Editorial

Les noces de l’Agneau de Dieu

Quand Dieu le Père nous envoie son Fils unique, il annonce une union, un mariage entre la divinité et l’humanité. L’Incarnation du Verbe est vraiment une union d’amour. Dieu est Amour et il aime ses créatures et tout d’abord ses anges. Quelle vaine jalousie chez les démons alors même qu’il leur avait été donné l’intelligence et la capacité d’aimer librement pour épouser le don de la vie intime de Dieu ! Jalousie contre Dieu et les êtres humains.

Mais Dieu aime profondément la nature humaine et c’est selon notre manière d’aimer qu’il nous l’a montré. Après le péché originel suscité par la jalousie de Lucifer, alors que nous devions mourir, Dieu promet une descendance victorieuse. Elle lui écrasera la tête.

Saint Jean-Baptiste avait annoncé l’époux du peuple élu représentant l’humanité qui avait gardé la foi dans le vrai Dieu. L’Époux divin appelait la fille de Sion, montagne de Jérusalem, à être fidèle à son alliance. Aux noces de Cana, Jésus est présent avec la Vierge qui a enfanté l’Emmanuel, Dieu avec nous, pour manifester le nouvel Adam et la nouvelle Ève. Quand le maître du festin félicite le couple marié pour le vin nouveau meilleur que l’ancien, cette louange revient à Dieu qui nous donne son divin Fils. L’eau signe de mort et de purification devient le vin dont la couleur signifie le sang innocent qui sera versé pour le pardon des péchés.

Et c’est la Nouvelle Ève, Marie, mère des vivants, qui avait prié : “ils n’ont plus de vin”, ils n’ont plus de grâce, miséricorde pour l’humanité !

En cette année 2019 encore commençante, il nous faut comprendre l’importance de la foi en Dieu créateur et Père, en Jésus  Fils Époux et Frère aîné dans l’amour éternel du Saint-Esprit. Il nous faut comprendre le rôle de la parole sincère du juste et du pécheur, le rôle de la prière, matin et soir. La Vierge immaculée a besoin de notre soutien, de nos prières, du chapelet pour demander et réclamer des grâces pour que nous ayons toujours le Corps et le Sang afin que Jésus ressuscité nous nourrisse et nous vivifie.

Entre Jésus et Marie, il y a une humanité sainte qui obtient la sanctification d’une humanité pécheresse et faible : la puissante supplication du Cœur immaculé d’une Mère sur le Cœur Sacré d’un Fils Sauveur. Faisons tout ce qu’il nous dira et l’espérance soutiendra nos vies pour cette année nouvelle en France et dans le monde, dans les joies et les épreuves. 

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 20 janvier 2019

Saint Benoît, patron de l’Europe

Alors que l’avenir est incertain, le présent sombre, je me laisse aller à ma pente favorite : la méditation du passé. En cette année de commémoration du centenaire des traités de paix ayant mis fin à la Première Guerre mondiale, notre paroisse accueille samedi 26 janvier, à partir de 10h, au Centre Bergère, la journée d’études de l’association « Saint Benoît Patron de l’Europe », patronnée justement par l’abbaye bénédictine de Triors. J’y traiterai de « la paix introuvable » : les efforts répétés de Benoît XV et du Saint-Siège pour mettre fin au conflit par une paix négociée, juste et durable. L’idolâtrie de la nation, perversion de la piété envers la patrie, comme l’a bien montré Jean de Viguerie dans son essai sur les Deux Patries, provenait en droite ligne d’un régime issu des Lumières et de la Révolution qu’elles avaient inspirée, ayant chassé Dieu de la société et, finalement, du cœur des hommes.

Benoît XV et son prédécesseur S. Pie X l’avaient bien compris : la guerre terrible qu’ils voyaient venir et qui les désola provenait d’un déficit de christianisme à tous les niveaux de la société. Leur successeur, Pie XI, s’efforcera de ré-évangéliser en profondeur ce monde européen sinistré des années vingt en instituant la fête du Christ Roi, promouvant son règne social dès l’ici-bas, dans les cultures et les civilisations de son temps. Il s’agissait de « refaire chrétiens nos frères » pour préserver le don qu’avait apporté au monde ce « Prince de la paix » que nous venons de fêter il y a quelques semaines. Le pape aura alors à flétrir les idéologies faisant de la classe, de la race et de l’État une idole à qui tout sacrifier. Il ne put empêcher la Deuxième Guerre mondiale, dont les haines furent encore plus inexpiables que celles du conflit précédent.

Malgré les efforts des pontifes qui se sont succédé depuis et la « nouvelle évangélisation » qu’appelait de ses vœux S. Jean-Paul II, on parle aujourd’hui de « Troisième Guerre mondiale en morceaux ». Les idéologies ont mué mais elles prospèrent toujours sur le même déficit de christianisme de nos sociétés. Le mondialisme libéral en est un exemple, et le mouvement des « gilets jaunes » un témoin. Car c’est toujours le même Ennemi qui est à l’œuvre, celui que S. Jean appelle « menteur et homicide dès l’origine ». Aujourd’hui, plus sournoisement encore, sous couvert de « liberté », c’est à l’humanité même de l’homme qu’il s’en prend tout en dissolvant les solidarités, imparfaites, qui unissaient encore les hommes entre eux. La dernière institution à être attaquée, après la chrétienté, la nation, les divers corps intermédiaires, c’est la plus fondamentale et la plus primitive : la famille. Si elle cède, l’être humain ne sera plus qu’un individu désemparé, enfermé dans sa solitude comme l’est lui-même le démon. Car c’est bien cela qu’il veut : entraîner le maximum d’êtres faits pour la communion avec la communion trinitaire du Dieu unique dans sa désespérance de révolté.

Alors, sans nous laisser impressionner plus que de raison, entrons avec l’Église dans « la voie bénédictine » (Rob Dreher), le combat pour la pacification des âmes et des cœurs, par leur ré-enracinement en Dieu, condition de la paix et de la prospérité de nos civilisations lointainement évangélisées par la prière et le travail des disciples de S. Benoît comme nous l’a si bien rappelé Benoît XVI dans son magistral discours au collège des Bernardins en septembre 2008…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 13 janvier 2019

La victoire du Roi de Justice

En l’an de grâce 2019, que cette année nouvelle voie la vérité et la justice pour nos familles, père et mère, frères et soeurs, tous nés d’un même Père. Dieu nous a donné sa Parole, son Verbe éternel, son Fils. Il a prouvé son amour pour l’humanité blessée par la jalousie et le péché. Par l’opération du Saint-Esprit, le Verbe s’est fait chair. L’amour du Père et du Fils a formé la sainte humanité, corps et âme de Jésus dans le sein de la Vierge Marie. Son humanité est imprégnée de la Personne divine du Fils, Huile divine. Jésus est oint, il a reçu l’onction divine, il est le Christ, l’Oint : Dieu et Homme.

Jésus est le Prêtre, le pont entre Dieu son Père et l’humanité. Nous sommes plongés dans le mystère pascal. Les prêtres catholiques rendent présent le Saint Sacrifice de la Croix en prononçant les paroles de la Consécration. Ils pardonnent au nom de la Sainte Trinité par Jésus crucifié et ressuscité. Il est la Voie, la Vérité et la Vie. Il est la source de la vertu, de la force, de la vérité, de la justice, de l’autorité, de la bonté, de la bienveillance, du pardon, de la miséricorde. Jésus est le meilleur des rois.

Les autorités humaines, les dirigeants civils et politiques doivent reconnaître Dieu, la Religion, l’Incarnation, l’amour du Christ pour ses frères. Ils doivent apprendre de la Révélation chrétienne à consolider la vie naturelle et terrestre pour offrir la paix temporelle favorable à la vie surnaturelle, à la prière, à l’éternité bienheureuse.

Les Rois Mages sont des hommes riches, puissants, savants, princes de leur cité. Ils sont les rois de la Terre qui reconnaissent Jésus, sa divinité par l’encens, sa royauté par l’or, son humanité par la myrrhe. Quelle grâce que les pays chrétiens ! Utopie ? Combat perdu maintenant ? Non, parce que toute âme est jugée par Jésus au moment de quitter le corps. Non, car « il faut que vienne d’abord l’apostasie, et que se révèle l’Homme de l’impiété, le fils de perdition,… l’Impie, que le Seigneur Jésus supprimera par le souffle de sa bouche et fera disparaître par la manifestation de sa venue. » Prenons courage, le Christ Roi a déjà vaincu le monde. Suivons le Sacré Cœur par le Cœur Immaculé de Marie.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 6 janvier 2019

« Accueillir Celui qui vient renouveler nos vies de sa lumineuse présence »

C’est par ces mots que notre archevêque a formulé ses vœux pour Noël. Cette « lumineuse présence » brille dans la liturgie au-delà de la nuit de la Nativité : elle en illumine l’octave qui se clôt par le rappel de la circoncision de l’Enfant (1er janvier), lumière qui annonce, avec le sang, les ténèbres de la Passion ; elle brillera encore au jour de l’Epiphanie (6 janvier) ; elle transparaît à travers les saints que nous fêterons en ces jours privilégiés, et notamment à travers S. Geneviève (3 janvier), patronne de Paris et de Nanterre, la cité d’où vient Mgr Aupetit ; S. Geneviève dont l’actualité littéraire, avec Philippe de Villiers et Camille Pascal, a doublement relevé le rôle joué dans la conversion du roi des Francs, Clovis.

S. Geneviève s’invite en effet dans le calendrier des mages venus d’Orient, elle qui procura à profusion du pain aux Parisiens affamés par les tribulations des invasions barbares, eux qui déjouant les pièges de non moins cruels barbares découvrirent dans l’enfant encore muet le Verbe de Vérité.

Tandis que les mages orientaux nous apprennent à reconnaître ce qui a du prix par-delà les apparences trompeuses (Celui qui soutient tout l’univers par son Verbe puissant (Hb 1, 2) dans la forme de la plus humble créature, un enfant à peine né, loin des grandeurs d’établissement du Temple et des palais de Jérusalem), la patricienne occidentale, Defensor civitatis (comme le fut S. Léon le Grand à Rome à la même époque,) nous enseigne à mettre énergiquement nos dons au service du pays et ainsi à exercer cette haute forme de la charité qu’est le service du bien commun.

Les Mages de la Crèche et la Patronne de la Cité inspireront les vœux que nous sommes heureux de vous adresser à l’orée du nouveau millésime.

Avec les Rois Mages de l’Epiphanie, nous pourrions vous souhaiter non pas de recevoir ce qu’ils offrirent à l’Enfant mais ce que ces dons peuvent signifier aujourd’hui : la prospérité, ou au moins une certaine aisance en ces temps de crise qui s’aggrave (or), le goût du service de Dieu et de la prière (encens), la confiance face aux inévitables tribulations de l’existence et l’espérance face à celle d’entre toutes qui les clôt, la mort (myrrhe).

Avec S. Geneviève, nous pourrions vous souhaiter aussi de puiser aux sources de notre histoire, marquée dès l’origine par ses racines chrétiennes, pour réaffirmer la grâce de cette civilisation française, culture barbare plongée il y a 15 siècles dans les eaux du baptême de Reims et transfigurée, à la lumière de l’Evangile, par le labeur et les sacrifices que consentit la longue lignée de nos ancêtres. Travaillons tout au long de cette année 2019, qui verra la commémoration de traités de paix bien imparfaits, à sauvegarder ce précieux héritage au spirituel et au temporel !

Abbé Eric Iborra
Dimanche 30 décembre 2018

L’Enfant-Jésus est au coeur de la religion

A la fin de ce temps de l’Avent, au seuil de la nuit de Noël, la prière de l’Église, la liturgie va nous inviter à contempler l’Enfant-Dieu, un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire.

Pour la Vierge Marie, sa mère, pour saint Joseph, son père adoptif et gardien fidèle, il est l’enfant donné par Dieu, l’enfant promis, l’enfant providentiel qui va sauver le peuple de l’Alliance promise à Abraham, père d’Isaac, père de Jacob. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son ancêtre ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » 

Pour les bergers juifs de Bethléem, la ville du roi David, la Bonne Nouvelle est proclamée par l’Ange puis elle est célébrée par les anges. Celui qui est imprégné de l’huile de joie, le « Oint », le Christ, Seigneur et Sauveur est né : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. Tous les peuples non-juifs vont connaître cette révélation.

Pour tous les hommes, chrétiens ou non, depuis l’Année du Salut, c’est l’an de grâce 2018. L’Enfant-Jésus nous dit l’amour de Dieu le Père qui est fidèle à ses promesses. L’espérance nous rend heureux et nos bonheurs terrestres nous disposent au bonheur éternel. Mais comme nous nous arrêtons à nos difficultés et à nos querelles, à ce qui n’est pas parfait dans nos vies, nous passons à côté de l’Enfant-Jésus, nous ne nous arrêtons pas devant l’Innocence, la Paix, la Faiblesse divine qui aime tant ses enfants. Cette présence ne s’est plus interrompue. Jésus est réellement au tabernacle, il est Jésus-Hostie : enfant, jeune homme à Nazareth, homme d’amour et de miracles, crucifié et ressuscité. Comme le dit Ponce-Pilate, je ne suis pas juif mais, au coeur de la religion, du lien entre l’âme humaine et Dieu, dans l’espérance de la vie éternelle après la vie terrestre, il y a l’Enfant-Jésus, le Verbe, la Parole du Père, le Fils fait Homme. Il y a l’Incarnation : l’amour divin puissant et faible qui rend un peu jaloux les anges.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 23 décembre 2018

Gaudete, « soyez dans la joie »

« Soyez toujours dans la joie » s’exclame S. Paul à l’adresse de ses chers Philippiens. « Soyez toujours dans la joie » nous répète l’Église en ce 3e dimanche de l’Avent.

Cette exclamation de S. Paul nous atteint peut-être à une période de notre vie où nous ne nous sentons pas particulièrement joyeux, pour de multiples raisons qui peuvent tenir à notre situation personnelle (premiers froids et premières grippes, et tant de choses encore : parents hospitalisés, amis qui traversent une phase difficile, soucis divers) ou aux événements du monde (qui ne sont pas particulièrement réjouissants, comme d’habitude, et en France en particulier où l’exaspération atteint un comble).

Et pourtant cette exclamation résonne bien comme une injonction : « Soyez joyeux ». « La joie se décréterait-elle » ? pourrions-nous bougonner. Eh bien, d’une certaine manière, oui. Oui, parce que nous sommes invités à scruter les événements du monde et ceux de notre vie à la lumière de la foi, et aujourd’hui, en ces jours qui précèdent Noël, la foi braque son projecteur sur une crèche qui ne va pas tarder à être habitée.

La source de notre joie, en ces jours de l’Avent, c’est le rappel du grand mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu dans une chair humaine. Nous sommes invités à prendre la mesure de l’amour infini de Dieu, de ce Dieu qui pour nous rejoindre n’hésite pas à se faire semblable à nous, à devenir solidaire de nos joies et de nos peines, de nos espoirs et de nos drames. Une solidarité active d’ailleurs puisque le terme, à Pâques, est la délivrance du genre humain accablé par le péché et par ses suites, le don d’une espérance, celle de traverser la mort pour entrer dans la Vie, une vie indestructible et bienheureuse.

Notre joie s’alimente à un événement historique et elle se nourrit d’une espérance : la venue en gloire du Christ. S. Paul nous le rappelle : « Le Seigneur est proche ! » Il est à l’horizon du destin de ce monde. Il est à l’horizon de notre propre destin, lorsque la mort viendra nous saisir. Il est là, sous nos yeux, quotidiennement, si nous voulons bien nous souvenir que baptisés dans le Christ, nous pouvons vivre chaque jour de la vie nouvelle qu’il insuffle en nous par la puissance de son Esprit. Il est là, lui, l’Emmanuel, « Dieu avec nous », qui a fait sa demeure en nous. Il est la source qui irrigue notre être, la lumière intérieure qui transforme notre regard.

« Soyez toujours dans la joie ». Nous le serons si nous acceptons de nous « convertir », de venir adorer celui qui habite notre cœur et qui seul est en mesure de transfigurer notre regard sur le quotidien dont est tissé notre vie.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 16 décembre 2018

Notre Mère Immaculée, Reine de France

La Vierge Marie est née de Joachim et d’Anne. L’église Sainte-Anne de Jérusalem a été construite près de leur maison. La dédicace a eu lieu un 8 septembre, jour de la naissance de la sainte enfant. À cette fête de sa nativité se joint la fête de sa conception, neuf mois plus tôt, le 8 décembre. L’âme de la Vierge Marie a été préservée du péché originel d’Adam et Ève, désobéissance à Dieu et manque de confiance en sa bonté. Dans ce péché inspiré par Lucifer, l’homme s’est préféré lui-même, il a méprisé Dieu contre les exigences de son état de créature et contre son bonheur. Il a voulu être comme Dieu, mais sans Dieu.

C’est la privation de la justice et de la bonté originelles. La nature humaine est blessée dans ses forces naturelles, soumise à l’ignorance, à la souffrance et à la mort, et inclinée au péché. La maîtrise des facultés spirituelles de l’âme sur le corps est distendue, l’union de l’homme et de la femme est soumise à convoitise et la domination : polygamie, répudiation, divorce, concubinage. L’Orgueil et la frustation entraînent envie, jalousie, querelle, avarice, débauche. La contraception et l’avortement comme l’euthanasie cachent la peur d’affronter la vie avec ses joies et ses exigences.

A l’universalité du péché et de la mort saint Paul oppose l’universalité du salut dans le Christ : ” Comme la faute d’un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l’œuvre de justice d’un seul procure à tous une justification qui donne la vie ” (Rm 5, 18). Désigné par le dernier prophète, Jean le Baptiste, Jésus est le Sauveur, l’Agneau de Dieu. Innocent, il donne la vie de la grâce dans la plongée dans l’eau, le baptême, victoire sur les eaux de la mort par la source purificatrice de la vie divine.

Pour le Pèlerinage de la Touraine du 11 septembre 1882, l’Abbé François Xavier Moreau avait écris cette prière «  Bénis, ô tendre Mère, ce cri de notre foi : nous voulons Dieu, c’est notre Père ; nous voulons Dieu, c’est notre Roi,  » dans nos familles, dans nos écoles, pour présider aux jugements, au mariage comme au chevet de nos mourants, pour que l’Église puisse enseigner la Vérité́, combattre l’erreur qui divise, prêcher à tous la charité́. Nostalgie catholique du passé ??? Non car l’homme sans Dieu, sans Père, sans religion, est contre nature avant même l’Évangile révélé.

Que faut-il pour la France en 2018 ? Pontmaint et l’Ile Bouchard ! La confession, la prière quotidienne et commune le dimanche, le chapelet de la servante aller à Jésus, Dieu venu à nous. Tout ce qui manque à un peuple désorienté…

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 9 décembre 2018

Bonne année !

– « Eh, Monsieur l’abbé, comme vous y allez ! Nous ne sommes que dans les premiers jours de décembre… »

– « Certes. Cependant je persiste et j’ajoute même : meilleurs vœux ! »

Insolite, non ? Surréaliste ? Disons plutôt : surnaturel !

Car, pour nous chrétiens, l’année nouvelle commence avec le premier dimanche de l’Avent. L’année chrétienne n’est pas comme l’année civile une succession de 365 jours égaux en dignité (ou en platitude…), une portion de « temps physique » mesuré par le mouvement des astres, un cycle de plus dans le retour immuable des saisons. Non, pour nous le temps a une signification, il a même un sens. Un sens à la dimension de notre vocation, un sens auquel se mesure notre espérance. Effrayée par la fuite du temps et consciente de l’éphémère de ses repères érigés « pour mille ans » (la fondation de Rome, l’an I de la République une et indivisible, etc.), la société civile s’en remet encore sagement (pour combien de temps encore?) à l’Evénement qui pour nous constitue le pivot du temps et l’axe de l’histoire : la Nativité du Seigneur, commémoration à laquelle nous préparent ces quatre semaines de l’Avent.

Allons donc jusqu’au bout de la perche qui nous est tendue : vivons le temps autrement. Chaque année est une étape de plus dans le pèlerinage qui nous conduit vers la Patrie définitive, la demeure du Père. Cette étape du chemin, nous l’accomplirons en compagnie du Christ, « le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité », dimanche après dimanche, jour après jour. Nous revivrons symboliquement, mieux : sacramentellement, l’histoire du salut depuis la création du monde et sa recréation dans le Christ jusqu’à son achèvement et sa récapitulation dans le même Christ. Le temps liturgique nous est donné pour incarner dans notre vie l’histoire ecclésiale de notre salut.

Alors, oui, au seuil de cette année nouvelle, je formule un vœu. Je l’emprunte à S. Paul qui exhorte les Romains : « C’est l’heure désormais de vous arracher au sommeil ; le salut est maintenant plus près de nous qu’au temps où nous avons commencé à croire. La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière » (Rm 13, 11-12). En vue de quoi ? Laissons encore la parole à S. Paul, s’adressant cette fois aux Thessaloniciens : « Que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, une charité de plus en plus intense et débordante. Qu’il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur Jésus viendra avec tous les saints » (1 Th 3, 12-13).

Abbé Eric Iborra
Dimanche 2 décembre 2018

Le Christ Roi couronne ses martyrs
aussi pour notre temps

En cette fin d’année liturgique, la Providence divine a voulu que le Christ manifeste sa puissance et sa gloire à travers une jeune femme, sainte Cécile, patronne de notre paroisse avec saint Eugène. Au début des années 200, il y a 18 siècles déjà, elle était la seule chrétienne d’une noble famille romaine. Avant même que la vie religieuse ne soit parfaitement soutenue par des ordres de moniales, des instituts féminins, des baptisées voulaient suivre les trois conseils évangéliques de chasteté, de pauvreté et d’obéissance. Mais pourquoi donc ? Pour la vie éternelle.

Il faut bien comprendre que malgré les obscurités païennes, l’institution du mariage était encore en honneur naturellement. La famille de Cécile voulut donc la marier à Valérien. Pendant les réjouissances et au son des instruments de musique, elle s’adresse à Dieu : « Permettez, Seigneur, que mon cœur et mon corps restent immaculés ! » Le soir, elle défendit la consécration de sa virginité et avertit son époux qu’un ange la défendrait. Voulant comprendre, il demanda à voir l’ange. Il ne le vit qu’après son baptême auprès du pape saint Urbain. Dénoncés comme chrétiens, Valérien et son frère Tiburce furent décapités. Le préfet fit reconduire Cécile dans sa maison patricienne et ordonna de la laisser mourir dans les bains de vapeurs. Ayant été préservée miraculeusement de ce supplice, le bourreau vint pour lui trancher la tête, mais il lui infligea trois coups en vain. Elle ne mourut que trois jours après, le 22 novembre 230. La première église Sainte-Cécile a été construite sur sa maison et attestée en 499 comme titulus Ceciliae alors que son corps avait été rapporté des cacatombes de saint Calixte. Lors d’une restauration de la basilique de 822, le corps incorrompu de la martyr fut retrouvé pendant les fouilles dans la position reproduite par le sculpteur Stefano Maderno en 1599.

Pourquoi donc honorer cette sainte patronne de la musique, des musiciens, des compositeurs, des luthiers, des chanteurs et des poètes ? Mais parce que lorsque l’Église choisit une sainte patronne, c’est pour lui demander de prier particulièrement pour une vérité de la Création. Ici la musique et le chant, l’une des passions des anges. Mais pour notre temps, sainte Cécile nous dit la foi, l’espérance et la charité fondées en Jésus-Christ, l’Époux de nos âmes. Il est notre Dieu, Verbe éternel du Père, Fils de l’Homme par la Vierge Marie, Sauveur par sa Croix et sa Résurrection, le premier d’entre les morts. Il viendra nous juger avec ses anges et ses saints par sa divine miséricorde.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 25 novembre 2018

Catéchumènes et confirmands

J’espère qu’en ce dimanche où nous l’honorons solennellement comme patron de notre paroisse, S. Eugène me pardonnera de ne pas parler de lui dans notre feuille d’information, mais puisque la tradition fait de lui un évêque, il comprendra toute l’importance de la confirmation et même, puisque nous revenons avec lui à l’Antiquité chrétienne, aux baptêmes d’adultes du temps de Pâques ! J’ai déjà dit un mot le mois dernier du baptême des adultes et de la confirmation. Mais j’y reviens car la situation se précise et l’urgence grandit.

Cette année encore, la confirmation sera donnée, dans la forme extraordinaire du rite, en notre église de S. Eugène, par Mgr Maurice de Germiny, ancien vicaire général de Paris et évêque émérite de Blois. Il viendra à nouveau la conférer aux jeunes et aux adultes qui en feront la demande et auront communiqué leurs coordonnées au secrétariat (secretariat@saint-eugene.net). La date retenue est le dimanche 16 juin 2018, à la messe de 11h.

N’hésitez pas à en parler largement autour de vous dès maintenant ! La confirmation n’est pas un sacrement facultatif : il achève l’œuvre du baptême pour rendre le chrétien apte à relever les défis d’une vie où il se retrouve en bien des domaines minoritaire.

La formation à la confirmation aura lieu à partir de janvier, en respectant au maximum les contraintes (scolaires, universitaires ou professionnelles) de chacun. La première rencontre est fixée au mercredi 16 janvier, 20h. La feuille paroissiale vous rappellera ce rendez-vous pendant tout l’automne.

Quant au baptême des adultes : quelques catéchumènes devraient être baptisés à Pâques 2019. Ils sont déjà en cours de formation.

Mais un nouveau cycle va bientôt s’ouvrir pour ceux qui devraient l’être à Pâques 2020. Là encore, n’hésitez pas à en parler largement autour de vous et à proposer le sacrement du baptême à ceux qui cherchent Dieu, sacrement qui est la condition ordinaire pour accéder à la gloire du royaume de Dieu ! Ils peuvent eux aussi prendre contact avec le secrétariat. L’entrée en catéchuménat de ceux qui commencent ce cycle et qui sont déjà inscrits a eu lieu le mercredi dernier mais d’autres peuvent encore se joindre à eux.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 18 novembre 2018

« La guerre va finir et les militaires
rentreront bientôt chez eux 
»

Il y a 100 ans, le 11 novembre 1918, cette parole de Notre-Dame de Fatima s’accomplissait : « La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux ». La première Guerre Mondiale s’achevait en la fête de saint Martin, soldat romain de Pannonie, aujourd’hui en Hongrie, devenu moine, évêque et grand évangélisateur de la Gaule. Vers l’an 350, en garnison à Amiens, il avait rencontré un pauvre mourant de froid. N’ayant plus d’argent à lui donner, il partagea son manteau en deux pour lui en laisser la moitié. La nuit, Jésus apparaît à Martin revêtu du demi manteau et dit aux anges qui l’entourent : “ Martin, encore catéchumène, m’a donné son manteau ! ”. Ayant quitté l’armée, engagé dans la défense de la divinité du Christ avec saint Hilaire de Poitiers, devenu ermite puis moine prédicateur, il rayonnera dans tout le Poitou jusqu’à devenir évêque de Tours. Avec 80 compagnons depuis Marmoutiers, il chassera le paganisme par la compassion, l’espérance et la confiance en l’infinie bonté du Christ Sauveur. Il continuait l’œuvre des saints évêques comme Denis et Eugène jusqu’au 25 décembre 496 où Clovis fut baptisé à Reims par saint Remi, avec 3000 guerriers francs. Pourtant, en ce 11 novembre 1918, l’Europe chrétienne venait de se déchirer durant quatre années fratricides, oubliant son baptême malgré les tentatives de paix comme celles du bienheureux Charles d’Autriche et de Benoît XV.

La Sainte Vierge était apparue sept fois à trois pastoureaux, saints François et Jacinthe, et Lucie, entre le 13 mai et le 13 octobre 1917. Le 13 juillet, Marie dit aux enfants : «Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites souvent, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : “Ô Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie”.» Puis, leur ayant montré l’Enfer, elle ajouta : «Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d’âmes seront sauvées et vous aurez la paix. La guerre va finir. Mais si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, il en commencera une autre, pire encore ». Ce fut la Secondde Guerre Mondiale de 1939-1945.

Le 13 septembre, la Mère de Dieu recommande aux enfants : « «Continuez de dire le chapelet afin d’obtenir la fin de la guerre. En octobre, Notre Seigneur viendra, ainsi que Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l’Enfant-Jésus ; Il bénira le monde. » Avant de remonter au Ciel, elle déclare : « En octobre, je ferai le miracle, pour que tous croient ». Le 13 octobre 1917, plus de 50.000 personnes, des pèlerins, de simples curieux et des incroyants étaient venues. Il pleuvait et le terrain était boueux. Le chapelet fut récité avant que n’apparaisse la Sainte Vierge. La Vierge immaculée se met à dicter ses volontés, fidèlement rapportées par Lucie : « Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. Il faut cesser d’offenser davantage Dieu Notre Seigneur, car Il est déjà trop offensé ». C’est à ce moment que la foule put contempler le miracle du soleil : la pluie cessa soudainement laissant apparaître un ciel clair et le soleil se mit à tourner en lançant des gerbes de lumière. Il semblait s’approcher de la terre, se détacher du ciel et avancer sur la foule très impressionnée et en prière.

En 2018, il nous faudrait bien retrouver cet esprit de foi si nous ne méritons pas de grands miracles. L’état de grâce, la véritable charité qui fuit le péché sera la consolation des Cœurs de Jésus et de Marie. Que les âmes des fidèles défunts reposent en paix ! Le sacrifice est toujours récompensé.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 11 novembre 2018

Le Songe de Gérontius

Avec la célébration de la Toussaint, la commémoraison des fidèles défunts et le terme du cycle liturgique, le mois de novembre nous invite à méditer sur la mort et son au-delà, surtout en ce centenaire de la 1re Guerre mondiale qui faucha tant de millions de vie en Europe et ailleurs. Le cardinal Newman, que Benoît XVI béatifia lorsqu’il se rendit au Royaume-Uni, nous a laissé, avec le Songe de Gérontius, écrit en 1865 (édit. bilingue, L’Âge d’Homme, Lausanne, 1989), une merveilleuse et profonde méditation sur ce thème, méditation dont j’avais, un jour, fait l’objet d’une prédication. En voici un extrait.

L’âme de Gérontius (à l’instant de la mort)

Je m’étais endormie, maintenant je suis reposée.
Etrange repos : car je sens en moi
Une indicible légèreté et un sentiment
De liberté, comme si j’étais enfin moi-même
Et ne l’avais encore jamais été. Comme c’est calme !
Je n’entends plus le battement précipité du temps,
Ni mon souffle haletant, ni mon pouls qui s’emballe ;
Aucun instant ne diffère du suivant.
J’ai eu un songe : quelqu’un a dit doucement
« Il a passé », et un soupir a fait le tour de la chambre.
Puis je suis sûre d’avoir entendu la voix du prêtre :
« Subvenite », et ils se sont agenouillés en prière.
Il me semble l’entendre encore, mais basse et fluette,
Aux accents de plus en plus faibles,
Comme à intervalles toujours plus grands.
Ah ! d’où cela vient-il ? Quelle est cette rupture ?
Ce silence répand la solitude
En l’essence de mon âme ;
Et la profonde pause, si apaisante et si douce,
A quelque chose d’austère et de douloureux,
Car par un surprenant retournement
Elle repousse mes pensées vers leur source,
Et je commence alors à me nourrir de moi-même
Parce que je n’ai rien d’autre pour me soutenir.
Suis-je vivant ou mort ?
(…)
Autant que je le sache, ne sachant comment je le sais,
Le vaste univers où j’ai demeuré me quitte,
A moins que ce ne soit moi qui le quitte.
Est-ce moi, ou est-ce lui qui se précipite
Sur les ailes de la lumière
Ou qui s’illumine sur son trajet ?

Puissions, à l’instar du Bx John Henry Newman ou de S. Charles Borromée, le grand et humble archevêque de Milan, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort, aborder pleins d’espérance surnaturelle cette dernière épreuve de notre vie terrestre.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 4 novembre 2018

Vivre dans le Royaume des cieux

Que ce soit dans la vraie religion révélée par Dieu ou dans les religions élaborées par les hommes, la conscience de soi, les relations humaines présentes et la vie future après la mort sont essentielles. La conscience de ses pensées, de ses paroles et de ses actes est unie au libre arbitre, à la responsabilité des choix de la volonté. C’est l’origine de la morale, du choix entre le vrai et le faux, le bien et le mal. Cela fait notre vie quotidienne, du réveil, de la toilette, des premiers « bonjour » dans la prière ou dans les relations avec notre prochain, famille ou éloignés.

Dieu est le créateur et le maître de la vie. Il est Notre Père qui nous connaît et nous guide. Il est un vrai chef et un vrai roi aimant. Si nous ne suivons pas les 10 commandements moraux, nous nous abîmons, nous nous blessons les uns les autres. Dieu l’a rappelé au peuple juif en particulier, Dieu s’est fait homme pour porter les péchés de haine et d’indifférence. Une vie sociale sans la religion, sans une reconnaissance de la réalité religieuse du Dieu d’amour, le Sacré-Cœur de Jésus, né de la Vierge Marie, est vouée à la violence authentique de l’égoïsme, un jour ou l’autre. Donc le Royaume des cieux, la vie en Dieu peut déjà commencer en cette vie terrestre par la justice et la paix civile nourries par la morale de l’Évangile. Les missionnaires hommes et femmes le croient en vérité.

Mais l’épanouissement de cette vie dans le don de Dieu, le don de la grâce, se fera après la mort corporelle. L’âme immortelle sort alors du corps mortel et est jugée immédiatement par Jésus, notre Roi et notre frère. Baptisé ou non, d’Australie ou de Guinée, de France ou de Chine, nous sommes examinés sur les actes d’amour vrai, le pardon des offenses, l’aveu des fautes. Rejetant la haine éternelle de l’enfer, si nous avons choisi d’aimer mais sans tout donner ou tout pardonner, nous le regrettons en purgatoire, en esprit et également par un feu purificateur, brûlant de trouver Dieu et de retrouver famille et amis. La vie face à face avec Dieu est la participation à son éternel bonheur. Chaque vie humaine est appelée par cette miséricorde, de la plus petite dans la fragilité d’une mort prématurée à la plus riche en années. C’est notre foi, notre espérance, la source de la charité.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 28 octobre 2018

INDULGENCES de novembre :

On appelle indulgence la rémission devant Dieu de la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnés quant à la faute par le regret en confession.

1) Le jour des défunts, 2 novembre :

S’étant confessés dans les huit jours avant ou après, et ayant communié le jour même, les fidèles qui visitent une église en vue de prier pour les défunts, et qui récitent aux intentions du Souverain Pontife un « Notre Père » et un « Je crois en Dieu », obtiennent une indulgence plénière (c’est-à-dire toute la remise de la peine temporelle) applicable seulement aux âmes du purgatoire.

2) Du 1er au 9 novembre :

Les fidèles peuvent obtenir chaque jour, une fois par jour, une indulgence plénière, applicable aux âmes du purgatoire, en visitant un cimetière et en priant pour les défunts. Pour l’indulgence, il faut en avoir l’intention, accomplir intégralement les œuvres prescrites (confession, communion, prière pour le Pape) et être en état de grâce et même être détaché de tout péché véniel pour qu’elle soit entière, sinon, elle sera au moins partielle.

Prière pour le Pape : la liberté de l’Église catholique d’annoncer l’Évangile, la diffusion de la Foi, la fin des hérésies et des schismes, la conversion des pécheurs, la concorde entre les chefs chrétiens, tous biens du peuple chrétien.

D’un abîme à l’autre

« L’abîme appelle l’abîme à la voix de vos cataractes » chante un psaume (42, 8). L’abîme de notre misère appelle l’abîme de la Miséricorde. « Moi le premier, dit S. Paul, je suis pécheur, mais si le Christ m’a pardonné, c’est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait » (1 Tm 1, 15-16). Notre misère, si nous acceptons de la confesser, bien loin de rebuter le cœur de Dieu, l’attire.

Nous sommes la brebis fourvoyée sur des chemins qui mènent nulle part, proie des loups qui déchirent tant le corps que l’âme. Laissons-nous chercher, laissons-nous trouver, laissons-nous ramener par Celui qui s’est fait pour nous le Bon Pasteur, lui qui a donné sa vie pour tous les hommes.

Nous sommes cette monnaie tombée dans la poussière, nous qui portons l’effigie du Roi. Nous avons du prix aux yeux de notre Dieu. Laissons-nous ramasser et purifier par Celui qui a voulu avoir besoin de nous par son Incarnation.

Nous sommes ce fils qui n’a pas compris qu’il est l’enfant bien-aimé du Père, celui à qui tout appartient par droit d’adoption filiale. Laissons-nous accueillir dans notre vérité de fils par Celui qui, par un prodigieux renversement, ose dire de chacun de nous : »Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? » (Cant 3, 3).

A une mystique du Moyen Âge, Jésus avait dit : « Fais-toi capacité et je me ferai plénitude ». Si nous voulons vivre cette plénitude, Dieu ne nous demande rien d’autre que notre pauvreté, celle que nous expérimentons dans tous les domaines et tous les jours. Osons l’aimer dès maintenant, tels que nous sommes, sans attendre d’être meilleurs. « Me grandir, c’est impossible », disait S. Thérèse de l’Enfant-Jésus, que nous fêtions au début du mois, « je dois me supporter avec toutes mes imperfections ». Et elle ajoutait que c’est cette petitesse même qui attire le cœur de Dieu.

Dieu n’a pas d’autre joie que de déployer inlassablement les ressources inépuisables de sa miséricorde. Il ne nous demande qu’un geste pour venir faire en nous sa demeure et ainsi transfigurer notre vie. Ouvrons toutes grandes les portes de notre cœur au Rédempteur comme nous le conseillait jadis S. Jean-Paul II…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 21 octobre 2018

La grâce et le bonheur du pardon

Ce qui fait notre bonne ou mauvaise humeur n’est pas uniquement lié à la saison automnale, à la baisse de la luminosité, à la fatigue due à la résistance au froid. Nous ne sommes pas des arbres. L’heure de coucher et l’heure du réveil ont d’ailleurs une plus grande influence sur notre santé morale. La stimulation provenant de la lumière des écrans est la cause d’une usure nerveuse et spirituelle. Mais cela ne peut influencer profondément nos choix personnels au point de mettre en danger direct notre salut. Ceux qui n’utilisent pas ces moyens modernes et qui ont une vie équilibrée peuvent choisir le mal. 15 minutes de silence sans bouger et le chapelet quotidien nous concernent tous.

Fondamentalement, ce qui fait notre bonheur, c’est d’aller de bonnes pensées, de bons désirs en bonnes actions. Vouloir le bien et éviter le mal est la nature humaine du fait de sa saine liberté, son libre arbitre. Notre Créateur et Père illumine notre raison, nos jugements de conscience pour atteindre le bien et la vertu. Nous avons mauvaise conscience à être mauvais et malicieux, indifférents et insouciants, impitoyables et égoïstes. Si ces mots sont trop simples et trop généraux, cependant, ils sont indépassables. Les chutes et les échecs semblent devoir assombrir notre espérance. Cependant, Dieu est le dieu des vivants et non le dieu des morts.

Notre Père nous a créés pour l’avenir éternel. Nos tâtonnements, nos erreurs et nos péchés conscients ne peuvent faire un obstacle absolu à la grâce, à l’action divine qui surélève notre nature pour qu’elle atteigne le bonheur en communion avec la Source de la Vie. La vie humaine est portée par l’indulgence et la patience divine. Jésus-Christ est Dieu et homme. Il a pardonné comme Dieu et il a pardonné comme frère aîné. Au pied de la Croix, la Vierge Marie aussi nous a pardonné en acceptant la mission de Mère. Les apôtres et leurs successeurs comme saint Denys, premier évêque de Paris, nous ont enseigné ce pardon évangélique.

Si la justice réclame la réparation, si nous pouvons nous protéger de la violence de notre prochain après avoir tendu l’autre joue, le trésor de notre nature humaine est la paix de la conscience dans l’amour de Dieu et du prochain. Cette paix passe par le pardon qui surpasse la santé et la richesse.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 14 octobre 2018

Notre-Dame du Saint Rosaire

En ouverture à sa lettre sur le Rosaire (Rosarium Virginis Mariae, 16 oct. 2002), S. Jean-Paul II écrivait ceci : « Réciter le rosaire n’est rien d’autre que contempler avec Marie le visage du Christ ». Qu’est-ce en effet que le rosaire, poursuit-il, « sinon le résumé du message évangélique » ? « Avec lui, le peuple chrétien se met à l’école de Marie pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l’expérience de la profondeur de son amour » (RVM 3). Chemin faisant, et à sa lumière, il découvre aussi la vérité de son être car, « en réalité, dit la constitution conciliaire Gaudium et spes, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné » (GS 22). « En suivant le chemin du Christ, en qui le chemin de l’homme est récapitulé, le croyant se place devant l’image de l’homme véritable. En contemplant sa naissance, il découvre le caractère sacré de la vie, en regardant la maison de Nazareth, il apprend la vérité fondatrice de la famille selon le dessein de Dieu, en écoutant le Maître dans les mystères de sa vie publique, il atteint la lumière qui permet d’entrer dans le royaume de Dieu et, en le suivant sur le chemin du calvaire, il apprend le sens de la souffrance salvifique. Enfin, en contemplant le Christ et sa Mère dans la gloire, il voit le but auquel chacun de nous est appelé, à condition de se laisser guérir et transfigurer par l’Esprit Saint » (RVM 25).

On pourrait même ajouter que, de par sa structure répétitive – si critiquée par ceux qui ne le pratiquent pas –, le rosaire épouse l’essence même de notre être incarné, fait de constantes répétitions, et ce du renouvellement cellulaire, en bas, jusqu’au balbutiement de notre entendement, en haut, confronté à l’infini de l’Esprit. Pour nous arrêter à ce dernier aspect, j’ai l’impression que les répétitions si souvent reprochées à la liturgie traditionnelle sont une trace historique de notre éreintement devant le Mystère. Les octaves des solennités, les prières indéfiniment répétées ou multipliées de l’ordo missae sont comme un balbutiement devant ce qui nous dépasse et que nous peinons à exprimer. Pour aboutir à ce silence, au cœur de la prière eucharistique, qui est comme le pendant latin de l’iconostase byzantine. Notre balbutiement se résout dans l’apophatisme liturgique même si nous ne sommes pas tous des mystiques.

Alors oui, nous qui nous laissons bien des fois déborder par nos tâches terrestres, alimentaires bien souvent, au point de ne pouvoir assister à la messe quotidienne ou donner du temps à l’oraison, recourons à notre chapelet, si facile à égrener dans nos déplacements, et souvenons que depuis S. Jean-Paul II nous pouvons méditer quatre séries de mystères : joyeux, lumineux, douloureux et glorieux…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 7 octobre 2018

La Vierge Marie, Reine des Anges

A celui qui doute de l’existence de Dieu, on peut répondre que les créatures ne se sont pas faites toutes seules. La puissance de créer vient d’un être qui a l’intelligence et la bonté pour réaliser les atomes, les plantes et les animaux. La puissance et la fantaisie divine se voient dans la création. Il n’y a pas de hasard mais de la volonté créatrice. La révolte de l’ange le plus intelligent que le Bon Dieu a créé, elle est venue de sa jalousie et de sa haine. Lucifer n’a pas supporté sa dépendance naturelle vis à vis de son Père.

De même, le refus de Dieu et celui de la religion viennent souvent du refus de la bonne dépendance. Nous voudrions être totalement maître de notre vie. Or il faut bien reconnaître que Dieu a toujours demandé des efforts et que la vie est un beau combat spirituel. Il n’y a pas beaucoup de place à la paresse et la reconnaissance est exigente. C’est pourquoi Lucifer a promis la puissance facile et l’immortalité comme grand mensonge. Adam et Ève ont cru pouvoir être des dieux, ou plutôt des tyrans sans amour. En effet, ne croyons pas que l’homme capricieux sans Dieu pourrait faire de la vie terrestre un lieu d’équilibre et de bonheur.

Quand le Père a promis de donner son Fils, le Verbe qui naîtra de la descendance d’Ève, il a voulu montrer que son obéissance serait le salut et le bonheur. Jésus est le nouvel Adam, notre frère aîné, Dieu et Homme, né de la Femme, Marie, la nouvelle Ève. Le combat est alors devenu la lutte pour le salut des âmes. Toute l’histoire humaine se résume à ce choc. Les anges restés fidèles admirent l’Amour de Dieu pour ses enfants et participent à ce duel entre humilité et orgueil. Le Tout-Puissant donne sa grâce, sa présence et son aide divines mais la liberté humaine peut y faire obstacle. Les démons se déchainent pour pousser les hommes au mal tandis que les anges se font les serviteurs de l’Esprit Saint pour nous inspirer le bien et nous ouvrir à la grâce.

Fidèle à son Immaculée Conception, pleine de grâce, la Vierge Marie nous donne son Fils, le Roi des Anges. Elle est devenue notre Mère au pied de la Croix. Elle est aussi Reine des Anges. Le tout-puissant et miséricordieux Sacré-Cœur de Jésus a bien du mal à résister à la prière du Coeur Immaculé. Profitons de cette belle dépendance de Dieu en priant le chapelet. Notre-Dame des Victoires, priez pour nous, priez pour la France !

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 30 septembre 2018

Automne

Voici l’automne. Voici les frimas. Lentement l’obscurité de la nuit grignote le jour qui pâlit. La lumière dorée du soleil d’octobre cédera, impuissante, aux assauts de la bise qui bientôt investira les rues de la ville.

Voici revenu le temps où il fait bon d’être chez soi, de retrouver la chaleur du foyer, de se rassembler autour de la lumière alors qu’au dehors s’installent les ténèbres et règnent les froidures. Les moiteurs glacées de l’année sur son déclin invitent à l’intériorité. A l’enthousiasme exubérant du printemps et au zèle ardent de l’été succède le recueillement de l’automne.

C’est le moment de raviver en notre cœur la flamme allumée au jour de notre baptême. C’est le moment de redécouvrir, au plus intime de notre être, la bienfaisante présence de Celui qui nous aime d’un amour éternel. C’est le moment de faire silence pour se mettre à l’écoute de la Parole qui murmure à la porte de notre cœur : « Viens, ouvre-moi mon ami ». Car si le vrai Pauvre, après tout, c’était aussi Dieu, « qui vient chez les siens », et que les siens ne savent pas reconnaître et recevoir…

Avec l’automne commence le temps des lentes germinations. La moisson se prépare dans le silence et la nuit de l’hiver. Dans la rencontre quotidienne de la prière Dieu opère imperceptiblement le patient travail qui nous rendra un jour semblable à lui.

Devenons donc cette terre qui, à l’exemple de la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de notre Seigneur, a su accueillir la rosée de l’Esprit Saint.

« Fecit mihi magna qui potens est et sanctum nomen ejus : le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son Nom »

Abbé Eric Iborra
Dimanche 23 septembre 2018

Qui veut renverser la vérité de la vie en Jésus,
vrai Dieu et vrai Homme ?

A nouveau, en ce début d’année scolaire, il faut nous vivre en vérité. Et la vérité, c’est de connaître et d’aimer Dieu pour vivre selon sa volonté.

A mon réveil, si je ne dis pas immédiatement « bonjour » à Dieu, « Seigneur, je vous offre ma journée », ce sera à cause de la pesanteur de mon corps qui sort du sommeil, lourd instrument de mon âme. D’ailleurs, au delà des nécessités et des instincts, je suis le seul animal agissant avec intelligence, volonté et liberté. Je me lave, je me coiffe, je m’habille et je mange mais selon ma nature spirituelle. Cela est bien supérieure à la toilette du chat qui est propre mais ne le sait pas. Même le bébé mémorise, analyse et réagit en son âme immortelle à travers son petit corps jusqu’au jugement parfaitement conscient au sortir de l’enfance.

L’être humain pense, parle, s’adresse à ses proches, à son prochain. Il se pose la question de la vie, de ses parents et de Dieu. Immédiatement il regarde, il apprécie les visages, souriants, paisibles, ou fatigués, soucieux, malades. Il constate, il aime, il n’aime pas, il veut être aimé. Puis vient le péché, la puissance étrange d’abuser du réél, de rapporter les choses à soi dans un déséquilibre par rapport à ce qui est juste et bon. Combien les enfants savent dire : « Ce n’est pas juste » ! Et avec l’internet, mon attention est poussée à bout et je dois être vertueux pour canaliser ma curiosité et mon égoïsme narcissique. Mais les péchés sont bien toujours les mêmes : excès dans le désir de posséder, de ressentir du plaisir, et susceptibilité pour être le meilleur et le plus aimé sans aimer comme Lucifer. Dieu nous a aimé le premier et nous nous sommes préférés.

C’est à cause de ces péchés que Notre Créateur et Père a envoyé sa Parole, son divin Fils pour se faire homme en naissant de la Vierge Marie. Il nous a aimé et s’est livré pour nous sauver de la mort sous les yeux de sa mère. Tous les humains doivent connaître cette bonne nouvelle : Dieu s’est fait Homme d’une mère immaculée, il a été crucifié et il est ressuscité.

Alors, qui veut renverser la vérité de la vie en Jésus, vrai Dieu et vrai Homme ? Qui veut encore la révolte contre l’amour dans le mariage, contre la transmission de la vie dans la justice et la miséricorde, mariés ou dans un pieux célibat, consacré ou non ? Qui veut renverser l’amour du Christ qui a voulu maintenir sa présence, rendre présent son sacrifice et nous nourrir ? Qui veut arracher des membres à son Corps et détourner les âmes du saint baptême ? C’est celui qui persécute l’Église, celui qui lutte contre la chasteté, la pauvreté et l’obéissance. C’est celui qui veut détruire le Saint Sacrifice de la Messe et les serviteurs marqués qui agissent en la personne du Christ pour vivifier les âmes par la sainte communion et le pardon des offenses. Celui qui emplifie les péchés des mauvais prêtres pour éliminer le sacerdoce catholique, c’est le père du mensonge, homicide dès le commencement du monde. Il veut être le dieu de la contraception, du divorce, de l’avortement, de l’euthanasie et de la perversion depuis la maternelle jusqu’à tous les écrans du monde. Il veut faire taire l’Église catholique en lui faisant honte en raison du péché. Mais c’est elle qui dénonce le péché en vérité. Elle ne se taira pas au nom de la vie en Jésus le Sauveur des Hommes.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 16 septembre 2018

La rentrée, c’est aussi la reprise des activités de formation chrétienne.

En cette période de rentrée, les activités de la paroisse reprennent progressivement.

1 – Le cours sur les Pères de l’Église, ces grands témoins de la foi et de la sainteté, qui ont enraciné le christianisme dans les premiers temps, ceux de l’Antiquité, se poursuit le jeudi soir. Le cours aura lieu, comme le cours d’histoire de l’Église auquel il succède, à 20h au Centre Bergère. Le 1er cours est fixé au 20 septembre. Confrontés à un monde païen passablement désaxé, un peu semblable au nôtre par bien des aspects, les Pères, tant d’Orient que d’Occident, ont rendu témoignage, parfois jusqu’au martyre, à Celui qui est la Vérité et la Vie.

2 – C’est à cela aussi que sont appelés nos contemporains. Et en particulier ceux qui s’agrègent à nos communautés ou qui renforcent leurs liens avec elles. Je pense évidemment aux catéchumènes et aux confirmands.

Cette année encore, la confirmation sera donnée, dans la forme extraordinaire du rite, aux jeunes et aux adultes qui en feront la demande en communiquant leurs coordonnées au secrétariat (secretariat@saint-eugene.net). N’hésitez pas à en parler largement autour de vous dès maintenant même si la date, encore à retenir, sera probablement en mai ou juin. La formation commencera l’hiver venu.

Quelques catéchumènes devraient être baptisés à Pâques 2019. Ils sont déjà en cours de formation. Mais un nouveau cycle va bientôt s’ouvrir pour ceux qui le seront à Pâques 2020. Là encore, n’hésitez pas à en parler largement autour de vous et à proposer le sacrement du baptême à ceux qui cherchent Dieu, sacrement qui est la condition ordinaire pour accéder à la gloire du royaume de Dieu ! La formation commencera dès qu’il y aura des candidats !

3 – Les cours de l’abbé Guelfucci, Latin liturgique et Catéchisme pour adultes, reprendront respectivement les 25 et 18 septembre prochains.

Confions à la Vierge Marie, particulièrement honorée en ce mois de septembre, ces différentes activités.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 9 septembre 2018

Offrir sa journée le matin, prier le chapelet
et se recueillir le soir pour sauver le Monde.

Du fait du rythme des saisons, après l’été où beaucoup de familles et de personnes plus ou moins seules se sont reposées pour vivre une nouvelle année scolaire, nous devons prendre la résolution de nous tenir auprès de Jésus-Christ, notre sauveur et notre frère aîné pour lui prouver notre reconnaissance et notre amour.

Je n’ai pas été créé pour être seul. Je n’ai pas été seul à ma conception et à ma naissance. Même abandonné par mon père ou par ma mère, j’ai été accueilli par ceux qui m’ont nourri, lavé, réchauffé, protégé par des vêtements et des soins. Mais puisqu’il est rare de ne pas avoir connu ses parents, j’ai la joie d’avoir vécu avec eux, d’avoir grandi et d’avoir été aimé et éduqué. La prière en famille c’est d’abord se parler, manger ensemble, partager des joies et des épreuves en désirant rendre grâce à Dieu, notre Créateur et Père. Malgré l’égoïsme et la jalousie qui peut abimer l’amour entre frères et sœurs, la famille est le lieu de la connaissance mutuelle et de l’amour.

Donc, pour connaître et aimer Jésus-Christ, il est bon de lire au moins l’évangile selon saint Matthieu, ou, si l’on n’a plus la patience de lire, de voir le film « Jésus de Nazareth » de Franco Zeffirelli, ou encore de recevoir les textes de la messe et la vie des saints du jour par le smartphone, la laisse électronique que l’on essaye de christianiser…

Pour être un véritable enfant de Dieu, le matin est celui du bonjour même pressé à Celui qui ne dort pas. C’est l’offrande de la journée : « Divin Cœur de Jésus, je vous offre, par le Cœur immaculé de Marie, les prières et les actions, les joies et les peines de ce jour, en réparation de mes offenses et à toutes les intentions pour lesquelles vous vous immolez continuellement sur l’autel.

Je vous les offre en particulier, pour… ». Certains préfèrent prier tôt dans le silence du matin avant d’être pollué par les informations d’un monde qui passera. Puis dans la journée, prier le chapelet, « Je crois en Dieu, Notre Père, Je vous salue Marie… », c’est s’arracher au flux du jour, une dizaine ici et là, deux dizaines plus tard, une dernière le soir avant de dormir en ayant repassé sa journée sous le regard de Dieu.

La foi catholique se résume dans les intentions du Fils de Dieu qu’il donne à son vicaire, le successeur de Pierre : que chacun puisse connaître et aimer le Père, son Fils le Sauveur, Dieu fait homme, né de la vierge Marie par l’Esprit Saint, et faire partie du Corps du Christ, l’Église, par le baptême; la propagation de la foi catholique; la fin des schismes et des hérésies ; la conversion des pécheurs ; la paix et la concorde entre les pays ; tous les besoins et les nécessités humaines. C’est la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 2 septembre 2018

S. Jean-Baptiste : une figure de feu

Nous fêtons aujourd’hui la Nativité de S. Jean-Baptiste, le Précurseur par excellence du Christ, le plus grand des enfants des hommes, le nouvel Elie qui se situe à la charnière des deux Testaments, le défenseur par excellence de la sainteté du mariage, en ce jour qui est pour moi le 29e anniversaire de mon sacerdoce.

Si Jean a accompli sa mission, et surabondamment puisqu’il l’a, lui aussi, scellée de son sang en se faisant le champion de l’indissolubilité de l’alliance de l’homme et de la femme, reflet de celle du Christ et de l’Église, et donc de celle de Dieu et de l’homme, il peut continuer d’inspirer notre attitude, et peut-être plus que jamais alors que la pression du « monde », par la voix des médias, s’accentue sur la liberté de parole des chrétiens, confrontés à toutes sortes de défis anthropologiques : sur la famille, la sainteté de la vie, de son commencement à sa fin naturelle.

Comme l’a magistralement représenté Matthias Grünwald sur son retable d’Issenheim, Jean est un index tendu vers le Christ. Il est tout décentrement de soi. Il faut qu’il croisse et que moi, je diminue (Jn 3, 30) explique-t-il à ses propres disciples. Et en désignant l’Agneau de Dieu, lui que l’on prend pour le Messie, il s’efface au profit de cet inconnu sur qui est venu descendre l’Esprit. Jean nous apprend la pauvreté spirituelle. A l’image de Jésus qui, de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté (2 Cor 8, 9). De même que Jean s’efface pour nous faire connaître Jésus, Jésus s’efface pour nous faire connaître le Père. En se décentrant ainsi de soi, Jean nous enseigne ce qu’est l’amour, il nous invite à imiter Jésus dans son attitude de Fils.

Jean est aussi un champion de la vérité. Non, je ne suis pas le Messie, ou encore : Il ne t’est pas permis de prendre la femme de ton frère. Il est même capable de violence devant l’injustice et l’hypocrisie : Engeance de vipères, qui vous a inspiré de fuir la colère qui vient ? Jean nous apprend à risquer quelque chose de notre vie, sinon notre vie elle-même, pour la justice et la vérité. Il est droit comme un i. Il rappelle celui dont le Siracide disait : alors le prophète Elie se leva et sa parole brûlait comme une torche (Sir 48, 1). La parole de Jean annonce celle de Jésus. Son oui est oui, son non est non.

Que dire de plus de Jean sinon qu’il était aussi l’ami de l’Epoux (Jn 3, 29) ?

Abbé Eric Iborra
Dimanche 24 juin 2018

Foule des fidèles, succès et grâce

En méditant ce dimanche, il semble que le Seigneur Jésus veuille nous consoler en nous annonçant les succès de son peuple parole à travers les siècles : cèdre magnifique, pêche miraculeuse. Lorsque les apôtres, les missionnaires, les hommes et les femmes ont parcouru le monde pour proclamer la Bonne Nouvelle de l’Incarnation du Fils de Dieu, né de la Vierge Marie, crucifié et ressuscité pour notre salut, nous avons entendu parler de leur succès. Nous nous réjouissons de lire que des foules entières ont été touchées par la grâce en Arménie, en Grèce, en Europe, en Inde, en Europe saxonne et slave, en Asie, en Afrique…

Nous sommes sensibles au succès, à la majorité, à l’unanimité. Nous voulons aussi constater la puissance de Dieu dans le nombre de convertis et de baptisés. Les miracles ont accompagné ces succès.

Or, en 2018, malgré l’espérance d’un relèvement futur, nous sommes gênés par la crise de la foi, par la diminution du nombre de baptisés spécialement en Occident. Nous sommes inquiets de savoir s’il y a du monde à l’église, s’il y a des vocations nombreuses. Les chrétiens, comme tout groupe humain, ne veulent pas être trop seuls ou isolés. De plus, Dieu est Dieu et la grâce de Dieu est la même depuis toujours. Alors que se passe-t-il ? Doit-on suivre le monde et admettre les arrangements depuis la conception jusqu’à la mort naturelle pour être mieux intégrés au sein de la pensée ambiante ? Tous d’abord Jésus lui-même ne fit pas beaucoup de miracles dans le village de Nazareth où on l’avait vu grandir. De même, nos pays chrétiens sont trop habitués au message évangélique bien connu : Dieu est amour, aimez-vous les uns les autres. Nous ne réagissons même plus au miracle historique de la Vierge qui enfante, ou du Corps crucifié qui reprend vie. Nous ne voyons pas les miracles contemporains, le saint Curé d’Ars, le saint Padre Pio, la vénérable Marthe Robin, le Saint Suaire…

Mais suivre le monde, ce serait vivre uniquement pour la parfaite santé, le loisir et le plaisir sans gêne : surtout éliminer les enfants malades ou trop nombreux en Irlande ou en Argentine, ou dans les pays où ils seraient trop nombreux. Thomas Malthus estimait en effet que Dieu ne voulait pas trop de familles ni trop d’enfants et que cela épuiserait les ressources terrestres. Ce manque de foi en la providence divine a créé la société pseudo-religieuse moderne jusqu’à lui faire perdre la foi. Il faudrait alors vivre sans défi, sans effort, sans mérite, sans difficulté, sans croix. Ce serait nier la présence de Dieu à toute vie. Ce serait nier le prix du péché, les conséquences de mort du péché et la lutte dans l’espérance de la récompense de la charité. Le bonheur, c’est la vraie bonne conscience sur terre en union avec Notre Père, son Fils et l’Esprit Saint. C’est le bonheur éternel après la vie terrestre. Mais s’il faut des succès pour authentifier la vraie religion, demandons au Sacré Cœur de les renouveler, réclamons l’intervention du Cœur immaculé de Marie, mobilisons les saints anges gardiens. En un mot, prions.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 17 juin 2018

« Je te signe du signe de la croix
et je te confirme du chrisme du salut »

Une quarantaine de jeunes et d’adultes reçoivent aujourd’hui le sacrement de la confirmation des mains de Mgr de Germiny, évêque émérite de Blois, déjà familier de cette célébration annuelle à S. Eugène.

La confirmation est un « sacrement vrai et spécifique » (concile de Trente, 1547), distinct du baptême et cependant intimement lié à lui. La pratique orientale manifeste leur liaison : il est aussitôt administré par le prêtre au néophyte ; la pratique occidentale manifeste le lien de la confirmation à l’évêque : elle est ordinairement conférée par celui qui signifie l’unité de l’Église, l’évêque. Il faut tenir les deux vérités à la fois, en évitant aussi bien la séparation que la confusion des sacrements.

En 1204 Innocent III déclarait : « Par la confirmation le Saint Esprit est donné pour la croissance et pour la force ». Pour S. Thomas d’Aquin, la confirmation est le sacrement du combat parce qu’elle est celui de l’âge adulte dans la vie spirituelle. La confirmation est au baptême ce que la croissance est à la naissance : développement et maturation, tant au plan spirituel que moral.

Le concile de Florence (1439) affirme que « le confirmand reçoit une onction sur le front, où la honte se manifeste, pour ne pas rougir de confirmer le nom du Christ et surtout sa croix. C’est pourquoi on le marque aussi du signe de la croix ». S. Charles Borromée, dans le Catéchisme Romain (1566), écrit : « La confirmation a d’abord ceci de particulier qu’elle perfectionne la grâce du baptême. Ceux qui sont devenus chrétiens par le baptême demeurent encore faibles et sans énergie, comme des enfants nouvellement nés, mais ensuite le sacrement du saint chrême les rend forts pour résister aux attaques de la chair, du monde et du démon ; il fortifie la foi dans leurs cœurs pour qu’ils puissent confesser et glorifier le Nom de notre Seigneur Jésus Christ ».

A cela s’ajoute la doctrine des sept dons du Saint Esprit : la confirmation perfectionne les vertus infusées par le baptême (les trois théologales) et les vertus surnaturalisées par lui (les quatre cardinales). Les dons du Saint Esprit sont ainsi des « dispositions permanentes qui rendent l’homme docile à suivre les impulsions du Saint Esprit » (CEC 1830). Ils permettent de percevoir d’instinct ce que Dieu veut et d’accomplir sa volonté avec aisance.

Confions donc nos confirmands d’aujourd’hui à la maternelle intercession de la Vierge Marie que couvrit l’ombre de l’Esprit aussi bien à Nazareth au moment de l’Annonciation qu’au Cénacle à Jérusalem au moment de la Pentecôte…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 10 juin 2018

Présence réelle de Jésus-Christ Sauveur

 La Fête du Corps et du Sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, est appelée la Fête-Dieu car depuis Noël et l’Incarnation du Verbe de Dieu du sein de la Vierge Marie, il a habité parmi nous. Et il a voulu resté auprès de nous dans l’union de sa divinité et de sa nature humaine. Pour cela, Jésus-Christ a institué le sacrement de la sainte Eucharistie  le Jeudi Saint, la première Messe, sacrifice non sanglant la veille de sa mort sur la Croix. Ainsi, quand le prêtre redit les paroles de la consécration sur le pain et le vin, Jésus vient sur l’autel pour perpétuer son sacrifice consommé le Vendredi Saint.

Chaque messe rend présent ce sacrifice de son Corps et de son Sang. Et, après la Résurrection et l’Ascension, Jésus a ainsi voulu resté en tout tabernacle où il attend spécialement notre adoration et notre amour.

Ainsi, durant la Semaine Sainte, l’Église adore Jésus Hostie, autant que les circonstances peuvent le lui permettre mais elle est alors principalement occupée  de la Passion du Sauveur, l’Agneau pascal. Elle a ainsi transféré la fête de l’institution du Saint Sacrement, afin qu’elle fût célébrée avec toute la joie et l’éclat qui lui conviennent. 

La solennité a été préparée par le réveil de la dévotion eucharistique survenu après les hérésies qui niait la présence réelle du Christ dans l’Hostie consacrée. Ce réveil s’accompagnait d’un désir de pouvoir la contempler pendant la messe : C’est à Paris, en 1200, que l’existence de ce rite de “l’élévation”, au moment de la consécration, est attestée.

La Fête-Dieu a été célébrée d’abord à Liège en 1246 en considération d’une révélation privée du Christ à sainte Julienne transmise à son évêque qui deviendra le pape Urbain IV qui l’ordonnera pour tout l’Occident  en 1264 avant Jean XXII en 1318.

C’est la coutume de l’Eglise de défendre la foi par la prière liturgique, par des fêtes, des usages, des processions. C’est aussi  pour réparer les offenses que Jésus-Christ reçoit dans le Sacrement de son amour. C’est pour sanctifier nos places publiques, nos rues et nos maisons par la présence divine  de Jésus-Christ.

En ce mois de juin consacré au Sacré Coeur de Jésus, que nous puissions adorer avec l’ange du Portugal, l’ange de la paix selon la prière qu’il a enseignée aux saints enfants de Fatima en 1916  : 

“Très Sainte TrinitéPèreFils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquelles il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son Cœur Sacré et du Cœur immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs”

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 3 juin 2018

La Trinité de Dieu,
condition de la primauté ici-bas de la charité

Le temps de Pâques se prolonge par un chapelet de fêtes lumineuses qui s’achèveront avec la célébration le 29 juin du martyre des apôtres Pierre et Paul, les « deux colonnes de l’Église ». Dimanche dernier nous avons vécu une Pentecôte exceptionnelle, avec d’un côté le pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, par un temps magnifique, rehaussé lundi à Chartres par les paroles fortes du cardinal Sarah, et de l’autre la venue de la relique du cœur de S. Padre Pio, qui a attiré des centaines d’autres pèlerins dans notre église.

Aujourd’hui, voici la fête de la Sainte Trinité. La Trinité : une notion bien abstraite semble-t-il, après la ferveur populaire qui a entouré la vénération de la relique. Ce genre de dogmes dont certains disent « qu’ils ne nous rejoignent pas dans notre vie ». Quelle erreur ! L’affirmation de la tri-unité de Dieu est la lumière la plus vive qui puisse être jetée pour éclairer le mystère de la nature humaine.

Dieu est une communion de Personnes à ce point unies dans l’amour qu’elles ne font qu’un. C’est parce qu’il est communion d’amour que Dieu veut entrer en relation avec les hommes : pour établir avec eux ce qui existe déjà en lui. Et c’est bien ce qu’enseigne S. Paul : l’Esprit Saint nous est donné pour nous intégrer à l’une de ces Personnes, celle du Fils. Pour que justement nous puissions appeler Dieu notre Père. Ainsi, sans cesser d’être le Dieu saint, transcendant, absolu, Dieu devient pour nous un proche, notre Père. Et cela par Celui qui s’est rapproché de nous au point de revêtir notre nature : le Fils qui s’est fait homme et qui nous incorpore à lui par le baptême. Nous sommes donc inclus dans l’être même de Dieu. Telle est la magnifique destinée qui s’offre à nous par la révélation du mystère de la Trinité : parce que Dieu est Trinité, chacun de nous est appelé à entrer dans cette communion d’amour et à y occuper la place du Fils pour vivre du Père par l’action de l’Esprit Saint.

La tri-unité de Dieu nous concerne donc au premier chef. Et elle nous explique le pourquoi de notre existence : si Dieu n’était qu’un monolithe – ce qu’enseigne le monothéisme des juifs ou des musulmans –, il n’y aurait aucune raison pour qu’il crée quelque chose hors de lui. Car la perfection résiderait dans l’Un qu’il est. Mais si la perfection réside dans l’Unité de plusieurs, alors il y a place pour autre chose que Dieu, pour une Création librement voulue par Lui. En somme, nous existons comme êtres uniques, substantiels, différenciés, comme véritables vis-à-vis de Dieu, et en même temps comme êtres sociaux, désireux de communion, appelés à l’unité, parce que Dieu intègre en lui l’altérité et qu’il la ressaisit dans l’unité de sa nature. C’est parce que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de la Trinité que l’amour est au cœur de notre vocation humaine, que la charité, selon les dires de S. Paul, est la voie la plus haute, celle qui ne passera pas.

Une occasion magnifique de manifester notre fierté d’être chrétiens et notre unité autour de l’Eucharistie nous est offerte par la procession du Saint-Sacrement qui aura lieu dimanche prochain en lien avec la paroisse S. Elisabeth de Hongrie. Venons-y nombreux, dans un esprit de prière pour ce monde qui se fait tant de mal en ne voulant pas reconnaître son origine en Dieu, en ce Dieu qui s’est fait si proche de nous dans l’eucharistie.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 27 mai 2018

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