l’insigne relique du cœur de S. Pio da Pietrelcina, la bienheureuse Vierge Marie continue de nous accompagner dans notre pèlerinage de foi vers la Jérusalem céleste d’où elle règne dans la gloire de son Fils.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 6 mai 2018

Suivre le Christ à l’image de la Vierge Marie,
de saint Joseph et du Padre Pio.

Depuis le dimanche de Pâques, la grâce est offerte à tous de suivre le Christ dans sa victoire sur le péché et la mort. En préparant l’Ascension, la Sainte Église nous invite à suivre le chemin de Croix, la Vérité de l’Homme Dieu crucifié et la Vie du Ressuscité.

Marie est étroitement liée au mystère du salut. Elle est le cou qui joint la tête au corps, le Christ à son Corps mystique, nous dit saint Bernard. Par l’Incarnation, par la naissance du sein très pur de la Sainte Vierge, le Christ Roi transmet la vie aux membres de son Corps comme la vigne aux sarments purifiés par la Croix. La Mère du Dieu fait Homme est ainsi la Reine des martyrs car son cœur immaculé a été transpercé quand elle a vu et accepté la mort de son Fils qui nous a aimés et s’est livré pour nous. Elle est la cause de notre joie. Le mois de Marie, le mois de mai, est le mois le plus beau. Son époux, saint Joseph, a salué la Victoire du Fils de Dieu en vivant le travail et la patience des saints et saintes de l’Ancienne Alliance jusque dans le couronnement et à l’accomplissement de la Nouvelle dans les eaux du baptême et le feu de l’Esprit Saint.

Nous suivrons le Christ sur le chemin purificateur et libérateur de nos pèlerinages terrestres. Du samedi 19 au lundi 21 mai de Pentecôte, ce sera en marchant de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres avec saint Joseph. Mais pour ceux qui ne peuvent marcher, ce sera sur le chemin de l’union de prière. Et notre union sera renforcée cette année par la visite d’un grand ami du Christ crucifié vainqueur du péché, de la maladie et de la mort. Du couvent de San Giovanni Rotondo, juste au-dessus du talon de la péninsule italienne, dans les Pouilles, viendra à l’église Saint-Eugène la relique du cœur du seul prêtre ayant reçu les cinq plaies du Christ, le saint Padre Pio de Pietrelcina. Celui qui a toujours suivi les inspirations du Saint-Esprit nous accompagnera du samedi en fin d’après-midi, avec une veillée de prières et de chants de 20h00 à 22h00 et avec une nuit de recueillement jusqu’aux messes de la Pentecôte et aux Vêpres de 17h45 du dimanche.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 29 avril 2018

Le Temps Pascal : un Carême avec le sourire…

Nous sommes arrivés à peu près au milieu de ce printanier temps pascal, qui court du matin de Pâques à celui de la Pentecôte, cinquante jours où nous contemplons le Christ ressuscité victorieux de la mort. Temps prolongé par l’octave de la Pentecôte qui met en lumière l’œuvre du Saint-Esprit dans l’Église naissante.

Le carême s’est donc achevé, avec ses « efforts » plus ou moins tenus. Mais en ce temps de Pâques, faut-il les remiser comme ne nous concernant plus ? Au contraire ! Le carême est un entraînement à la vertu. Le propre de la vertu, qu’elle soit naturelle ou surnaturelle, c’est de grandir par l’exercice. Parvenus à Pâques, nous devrions faire le bien non plus par effort mais par goût. Le temps pascal, c’est efflorescence de nos efforts de carême. Souvenons-nous de la parole inspirée de S. Paul que la liturgie nous fait entendre à Pâques : « Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu » (Col 3, 1-3).

Nous sommes citoyens du ciel, et durant le temps pascal, cette caractéristique de notre vie de baptisés est mise en lumière par la liturgie. Laissons-nous former par la liturgie, et pendant ces quelques semaines, regardons les choses, c’est-à-dire notre vie et celle de nos proches, celle encore du monde qui nous environne, d’en haut, avec le regard glorieux du Christ. Vivons en enfants de lumière, soyons joyeux de la joie de celui qui a vaincu la mort et de ce qu’elle symbolise : le péché et son instigateur, le démon. « Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia » (Ps 117) répète à l’envi la liturgie durant l’octave de Pâques.

Alors oui, continuons à faire oraison, à réciter le chapelet, à rendre un service au prochain, bref à suivre le Christ. Non plus avec comme seul horizon la passion à venir, mais joyeusement, poussés par le dynamisme de la Résurrection du Seigneur. Et qu’ainsi notre Alléluia (« Dieu soit loué ! ») résonnera dans le bruit assourdissant de ce monde, la lumière de Celui qui a vaincu la mort brillera dans la grisaille qui assombrit la face de nos contemporains.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 22 avril 2018

Le Pasteur et le gardien de nos âmes

Le prêtre est le pont entre le Créateur et les créatures, entre Dieu et les hommes, entre le Père et ses enfants. Il est le pont entre le Ciel et la Terre. Le grand prêtre est le grand pontife. Notre-Seigneur Jésus-Christ est le Souverain Pontife parfait, vrai Dieu et vrai Homme, le Pont entre la vie terrestre et la vie éternelle. Tout prêtre offre des sacrifices pour le bonheur promis aux fidèles. Il redonne à Dieu ses propres dons pour l’adorer, le remercier de ses grâces de vie et de charité, lui demander pardon des offenses et implorer d’autres grâces, santé, prospérité mais surtout la bonté de l’âme, promesse de salut éternel.

Le Christ Sauveur a aimé les pécheurs en payant le prix de leurs péchés. Par amour de la gloire de son Père, le Prince de la Vie, le Juste a offert le prix de son innocence pour racheter les faiblesses, les injustices et les caprices malicieux de ses frères et sœurs. Sa mort injuste est devenue le sacrifice parfait, le don d’un mérite infini. Le prêtre n’a plus sacrifié une offrande, il s’est offert lui-même en sacrifice.

Nous avons donc besoin que Jésus choisisse d’autres hommes pour qu’ils agissent à sa place. Si ces prêtres donnent leur humanité au Christ, c’est pour prolonger son incarnation. Ils baptisent solennellement en plongeant dans les eaux de la Passion celui qui ressuscite à la victoire de la vie spirituelle. Ils prêtent leur être pour prononcer les paroles du Jeudi Saint, séparer le Corps et le Sang qui a coulé le Vendredi Saint. Ils donnent la force de l’Esprit Saint. Ils prononcent le pardon libérateur de l’âme humble et confiante. La conversion a été proclamée au nom de l’Unique Sauveur, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.

La succession ininterrompue des Apôtres, des évêques et des prêtres a préservé ce don du Corps du Christ, Hostie vivante. Le successeur de Pierre est le gardien de la Foi et de la Morale dans son enseignement solennel et infaillible.

À nous d’en être les témoins comme la Vierge Marie, les saintes femmes revenant du tombeau vide, les martyrs et les saints et saintes de tous les siècles.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 15 avril 2018

Dimanche in Albis
Dimanche de la Miséricorde

En ce dimanche in albis qui clôt l’octave de Pâques – la victoire définitive de la Vérité et du Bien, bref de la Vie, véritable et bonne, sur la mort et sa cause, le péché – nous célébrons aussi, depuis S. Jean-Paul II, la fête de la miséricorde divine. Voici la prière qui fut inspirée à S. Faustine Kowalska (1905-1938)

Je désire me transformer toute entière en votre miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Vous, ô Seigneur ; que le plus grand des attributs divins, votre insondable miséricorde, passe par mon âme et mon cœur sur le prochain.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne et ne juge jamais d’après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et lui vienne en aide.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.

Aidez-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j’aie pour chacun une parole de consolation et de pardon.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est dans le service rendu à mon prochain.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux, afin que ressente moi-même les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté, et moi, je m’enfermerai dans le Cœur très miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que votre miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur (…).

O mon Jésus, transformez-moi en vous, car Vous pouvez tout.

Cette miséricorde, nous la contemplons dans l’œuvre qu’accomplit le Saint-Esprit en touchant le cœur de ceux qui, comme Pavel, notre néophyte de cette année, ont reconnu la seigneurie du Christ sur toute leur vie !

Abbé Eric Iborra
Dimanche 8 avril 2018

Pâques
Revivre avec le Christ sans négligence

            Au cœur du témoignage des saintes femmes et des apôtres, la résurrection corporelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ est un fait historique qui détruit le fatalisme de ceux qui pensent que personne n’est revenu de la mort. La Vierge Marie a revu son Fils. Cette résurrection manifestée jusqu’à 500 témoins selon saint Paul  poursuit toute intelligence humaine du fait même de l’importance de la foi chrétienne dans le monde (Première Lettre aux Corinthiens ch. 15, v. 5-8).

            Ce qui reste du domaine de la foi en Dieu qui révèle la vérité cachée, c’est la divinité unie à l’humanité de Jésus. Dieu peut ressusciter des êtres humains. Il l’a fait et il le fera encore. Mais Jésus est Dieu et Homme. Sa résurrection est une source surnaturelle de grâces pour les âmes, source de rachat de la mort du péché et de la corruption du tombeau.

            Quand nous recevons le baptême, c’est la mort et la résurrection de l’Homme-Dieu qui nous est appliquée dans son mérite infinie. Quand nous nous confessons de fautes et de faiblesses, c’est le sacrifice de l’Agneau innocent qui nous pardonne et nous purifie.

            Ainsi donc, après le Carême, notre générosité doit rester victorieuse de nos lâchetés et de nos paresses. Il n’y a de malice dans le péché que par une négligence consciente. C’est la vraie source du mal : la négligence voulue et acceptée. La malice froide est rare mais la source du vrai péché est la lâcheté. Devant des témoins, nous péchons beaucoup moins pour sauver la face. Nos rancœurs, nos jalousies, nos paresses sont invisibles mais blesse la présence bienveillante du Christ, de Marie, de notre ange gardien.

            Puissions-nous garder une vraie délicatesse de conscience en ce temps pascal pour communier avec ferveur et amour sincère du Sauveur. Puissions-nous garder des résolutions de prières quotidiennes dans la présence de Dieu et de chapelet arraché à nos journées. Cela pour  comprendre la valeur du temps donné à notre prochain dans la volonté de la Sainte Trinité, Père qui a offert son Fils unique pour ses enfants adoptifs dans l’Esprit Saint.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 1er avril 2018

L’entrée triomphale à Jérusalem et la liturgie

Cette année, l’Annonciation cède le pas au dimanche des Rameaux et de la Passion (la fête est reportée au lundi 9 avril, au lendemain de l’octave de Pâques). La liturgie, à travers ce double titre, par ces raccourcis dont elle a le secret, unit en une même célébration l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem au milieu des acclamations d’une foule en liesse et sa passion sous les quolibets d’une (autre) foule dont la haine est attisée par les chefs du peuple. Les jours qui viennent nous permettront de méditer plus profondément la passion, puisque l’antique liturgie romaine en lit aussi les recensions de S. Marc et de S. Luc pendant la Semaine Sainte. Arrêtons-nous un instant à l’entrée triomphale, telle que la voit Benoît XVI, avec la perspective liturgique que nous lui connaissons, dans son livre sur Jésus.

C’est avec raison que l’Église naissante pouvait voir dans cette scène la représentation anticipée de ce qu’elle fait dans la liturgie. Dans le texte liturgique post-pascal le plus ancien que nous connaissons – la Didachè, vers l’an 100 –, avant la distribution des dons sacrés apparaît déjà l’Hosanna avec le Maranatha : « Que la grâce vienne et que ce monde passe ! Hosanna au Dieu de David ! Celui qui est saint, qu’il vienne ! Celui qui ne l’est pas, qu’il se convertisse ! Maranatha. Amen ».

Le Benedictus a aussi été très vite inséré dans la liturgie : pour l’Église naissante, le dimanche des rameaux n’était pas une chose du passé. De même que le Seigneur était alors entré dans la Ville sainte, montant l’ânon, ainsi l’Église le voyait arriver à nouveau toujours sous les humbles apparences du pain et du vin.

L’Église salue le Seigneur dans la sainte Eucharistie comme celui qui vient maintenant, qui est entré au milieu d’elle. Et, en même temps, elle le salue comme celui qui demeure toujours, celui qui vient et nous prépare à sa venue. Comme pèlerins, nous allons vers lui ; comme pèlerin, il vient à notre rencontre et il nous associe à sa montée vers la Croix et la Résurrection, vers la Jérusalem définitive qui, dans la communion à son Corps, est déjà en train de croître au milieu de ce monde.

L’entrée triomphale à Jérusalem est ainsi présente en chaque messe. Ne faisant qu’un avec le Sanctus du prophète Isaïe, elle constitue en quelque sorte le porche qui donne accès à la Passion et à la Résurrection, dans le Canon qui suit. La liturgie fait de cet événement du passé un événement du présent, dans l’humilité du sacrement, tout en contemplant sa signification future, eschatologique, lorsque le Seigneur viendra comme Roi récapituler tout l’univers, entrant dans la Jérusalem céleste pour ceindre ce diadème royal qu’il avait refusé sur la terre.

En nous rappelant aussi la versatilité des foules, nous aurons une pensée dans les jours qui viennent pour cette humble patrie terrestre qui est la nôtre, et à sa mission spirituelle, au service de la Cité céleste…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 25 mars 2018

Se préparer à la rencontre
avec le Christ Sauveur

Comment vivre une nouvelle Semaine Sainte en nous rapprochant du Christ Jésus ? Comment refonder notre foi dans sa divinité et son humanité ? Nous sommes appelés à entretenir l’union à cet Homme Dieu, notre frère aîné qui a partagé notre vie jusqu’à subir injustement la mort pour offrir le prix du rachat de nos dettes.  Les jours saints du lundi au samedi sont marqués par cette attente de l’Heure de l’affrontement face au péché, à l’acte égoïste humain : ne pas supporter Dieu, ne pas supporter le Juste et l’Innocent, vouloir le tuer et l’éliminer pour se sentir libre.

En se faisant Homme, il semble que Dieu nous demande trop d’efforts. Il s’est fait trop proche, trop aimant en naissant d’une vierge. Le Christ Jésus nous oblige à penser à notre attachement au Dieu Créateur, Père, Fils et Saint-Esprit. La communion au Christ à la Sainte Messe est finalement simple et vertigineuse. Les enfants sont heureux de recevoir Jésus, les adultes entrent en discussion avec la sainteté du Sauveur.

Recevoir la sainte Hostie en notre âme, c’est accueillir une présence plus intense de Dieu comme habitant en nous. Comme le dit saint Pierre, nous participons à la vie divine par la grâce. Jésus augmente cette grâce. Mais désirons-nous profondément cette union et cette rencontre ?

Notre vie peut nous suffire temporairement. L’habitude, la succession des jours installent une tranquillité qui endort notre ferveur. Les maladies et les deuils nous réveillent mais ce sont des mises à l’épreuve qui nous révoltent. De même, les querelles et les incompréhensions sont difficiles à surmonter, à pardonner. Dans un couple, dans nos familles, avec des amis intimes, il faut régulièrement ranimer l’amour authentique fondé sur notre nature spirituelle : connaître, aimer, être aimé. L’ennui et le rejet viennent de la paresse devant l’effort de renouveler notre désir de vivre avec bienveillance et joie avec les êtres qui nous entourent. Or le premier de ces êtres est finalement Dieu, et il est Jésus. Il nous voit, il connaît nos pensées, nos désirs. Prier, c’est lui parler sans distance.

Que la Semaine Sainte, par sa violence et sa tristesse mais par sa profonde espérance de la récompense et de la victoire, nous rappelle la réalité, la présence et la proximité du Christ. La Vierge Marie, saint Joseph, les saints anges, nos saints patrons et les saintes âmes du Ciel et du Purgatoire nous encouragent à vivre en union avec le Sauveur par la prière quotidienne, une humble confession et une fervente communion pascale.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 18 mars 2018

36ème Pèlerinage de chrétienté :
Chartres sous le signe de Saint Joseph

Pourquoi déjà parler du Pèlerinage qui nous emmènera à la rencontre de Notre-Dame de Chartres alors que nous sommes encore en carême ? Parce que cette année le thème du pèlerinage est consacré à celui que nous honorons particulièrement au mois de mars : S. Joseph.

S. Joseph que nous redécouvrirons pendant ces trois jours de marche sous ses différents aspects : le père et l’époux, modèle de chasteté et de virginité, de sainteté dans la famille ; serviteur aussi du dessein rédempteur de Dieu sur les hommes : dans le travail, l’attachement à une terre et à un pays, modèle de vie intérieure, de silence, d’amour de la Vierge Marie, d’obéissance à la providence, patron de la bonne mort. Le préfet de la liturgie, le cardinal Robert Sarah, célébrera la messe finale et saura certainement bien nous parler de celui que S. Jean XXIII avait proclamé protecteur universel de l’Église

Les dates : la Pentecôte, du samedi 19 au lundi 21 mai. Cela va arriver très vite : notons-le dans nos agendas. Nous prolongerons notre pèlerinage spirituel du carême par celui du temps pascal qui culmine avec la Pentecôte, après le point d’inflexion du triduum pascal.

Toute la paroisse est conviée à participer : les grands clercs, la schola, la confrérie, et tous les paroissiens qui le peuvent. Nous y retrouverons des anciens de la paroisse, des clercs, comme Gauthier Guillaume, aujourd’hui séminariste de la Fraternité S. Pierre. Vos prêtres, dans la mesure du possible, comme chaque année, marcheront avec vous.

Pourquoi marcher ? Pour implorer les grâces du Seigneur les uns pour les autres et prier concrètement pour la restauration de la Chrétienté. Même ceux qui ne peuvent marcher peuvent s’associer au pèlerinage en rejoignant l’invisible chapitre des anges gardiens, bien présent cependant sur les chemins de Chartres par la prière et les sacrifices offerts.

Les inscriptions s’ouvrent dans deux semaines, dimanche des Rameaux, 25 avril, mais on peut contacter dès maintenant par mail Vincent et Magalie Trébuchet, les nouveaux chefs de chapitre, pour recevoir les informations : chapitresainteugene@yahoo.fr

La traditionnelle bénédiction des bannières du chapitre aura lieu dimanche prochain, 18 mars, à l’issue de la messe de 11h, en la veille de la solennité de S. Joseph. Inutile de dire que proposer son aide pour l’organisation sera une initiative très bien accueillie par les chefs de chapitre !

N’hésitez surtout pas à parler dès maintenant à vos amis du chapitre « Saint-Eugène, Saint-Maurice » et invitez-les à participer sous le patronage du grand S. Joseph. S. Thérèse de Jésus, la réformatrice du carmel, disait, au 16e siècle : “Je voudrais porter tout le monde à la dévotion envers ce glorieux saint, tant j’ai d’expérience de son crédit auprès de Dieu. Je demande seulement, pour l’Amour de Dieu, à ceux qui ne me croient pas d’en faire l’essai.”

Abbé Eric Iborra
Dimanche 11 mars 2018

Le carême et l’homme juste, Saint Joseph

Bien souvent, le mois de mars accompagne le carême, ces 40 jours de purification pour suivre le Christ Jésus, Dieu fait homme, jusqu’à sa mort et sa résurrection. C’est providentiel et non pas par hasard que ce mois accompagne le cœur de la révélation du fils de Dieu qui nous conduit à aimer Dieu et notre prochain.

En effet le mois de mars est dédié à saint Joseph, l’homme juste modèle de sainteté discrète de tout carême. La sainte Eglise l’honore d’un culte spécial marqué par la prière des litanies.

Il est bien évident que seul le Sauveur mérite infiniment le salut offert aux hommes de bonne volonté. Maître de vérité et Seigneur puissant en miracles, serviteur souffrant qui offre sa vie, Jésus est le seul médiateur. Mais les âmes coopèrent à ce salut. La prière du chapelet nous aide à retrouver les mystères de la vie et de la mort du Fils de la Vierge Marie. Les martyrs suivent le Christ dans la récompense de la gloire.

Saint Joseph a été choisi par la volonté divine comme époux de Marie et père adoptif du Christ. Par sa pureté, par sa vie intérieure, vie d’union à Dieu, vie de foi, d’humilité et de travail, il est le grand saint de la discrétion. Il est le patron et le modèle de ceux qui œuvrent simplement à la vie matérielle et spirituelle, artisan de paix. Il fut chargé de pourvoir aux besoins de Nazareth. Parce que chef et protecteur de la Sainte Famille, il a été proclamé patron de l’Eglise universelle par le bienheureux Pie IX, le 8 décembre 1870.

De plus, il est le patron de la bonne mort, parce qu’il eut le bonheur de mourir entre les bras de Jésus et de Marie. Le mercredi de chaque semaine et le mois de mars lui sont donc consacrés. La fête de saint Joseph est le 19 mars, celle du Ier mai le consacre patron des artisans. Imitons Joseph pour aller à la sainte Trinité.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 4 mars 2018

Bible et Parole de Dieu

Une de nos résolutions de carême pourrait être de méditer plus assidument la parole de Dieu consignée dans les Saintes Ecritures, qui sont une nourriture pour notre âme.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Bible (qui contient les Saintes Ecritures) et la Parole de Dieu (vecteur de la Révélation divine) ne sont pas deux termes identiques. Bible et Parole de Dieu ne se confondent pas. Et c’est ce qui fait que le christianisme, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, n’est pas « une religion du livre ». Cela peut être étonnant, en effet, puisque ce livre – l’évangéliaire en l’occurrence, pas la bible qui prend la poussière sur les rayons de nos bibliothèques ! –, je le vénère en m’inclinant devant lui, en l’encensant et en y déposant un baiser au cours de la messe. C’est qu’effectivement la Bible renferme les Saintes Ecritures qui elles-mêmes contiennent la Parole de Dieu. Mais la Parole de Dieu déborde les Saintes Ecritures comme celles-ci débordent nos bibles, évangéliaires et autres lectionnaires.

Comme le rappelait Benoît XVI au Collège des Bernardins, la Bible, c’est une collection de textes disparates produits au cours de l’histoire du salut et reconnus comme inspirés par le magistère de l’Église. La Bible, ce sont donc des verba multa, des paroles multiples. Ce qui lui donne son unité, ce qui en fait l’Ecriture et pas seulement les Ecritures, c’est le Verbum unum qui se tient derrière et qui en même temps se livre à travers ces livres, à travers ces Ecritures, cristallisations de paroles. Autrement dit, ce qui fait de la Bible un livre un et unique, c’est qu’il constitue une dimension de l’incarnation du Verbe, du Fils de Dieu. Derrière la Parole faite papier (fût-il papier bible!), il y a la Parole faite chair. C’est ce qui structure d’ailleurs la liturgie, qui traduit ainsi le sens de l’histoire du salut où la révélation divine a d’abord été enclose et communiquée par des paroles avant de l’être par une personne, celui qui est la parfaite expression du Père, celui qui éternellement le dit, selon la belle expression de S. Jean de la Croix, le Fils.

Dans la liturgie, on passe des Ecritures qui, « depuis Moïse parlent de tout ce qui le concernait » à la « fraction du pain » qui s’identifie avec lui puisque alors lui, le Ressuscité, disparaît aux yeux de chair de ses disciples, ceux d’Emmaüs. A mesure que la messe avance, la manière dont le Verbe, la Parole de Dieu, se présente à nous gagne en densité, en substance, pour finalement nous incorporer à elle et nous changer en elle, comme l’explique S. Augustin, par la communion eucharistique. C’est donc à travers la liturgie de la messe que la lecture – ou mieux l’écoute – de l’Ecriture déploie tout son sens. Il y a une sorte de « résurrection de l’Ecriture en Parole ». On passe de la Parole-papier à la Parole-sacrement, au Christ toujours vivant et actuel. C’est ainsi que la Parole de Dieu est « vivante, plus acérée qu’un glaive à deux tranchants » (épître aux Hébreux), qu’elle est donc toujours actuelle, qu’elle ne cesse de nous interroger et – pour reprendre une expression du cardinal Ratzinger – qu’elle nous introduit continuellement dans le dialogue trinitaire du Père et du Fils. Comme le disait encore Benoît XVI à Notre-Dame, prenons exemple de Marie : elle habita tant la Parole – l’Ecriture – que la Parole – le Verbe – vint demeurer en elle, et qu’elle le donna au monde pour qu’il soit sauvé.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 25 février 2018

« Aime et fais ce que tu veux »

Le Christ Jésus annonce que les temps sont accomplis, que finalement le Royaume de Dieu est proche, qu’il est parmi nous. Le royaume de Satan n’a jamais été qu’une illusion. Il va être vaincu comme promis avec son désir de puissance et de liberté contre son Créateur. Le démon nous a dit  :  “Vous serez comme des dieux, vous ne mourrez pas”. Il est vraiment le prince du mensonge et homicide dès le commencement. Les désirs égoïstes, les désirs du regard, l’orgueil de la richesse, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.

Tout ce qu’il y a dans la Loi de Moïse, les dix commandements et les Prophètes est Amour de Dieu et du Prochain  : “Dans les travaux, les veilles, les jeûnes ;  par la pureté, par la science, par la longanimité, par la bonté, par l’Esprit-Saint, par une charité sincère”.

Il faut donc bien comprendre que la foi et la morale concourent au bonheur d’aimer. Cette vérité serait-elle redevenue trop difficile à accepter comme une nourriture trop solide ? Dans les dix commandements, l’adoration, la prière commune le dimanche auprès du Christ qui s’offre sur la Croix pour ressusciter, la piété pour ses parents, la justice légitime, le rejet de la violence, meurtre et blessure, le respect de l’ouverture de notre corps à la vie dans le mariage, l’absence de mensonge et de jalousie, sont autant de preuves de vérité et d’amour. Saint Augustin dit bien : “Aime et fais ce que tu veux”. Mais celui qui n’accomplit pas la loi et les prophètes manque d’amour.

Dieu aime les pécheurs et veut nous sortir du péché. Dieu aime les faibles mais ne veut pas que nous restions dans la faiblesse qui nous blesse et qui blesse nos frères et sœurs humains, les époux, les enfants, la famille, les amis, les nations, les peuples. D’ailleurs il n’y a pas de pardon, de miséricorde sans péché à pardonner,  un manque d’amour à pardonner et à réparer. Le pécheur sans regret manque de cœur. Ceux qui sont dans la faiblesse du péché et qui revendiquent l’amour n’ont pas le monopole du cœur. Il n’y a pas d’amour véritable sans coopération à la grâce de conversion en saisissant la main tendue du Père et de son Fils dans l’Esprit d’Amour. 

Le Sacré Cœur et le Cœur Immaculé de Marie connaissent le prix de cet amour jusqu’au sacrifice.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 18 février 2018

Entrée en Carême
Adoration des Quarante Heures

Après les 40 heures d’adoration du Saint-Sacrement viennent à présent les 40 jours de pénitence du carême… On pourrait dire : 40 heures pour découvrir le sens de 40 jours ! Car ce qui nous conduit à la pénitence, c’est ce que nous avons pu contempler dans le flamboiement des chandeliers, à la lueur tremblante des cierges : le Christ eucharistique, dont l’image irradiante dans l’ostensoir se superposait à nos yeux pour quelques heures à l’habituelle croix du ciborium. Le Christ dans l’acte sacrificiel de son offrande au Père pour notre salut. Le Christ qui n’a pas rougi de nous appeler ses frères, selon l’épître aux Hébreux, lui pourtant que personne n’a pu convaincre de péché. Le Christ dont l’évangéliste nous rapporte qu’au soir de l’institution de l’eucharistie il déclara « qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13). Dieu, venu se faire proche de nous, pour déclarer à ses créatures ingrates qu’il veut faire d’elles ses « amis », ceux à qui il partage tout de son mystère ! « Voici l’homme », voici aussi l’amour dont nous sommes aimés ! Pretio magno, commente S. Paul, « à grand prix »…

Dans la rédemption, Dieu fait le premier pas. Dans l’Incarnation, il enjambe l’infini pour s’enfermer dans ces limites de l’espace et du temps qui le rendent vulnérable, tangible, manipulable, mortel… Habeas corpus ! Incroyable nouvelle que tous les impies des airs, de la terre et des enfers vont mettre à profit pour piétiner Dieu dans la chair et avec lui l’homme dont il veut restaurer la dignité. Ce Dieu descendu si bas, venu si près, pour nous arracher au pouvoir du Mauvais, le voici crucifié. Mais ce meurtre, voici qu’il en fait un sacrifice qui nous sauve.

La pénitence que nous avons à développer tout au long du carême ne serait-elle pas alors notre réponse à cette offre d’amitié ? Souffrir un peu avec celui qui a tant souffert pour nous, souffrir un peu pour épouser son désir de racheter le monde par la croix, souffrir un peu pour apprendre à être libre comme lui le fut face aux pièges du Tentateur ? Oui, la pénitence (jeûne, privations, mortifications) nous arrache à ce confort dont nous pensons que nous y avons droit. Mais en même temps elle nous dispose à cette pauvreté d’esprit qui seule peut induire en nous l’esprit d’enfance, la prise de conscience que le Père seul peut nous combler. Ce qui, corrélativement, nous rend libre de tout ce qui n’est pas lui, ou reçu de lui. Apprentissage de tout une vie. Et après ces 40 heures, alors que nous allons nous souvenir de tout cela pendant 40 jours, nous ne sommes pas loin de penser qu’il faudra bien 40 ans, la grâce et l’âge aidant, pour commencer à y arriver…

En ce 11 février, anniversaire des apparitions de Lourdes (où j’ai fait récemment ma retraite), journée mondiale de prière pour les malades, souvenons-nous aussi de Benoît XVI qui, il y a 5 ans maintenant, annonçait sa décision de renoncer à sa charge de Souverain Pontife…

Bon et fructueux carême…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 11 février 2018

La religion du Prince de la Paix

Dans le monde occidental d’aujourd’hui, la religion se trouve entre l’opinion personnelle et le sentiment religieux universel où toutes les religiosités se valent. Or, être religieux catholique, c’est croire en la Lumière de toutes les Nations, gloire du Peuple juif qui a accueilli l’Enfant-Dieu en son sein pour le donner à tous les peuples. Nous sommes tous appelés à être religieux, à être reliés à Dieu, un Dieu Sauveur d’une nature humaine puissante et faible, libre et liée à la vérité. Croire, c’est aussi faire la volonté de Notre Père, suivre la chasteté de chaque état de vie, célibataires ou mariés, suivre l’esprit de pauvreté et d’obéissance en l’honneur de celui qui nous a aimé, est mort et est ressuscité pour nous en glorifiant la justice et la miséricorde divines. Nous attendons que notre vie terrestre, avec ses joies et ses épreuves, s’épanouisse dans la vie éternelle dans le face à face avec le Dieu Charité.

Mais alors, doit-on encore se consacrer par les trois conseils évangéliques pour être religieux ? La chasteté, la pauvreté et l’obéissance sont-elles vécues uniquement dans la consécration des vœux monastiques ? Saint Paul a vécu dans cette consécration pour être le serviteur du Christ. Les premiers chrétiens ont vu parmi eux de nombreux moines, des vierges mais aussi des martyrs. Le Saint Esprit soufflait sur des peuples païens qui avaient soif de la vérité libératrice de leur superstition. La ferveur des conversions a multiplié la vie consacrée et le célibat des prêtres pour le Royaume des Cieux.

Un nouveau paganisme touche nos sociétés occidentales, celui d’une course individuelle sans vérité. Ce paganisme rejoint les peurs des sociétés anciennes dont le Christ Jésus nous dit : « Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine (Matthieu, 6, 31-34). »

Alors, en effet, nous avons encore besoin de voir des âmes vivre directement les conseils évangéliques dans la confiance en la grâce divine. Mais nous sommes tous appelés à vivre religieusement car les époux et les célibataires sont féconds dans la vertu. Le bon usage des biens terrestres est une richesse commune et l’obéissance à la volonté aimante de Dieu est source de paix. Que la Vierge Marie et saint Joseph nous présentent cette source, le Prince de la Paix.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 4 février 2018

La Chandeleur : Présentation de Jésus au Temple, Purification de la Vierge Marie

Cette « fête des lumières », où valsent les crêpes, n’est pas si paisible qu’elle en a l’air : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre ». La prophétie est accompagnée d’un signe : « toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée ». Si Jésus est manifesté, c’est parce qu’il a une mission à accomplir. Une mission à l’allure, elle aussi, paradoxale. Syméon attendait la Consolation d’Israël et voici qu’il la reconnaît sous les traits d’un enfant qui deviendra signe de division pour son peuple. Consolation et division : deux termes plutôt antinomiques. La mission que vient accomplir Jésus inaugure en effet une crise, c’est-à-dire, étymologiquement, un jugement. Il faudra prendre parti, se déterminer, choisir, engager sa vie. La mission de Jésus se situe bien dans la ligne de ce qu’annonçait Malachie : « Il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs ». D’une certaine manière, il est implacable.

Jésus apporte le glaive, la division, renchérira l’évangile. Il provoque un désordre. Mais quel désordre ? Un désordre destiné à secouer un ordre factice pour retrouver l’ordre authentique voulu par Dieu. En effet, « il s’installera pour fondre et purifier. Il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent : ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice ». La mission de Jésus est une mission de salut. Il vient secouer l’homme « gisant à l’ombre de la mort » et glissant progressivement dans les ténèbres.

La prophétie qui concerne Jésus nous concerne aussi, et doublement. Elle nous apprend tout d’abord qu’il n’y a pas de neutralité possible dans le grand combat cosmique dont Jésus est venu précipiter le dénouement. Il faut prendre parti contre le mal et ses suppôts, ces ramifications qui poussent jusque dans notre cœur. Et donc payer de sa personne, comme beaucoup d’entre vous l’ont fait dimanche dernier dans les rues de Paris.

Par sa solidarité avec les hommes, ensuite, Jésus devient notre secours, un secours intérieur : « ayant souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa passion, il peut porter secours à ceux qui subissent l’épreuve » dit l’épître aux Hébreux. Cette aide nous permet d’être associés à son mystère de rédemption, à l’instar de Marie : nous aussi, une épée ne peut manquer de transpercer notre cœur si nous nous attachons tant soit peu à celui qui vient si libéralement nous délivrer de la mort corporelle et spirituelle. A quelques jours du carême, que la figure de Marie, fidèle en tout à son Fils, nous accompagne et nous inspire.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 28 janvier 2018

La bonté de la Vie

Comment définir la Vie ? Quand la Sainte Trinité parle à Moïse, c’est l’Être, « Je suis », qui lui parle. L’Être, la Vie, la Charité, voici Dieu.

Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ nous dit qu’il est la Voie, la Vérité et la Vie, il répond à toutes nos attentes. Depuis la nuit de Noël, la Vie s’est montrée dans la vie humaine naissante. Quel mystère de voir la Vie, de contempler la source de toute vie ! 

Un grand désir de créer et de transmettre la vie habite dans la volonté de Dieu. Une âme d’enfant s’émerveille encore de tout ce qui est, de tout ce qui bouge, de tout ce qui a la vie. L’enfant admire et découvre les formes, les couleurs, les sons. Il sait encore s’étonner, il reconnaît ceux qui l’entourent et qui l’aiment, son père et sa mère. L’adulte peut perdre cette candeur. En effet, il découvre rapidement les limites et les faiblesses de la vie terrestre. Il voudrait la perfection et l’immortalité. Il voudrait être toujours heureux et en paix dans la prospérité et la santé. Il veut aussi être aimé mais il finit par éprouver de la difficulté à aimer son prochain.

Pourtant, la Vie, la source de la Vie,  lui donne le commandement d’aimer. Dieu est le Père et l’amour irremplaçable. Il donne son Fils bien-aimé né de Marie, la nouvelle Ève. Jusqu’au sacrifice, le nouvel Adam aime ses frères et sœurs. En retour, ils sont appelés à l’adorer et à le remercier. Pourtant, devant l’effort, malgré la grâce,  l’âme humaine peut encore se révolter contre la Vie et refuser de vivre selon la loi exigeante de la Charité. Comme Lucifer, l’homme jaloux et envieux se retourne contre Dieu.

Par le péché, par la jalousie, par l’envie, la mort est entrée en ce monde. La vie a été rejetée. Du rejet de l’Amour du Créateur Sauveur est venu le rejet du poids d’aimer la vie du prochain. De la mort d’Abel frappé par Caïn à la mort des saints Innocents, c’est Jésus-Christ qui est crucifié. L’enfant, le faible, le malade, le corps épuisé par les années sont à charge pour celui qui refuse l’effort d’accompagner toute vie jusqu’à l’appel de Dieu. 

Certes, accueillir un autre enfant ou accompagner un être totalement dépendant est maintenant héroïque. Mais la nature humaine est appelée à l’héroïsme depuis que le Verbe s’est fait chair pour nous sauver. Jésus a vécu l’agonie et le dégoût de la vision des péchés et de toutes les misères pour les porter et nous donner le pouvoir d’être enfants de Dieu. Puis il a vaincu la mort en bon pasteur et bon roi.

 Que la Vierge Marie, reine de France, nous donne cette amour qui s’épanouira en vie éternelle. 

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 21 janvier 2018

L’unité des chrétiens

Dans quelques jours commence la « Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ». Le thème de cette année 2018, à forte saveur « évangélique » (d’autant plus qu’il est tiré du livre de l’Exode, dont certains protestants font presque la clé d’interprétation de toute la Bible) en est : « Le Seigneur est ma force et ma louange, il est mon libérateur ». Thème qui touche aussi bien l’âme face à son Dieu, dans le secret de sa vie, que la communauté tout entière, l’Église, à travers les vicissitudes de l’histoire…

Ce thème tiré de l’Exode nous rassure, s’il le fallait (peut-être le faut-il un peu…), sur la puissance victorieuse de Dieu dans l’histoire, consacrée dans la victoire du Calvaire (puissance de l’amour qui va jusqu’au bout, puissance de la résurrection qui vainc la mort) et qui sera consommée au Jugement dernier après la défaite de l’Antéchrist.

Cette puissance victorieuse est le socle commun que confessent tous les chrétiens et souligne ainsi l’urgence de tendre vers l’unité. En 1894 le pape Léon XIII avait encouragé la pratique de l’octave de prière pour l’unité, alors parallèle à celle de la Pentecôte. En 1908, au moment de se convertir au catholicisme, le P. Wattson, propose de situer cette octave à la date que nous lui connaissons aujourd’hui : de la fête de la Chaire de S. Pierre à Rome (autrefois le 18 janvier) à la celle de la Conversion de S. Paul (25 janvier). Pierre et Paul, les « deux colonnes de l’Église », mais aussi – souvenons-nous en – ceux qui se sont affrontés notamment à l’occasion des observances à imposer aux convertis du paganisme (Ac 15) et qui ont su surmonter leur différend pour le bien de tous, dans la charité.

Une unité à rechercher non pas de manière volontariste, à la manière des institutions internationales qui visent avant tout le consensus par le biais du compromis, mais, selon l’abbé Couturier (1935), « l’unité que Dieu voudra, par les moyens qu’il voudra, quand il voudra », une unité donc fondée sur la Vérité révélée. L’unité est un don de Dieu et non une conquête de l’homme, même de bonne volonté. Et c’est probablement un don eschatologique comme l’avait entrevu, au début du 20e siècle, Mgr Benson, converti lui aussi, dans son magistral « Maître de la Terre », apprécié par le pape actuel, où la chrétienté est confrontée à l’Antéchrist.

Les temps sont-ils mûrs pour cette unité ? Bien malin qui pourrait le dire. En cette année du centenaire des apparitions de Fatima, notre regard se tourne peut-être vers la Russie et son étonnant réveil spirituel et ecclésial. En tout cas cette tension vers l’unité n’a rien à voir avec le syncrétisme interreligieux d’un quelconque « Parlement des religions ». La déclaration Dominus Iesus Christus, du cardinal Ratzinger (2000), affirme de manière définitive que le salut est une grâce qui ne peut passer que par la médiation exclusive du Christ et de son Église. Et le dernier Concile nous l’a rappelé : l’Église du Christ subsiste en sa forme achevée dans l’Église catholique, avec ses deux poumons, occidental et oriental…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 14 janvier 2018

Aller vers le vrai Dieu et le voir

Connaître et aimer le Créateur, rechercher la vérité sur Lui et Le suivre est aussi important que de reconnaître et d’accompagner nos parents et les personnes visibles qui nous entourent. Un être humain n’est pas un individu solitaire. Il a été nourri, lavé, habillé et aimé durant des années. Nos frères et sœurs, nos enfants, nos cousins et cousines, nos amis et même nos ennemis, dont nous devons demander la conversion et le salut, continuent cette présence visible, matérielle mais bien supérieure à la vie animale. C’est un véritable délire de nier cette évidence.

Il est aussi délirant de nier l’existence des êtres invisibles. Tout d’abord celle de nos ancêtres, de ceux qui ont donné le jour à nos parents et qui sont morts, disparus à nos yeux, mais dont l’âme est immortelle. Invisible est surtout le Tout-Puissant, Dieu, l’origine de tout ce qui peut se voir, se comprendre, se dire. Il a créé la matière mais il n’est pas composé d’éléments matériels. Dieu est esprit, amour, gratuité, gloire et fantaisie. Les Arts et les Sciences ne sont que connaissance de l’Art divin et de son génie créateur. Mais sa création la plus audacieuse fut celle des purs esprits angéliques et surtout celle des êtres humains qui passent par l’enfance.

Or tout enfant peut parler à l’Invisible, au Tout-Puissant, au Mystérieux. Ce n’est pas de l’imagination, c’est la perception du réel invisible. Qu’il est mauvais de nier Dieu et l’immortalité de l’âme devant un enfant. Il sait que l’invisible existe comme l’objet que l’on cache derrière le dos. Seulement, quand les êtres aimés visibles nous quittent, et comme la nature de Dieu est d‘être invisible aux yeux de chair, certains se sentent très seuls et manquent de foi et d’espérance. Nous attendons la grâce de voir l’Amour divin consolateur.

Aujourd’hui, les rois de trois villes étrangères, hommes pleins d’humilité de de sagesse, sont parvenus à s’approcher du Dieu des Hébreux, le Vrai Dieu immortel rendu visible et Homme mortel, Jésus Sauveur du monde. Or, encens et myrrhe manifestent ce mystère divin, cette théophanie.

Que l’archevêque de Paris, Mgr Michel AUPETIT, successeurs des Apôtres, nous conduise à ce vrai Dieu, né de la Vierge Marie. Qu’il soit le témoin, le martyr de la manifestation de la puissance du Fils, l’Agneau de Dieu, crucifié et ressuscité, Hostie vivante manifesté à tous les peuples.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 7 janvier 2018

Defensor civitatis et inventores Veritatis (« Défenseur de la cité » et « découvreurs de la Vérité »)

C’est ainsi que nous pourrions qualifier S. Geneviève et les Mages venus d’Orient. En ces jours qui fleurent bon l’Epiphanie voici que S. Geneviève, patronne de notre cité, s’invite en effet dans leur calendrier, elle qui procura à profusion du pain aux Parisiens affamés par les tribulations des invasions barbares, eux qui déjouant les pièges de non moins cruels barbares découvrirent dans l’enfant encore muet le Verbe de Vérité.

Tandis que les mages orientaux nous apprennent à reconnaître ce qui a du prix par-delà les apparences trompeuses (Celui qui soutient tout l’univers par son Verbe puissant (Hb 1, 2) dans la forme de la plus humble créature, un enfant à peine né, loin des grandeurs d’établissement du Temple et des palais de Jérusalem), la patricienne occidentale, Defensor civitatis (comme le fut S. Léon le Grand à Rome à la même époque,) nous enseigne à mettre énergiquement nos dons au service du pays et ainsi à exercer cette haute forme de la charité qu’est le service du bien commun.

Les Mages de la Crèche et la Patronne de la Cité inspireront les vœux que nous sommes heureux de vous adresser à l’orée du nouveau millésime.

Avec les Rois Mages de l’Epiphanie, nous pourrions vous souhaiter non pas de recevoir ce qu’ils offrirent à l’Enfant mais ce que ces dons peuvent signifier aujourd’hui : la prospérité, ou au moins une certaine aisance en ces temps de crise larvée et persistante (or), le goût du service de Dieu et de la prière (encens), la confiance face aux inévitables tribulations de l’existence et l’espérance face à celle d’entre toutes qui les clôt, la mort (myrrhe).

Avec S. Geneviève, nous pourrions vous souhaiter aussi de puiser aux sources de notre histoire, marquée dès l’origine par ses racines chrétiennes, pour réaffirmer la grâce de cette civilisation française, culture barbare plongée il y a 15 siècles dans les eaux du baptême de Reims et transfigurée, à la lumière de l’Evangile, par le labeur et les sacrifices que consentit la longue lignée de nos ancêtres. Travaillons tout au long de cette année 2018 à sauvegarder ce précieux héritage au spirituel et au temporel !

S. Geneviève et les mages se rencontreront à Notre-Dame, le 6 janvier, à l’occasion de l’installation de notre nouvel archevêque, lui qui fut évêque de sa cité natale, Nanterre, et qui assume désormais les destinées de la cité qu’elle contribua à sauver de la marque de l’ennemi, Paris.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 31 décembre 2017

La naissance de l’Unique Sauveur

Il y a 2017 ans, Jésus naissait de la Vierge Marie. Cet enfant est l’Unique Dieu qui s’est fait homme par amour pour nous. Cela fait donc près de 2000 ans que les saintes femmes et les Apôtres ont témoigné de ce qu’ils avaient vu et vécu. Le saint médecin Luc écrit après son évangile :  « dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion » ( Actes, 1, 1-3).7

Saint Pierre et Saint Paul ont donné leur vie à Rome pour ce témoignage. Dans sa mission de confirmer la foi catholique, le Pape, successeur de Pierre sur ce siège de Rome, nous dit encore : « En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. » (Actes, 4, v. 12)

De l’enseignement de saint Paul, la lettre aux Hébreux nous donne un résumé d’histoire sainte et de théologie  : “A bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux” ( Hebreux, 1, 1-3).

Notre foi est donc profondément transmission réelle, fondée sur des témoignages authentiques rapportés par la Sainte Écriture et la Parole vivante des évêques unis au Siège Apostolique qui transmet l’interprétation vraie et juste. L’aide surnaturelle de Dieu, la grâce de recevoir la foi et de ne pas y faire obstacle, saisit notre intelligence et notre volonté pour nous amener à reconnaître la vérité essentielle  : Dieu s’est fait homme et il a habité parmi nous. Si nous aimons Marie et Joseph, c’est parce qu’ils entourent avec fidélité le Tout-Puissant si faible en ce petit corps. Quelle fragilité que le corps humain, quelle puissance que l’âme humaine qui dit oui ou non. 

L’amour du Père ne nous a pas été retiré mais redonné en l’Enfant-Jésus. Quelle bonne nouvelle à partager avec amis, indifférents et ennemis  !  Recommandons-les à Dieu pour qu’ils sauvent leur âme en vivant dans la justice et la charité, en reconnaissant leurs torts pour recevoir le pardon de cet Enfant Dieu.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 24 décembre 2017

Confessions en vue de Noël

Si la Vierge Marie constitue la grande figure féminine de l’Avent, elle qui se recueille dans sa maternité autour de ce Fils qu’elle porte pour le donner au monde afin qu’il soit le Sauveur, S. Jean-Baptiste, celui que Jésus appelle le plus grand des prophètes, celui qui révèle la présence du Messie au milieu de son peuple, constitue quant à lui son pendant masculin.

Quelle est la mission de Jean-Baptiste ? Annoncer la présence du Seigneur venu dans le monde pour en chasser celui qui s’en fait appeler le Prince et qui n’est qu’un usurpateur, le démon. Et du coup dénoncer en chacun de ceux que le Christ vient libérer de ce pouvoir mensonger et mortifère (cf. Jn 8) les complicités plus ou moins avouées : Repentez-vous car le royaume des cieux est tout proche (Mt 3).

Cet appel de Jean-Baptiste ne cesse de retentir à travers l’Église, elle qui administre le baptême véritable apporté par Jésus, le baptême qui remet vraiment les péchés, le baptême aussi qui trouve sa source dans le Cœur transpercé du Seigneur sur la Croix. Ce fut la douleur des premiers disciples de voir que ceux qui avaient été régénérés par le baptême, délivrés de l’emprise du péché originel, pouvaient retomber, à cause de la concupiscence qui subsistait en eux. C’est peut-être aussi la nôtre lorsque nous nous regardons de près. C’est pourquoi Tertullien, à la fin du 2e siècle, louait le sacrement de pénitence dans lequel il voyait la planche que saisit le baptisé après son naufrage (la rechute dans le péché).

Le sacrement de pénitence et de réconciliation, la confession – pour faire bref – est bien cette deuxième planche de salut qui nous est sans cesse tendue pour que nous échappions à la mort spirituelle du péché. L’Abrégé du Catéchisme (2005) s’en fait l’écho. Parmi les points abordés, j’en retiendrai deux : l’esprit de pénitence et les effets du sacrement. Autrement dit ce à quoi appelle S. Jean-Baptiste et ce qu’apporte le Christ.

300 – Qu’est-ce que la pénitence intérieure ?

C’est l’élan du cœur brisé (Ps 50), poussé par la grâce divine à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu. La pénitence implique douleur et aversion vis-à-vis des péchés commis, ferme propos de ne plus pécher à l’avenir et confiance dans le secours de Dieu. Elle se nourrit de l’espérance en la miséricorde divine.

310 – Quels sont les effets de ce sacrement ?

Les effets du sacrement de la pénitence sont : la réconciliation avec Dieu, et donc le pardon des péchés ; la réconciliation avec l’Église ; le retour dans l’état de grâce s’il avait été perdu ; la rémission de la peine éternelle méritée à cause des péchés mortels et celle, au moins en partie, des peines temporelles qui sont les conséquences du péché ; la paix et la sérénité de la conscience, ainsi que la consolation spirituelle ; l’accroissement des forces spirituelles pour le combat chrétien.

Le Christ nous offre ce sacrement pour que nous puissions nous réconcilier avec son Père : profitons-en pour fêter dignement les solennités de sa venue parmi nous. Pratiquement vous pouvez vous confesser à S. Eugène pendant les messes de 11h et 19h le dimanche, en semaine dans l’heure qui précède la messe. Et sinon dans les sanctuaires dédiés, comme le Sacré-Coeur, S. Louis d’Antin, Notre-Dame des Victoires, la Médaille Miraculeuse, S. Ignace ou encore les Lazaristes et les Missions Etrangères…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 17 décembre 2017

Je suis venu pour qu’elles aient la vie,
et qu’elles l’aient en abondance.
Ego veni ut vitam habeant et abundantius habeant
(Jn, 10, v. 10)

Le Père nous donne l’existence, la vie du corps et de l’âme pour entrer dans une vie pleine et heureuse en famille. Il le peut car il est la Vie toute puissante. Que le péché, l’orgueil, la jalousie ne nous coupent pas de cette source. Pour réparer notre égoïsme et notre ingratitude, pour nous donner la grâce, la force de vivre en vérité, le Père nous a donné son Fils unique, son Verbe fait chair né de la Vierge Marie, l’Immaculée Conception. Parce que Jésus est Dieu et Homme, il est véritablement notre Chef , notre Roi et notre Sauveur autant que notre Frère. Il est la Voie, la Vérité et la Vie. Il nous a aimé comme le Père et il a vaincu la mort. Jésus est le médiateur de la Nouvelle Alliance, le prêtre et la victime dont le sang innocent parle mieux que celui d’Abel ou que celui de l’agneau pascal de la sortie d’Égypte (Hébreux, 12, 24). Tous les prophètes jusqu’à saint Jean-Baptiste ont annoncé l’Agneau de Dieu et ses noces éternelles.

La devise épiscopale du nouvel archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, nous invite à le recevoir comme le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Dans l’attente du retour du Christ qui détruira définitivement le péché, la maladie et la mort, Dieu nous envoie un médecin, un docteur, un enseignant, un père. Si un prêtre, un curé a soin des âmes, un évêque est choisi pour une plénitude particulière. Que nous ne soyons pas jaloux de ce sacerdoce d’un successeur des apôtres, associé plus étroitement au Souverain Prêtre. Comme nous avons besoin du Christ Roi des âmes et des coeurs, nous aurons toujours besoin d’un saint évêque. Sinon Jésus ne nous aurait pas donné Pierre.

Si la prière intime dans notre chambre et la confiance en Dieu semblent suffire au salut d’une âme, il ne faut pas oublier que seul Jésus nous a mérité ce salut car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. Et parce que Jésus est vrai Dieu et vrai Homme, ce sont ses hommes vicaires qui rendent visible son Incarnation . C’est par eux que le Christ agit parmi nous, qu’il s’offre à la Sainte Messe et se donne en nourriture, qu’il nous accorde son pardon. L’évêque est-il pécheur ? Le Christ lui dit :  « j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères » (Luc, 22, 32)

Que Notre-Dame de Paris soit son étoile, que saint Joseph soit son protecteur, que saint Michel le défende, que saint Luc, saint Denis, sainte Geneviève, saint Louis, sainte Jeanne d’Arc et Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus l’accompagnent.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 10 décembre 2017

L’Immaculée Conception,
Saint Jean-Baptiste et Saint Nicolas.

En ce premier dimanche de l’Avent, la liturgie attire notre attention sur le premier avènement du Sauveur et nous présente la figure de celui qui, à la charnière des temps, rassemble en sa personne toute la prophétie d’Israël, Jean, le Précurseur.

Jean-Baptiste qui apparaît aux deux extrémités de sa mission. Dans la liturgie antique, il est au terme de sa course, près de son martyre, s’interrogeant sur l’identité de Celui qu’il a annoncé comme Messie et qui tarde, lui semble-t-il, à pleinement se manifester. Dans la liturgie nouvelle, il nous est présenté juste au moment où il surgit sur les rives du Jourdain, au moment où il inaugure sa prédication. D’une certaine manière, la réponse à la question qu’il se pose dans sa prison est donnée par l’évangéliste qui relate l’autre scène : en donnant les noms des principaux protagonistes de la Passion, S. Luc laisse entendre que l’accomplissement des prophéties apportera quelque chose d’inédit, quelque chose qui fera que les attentes d’Israël en sortiront bouleversées et renouvelées, au point qu’un Nouveau Testament devra prendre le relais de ce qui désormais apparaîtra comme l’Ancien. Alors que Jean-Baptiste avait annoncé la mission de Jésus sans encore bien la cerner, Jésus, lui, confirme la justesse de la proclamation de Jean : la Bonne Nouvelle est bien annoncée aux pauvres.

Cette Bonne Nouvelle continue d’être annoncée à toutes les générations. A toutes, même aux plus blasées, il est dit qu’en triomphant de la mort et de ses ténèbres, un homme – le Fils de Dieu venu dans la chair – a rouvert le chemin du ciel, celui de la vie, de la béatitude.

La geste de S. Nicolas relevant du saloir les corps déjà dépecés des trois enfants, en est comme une parabole. Livrée à elle-même et à ses démons, notre société soi-disant évoluée a montré qu’elle était capable d’accomplir à la lettre – avec les dérives de la bioéthique, du transhumanisme et du prétendu droit à la santé reproductive – ce que la légende décrivait comme image d’un monde qui s’abandonne à la cupidité et à la violence. A travers la figure du bon évêque Nicolas, c’est le Christ agissant par les sacrements de son Église qui dévoile l’imposture, châtie le crime et rétablit les victimes. La popularité de la légende de S. Nicolas n’est-elle pas alors le reflet de notre besoin de justice et de salut, de notre désir d’eucatastrophe, de retournement salutaire, par-delà même l’irréparable, par-delà la mort et le péché ?

Nostalgie de l’origine prélapsaire qu’incarne alors la Vierge Marie dans le mystère de son Immaculée Conception. Celle dont la nature est intègre nous stimule dans la suite résolue du Christ, pour tendre, sous sa conduite, vers la béatitude qu’apporte son Fils. Qu’au début de l’Avent, temps d’attente et de préparation par excellence, nous prenions Marie pour guide pendant ces quelques semaines, avec le chapelet à la main, pour mieux accueillir chaque jour dans notre cœur le Sauveur qui vient…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 3 décembre 2017

Les saints martyrs Eugène et Cécile, couronne du Christ
assis à la droite du Père
.

En ce dimanche, la paroisse fête le Christ dans sa victoire qui s’accomplit dans son royaume éternel. Il est peuplé de martyrs rouges par le témoignage du sang versé, blancs par la vie simple et ordinaire de ceux qui rendent compte de leur espérance.

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, préparons-nous au retour glorieux du Christ. Il est le Roi des âmes et des sociétés animées par la vérité. Cela alors même que le monde actuel hésite entre le vrai et le faux, le bien et le mal.

Ainsi, pour l’Eglise catholique, il est courageux et humble d’ajuster au plus vrai la traduction retenue par la liturgie en français du « Notre Père ». Le mot de tentation signifiait plutôt l’épreuve, la maladie, l’humiliation, ou le péché subi. Mais ce mot a pris un sens péjoratif de provocation directe au mal comme si Dieu proposait le péché, nous soumettait au péché.

Or, non, « Dieu ne peut être tenté de faire du mal ni ne tente personne (Jc 1, v. 13). » D’ailleurs, Dieu laisse la liberté de faire obstacle à la grâce. Il permet à des pécheurs ou à des situations de nous exposer à choisir le mal. Mais Dieu a promis que nous ne serions jamais tenté aux dessus de nos forces portées par la grâce. C’est en cela que nous demandions de ne pas être soumis à de trop fortes tentations. Mais dans le beau combat spirituel, il nous fait porter du fruit en étant victorieux des épreuves de la vie.

Nous demandons au Père éternel de ne pas nous laisser entrer en tentation au sens de ne pas nous laisser être exposé trop durement à la tentation, et d’y succomber, de pécher.

De la Vierge Marie debout au pied de la Croix, à saint Eugène et à sainte Cécile, c’est la certitude de la récompense de vivre avec le Christ victorieux qui est la plus grande grâce. Elle permet de résister à la tentation de quitter la source de vie pour un peu plus de temps sur terre. Nous chanterons le cantique des Noces mystiques de l’Agneau.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 26 novembre 2017

Nuit d’adoration du premier vendredi du mois dans la nuit du 1er au 2 décembre

Dévotion du premier samedi 2 décembre

Messe à 9h30 suivie de 10h15 à 10h45 de l’Oraison et du Chapelet.

De St Eugène à Ste Cécile : un double patronage pour une paroisse unique…

Les hasards du calendrier liturgique font que nous célébrons à huit jours d’intervalle les deux patrons de notre paroisse : S. Eugène aujourd’hui, S. Cécile dimanche prochain.

Le vocable de S. Cécile a été ajouté officiellement à celui de S. Eugène, parce que s’ouvrant sur la rue du même nom, l’église était couramment appelée S. Cécile par les gens du quartier. S. Cécile, qu’il s’agisse de la jeune martyre dont l’histoire romanesque est racontée dans une Passion du 6e siècle ou bien de la riche héritière de la gens des Cecilii qui aida de ses biens le pape S. Calixte au début du 3e, est la patronne des musiciens et, à ce titre, elle est particulièrement à l’honneur en notre église avec la schola qui porte son nom et qui accompagne notre liturgie. Cette année, en son honneur, sera chantée la Messe de S. Cécile de Charles Gounod. Ce sera aussi l’occasion de nous retrouver, à l’occasion de nos Journées d’amitié.

Si le vocable de S. Cécile tient à l’espace – la proximité de la rue du même nom –, celui de S. Eugène tient au temps, l’époque à laquelle fut décidée l’érection de la paroisse. L’archevêque d’alors s’était rendu compte que la population du quartier avait considérablement augmenté. Il s’adressa donc à Napoléon III pour obtenir la concession d’un terrain couvert de hangars afin d’y faire construire une église. « Cette église porterait le vocable de S. Eugénie ou celui de S. Louis-Napoléon, selon votre désir » écrivait alors le prélat. Le désir impérial nous fit échapper à S. Louis-Napoléon et commua S. Eugénie en S. Eugène. La légende fait de celui-ci un martyr du 1er siècle, disciple de S. Denys l’Aréopagite, futur évêque mythique de Paris, qui l’envoya évangéliser la Castille et fonder le siège de Tolède. Voulant revoir son maître et ami, l’évêque Eugène entreprit de se rendre en Gaule et c’est là, non loin de Paris, qu’il trouva le martyre, sous le règne de Domitien. D’autres traditions historiques en font un martyr du 6e siècle.

Voilà pour le rappel historique. Ce sont donc les hasards du lieu et du temps qui nous ont valu ces deux saints patrons dont l’histoire, passablement obscure, remonte aux origines mêmes du christianisme occidental. Voyons maintenant le sens que nous pouvons en tirer.

Ce double patronage est ensuite un résumé d’humanité : un homme et une femme, c’est-à-dire la plénitude de l’image de Dieu telle que nous l’enseigne l’anthropologie chrétienne fondée sur le livre de la Genèse. Un homme et une femme ensuite qui sont aussi un évêque – c’est ainsi qu’il est représenté dans notre église – et une laïque. Autrement dit, à la différentiation sexuelle s’ajoute la différentiation qui structure l’Église – prêtres-laïcs – et qui donne son sens ultime à la première : l’évêque tient la place du Christ, l’Epoux de l’Église, quand il célèbre les mystères sacrés pour sa communauté. Enfin l’un et l’autre, Eugène et Cécile, se célèbrent en rouge, la couleur du sang. Cela nous rappelle qu’être chrétien ne va pas plus de soi au 21e siècle qu’au 3e ou qu’au 6e. Des chrétiens meurent encore pour leur foi à quelques heures d’avion de chez nous. Et en Europe même, combien de chrétiens ne souffrent-ils pas du climat délétère qu’entretiennent ceux qui poussent notre nation à une apostasie toujours plus complète.

S. Eugène et S. Cécile, par leur exemple, nous apprennent qu’être chrétiens, c’est suivre le Christ, c’est être plongés dans sa mort pour ressusciter avec lui. Ils nous appellent donc à la conversion. Et ils nous font entrevoir que sans la grâce de Celui qui peut tout en nous, nous, nous ne pouvons pas grand-chose. Lui, l’évêque, et elle, la patricienne, nous invitent à vivre intensément de notre baptême.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 19 novembre 2017

Notre cité est dans les cieux :
« Voici l’
Époux ! Sortez à sa rencontre. »

Alors que nous approchons de la fin de l’année liturgique, que nous allons réentendre et revivre l’année de Noël à Pâques, de l’Ascension à la Pentecôte jusqu’à l’Assomption, nous devons récolter les fruits de cette année de grâces. Que les joies nous aient transportés, que les épreuves nous aient faits mûrir en patience et en espérance, rendons grâces à Dieu.

De l’Avent jusqu’au dernier dimanche, l’histoire du salut, de notre salut, nous a été rappelée. Chaque année nous rappelle la naissance du Fils de Dieu en notre chair, né de la Vierge Marie. C’est le mariage de la nature divine et de la nature humaine : le Père célèbre les noces de son Fils avec notre nature humaine. L’Agneau, l’Époux a montré son amour par ses paroles, ses miracles, son sacrifice sur la Croix. Il est notre Dieu, notre Roi, notre Sauveur, notre Frère aîné, notre Ami.

Mais c’est bien par des hommes et des femmes que cette bonne nouvelle a été transmise. Des églises ont été construites pour rassembler autour du Christ qui s’offre à chaque messe célébrée par ses prêtres. Le Corps du Christ est le vrai Temple, nous en sommes les membres. Que vivent ces églises qui sont les portes du Ciel, de la Jérusalem céleste ! Nos prières de cœur à cœur avec Dieu peuvent être dans le secret de nos maisons comme dans l’assemblée des baptisés. Mais l’église sera toujours le lieu des de la Sainte Messe et de la Sainte Communion, le lieu des Noces de l’Agneau, mort et ressuscité.

C’est pourquoi les riches et les pauvres, ceux qui ont pu économiser des biens au cours des années et ceux qui sont trop jeunes pour avoir encore de grands biens, nous sommes tous appelés à contribuer matériellement à ces églises selon nos capacités. C’est le denier de l’Eglise, le denier du culte… C’est surtout le moyen de transmettre la foi, l’espérance et la charité en des lieux de présence de Dieu, par les serviteurs du Christ, les religieux et religieuses, les catéchistes.

Pour la Paroisse Saint-Eugène Sainte-Cécile, ce sont les moyens concrets d’entretien et de perfectionnement matériels pour que la prière puisse monter vers Dieu sans gêne terrestre.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 12 novembre 2017

L’autre Martin

Alors que l’on commémore ici ou là la révolte malheureuse du religieux augustin d’Erfurt, Martin Luther, nous, à Saint-Eugène, nous souvenant de notre procession à travers les rues de Paris il y a bientôt deux ans, nous tournerons notre regard, le 11 novembre prochain, vers cet autre Martin, celui de Tours.

Militaire, fils de militaire, né en Panonnie (actuelle Hongrie), élevé en Italie et ayant erré au gré de ses garnisons en Gaule et en Germanie, mort près de Tours en 397, il avait montré, dès avant son baptême, reçu à 18 ans, son ardeur à mettre en pratique les préceptes évangéliques (épisode bien connu, par exemple, du manteau partagé aux portes d’Amiens). Témoignant sans relâche pour la vraie foi, menacée par les ariens, il supporta avec constance, avant d’obtenir son congé, l’épreuve à laquelle le soumit l’empereur apostat Julien et ensuite les mauvais traitements que lui infligèrent les hérétiques.

Fidèle à la profession monastique qu’un des tout premiers en Occident il avait embrassée, il assuma cependant dans toute sa plénitude la charge épiscopale que la Providence, contre son gré, lui imposa : car cet ascète, tourné par vocation vers la vie contemplative, déploya, en vrai soldat du Christ, l’activité militante d’un apôtre. Il fut l’un des grands évangélisateurs des campagnes, encore païennes. D’une humilité extrême dans ses rapports avec tous ses frères, il jouit de la puissance d’un thaumaturge, renouvelant à plusieurs reprises les miracles du Christ. Cumulant tous les prestiges de la sainteté, d’une charité sans limites envers les déshérités, Martin admonesta les grands de ce monde avec la sévère autorité d’un prophète inspiré.

C’est pourquoi, confesseur mort en pleine paix de l’Église, il fut immédiatement vénéré à l’égal d’un martyr. Sa vie demeura un modèle pour les chrétiens épris de perfection et des saints en grand nombre s’efforcèrent par la suite de l’imiter. Il devint le saint français par excellence, intercesseur de choix, tout en étant l’objet d’un culte dans toutes les parties de la chrétienté. Et la conclusion de l’armistice mettant fin à la plus terrible guerre européenne alors connue le jour de sa fête peut être vue comme un signe de la Providence…

Aujourd’hui, alors que les peuples européens, désemparés par le métissage culturel et la laïcité hypocrite qu’on leur impose, se tournent avec angoisse vers leurs racines, il mériterait d’être invoqué comme l’un des jalons majeurs de la christianisation de notre continent et de sa culture.

Au lendemain de l’octave de la commémoration des fidèles défunts, nous pouvons aussi nous souvenir de son équanimité devant la mort : « Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse pas le travail – non recuso laborem – mais que votre volonté soit faite ».

Abbé Eric Iborra
Dimanche 5 novembre 2017

Une Sainte Semaine

Cette première semaine de novembre est vraiment extraordinaire. Mercredi 1er, nous nous réjouirons de la vie lumineuse des âmes qui vivent de la vie même de Dieu, la vierge Marie et tous les saints martyrs, les confesseurs, les vierges, les âmes en Dieu même si elles n’ont pas été canonisées… Jeudi 2, nous prierons encore et encore pour nos êtres chers comme pour tous les défunts qui n’auraient pas réparé leur manque d’amour total durant leur vie terrestre, manque de don et de pardon, et qui seraient en Purgatoire. Si elles sont déjà au Ciel, le mérite de nos prières ne sera pas perdu. Du 1er au 8, nous pouvons visiter un cimetière et offrir une indulgence plénière pour ces âmes. Tout le mois de novembre, nous sommes invités à prier spécialement pour elles.

Vendredi 3 sera le premier du mois, consacré au Sacré Cœur de Jésus depuis l’apparition de 1689 à Paray le Monial à sainte Marguerite-Marie et l’appel du Christ à réparer les péchés contre un Cœur si aimant. Après une nuit d’adoration eucharistique, Samedi 4, premier samedi, nous préparerons une sainte communion en réparation de l’indifférence vis-à-vis du Cœur Immaculé de Marie d’une Mère qui a donné son Fils pour participer magnifiquement au Salut. Avec le mois d’octobre, se termine le centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima en 1917aux saints François et Jacinthe et à sœur Lucie, mais nous continueront le chapelet quotidien.

Donc, être prêtre à Saint-Eugène Sainte-Cécile, c’est prier chaque jour auprès de l’autel du Seigneur pour toutes les âmes. Être fidèle, c’est venir tous les jours (!!!) pour soutenir cette prière perpétuelle. En un mot, vivre les joies et les épreuves dans la présence du Dieu Sauveur.

Vivre en présence de Dieu, c’est non seulement croire qu’Il nous connaît intimement et que rien n’est caché à son regard paternel, mais c’est être persuadé que sa grâce nous portera toujours si nous n’y mettons pas obstacle. Pour devenir saint et avoir la paix profonde qui peut vaincre tous les malheurs terrestres, que notre cœur soit à l’image du Cœur Immaculé, à l’image des martyrs comme Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI, persuadée de la Providence et la Miséricorde divine.

De nouveau voici sa belle prière : « Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu, je l’ignore. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que Vous ne l’ayez prévu de toute éternité. Cela me suffit, ô mon Dieu, pour être tranquille. J’adore vos Desseins éternels, je m’y soumets de tout mon cœur. Je veux tout, j’accepte tout, je Vous fais un sacrifice de tout ; j’unis ce sacrifice à Celui de votre cher Fils, mon Sauveur, Vous demandant, par son Sacré-Cœur et par ses Mérites infinis, la patience dans mes maux et la parfaite soumission qui Vous est due pour tout ce que Vous voudrez et permettrez. Ainsi soit-il. »

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 29 octobre 2017

Catéchumènes et confirmands

J’ai déjà parlé du baptême des adultes et de la confirmation le mois dernier. J’y reviens car la situation se précise et l’urgence grandit.

Cette année encore, la confirmation sera donnée, dans la forme extraordinaire du rite, en notre église de S. Eugène. Mgr Maurice de Germiny, ancien vicaire général de Paris et évêque émérite de Blois, viendra à nouveau la conférer aux jeunes et aux adultes qui en feront la demande en communiquant leurs coordonnées au secrétariat (secretariat@saint-eugene.net). La date retenue est le dimanche 10 juin 2018, à la messe de 11h.

N’hésitez pas à en parler largement autour de vous dès maintenant ! La confirmation n’est pas un sacrement facultatif : il achève l’œuvre du baptême pour rendre le chrétien apte à relever les défis d’une vie où il se retrouve en bien des domaines minoritaire.

La formation à la confirmation aura lieu à partir de janvier, en respectant au maximum les contraintes (scolaires, universitaires ou professionnelles) de chacun. La première rencontre est fixée au mercredi 10 janvier, 20h. La feuille paroissiale vous rappellera ce rendez-vous pendant tout l’automne.

Quant au baptême des adultes : quelques catéchumènes devraient être baptisés à Pâques 2018. Ils sont déjà en cours de formation.

Mais un nouveau cycle va bientôt s’ouvrir pour ceux qui devraient l’être à Pâques 2019. Là encore, n’hésitez pas à en parler largement autour de vous et à proposer le sacrement du baptême à ceux qui cherchent Dieu, sacrement qui est la condition ordinaire pour accéder à la gloire du royaume de Dieu ! La formation commencera dès qu’il y aura des candidats ! Ils peuvent eux aussi prendre contact avec le secrétariat.

Abbé Eric Iborra, vicaire
Dimanche 22 octobre 2017

La fidélité des enfants de Dieu

Le 9 octobre, le diocèse de Paris fête son patron, Saint Denis. Il a été appelé au baptême pour être enfant de Dieu. Il a reconnu la paternité du Maître de la vie. En effet, Dieu est le maître et le roi mais il est surtout le Père qui envoie son Fils se marier avec la nature humaine. Recevoir le baptême, ce n’est pas seulement être béni par Dieu. C’est être plongé, être noyé et sortir de l’eau avec son Fils unique qui a vaincu la mort pour un mariage éternel, les noces de l’Agneau. Les baptisés sont frères et sœurs, configurés au Christ, frère aîné, premier né d’entre les morts. Ils sont temples de la Sainte Trinité.

Le prêtre est tour à tour un père plein de miséricorde, un fils qui célèbre le Saint Sacrifice en donnant sa vie dans l’Esprit Saint. Il est choisi par l’évêque qui a la plénitude du sacerdoce.

L’évêque est successeur des Apôtres dont le prince est Pierre. Il a eu peur de mourir comme nous tous. Puis il a demandé pardon et a rejoint son Maître dans la crucifixion pour vivre éternellement avec son Sauveur et son Frère. L’évêque de Paris doit donc être un martyr et mourir pour son troupeau. Il doit être un fils du vrai Dieu, plein de fidélité. Saint Denis a donné sa vie pour nous soyons enfants de Dieu par le baptême.

La Reine des martyrs dont le Cœur Immaculé a été transpercé par le glaive de douleur au pied de la Croix doit nous donner un saint Denis. « Doit » ? Oui, il faut être audacieux dans nos prières et faire une noble obligation à Notre-Dame d’écouter nos chapelets en ce mois d’octobre, spécialement en l’honneur du miracle du Soleil de Fatima. Qu’elle nous obtienne de son divin Fils un enfant de Dieu, un père, un frère dans la douceur et la force de l’Esprit Saint. Alors nous pourrons consoler ce Cœur immaculé, être fidèles à notre vocation au baptême et sauver les âmes pour la gloire du Dieu fait homme.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 15 octobre 2017

Saint Denis et les vocations

La fête de S. Denis (9 octobre), premier évêque de Paris nous rappelle la structure hiérarchique de l’Église. Chaque Église particulière – diocèse – s’édifie sur la charge de l’évêque, successeur avec les autres évêques en communion avec le Pape, l’évêque de Rome, de ce Collège des Apôtres voulu par le Christ pour être le fondement permanent de son Église.

Ce fondement hiérarchique, à Paris, resplendit davantage du fait que notre premier évêque a connu le martyre, reproduisant ainsi dans sa chair le témoignage rendu par les Apôtres au Christ et le témoignage du Christ à son Père : celui du sang versé pour la conversion des pécheurs. Martyre dont la forme reste toujours tragiquement actuelle comme le rappellent sans cesse les nombreux prêtres assassinés chaque année pour leur foi et pour la défense de la morale sociale.

Ce fondement hiérarchique apparaît d’une manière encore plus marquante du fait qu’au martyre de l’évêque Denis est associé celui du prêtre Rustique et du diacre Eleuthère. Ce qui souligne la forme tripartite du ministère sacré : la hiérarchie, depuis que le 2e concile du Vatican l’a précisé, se compose de l’ordre des évêques, de celui des prêtres et de celui des diacres, tous appelés à collaborer dans l’unité à la tâche apostolique, avec les ministres de rang inférieur et les laïcs.

Les plus curieux d’entre vous auront remarqué qu’une figuration de S. Denis, décollé, orne le retable de l’autel de S. Eugène. La tradition a vu, en effet, en S. Denis un ami du saint patron de notre paroisse.

En cette fête du diocèse, prions d’abord pour notre archevêque et pour celui qui devra lui succéder sous peu. Prions aussi pour nos autres pasteurs. Prions enfin pour ceux qui les rejoignent en répondant à l’appel de Dieu à servir Dieu et l’Église dans le sacerdoce ou la vie religieuse (ils sont 4 cette année de notre paroisse). Ils s’engagent généreusement sur un chemin exigeant de plusieurs années qui les verra peut-être au terme accéder au sacerdoce. Tous auront besoin de notre prière. Soyons ardents à la leur offrir !

Je représenterai notre paroisse à la fin du mois auprès de Stanislas de La Rochefoucauld qui poursuit ses études à Wigratzbad (certains m’ont demandé de ses nouvelles) et auprès de Nicolas Télisson (clerc dans les années 2008-2010) qui sera ordonné prêtre le mois prochain au même endroit. Que S. Denis et ses compagnons les inspirent et qu’ils veillent sur leur vocation !

Abbé Eric Iborra
Dimanche 8 octobre 2017

À Jésus par Marie

Que demandons-nous à Dieu ? Tout d’abord, comme tout être humain,nous voulons vivre, manger, boire et éviter d’être malade. Notre âme immortelle refuse la faiblesse de notre corps, son vieillissement même. Nous avons été créés pour couronner la création matérielle et dépasser la vie animale en participant à la vie spirituelle de Dieu : à son image et à sa ressemblance. Nous aimons nos parents, notre famille, nos amis, notre prochain. Nous remontons à Notre Père et nous l’aimons par sa grâce. Les anges ont été créés aussi pour l’aimer. Saint Michel s’est opposé à Lucifer qui s’est préféré à la source de la Vie et de tout Amour. Parmi les anges fidèles, des gardiens nous ont été donnés pour nous assister dans le combat spirituel.

Le péché originel a fait entrer la mort en ce monde. Le premier couple a rejeté la source de la Vie. Notre Père est tout prêt à nous pardonner car il veut la paix de sa création et notre bonheur. Il nous a donné sa Parole, son Verbe qui s’est fait chair de la Vierge Marie. Le nouvel Adam a donné sa vie innocente d’Agneau de Dieu pour nous arracher à la mort éternelle. Quand saint Gabriel a salué la nouvelle Ève, l’Immaculée Conception, il lui a demandé de bien vouloir accepter d’être la mère du Messie , du Serviteur Souffrant, du Sauveur. De Bethléem à Nazareth jusqu’à Jérusalem, de la crèche au crucifiement, elle a coopéré à notre salut, associée à la Rédemption.

Comment ne pas passer par la prière du chapelet, répéter les « Je Vous salue Marie… » ? Comment ne pas passer par le Cœur Immaculé de Marie pour obtenir du Divin Cœur de Jésus les grâces de fidélité, d’humilité et d’espérance pour notre salut, celui de nos êtres chers mais aussi pour la conversion des ennemis de Dieu et arracher les âmes à la damnation ? La volonté de Notre Père est que le triomphe du Cœur Immaculé de Marie soit l’instrument de la gloire de son divin Fils qui a versé son précieux sang pour nous sauver et nous faire entrer dans la Vie de la Sainte Trinité.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 1er octobre 2017

Prière pour notre diocèse
et son futur archevêque

Au surlendemain de notre journée de rentrée à Meaux, où nous avons pu nous familiariser avec cette grande figure épiscopale que fut Mgr Bossuet, nous nous retrouverons, prêtres de Paris, autour de notre archevêque, le cardinal Vingt-Trois. Vous savez qu’atteint par la limite d’âge, il compte se retirer. Nous pouvons d’ores et déjà prier pour celui qui lui succédera. Voici une prière (légèrement modifiée) que l’un d’entre vous nous a envoyé alors qu’approche la solennité de S. Denis, patron de notre diocèse.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 24 septembre 2017

Père céleste, nous vous rendons grâce pour le diocèse de Paris, pour ses évêques et ses fidèles. Nous vous confions son futur archevêque.

Seigneur Jésus, présent dans tous les tabernacles de notre diocèse, nous confions le choix du futur archevêque à votre intercession.

Esprit Saint, qui avez inspiré le roi S. Louis dans ses décisions, inspirez ceux qui choisirons notre archevêque. Que son choix soit fait dans la lumière divine.

Sainte Trinité, nous vous demandons par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, la grâce d’un saint archevêque pour Paris.

S. Joseph, époux de la Vierge Marie, priez pour notre diocèse.

S. Michel archange, avec l’armée céleste, défendez-nous dans la lutte contre les esprits mauvais.

S. Denis, S. Marcel et S. Geneviève, patrons du diocèse de Paris, priez pour nous.

Saints et saintes de Paris, priez pour nous.

Faire la volonté de Dieu en priant pour la conversion et le pardon des pécheurs

En créant des êtres libres capables de connaître et d’aimer, Dieu connaissait le risque du péché. Notre Père n’a pas voulu l’orgueil et le caprice de l’intelligence et de la volonté humaines. Le péché vient d’une connaissance d’un mal que nous voulons consciemment en abusant de notre liberté.

Mais, contrairement à l’intelligence perçante et à la volonté irréversible des anges, l’homme a besoin d’apprendre. Il est souvent ignorant. Les enfants comme les adultes apprennent chaque jour et peuvent progresser dans le vrai, le bien et le beau. Seules la paresse et l’insouciance coupable entretiennent l’ignorance. Ainsi, alors même que Dieu est le premier à être offensé, il est indulgent et pardonne à ceux qui ne connaissent pas parfaitement ce qu’ils font et les conséquences de leurs actes. C’est pourquoi nous devons savoir pardonner aux ignorants tout en corrigeant leurs erreurs et leur laisser faire des progrès.

De même la volonté humaine est rarement limpide et cynique. La passion et la faiblesse humaines troublent le consentement. Dieu est indulgent et pardonne pour nous donner le temps de nous convertir. De même, nous devons pardonner aux faibles.

Juger sévèrement son prochain sans tenir compte de ses ignorances, de ses limites et de ses faiblesses, est contraire à la volonté de Dieu. Nous pouvons constater le mal, l’injure, la violence, le mépris, l’abandon. En ce sens, nous pouvons juger notre prochain, et même l’empêcher de continuer à faire le mal et le punir selon la justice. Mais il faut être bien certain de la vérité et de la justesse de notre constat. Le jugement parfait et ultime appartiendra toujours à Dieu.

Notre Seigneur Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu, a donné le prix de sa vie innocente et son mérite infini pour le pardon des péchés. Il désire nous libérer de la mort de l’esprit, nous ressusciter et nous donner le bonheur éternel de vivre avec le Père et ses enfants. De même, nous devons vivre et prier pour que nos frères et sœurs fassent le bien, cessent de faire le mal et se sauvent. C’est même notre intérêt terrestre immédiat : que nos ennemis se convertissent. A l’image de la Vierge Marie et selon ses messages surtout à Fatima en 1917, nous devons prier pour que les pécheurs malicieux se convertissent et reçoivent le pardon de Dieu afin que le sang du Christ n’ait pas été versé en vain pour eux. Même si nous pouvons nous défendre contre la violence et parfois punir les péchés, la conversion authentique et sincère des pécheurs rend gloire à Dieu et à sa grâce. Nous devons y coopérer si nous aimons vraiment Jésus-Christ, mort et ressuscité.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 17 septembre 2017

La rentrée, c’est aussi la reprise des activités de formation chrétienne.

En cette période de rentrée, les activités de la paroisse reprennent progressivement.

1 – Je vous propose cette année un cours sur les Pères de l’Église, ces grands témoins de la foi et de la sainteté, qui ont enraciné le christianisme dans les premiers temps, ceux de l’Antiquité. Le cours aura lieu, comme le cours d’histoire de l’Église auquel il succède, le jeudi, à 20h, au Centre Bergère. Le 1er cours est fixé au 21 septembre. Confrontés à un monde païen passablement désaxé, un peu semblable au nôtre par bien des aspects, les Pères, tant d’Orient que d’Occident, ont rendu témoignage, parfois jusqu’au martyre, à Celui qui est la Vérité et la Vie.

2 – C’est à cela aussi que sont appelés nos contemporains. Et en particulier ceux qui s’agrègent à nos communautés ou qui renforcent leurs liens avec elles. Je pense évidemment aux catéchumènes et aux confirmands.

Cette année encore, la confirmation sera donnée, dans la forme extraordinaire du rite, aux jeunes et aux adultes qui en feront la demande en communiquant leurs coordonnées au secrétariat (secretariat@saint-eugene.net). N’hésitez pas à en parler largement autour de vous dès maintenant même si la date, encore à retenir, sera probablement en mai ou juin. La formation commencera l’hiver venu.

Quelques catéchumènes devraient être baptisés à Pâques 2018. Ils sont déjà en cours de formation. Mais un nouveau cycle va bientôt s’ouvrir pour ceux qui le seront à Pâques 2019. Là encore, n’hésitez pas à en parler largement autour de vous et à proposer le sacrement du baptême à ceux qui cherchent Dieu, sacrement qui est la condition ordinaire pour accéder à la gloire du royaume de Dieu ! La formation commencera dès qu’il y aura des candidats !

Confions à la Vierge Marie, particulièrement honorée en ce mois de septembre, ces différentes activités.

Abbé Eric Iborra, vicaire
Dimanche 10 septembre 2017

La vraie vie en Dieu, la prière pour tous.

Voici la fin de l’été. Quelle que soit la manière dont nous avons passé ce temps de dépaysement par rapport au reste de l’année, partis en vacances ou paisibles plus ou moins à Paris, partageons cette reprise de la vie citadine en union de prière avec les habitants de notre ville.

En venant au Saint Sacrifice de la Messe à la paroisse Saint-Eugène, habitant dans le quartier ou venant de plus loin, nous sommes des citadins catholiques au milieu du monde moderne noyé d’images et de son.

Notre foi en Dieu Notre Père nous pousse à lui parler, à prier. Nous pouvons apprendre la prière « Âme du Christ » pour savoir plus sûrement parler à son Fils Jésus Notre Sauveur. Soyons religieux et prenons la résolution de prier le chapelet chaque jour pour cultiver la présence invisible de Dieu et de celle qu’il nous a donnée comme mère, la Vierge Marie. Saluons notre ange gardien chaque jour. Prions pour nos défunts et qu’ils intercèdent pour nous.

Profitons des adorations, des cours, catéchismes et alpha, des conférences, des pèlerinages comme celui de rentrée auprès du pieux évêque de Meaux, le grand Bossuet le samedi 23 septembre.

Que cette année soit une année de prières, de demandes faites à Dieu, Père très aimant, Agneau et Esprit Saint. Que nous demandions un saint archevêque pour succéder à notre Cardinal André Vingt-Trois en novembre prochain. Que nous demandions la foi vivante et l’espérance chrétienne pour ceux qui nous entourent, baptisés éloignés de la pratique réelle. Que nous demandions de nombreuses conversions et de nouveaux baptisés.

Que tous les peuples vivent en paix dans leur pays par la seule loi divine de la charité du Christ. Que les prêtres, les religieux et fidèles missionnaires catholiques trouvent les grâces de témoigner de la divinité du Christ crucifié et ressuscité dans la prière silencieuse de l’oraison.

Mais insistons bien sur le chapelet quotidien tant de fois demandé par la Reine de la Paix, la servante du Seigneur, Notre-Dame à Lourdes ou à Fatima.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 3 septembre 2017

Temps estival de Prière et de Repos

Après ces belles fêtes de la fin de l’année pastorale – le Sacré Cœur, la nativité de S. Jean-Baptiste, Ss. Pierre & Paul, le Précieux Sang – la paroisse Saint-Eugène va prendre ses quartiers d’été. Les offices de la semaine et du dimanche seront assurés comme à l’accoutumée (voir tableau). Seul le chapelet ne sera pas assuré pendant les vacances

A tous nous souhaitons des vacances reposantes et reconstructrices, sous le regard du Seigneur, dont nous fêterons la Transfiguration, et sous celui de sa sainte Mère, que nous aurons à cœur de fêter dignement le jour de son Assomption où que nous soyons. En ce centenaire de la Première Guerre mondiale, nous nous retrouverons ensemble à Meaux le samedi 23 septembre autour de la figure de Bossuet. Le P. Renaud Silly OP, nous parlera du grand prédicateur dont il a fait rééditer les œuvres.

Les activités reprendront leur cours normal à partir du dimanche 3 septembre. Nous ne manquerons pas d’accompagner de notre prière ceux de nos jeunes paroissiens qui rejoindrons à la rentrée un institut de formation sacerdotal ou religieux.

Les prêtres de S. Eugène

Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur

En ce mois du Sacré Cœur, et à l’approche de la Fête solennelle des Saints Pierre et Paul, la tradition a choisi ce temps pour célébrer les ordinations sacerdotales. A la cathédrale de Paris, 10 nouveaux prêtres ont été ordonnés par le Cardinal Vingt-Trois, couronnant ainsi des années de service pour l’archidiocèse de Paris. En effet, nous attendons un nouvel archevêque au moment où il s’apprête à partir pour son repos d’ici quelques mois selon la nomination pontificale. Alors même que le Cardinal a vaincu une maladie, il espère encore servir l’Eglise dans la prière au moment de ses soixante-quinze ans, âge habituel de la renonciation à la charge territoriale d’un évêque. Le mot retraite serait très faux car l’état épiscopal ou sacerdotal est définitivement donné ; un père ne prend pas de retraite paternel.

En effet, la succession apostolique, c’est très concrètement le geste de l’imposition des mains sur la tête de celui qui reçoit la grâce d’offrir le sacrifice et d’enseigner l’évangile du salut en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce geste signifie l’emprise de l’Esprit Saint qui marque l’âme pour toujours afin de transmettre la grâce au nom du Christ Sauveur. Tous les évêques peuvent remonter sans interruption aux Apôtres. Ainsi, l’évêque impose les mains à un prêtre pour qu’il reçoive cette grâce de la mission d’apôtre, plénitude du sacerdoce.

Le diacre reçoit aussi l’imposition des mains pour recevoir la marque sacerdotale et devenir prêtre. Son âme est configurée au Sauveur pour évangéliser sous la direction de l’évêque, pour prononcer en vérité les paroles de la consécration en la personne du Christ, rendre présent et offrir son Saint Sacrifice de la Croix, donner son Corps aux fidèles, baptiser, pardonner les péchés, soulager les malades par l’huile sainte, bénir les mariages.

Il nous faut prier pour les vocations, les prêtres et les évêques car la douce présence du Fils de Dieu venu sur terre, né de la Vierge Marie, est ainsi prolongée. Il nous faut prier pour leur sainteté. Qu’ils aient les vertus de foi et d’espérance, de prudence, de justice, de force et de tempérance dans l’Esprit Saint. Et surtout qu’ils aient la charité, un amour authentique dans la vérité et la bienveillance miséricordieuse. Tout est possible à Dieu ! Mais les prières de Notre-Dame, des saints et des fidèles coopèrent à cette puissance.

 

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 25 juin 2017

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