Anciens Editoriaux

Résolutions de Carême

Apprendre des prières par cœur

Âme du Christ, sanctifiez-moi, Corps du Christ, sauvez-moi. Sang du Christ, enivrez-moi, Eau du côté du Christ, lavez-moi. Passion du Christ, fortifiez-moi. O bon Jésus, exaucez-moi. Dans vos blessures, cachez-moi. Ne permettez pas que je sois séparé de vous. De l’ennemi défendez-moi. À ma mort appelez-moi. Ordonnez-moi de venir à vous, pour qu’avec vos saints je vous loue, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Prière de Madame Élisabeth de France


Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu, je l’ignore. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que Vous ne l’ayez prévu de toute éternité. Cela me suffit, ô mon Dieu, pour être tranquille. J’adore vos Desseins éternels, je m’y soumets de tout mon cœur. Je veux tout, j’accepte tout, je Vous fais un sacrifice de tout ; j’unis ce sacrifice à Celui de votre cher Fils, mon Sauveur, Vous demandant, par son Sacré-Cœur et par ses Mérites infinis, la patience dans mes maux et la parfaite soumission qui Vous est due pour tout ce que Vous voudrez et permettrez. Ainsi soit-il.

Prière pour un malade à l’Enfant-Jésus de Prague

Ô Jésus Enfant, Maître de la vie et de la mort, bien qu’indigne et pauvre pêcheur, je me prosterne devant Vous pour implorer la guérison de (nom de la personne pour qui on demande la grâce), qui me tient tant à cœur. Celui (ou celle) pour qui je prie, souffre terriblement ; Dans sa douleur, il (ou elle) n’a pas d’autre issue que Vous qui êtes Tout-Puissant, en Vous, il (ou elle) met tout son espoir. Soulagez, Ô Médecin du Ciel, ses peines, délivrez-le (la) de ses souffrances et donnez-lui une santé parfaite, si cela est conforme à Votre Volonté et pour le bien de son âme. Ainsi soit-il.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 8 mars 2020

 

 

Parcours Alpha

Cette semaine la vie de la paroisse sera marquée par un événement important qu’est le lancement du « Parcours Alpha » qui sera au 1er plan de notre activité missionnaire au cours des mois qui viennent.

Nous vivons dans un monde sécularisé qui s’est profondément déchristianisé. Le relativisme généralisé couplé au laïcisme idéologique de notre société a anémié la vie spirituelle de nos concitoyens qui évoluent dans une ambiance d’indifférentisme religieux. Mais chaque homme possède une âme spirituelle qui est au principe de toute sa vie et qui l’amène bien souvent à se poser des questions sur le sens de son existence. Et c’est là, qu’en tant que Baptisés, nous avons la grave responsabilité vis-à-vis de notre prochain de lui apporter cette Lumière de la Foi dont nous avons la chance de bénéficier parce que d’autres nous l’ont transmise.

En fait, bien souvent on voudrait faire quelque chose car en notre conscience chrétienne résonne cet appel du Christ à porter l’Évangile mais, à cause de notre inexpérience ou face à l’ampleur de l’entreprise, nous ne savons pas comment nous y prendre. La paroisse vous offre justement en ces mois à venir une structure adaptée dite « parcours Alpha » pour parler de notre Foi aux personnes de notre entourage ou que la Providence divine a mises sur notre chemin et qui sont en recherche spirituelle.

A la base, pour chacun d’entre nous, la mission consiste simplement à inviter et à accompagner un parent, un voisin, un ami, un collègue de travail, une personne providentiellement rencontrée à un dîner amical qui sera suivi d’un temps de réflexion (topo et échange en groupes) sur un thème religieux propre à chaque soirée. Ensuite l’équipe Parcours Alpha s’occupe de l’organisation de la soirée. Vous pouvez, alors aussi, selon votre charisme, proposer vos services pour le bon déroulement de ces rencontres : soit au niveau de la logistique matérielle, soit dans l’encadrement intellectuel.

Aspects pratiques : les dates des soirées et les thèmes abordés sont notés ci-dessous dans cette feuille d’information paroissiale ; les fiches d’invitations sont disponibles au fond de l’église ; soirées gratuites avec participation libre aux frais.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 1er mars 2020

 

Parcours Alpha

Mercredi 4 mars : Le christianisme, une religion fausse, ennuyeuse et démodée ? Mercredi 11 mars: Qui est Jésus ? Mercredi 18 mars : Pourquoi Jésus est-il mort ? Mercredi 25 mars : Comment savoir si j’ai la foi ? Mercredi 1 avril : Prier : pourquoi et comment ? Mercredi 6 mai : Lire la Bible, pourquoi et comment ? Mercredi 13 mai : Comment Dieu nous guide-t-il ? Samedi 16 mai : Qui est l’Esprit-Saint ? L’action de l’Esprit-Saint. Comment être rempli de l’Esprit Saint ? Comment tirer le meilleur parti du reste de ma vie ? Mercredi 20 mai : Comment résister au mal ? Mercredi 27 mai  :  En parler aux autres : pourquoi et comment ? Mercredi 3 juin : Dieu guérit-il encore aujourd’hui ? Mercredi 10 juin :  L’Église, qu’en penser ?

 

 

 

Suivre le Christ sur le chemin du Carême,
un évangile chaque jour
pour connaître et aimer

Que nous ayons un missel ou que nous recevions les textes quotidiens par internet, le Carême est un temps de vérité et de grâce avec des textes différents chaque jour. Le Sauveur nous parle en paraboles ou directement pour nous élever, nous avertir, nous rassurer, nous consoler, nous sauver de la faiblesse et du péché en ce monde. La volonté de son Père est notre bonheur par l’épanouissement de notre nature qui est d’aimer et d’être aimé à son image. Temps de grâce, le Carême va nous permettre d’écouter le Christ révéler ce salut pour les âmes rudes ou fines.

Si la montée vers Pâques peut faire peur comme l’invitation d’être parfait comme notre Père est parfait, il nous faut avoir confiance en un Dieu qui vient jusqu’à nous par sa Parole, sa Sagesse incarnée. Le Messie, le Sauveur va nous illuminer, nous guérir, nous relever. Il va nous parler de nos vies, de nos familles, de nos amours, de nos souhaits, de nos envies, de nos jalousies pour les redresser.

Nous sommes mortels, poussière d’ossements, corps malades et vieillissants et pourtant nous voulons vivre ! Cette aspiration va être comblée dans le passage, la Pâque dans 40 jours. Ce but doit abaisser tout obstacle au travail de la grâce en nos âmes pour que nous soyons plus attentifs et réfléchis. Il nous faudra du silence, une vie corporelle plus saine, se coucher plus tôt, se reposer des soucis quotidiens et des écrans d’images et d’informations, manger et boire avec mesure, et fuir la paresse.

Mais ce ne sera pas seulement pour être en forme, saint dans un corps sain. Il faudra préparer le Vendredi Saint en nous arrêtant chaque vendredi, il faudra être plus attentif à notre prochain, plus aimable, moins rapide dans nos jugements, sans agacements, sans critiques, sans exaspérations, bienveillant et prompt à pardonner. Pour le vivre ensemble ? Bien plutôt pour vivre selon Notre Père, selon notre Sauveur et Frère aîné, le Christ Jésus dans l’unité du Saint Esprit.

La présence de la Vierge Marie, notre Mère au pied de la Croix, de saint Joseph, l’homme juste et bon, de notre ange gardien, sera notre secours pour écouter le Christ toujours vivant et présent dans la Sainte Hostie.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 23 février 2020

 

 

 

Le temps : un champ à cultiver

Le temps est un Don du Père céleste que Celui-ci octroie à ses enfants comme cadre d’épanouissement, comme terre à faire valoir et que nous sommes appelés à cultiver pour qu’elle puisse transformer en fruits d’éternité les actes humains que nous semons tout au long de notre temps terrestre. Ainsi, nous sommes à la fois les bénéficiaires du temps que Dieu nous donne en ce monde, mais nous en sommes aussi les cultivateurs et responsables devant Lui.

Dieu est le Maître du temps, du champ qu’il nous faut cultiver. Le prince de ce monde tente de s’en emparer et de le dénaturer en faisant croire à l’homme qu’il en est le maître, après lui, bien sûr : le temps serait ainsi un cadre a priori de la sensibilité que se donne l’être humain, le lieu de ses états de conscience, sans portée métaphysique, sans ouverture sur l’Eternité. Nous avons là un exemple terrible de falsification diabolique d’un don divin qui ne peut plus alors porter son fruit surnaturel.

Le temps est le lieu providentiel de notre Salut. Aussi, au summum du don du temps par le Créateur, il y a le don du temps liturgique, avec, d’une part, le temporal qui déroule les mystères de la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ sur cette Terre depuis son Incarnation jusqu’à son Ascension avec les fêtes qui en découlent, et, d’autre part, avec le sanctoral qui étale les mystères de Dieu incarnés en ses saints en qui le Fils continue sa mission au cours des temps jusqu’à la fin du monde. Le temps liturgique est le don de Dieu à son Eglise : il est le cadre divin de la vie paroissiale, le champ qu’il nous faut cultiver pour en tirer les fruits spirituels de vie éternelle. Notre paroisse met à notre disposition un magnifique champ (chant) liturgique, pour que nous en tirions des fruits de sanctifications : ne le négligeons pas, ne nous en laissons pas déposséder par le démon.

Ainsi, cette semaine, nous aurons la joie de fêter le centenaire du retour à Dieu de sainte Jacinthe de Fatima qui, avec son frère François et sa cousine Lucie, bénéficia en 1917 des visites de la Vierge Marie. Elle fut frappée par la vision de l’enfer, par les souffrances de ceux qui ne surent pas tirer parti du temps terrestre et transformèrent le champ de leur vie en terre pierreuse et inculte. Si le temps nous est compté, ce fut tout spécialement le cas pour elle car elle décéda à l’âge de 9 ans, non sans avoir su tirer les fruits d’éternité d’une fin de vie configurée à celle de la Passion du Christ. En effet, après avoir été l’une des victimes de l’épidémie catastrophique de grippe espagnole lors de l’hiver 1918, elle n’en réchappa que pour être frappée d’une grave maladie des poumons dont elle décéda le 20 février 1920 après de terribles souffrances qu’elle vécut dans une union héroïque à la Croix du Sauveur. Celle-ci demeure l’instrument de Salut de Dieu par la présence de sa verticalité éternelle dans l’horizontalité de notre temps dégradé par le péché et la mort qui, même se déployant de façon effroyable comme dans une pandémie, peut donner ses fruits d’éternité.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 16 février 2020

 

 

 

 

 

Vision de la Bienheureuse
Anne Catherine Emmerich

Mystique allemande, Anne Katharina Emmerick (8 septembre 1774 – 9 février 1823) a été béatifiée le 3 octobre 2004, par le Saint Père régnant Jean-Paul II. Sa vie fut caractérisée par une profonde union avec le Christ que prouvaient les stigmates ou plaies. Elle avait une profonde dévotion à l’égard de Marie. À travers la foi et l’amour elle servit l’œuvre de la Rédemption : « J’ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j’ai prié Dieu afin qu’il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d’être utile. A présent je sais qu’il a exaucé ma prière. »

Dans la dernière moitié d’août 1820, elle eut souvent, pendant des journées entières, la vue de la tiédeur et de l’indifférence de bien des prêtres et des laïques envers le très-saint Sacrement, et cela avec accompagnement de douleurs indicibles. On lui mit alors sous les yeux, pour la confusion des mauvais chrétiens, des païens aspirant au salut.

Elle vit aussi la cessation du sacrifice à l’époque de l’Antéchrist. « J’eus, dit-elle, une grande vision touchant l’Église… Je vis l’église de Saint-Pierre et tout autour beaucoup de champs, de jardins, de forêts. Je vis beaucoup de personnages contemporains venus de toutes les parties du monde… dont les uns entraient dans l’église, tandis que les autres passaient devant avec indifférence et allaient en divers lieux.

Il y eut une grande solennité dans l’église et je vis au-dessus d’elle une nuée lumineuse sur laquelle descendaient des apôtres et de saints évêques qui se réunissaient en chœurs au-dessus de l’autel. Je vis parmi eux saint Augustin, saint Ambroise et tous ceux qui ont beaucoup travaillé à l’exaltation de l’Église.

C’était une grande solennité ; la messe fut célébrée, et je vis au milieu de l’église un grand livre ouvert où pendaient trois sceaux du côté le plus long et deux sceaux à chacun des autres côtés. Je vis aussi en haut l’apôtre saint Jean et j’appris que c’étaient des révélations qu’il avait eues à Pathmos. Le livre était placé sur un pupitre dans le chœur… Le Pape n’était pas dans l’église. Il était caché. Je crois que ceux qui se trouvaient dans l’église ne savaient pas où il était. Je ne sais plus s’il priait ou s’il était mort. Mais je vis que tous les assistants, prêtres et laïques, devaient poser la main sur un certain passage du livre des Évangiles et que sur beaucoup d’entre eux descendait, comme un signe particulier, une lumière que leur transmettaient les saints apôtres et les saints évêques. Je vis aussi que plusieurs ne faisaient cela que pour la forme.

Au dehors, autour de l’église, je vis arriver beaucoup de juifs qui voulaient entrer, mais qui ne le pouvaient pas encore. A la fin, ceux qui n’étaient pas entrés au commencement arrivèrent, formant une multitude innombrable : mais je vis alors le livre se fermer tout à coup, comme sous l’impulsion d’un pouvoir surnaturel. Cela me rappela comment un soir, au couvent, le diable souffla ma chandelle et ferma mon livre.

Tout autour, dans le lointain, je vis un sanglant et terrible combat et je vis spécialement une immense bataille du côté du nord et du couchant. Ce fut une grande vision très imposante.» Anne-Catherine Emmerich – Vie de la célèbre mystique – Père K.E. SCHMOEGER, Éditions Téqui.

Que sainte Geneviève et la bienheureuse Anne Catherine Emmerich demandent la lumière de la foi, de l’espérance et de la charité afin que nos lampes restent allumées.

Chanoine Marc Guelfucci, Curé
Dimanche 9 février 2020

 

 

 

« Avez-vous reçu l’Esprit-Saint ? » (Ac. 19, 2)

En ce dimanche 2 février, nous célébrons la fête de la Présentation de Jésus au Temple et de la Purification de la Vierge Marie, 40 jours après la Naissance du Sauveur, en application des prescriptions de la Loi juive. La lumière est un thème majeur de cette fête qui nous apporte un dernier éclat de la Nativité du Soleil éternel qui a pris chair en Marie pour venir illuminer notre monde marqué par les ténèbres du péché. La Prophétie du vieillard Siméon nous rappelle le sens de la fête de Noël : Jésus est la Lumière venue pour éclairer les nations. A cette occasion, sainte Geneviève viendra de nouveau nous visiter en ses reliques et nous illuminer de son cierge.

Dans notre société assombrie par la grisaille d’une culture sécularisée qui a décidé d’occulter toute luminosité surnaturelle, on pourrait croire que le retour au Ciel de la Lumière du Monde au jour de l’Ascension a définitivement éteint la présence de la Lumière divine au milieu des hommes.

Et c’est là qu’il ne faut pas oublier que Jésus nous a promis de continuer à illuminer son Eglise en nous envoyant son Esprit, l’Esprit-Saint, la 3ème Personne de la Très Sainte Trinité. La Lumière venue en notre Monde et manifestée au jour de sa Nativité ne peut continuer à briller que si les chrétiens sont habités par l’Esprit-Saint. Pour réaliser cette promesse de nous communiquer son Esprit, Jésus-Christ a voulu que, parmi les 7 Sacrements qu’Il a Lui-même institués pour continuer en son Eglise la mission que le Père lui avait confiée, un Sacrement soit tout spécialement consacré au Don de l’Esprit-Saint afin que tout chrétien reçoive une plénitude de lumière qui lui permette de devenir un vrai fils de la Lumière. Ainsi que le rappelle le Catéchisme de l’Eglise catholique : « Ce sceau de l’Esprit Saint marque l’appartenance totale au Christ, la mise à son service pour toujours, mais aussi la promesse de la protection divine dans la grande épreuve eschatologique » (n°1296).

C’est donc un devoir pour tout baptisé que de recevoir le Sacrement de Confirmation s’il veut atteindre la plénitude de « l’homme nouveau », devenir temple de l’Esprit-Saint et être porteur de la lumière divine qui « éclaire tout homme qui vient en ce monde ». Aussi, notre paroisse organise chaque année une célébration du Sacrement de Confirmation : la prochaine aura lieu le dimanche 21 juin à 11h. Tout sacrement est une démarche personnelle et libre qui demande une préparation et un accompagnement. Pour vous y aider, un cursus de formation vous est proposé. Il vient de commencer et la prochaine réunion aura lieu ce mercredi 5 février à 20h à la salle sainte Cécile. Les rendez-vous suivants sont fixés aux mercredis 26 février, 11 et 25 mars, 22 avril, 6 et 20 mai, 3 et 17 juin, toujours à 20h au même endroit.

Abbé Gabriel Grodziski, Vicaire
Dimanche 2 février 2020

 

 

 

La Lumière du Christ, lumière de sainte Geneviève, lumière de la Religion.

 

En ce mois de janvier qui sort péniblement du malaise social des grèves, avec les jours qui allongent pour nous permettre de voir la lumière, il faut nous convaincre que nous sommes faits pour la lumière du Christ-Jésus Sauveur, notre Dieu fait Homme, notre espérance.

 

Il nous fait remonter aux sources de la religion, l’existence de Dieu, sa puissance, sa connaissance du passé, du présent et du futur. La prière est une parole, une pensée, des gestes lancés vers l’invisible qui nous connaît et qui nous aime. L’ignorance et l’orgueil finissent par nous lasser de parler à Dieu, le découragement également devant les épreuves et les incompréhensions des difficultés de la vie terrestre. C’est ce même découragement qui nous empêche de parler à notre prochain par incompréhension, par paresse, par incapacité, par malice, par agressivité. Et pourtant la puissance divine, l’aide divine, la grâce peuvent nous relever, nous rendre à notre fin d’aimer l’Autre qui est Dieu, et notre prochain. Quelle tristesse de voir les hommes s’ignorer ou se jalouser, se mépriser ou s’insulter et se tuer. Quel gâchis de voir ce monde se déchirer pour des enfants ou pas d’enfants, pour le pouvoir de l’argent !

 

Les religions d’Orient, d’Afrique, d’Asie, d’Occident, d’Amérique ou d’Australie cherchent Dieu avec maladresse mais c’est bien le recueillement et le silence qui seront le chemin pour ne pas faire écran, obstacle à la lumière divine.

 

Si nous ne faisons pas pénitence maintenant pour recevoir cette lumière comme tant de saints et de saintes, il y aura moins de mérites, moins de nouvelles grâces, moins de lumière, moins d’âmes sauvées. C’est le combat entre Dieu et Satan. Or Dieu respectera toujours notre libre arbitre et nos choix ultimes. A nous de nous entraider pour recevoir la lumière de la foi et de l’espérance selon les reproches de sainte Geneviève : « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. ».

 

Les femmes sont plus pieuses que les hommes. C’est une des raisons pour laquelle Dieu veut des hommes prêtres à la suite de son Verbe incarné en homme. C’est tellement étonnant de voir un homme prier le chapelet en 2020, se plier à une prière vocale de présence du Père, de Jésus et de Marie. Nos sociétés sans père ni mère ont renoncé à la lumière naturelle. Mettons notre espoir dans la lumière surnaturelle.

 

Chanoine Marc Guelfucci, curé Dimanche 26 janvier 2020

 

Sur les traces de la prière et de la visite de sainte Geneviève.

La prière était au centre de toute la vie de sainte Geneviève. Si notre sainte patronne s’est illustrée par ses œuvres de miséricorde et par son zèle à la fois pour défendre ses concitoyens des dangers qui les menaçaient et aussi pour poser les fondements de la France comme nation chrétienne, elle était également et avant tout une grande contemplative : à la suite de son Seigneur, et c’est là le secret de son magnifique rayonnement depuis 1600 ans, elle sut enraciner son activité publique dans les profondeurs de la prière, i.e. dans le sein même de Dieu. Aussi, notre paroisse jubile-t-elle d’avoir l’honneur de sa visite car ses reliques, qui au cours de cette année voyageront à travers tout le diocèse, s’arrêteront chez nous le 21 janvier et le 2 février prochain. Sa 1ère visite, à n’en pas douter, illuminera toute notre semaine et donnera sens aux différents événements qui la traverseront.

D’abord, ce même mardi 21, nous prierons aussi pour le repos de l’âme du roi Louis XVI exécuté en haine de cette société chrétienne dont sainte Geneviève contribua à poser les fondements. Louis XVI a accepté de verser son sang pour son peuple, en réparation des sacrilèges de la révolution française et des erreurs commises par lui-même et ses prédécesseurs spécialement dans l’omission de la consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus. Avec son ancêtre Louis IX, il est le seul roi de France auquel est rendu, fidèlement chaque année, un hommage religieux public car, par sa sainte mort, ce roi reste très cher au cœur de nombreux français.

Le samedi 25 janvier, nous clôturerons la semaine par 2 grands événements. D’abord, nous accueillerons l’Association Saint Benoît Patron de l’Europe, qui tiendra sa journée annuelle de prières et de réflexions avec en particulier la célébration de la Messe grégorienne à 11h30 et des vêpres bénédictines à 17h. Fondée dans le sillage de la proclamation de saint Benoît patron de l’Europe par le Pape Paul VI en 1964, elle est une association internationale de fidèles de droit pontifical qui a pour objectif de promouvoir et de diffuser la culture chrétienne au sein d’une Europe spirituellement unie, et ainsi de contribuer à son évangélisation qui est à la racine de son identité.

Le soir de ce même samedi 25 janvier, aura lieu la veillée de prières pour l’année sainte Geneviève qui débutera à 19h par la Messe solennelle de notre sainte Patronne, avec ensuite la distribution des petits pains commémorant ses œuvres de miséricorde ainsi que la célébration des matines de sainte Geneviève et l’adoration du Très-Saint Sacrement.

Tous ces exercices de piété et de dévotion pour l’unité de la France, de l’Europe et du diocèse viendront se greffer sur la semaine de prière pour l’unité de l’Eglise. En effet n’oublions pas l’octave de prières pour le retour des différentes confessions chrétiennes dans le sein de l’Eglise catholique romaine. A l’origine, lorsque ce mouvement fut lancé et béni par le Pape saint Pie X, il commençait le jour de l’ancienne fête de la chaire de saint Pierre célébrée le 18 janvier afin de bien signifier que l’unité des chrétiens ne peut se construire qu’autour du Siège apostolique et de la Doctrine catholique. Aussi nous faut-il prier d’abord aujourd’hui pour que ce mouvement reste fidèle à sa vocation initiale et aussi pour la mission du saint Père de conforter ses frères dans la Foi.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire Dimanche 19 janvier 2020

Théophanie du Fils pour les âmes de bonne volonté.

En cette nouvelle année 2020, le Père se manifeste encore par son Fils. C’est l’incarnation de son Verbe, de l’expression de son être, de sa Parole unique prononcée dans l’éternité. Dans l’unité du Saint-Esprit, cette Parole créatrice rejoint la création pour s’unir à notre nature humaine. C’est l’amour de la Sainte Trinité pour ceux qui sont moins parfaits que les anges, purs esprits. Le corps et l’âme de l’Enfant-Jésus sont bien les nôtres. La nouvelle Ève, la Vierge Marie, l’a mis au monde. Le péché des anges déchus est vaincu, les péchés des hommes seront vaincus par l’accomplissement de l’incarnation : le Saint Sacrifice de l’Agneau de Dieu par la Crucifixion et la Résurrection d’entre les morts. C’est la plongée dans les eaux, le baptême. C’est la résurrection des eaux, le Corps ; le Sang, l’Âme et la Divinité qui donnent la vie éternelle.

Or ce sont bien nos défaites, nos faiblesses, nos paresses, nos insouciances, nos caprices, nos jalousies et nos querelles qui donnent la mort à l’âme et au corps. Si nous suivons notre Frère aîné qui a reçu l’onction de l’huile divine, le « Oint », le « Christ », si nous prenons notre Croix pour le suivre, nous serons vivants avec Lui pour toujours dans les retrouvailles éternelles avec les êtres aimés qui nous ont précédés dans la foi, l’espérance et la charité.

Aujourd’hui, nous pouvons unir l’Adoration des Rois Mages, le Baptême du Christ et le miracle de Cana. Ces trois évènements sont trois théophanies, manifestations de Dieu, trois épiphanies, manifestations brillantes. L’Enfant-Jésus se montre dans sa royauté, sa divinité et son humanité. Le Christ est plongé dans les eaux du Jourdain pour accomplir toute justice et nous permettre d’écouter et de suivre le Fils du Père. Le Seigneur Jésus change l’eau en vin lors des noces de Cana, comme il changera le vin en son sang pour les Noces de l’Agneau à la prière de sa sainte Mère, Marie médiatrice de toute grâce et corédemptrice.

Que sainte Geneviève intercède pour Paris et la France afin que nous soyons dans la foi, l’espérance et la charité.

Chanoine Marc Guelfucci, curé

Sainte Geneviève, O notre mère !

Nous venons de franchir le seuil de cette nouvelle année 2020 qui pour nous, parisiens, nous donne spécialement accès aux solennités du 1600ème anniversaire de la naissance de sainte Geneviève, la patronne de notre ville.

Ce jubilé a pour particularité, entre autres, de s’inscrire dans le sillage des festivités de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ que nous célébrons durant tout ce temps de Noël et où le mystère de l’Incarnation apparaît comme un fruit merveilleux du lien intime et indissoluble qui unit l’Enfant-Jésus et sa Mère, la Théotokos. Cette coopération entre Jésus et Marie est à ce point exemplaire, qu’elle apparait comme la référence incontournable pour la fécondité spirituelle de toute entreprise qui désire s’enraciner dans le mystère trinitaire. Aussi l’histoire de l’Eglise nous offre de nombreux exemples de collaborations analogues : saint Benoît et sainte Scolastique, saint Rémy et sainte Clothilde, saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal, saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac, saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d’Avila, Dom Guéranger et Madame Cécile Bruyère…

Alors, comment ne pas faire le parallèle entre, d’une part, cette coopération si intime et si féconde qui unit le Fondateur de l’Eglise à la Mère de tous les baptisés, et d’autre part, le lien qui associe le père de notre diocèse, saint Denys, et la mère de notre cité, sainte Geneviève, qui étendit son manteau virginal pour protéger ses concitoyens des invasions barbares et qui, alors que la ville était assiégée, sut leur procurer les vivres nécessaires pour éviter la famine.

Si saint Denys a posé les fondations de notre diocèse et, à l’instar du Rédempteur (« Ce calice est la nouvelle Alliance en mon sang qui sera répandu pour vous »,’Lc 22, 20), a versé son sang pour en sceller l’alliance avec Dieu, sainte Geneviève, de par sa consécration virginale à Dieu dès sa petite enfance, a définitivement associé notre cité, comme en un lien sponsal, à la mission divine de notre nation en œuvrant avec sainte Clothilde à la préparation du Baptême du roi Clovis et en contribuant de façon décisive à faire de Paris la capitale, la tête (caput) de la Fille ainée de l’Eglise.

Que la reconstruction de notre cathédrale soit le symbole du renouveau religieux de notre diocèse. Sainte Geneviève eut un rôle important dans la christianisation de notre cité encore en partie païenne à son époque. Alors, confions-lui dans une prière ardente et confiante tout au long de cette année qui lui est consacrée, la rechristianisation de notre ville de nouveau affectée par le paganisme ambiant de notre culture. Que dans une nouvelle épiphanie, Jésus-Sauveur soit à nouveau révélé à notre société sécularisée !

Abbé Gabriel Grodziski, Vicaire Dimanche 5 janvier 2020

Sainte Geneviève, évangélisatrice de Clovis, priez pour le réveil de Paris et de la France

Alors que les Juifs répandus dans l’Empire romain entendaient parler pour la première fois de leur Messie, Jésus de Nazareth, alors qu’il n’y avait pas de chrétiens en Europe, saint Paul s’écrit aux Corinthiens : « Frères, si j’annonce l’évangile, je n’ai pas à en tirer orgueil, c’est une nécessité qui s’impose à moi ; malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » :(1 Co 9, 16-18). Malheureux donc ceux qui déclarent la fin de la chrétienté occidentale et encouragent la négation de l’Incarnation.

Il est évident que depuis près de 2020 années, le monde entier a été ébranlé par l’An de grâce. Nous devons toujours avoir le désir de dire et de redire l’Enfant-Dieu né de la Vierge Marie, la Croix et Marie debout encore auprès de son Fils, associée au Salut de la crèche au calvaire jusqu’à la victoire de Pâques. Nous ne devons pas nous résigner à l’apostasie occidentale et à son immoralité.

Providentiellement, Mgr Michel AUPETIT a été évêque de Nanterre avant d’être appelé à Paris. Il nous donne ainsi l’occasion de nous tourner vers sainte Geneviève pour demander à Dieu foi et courage comme au temps où elle a réveillé Lutèce, Paris. Elle est née à Nanterre en 420, il y a 1600 ans, et redonna son âme à Dieu le 3 janvier 502. En cette fin d’année 2019 et début d’année 2020, nous avons donc à prier la neuvaine du 3 janvier au 11 janvier pour Paris et la France afin que la grâce du baptême soit reproposée aux âmes. Le Christ s’est uni à notre nature humaine pour toujours. Il sera un homme pour toujours. Son amour l’a lié définitivement à notre vie. Il a tout prouvé en se faisant l’un d’entre nous. Sa mort par crucifixion est le sommet de son sacrifice et sa résurrection diffuse les mérites de sa divine et humaine innocence. Son humanité rayonne jusqu’à nous pour se donner par la Sainte Hostie dans une présence réelle, corps, sang, âme et divinité.

Envoyé par le pape Célestin Ier en Gaule, saint Germain d’Auxerre devait lutter contre le découragement face à l’hérésie et aux guerres. Il s’arrête à Nanterre et distingue Geneviève, pleine de la présence du Seigneur, consacrée au Christ. Elle fit reculer Attila, roi des Huns, en portant la prière des Parisiens. Par sa prière confiante, elle redonne la vue à sa propre mère, délivre des possédés, guérit les malades, fait construire la basilique Saint-Denis et contribue à la conversion de Clovis. En 1130, une épidémie dite des Ardents se répandait. L’évêque parisien Etienne fit alors venir la châsse de sainte Geneviève à la cathédrale et tous les malades qui la touchaient étaient guéris.

Ah si nous avions une nouvelle Geneviève ! Du moins, prions celle qui est auprès de Dieu pour Paris et pour la France ! Allons vénérer les reliques de son corps dont une grande partie fut brûlée par les révolutionnaires. Opposons-nous à l’inversion de la Vérité et défendons la Justice du Sauveur dans la foi, l’espérance et la charité.

Chanoine Marc Guelfucci, curé Dimanche 29 décembre 2019

Emmanuel : Dieu-avec-nous

Grâce au mystère de l’Incarnation l’Eternité est entrée dans notre temps afin d’en reprendre possession par la Rédemption du genre humain. Mais cette immixtion du divin dans notre monde au jour de l’Annonciation, demeura pendant neuf mois une réalité cachée dans le sein immaculé de la Très Sainte Vierge Marie. Seuls quelques privilégiés eurent connaissance de ce mystère immense qu’ils pouvaient contempler en son temple virginal : Joseph, averti en songe par l’Ange Gabriel sur la mission de son épouse, saint Jean-Baptiste, sanctifié dès le sein de sa mère, Elisabeth et Zacharie, les parents du Précurseur. La Liturgie de l’Avent qui arrive maintenant à son terme, nous a fait vivre l’attente du Sauveur non seulement à travers les Prophéties qui ont plus ou moins clairement annoncé la Venue du Messie et qui entretinrent l’Espérance durant la très longue période de l’Ancienne Alliance mais aussi dans son ultime étape en nous faisant participer à la joie qui animait ces saints personnages de la famille du Sauveur.

Par la fête de Noël ce mystère immense de la Venue de Dieu en Personne, si longtemps demeuré voilé au Peuple élu et occulté pendant neuf mois dans le sein de la Vierge, est maintenant divulgué et présenté au monde : c’est cela que nous allons vivre liturgiquement aux cours des jours et des semaines qui viennent. Nous allons participer à la joie des hommes de bonne volonté qui ont entouré la Nativité du Sauveur.

Les mystères de Dieu sont des mystères d’intériorité qui ne peuvent prendre naissance que dans notre âme surtout par la Liturgie de l’Eglise qui nous les rend présent et nous y fait participer spirituellement. A l’instar de la Vierge Marie et en sa compagnie, il nous faut les méditer dans notre cœur qui est la racine de nos actes et de nos comportements chrétiens.

En effet, en vivant ainsi Noël nous allons nous unir aux personnages qui ont entouré la Crèche et bénéficier de leurs grâces. On pourra contempler : Marie et Joseph qui, par la pureté de leurs regards, sont capables de pénétrer les mystères qui se déroulent sous leurs yeux et d’y voir la présence indicible de Dieu ; les bergers qui se laissent attirer et fasciner, conquérir et convertir à la vue du Sauveur. Arriveront ensuite à la Crèche les Rois Mages dont la sagesse et la recherche sincère de Dieu les guideront jusqu’à Lui. Nous aurons malheureusement aussi à célébrer le massacre des saints Innocents dont le sacrifice sur l’autel de l’égoïsme, de la cupidité et la misère humaine est toujours d’actualité. Et comment aussi ne pas signaler le contre-témoignage des aubergistes trop préoccupés par l’appât du gain et les soucis de ce monde qui accaparent tout leur cœur de sorte que celui-ci reste indifférent ou méprisant devant la miséricorde divine qui frappe à leur porte.

Comme l’enseignera le vieillard Siméon lors de la Présentation de Jésus au Temple qui viendra clore le cycle de Noël, cet enfant-Dieu est un Signe qui dévoile le fond des cœurs en tant qu’ouverts ou fermés à l’accueil de Dieu. Cette prophétie concerne tous les hommes jusqu’à la fin des temps et elle s’adresse spécialement à nous qui allons vivre le mystère de la Nativité du Seigneur à l’instar de ceux qui ont participé à l’évènement historique il y a plus de 2000 ans.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire Dimanche 22 décembre 2019

De la Joie au Bonheur paisible

La Joie est l’état de l’âme qui possède le Bien. Le bonheur consiste en la stabilité de cette joie. La possession du bien sans crainte de le perdre multiplie la joie en de nombreuses joies et nous fait vivre dans le bonheur. Lorsque nous sommes durablement et tranquillement dans le bonheur, nous atteignons la paix de l’âme en vue du bonheur du salut éternel en Dieu.

Mais avec les inquiétudes terrestres, pouvons-nous être heureux et paisible ? Ne devrions-nous pas être heureux en étant « zen », c’est-à-dire en vidant notre âme de toutes nos épreuves et de tous nos soucis, en ne pensant à rien, en désirant ne plus exister ?

Oh non ! Nous devons nous tourner vers le Créateur et l’Auteur de la Vie pour le connaître et l’aimer comme Il nous aime. Il nous a promis le bonheur par la descendance de la nouvelle Ève, la Vierge Marie, Notre-Dame. Dieu parmi nous, l’Emmanuel a été promis, nous le croyons. Il est venu et il va revenir pour achever le Salut, le Bonheur : plus de maladies, plus de mort, plus de péchés de jalousie et de haine. Cette foi et cette espérance sont notre bonheur spirituel dès cette vie terrestre :

« nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ; et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. … J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie ;… ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.» (Rom. ch. 5 ; 8)

Si les litanies de Lorette de la Vierge Marie lui donnent le nom de Cause de notre Joie, c’est bien parce qu’elle est l’instrument humain, animé, saint de l’Incarnation du Fils. Saint Jean-Baptiste est le dernier prophète de l’Ancien Testament qui voit enfin le Sauveur dont Abraham avait eu la vision. En effet, Jésus dit aux foules :« Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »

L’Emmanuel est venu, il va revenir dans la gloire. Quelle joie ! Quel bonheur, quelle paix !

Chanoine Marc Guelfucci, curé Dimanche 15 décembre 2019

Ave Maris Stella

Sur notre chemin vers la célébration des solennités de la Nativité de notre Seigneur selon la chair, Dieu a voulu disposer comme lumière qui guide nos pas la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie. Ainsi que nous le chanterons dans l’hymne « Ave maris stella », elle est l’étoile de la mer qui, au milieu de notre nuit, brille d’un éclat tout spécial qui l’emporte sur tous les autres astres, que sont les saints, par sa pureté et par sa parfaite capacité à refléter et diriger vers ses enfants, sans rien en détourner et retenir égoïstement pour elle, les rayons de grâce jaillissant de son divin Fils, Soleil « qui éclaire tout homme venant en ce monde ».

Notre société morose a un besoin vital de cette Lumière, elle a un besoin crucial de la Vierge Marie qui nous apprend à accueillir la Lumière divine. La prière mariale nous fait vivre dans la proximité de notre Mère céleste qui nous transmet son secret : la pureté du cœur qui confère à l’âme cette transparence à la lumière de la grâce et développe en elle la vie surnaturelle. Alors, notre âme devient comme un palais spirituel où peut résider la Divinité dont la Vie de Bonheur trinitaire remplit notre cœur qui peut rayonner d’une joie si profonde, car enracinée en Dieu, qu’aucune tristesse ou épreuve ne peut la déraciner.

En disposant la solennité de l’Immaculée Conception sur notre chemin d’Avent qui nous mène à Noël, voilà le message que la Providence divine veut nous délivrer. Elle nous fait découvrir et méditer le mystère de l’Immaculée qui a été préservée de la tâche originelle et qui a su se préserver de toute souillure et elle prépare ainsi notre cœur à recevoir la vraie joie de Noël, pas celle éphémère des rencontres mondaines et des cadeaux, qui certes mis à leur juste place peuvent y contribuer, mais celle indicible et salvatrice qui vient illuminer toute notre vie chrétienne par la présence de la Lumière céleste qui s’est faite chair.

La Vierge Marie est le chemin immaculé que Dieu a emprunté pour venir à nous dans le mystère de son Incarnation, elle est la voie purificatrice sur laquelle nous devons, nous aussi, cheminer si nous voulons aller à la rencontre de Jésus pour avoir part aux joies des festivités de sa Nativité terrestre. En elle nous pouvons répondre à la « voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » (Mt 3, 3).

Vitam præsta puram Iter para tutum Ut videntes Jesum Semper collætemur

Gardez notre vie pure Préparez-nous un chemin sûr Pour que, voyant Jésus, Eternellement, nous nous réjouissions. (Ave Maris Stella)

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire Dimanche 8 décembre 2019

Promesse certaine de présence et de bonheur ! Espérons toujours !

Les journées sont courtes, la lumière du soleil est rare. Nos corps se plient aux exigences de l’hibernation. La fatigue et le mécontentement de nos contemporains environnent notre France. La trêve des confiseurs et les illuminations du Noël commercial apporteront un répit passager. Comment se projeter dans l’avenir, comment être dans l’espérance quand une âme ne se tourne pas vers Dieu, quand la famille et la filiation sont oubliées ? Que ce soit l’athée qui nie l’existence du Créateur, que ce soit l’agnostique qui ne cesse de rechercher des preuves de sa présence, que ce soit un croyant qui ne reconnaît que son existence, comment espérer si l’on n’écoute pas les prophètes qui annoncent et avertissent ?

De la Genèse aux Évangiles, Dieu promet qu’Il ne sera pas absent de nos vies. Il est un Père qui donne, pardonne à ses enfants et ne les abandonne jamais. Son aide, sa grâce est toujours présente. Les croyants ont confiance en la providence de la Femme qui enfantera un Fils et écrasera la tête du serpent ancien.

Il vaut mieux l’indignation et la colère divines de Dieu devant la souffrance de l’innocent que son silence mystérieux. Il vaut mieux être averti que d’être surpris dans la malice et l’insouciance  : « Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ. » (Romains I, 13 v. 14)

« …Dieu a envoyé son propre Fils dans une condition charnelle semblable à celle des pécheurs pour vaincre le péché… si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez… En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu… nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. » (Rom. I, 8)

Et puisque l’Immaculée Conception de la Vierge Marie sera le saint réceptacle de l’Incarnation du Verbe du Père, du Fils bien-aimé, que pouvons-nous craindre ?

« La détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?… rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus Notre Seigneur. » (Rom. I , 8)

Chanoine Marc Guelfucci, curé Dimanche 1 décembre 2019

Sous le regard et la bénédiction de sainte Cécile

La Providence divine a ainsi disposé les évènements qui ponctuent la vie de notre très chère paroisse que celle-ci a cette caractéristique liturgique remarquable d’avoir la fête de ses 2 co-patrons, saint Eugène et sainte Cécile, qui forme une octave de prières d’abord ouverte solennellement par la célébration du Dies natalis, la naissance au Ciel, de saint Eugène, et ensuite close non moins fastueusement par la fête du martyre de sainte Cécile.

Nos deux saints ont des points communs, en particulier celui du don de leur vie jusqu’à l’effusion de leur sang pour la défense sans concession de la Foi chrétienne, mais ils ont aussi, bien sûr, chacun leurs particularités. Ainsi, si sainte Cécile a été choisie pour présider avec saint Eugène aux destinées de notre paroisse, elle a été avant tout proclamée au niveau de l’Eglise universelle patronne des musiciens. En effet, cheminant vers son martyre et ayant déjà son cœur comme transporté au Ciel, elle eut ce privilège d’entendre la musique céleste qui fortifia son âme et la combla de cette joie surnaturelle qui la fit traverser l’ultime épreuve du témoignage de la Foi avec une détermination invincible.

La musique peut être source de joies spirituelles si elle est le reflet de la beauté de la musique céleste. Platon l’avait déjà pressenti : le beau est une voie privilégiée pour élever l’âme vers le transcendant. Le beau est ce transcendantal qui nous découvre la Beauté de Dieu, et si la Liturgie a pour fin de nous mettre en contact avec Dieu, elle ne peut le faire que sur le registre du Beau. Renoncer au Beau sous prétexte de simplicité est pure illusion, car la vraie simplicité, celle qui unifie l’être humain en lui-même et harmonise les âmes entre elles, ne peut se faire qu’en Dieu, qu’en élevant l’âme vers Dieu et donc qu’à travers le Beau qui est ce chemin privilégié qui mène à Dieu.

L’Eglise a toujours considéré que la musique est un élément essentiel de la Liturgie et que de sa beauté dépend la qualité de la prière. Sous le regard bienveillant et l’impulsion surnaturelle de sa patronne secondaire, notre paroisse a su rester fidèle à cette exigence d’une musique et d’un chant sacrés soucieux d’élever les âmes vers Dieu.

Aussi, on peut dire que ce patronage spirituel et cette dévotion pour sainte Cécile qui se déploient spécialement chaque année dans la solennité de la célébration de sa fête, comme nous le faisons ces jours-ci, ont porté des fruits magnifiques qui contribuent sans aucun doute à la réputation de notre liturgie bien au-delà des frontières de la paroisse et même du diocèse : en attirant les âmes en recherche du sacré, les célébrations rayonnantes de dignité et de luminosité les aident à pénétrer dans le mystère de la sainte Messe et contribuent à faire aimer la liturgie traditionnelle en en mettant mieux en valeur ses richesses.

Un grand merci et une bonne et joyeuse fête à tous ceux qui œuvrent à cette beauté musicale : les membres de la schola, l’organiste et aussi les organisateurs des concerts spirituels. Que Dieu continue à les bénir dans leurs œuvres et à nous sanctifier à travers elles.

Et en ce dernier dimanche de l’année liturgique, que toute cette magnificence cultuelle contribue à la gloire du Christ-Roi de l’Univers et au déploiement de son Royaume en nos cœurs.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire Dimanche 24 novembre 2019

Solennité de Saint Eugène

Malgré les siècles, que Saint Eugène nous soit présent !

Lorsqu’on se tourne vers un homme ou une femme que l’Église catholique reconnaît dans la foi et la charité, alors le temps, les siècles et les années ne comptent plus. Lorsqu’une communauté, un pays, une paroisse demande à ce saint ou à cette sainte de prier spécialement, d’intercéder principalement, de patronner les âmes, alors ce patronage, cette recommandation auprès de Dieu est aussi en dehors du temps.

Selon la tradition la plus ancienne, Saint Eugène, évêque de Tolède de 69 à 96, est né à Rome au premier siècle, et était un des principaux compagnons de saint Denis l’Aréopagite, premier évêque d’Athènes converti par saint Paul, mentionné au verset 34 du chapitre 17 du livre des Actes des Apôtres :

« Athéniens, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes. Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés, j’ai trouvé jusqu’à un autel avec l’inscription : au dieu inconnu. Eh bien ! ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer. […]

À partir d’un seul homme, il a fait tous les peuples pour qu’ils habitent sur toute la surface de la terre, fixant les moments de leur histoire et les limites de leur habitat ; Dieu les a faits pour qu’ils le cherchent… […] Et voici que Dieu, sans tenir compte des temps où les hommes l’ont ignoré, leur enjoint maintenant de se convertir, tous et partout. […] En effet, il a fixé le jour où il va juger la terre avec justice, par un homme qu’il a établi pour cela, quand il l’a accrédité auprès de tous en le ressuscitant d’entre les morts.»

C’est cette foi en Jésus Sauveur, c’est le désir d’annoncer la Bonne Nouvelle, l’Évangile, qui a poussé Denis et Eugène à parcourir l’Europe. Or cette foi nous a permis de sortir du paganisme, de la dureté des mœurs, des femmes répudiées, des enfants sacrifiés, de la peur des forces naturelles, de la peur des dieux pour le Dieu Unique. Le Père nous donne sa Parole éternelle dans l’Enfant-Jésus né de la Vierge Marie. Son commandement est de nous aimer les uns les autres jusqu’au sacrifice de la Croix. Les Occidentaux sont poussés à croire au hasard et à la nature muette. Nous croyons en un Dieu Charité qui nous donne droits et devoirs pour mériter et porter du fruit. Les Âmes du Purgatoire le savent bien.

Saint Denis a été décapité à Montmartre et porta sa tête, saint Eugène le fut à Deuil-la-Barre puis jeté dans le lac Marchais, sainte Geneviève, née en 420, rejoignit le Seigneur à 89 ans, après avoir sauvé Paris. Que nous puissions avoir leur foi, leur espérance et leur charité présentes en 2019 et 2020 !

Chanoine Marc Guelfucci, curé Dimanche 17 novembre 2019

Une théologie de la confusion

Dans l’Evangile de ce dimanche, qu’il soit celui de la forme ordinaire ou celui de la forme extraordinaire du rite romain, les détracteurs de Notre Sauveur Jésus-Christ tentent de Le piéger en Lui présentant des cas litigieux qui au niveau humain semblent insolubles. Alors, Jésus répond simplement et dirime facilement les antinomies qui Lui sont présentées en fondant son argumentation sur la distinction des différents ordres qui régissent toute réalité en ce monde. En fait, la réponse de Jésus renvoie à cette considération plus générale qu’il ne faut jamais confondre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel en particulier en ramenant ce dernier au 1er. Certes les deux se complètent car ainsi que nous l’enseigne la théologie, gratia supponit naturam (la grâce suppose la nature) mais les deux sont tout à fait distincts.

Malheureusement l’actualité de l’Eglise des dernières semaines nous rappelle que cet avertissement de Jésus-Christ demeure tout à fait d’actualité. En définissant « l’Amazonie, ainsi que tout autre espace territorial autochtone ou communautaire » comme « lieu théologique », « source particulière de la révélation de Dieu » (Instrumentum laboris du synode sur l’Amazonie), en portant en procession de la Basilique Saint-Pierre de Rome à la salle du synode la statue de Pachamama, la déesse-terre de la nature-mère, contrefaçon diabolique de la Très Sainte Vierge Marie (le 7 octobre 2019, fête de Notre Dame du Rosaire), en demandant la poursuite de l’étude de l’accès des femmes aux Ordres sacrés, préparé par la réception des ministères institués (rapport final du synode sur l’Amazonie), l’ordination d’hommes mariés… nous avons assisté à la promotion d’une théologie bâtie sur la confusion des ordres naturels et surnaturels.

Or la nature demeure marquée par le péché originel, elle ne peut être source de salut : le mythe rousseauiste du bon sauvage que l’on a tenté de nous ressortir, mais en vain car entre temps il a bien fallu reconnaître les sacrifices humains des religions naturelles, en fait renoue avec l’hérésie pélagienne qui défendait à tort que par ses forces naturelles l’homme a les moyens de s’engager sur la voie de son salut. Or Jésus-Christ est notre unique Sauveur, car Lui seul par sa double Nature peut être le Pont entre Dieu et les hommes et par son Sacrifice expiatoire, Lui seul pouvait nous délivrer du péché originel, nous réouvrir les portes de la Vie éternelle et nous offrir le Salut de Dieu à travers les Sacrements de la Sainte Eglise. Face à la confusion qui se répand, il faut être clair : la nature blessée par la chute originelle est devenue le domaine du prince de ce monde (Jn 12, 31-32). Vouloir réduire le Royaume des Cieux au cadre naturel de la Création est l’anéantir en le remettant aux mains de l’ennemi de genre humain. Seuls les pouvoirs surnaturels confiés par Notre Seigneur Jésus-Christ à son Eglise peuvent nous faire échapper à cette emprise diabolique. Aussi l’Epouse du Christ a toujours réalisé sa mission en s’efforçant de porter l’Evangile aux quatre coins du monde et en baptisant, comme son Seigneur le lui a ordonné.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire Dimanche 10 novembre 2019

Victoire et Paix

L’Amour de notre Créateur et Père se manifeste par le bonheur de ses créatures et enfants. C’est la gloire de Dieu que sa volonté soit faite. Le péché n’est pas seulement un égoïsme stérile, un faux chemin qui ne donne jamais satisfaction. Il est également une sorte d’ombre à la gloire de Dieu.

Le sacrifice de la Croix montre le prix du refus de donner, de pardonner, de construire dans la patience et l’exigence de nos vies libres mais marquées par le commandement de l’amour de Dieu et du prochain. La Résurrection apporte la victoire et la paix après la violence et l’inutilité du péché. La Vierge Marie, la Sainte Mère de l’Enfant Dieu et du Sauveur, vit cette paix en son Cœur Immaculé.

Mais le Christ demande une participation à son sacrifice. Il nous demande de porter la croix et d’apprendre la douceur et la légèreté de son Cœur sacré. Debout au pied de la Croix, Notre-Dame devient notre mère et la reine des martyrs et de tous les saints.

A nous de vivre dans la vérité, la bonté, l’humilité, le courage du sacrifice pour les victoires et les paix véritables de la vie terrestre. Au moment de l’appel de Dieu, à la séparation temporaire de l’âme et du corps, à notre mort, le Christ nous jugera.

Le purgatoire purifiera les âmes de ceux qui sont morts sans avoir tout donné et tout pardonné. En ne suivant pas parfaitement la volonté divine qui exige la véritable bienveillance, ils doivent réparer ce temps perdu. Notre devoir est de donner nos prières et nos œuvres comme faire célébrer une messe, se recueillir devant leur corps qui ressuscitera.

Dieu, qui est hors du temps, saura répartir les mérites du Saint Sacrifice et nos prières pour alléger le Purgatoire ou même donner des grâces nécessaires à une conversion avant la mort d’un être cher ou d’un ennemi.

Que la Vierge Marie, les saints Anges, les Martyrs, les saints et les saintes connus et inconnus nous invitent à la Victoire de l’Agneau de Dieu et sa Paix. Son Père et notre Père réclame notre fidélité devant tant d’espérance et de bonheur éternel promis.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 3 novembre 2019

Le triptyque de la sainteté

Au cours de cette semaine l’Eglise militante, qui est sur Terre, est tout spécialement appelée à prier pour l’Eglise souffrante qui termine sa purification au Purgatoire, l’ultime moment de la miséricorde divine envers les pécheurs, et à louer l’Eglise triomphante qui est au Ciel tout en sollicitant ses suffrages pour ceux qui sont encore en chemin. Par les deux grandes et magnifiques célébrations que sont la fête de tous les saints et la commémoration de tous les fidèles défunts, la Liturgie a mis en relation en ce début du mois de novembre les trois composantes de l’unique Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ qui sont réunies comme pour marquer l’unité du Corps mystique du Christ dont la Communion se diversifie actuellement en ses différentes conditions de vie, en attendant son achèvement dans la pleine unité de la Communion des saints lors du retour triomphal de Notre Sauveur à la fin des temps.

Si la sainte Eglise nous offre ce magnifique triptyque ecclésiologique à contempler, c’est qu’il est le reflet d’une réalité très profonde qui nous est vitale car elle nous rappelle que la vie en ce monde est un combat qu’il nous faut mener, Deo auxiliante, jusqu’au bout avec courage (Eglise militante) et que si nous baissons les bras avant d’accéder au triomphe qui nous est promis (Eglise triomphante), il nous faudra de toute façon porter les croix que nous aurons repoussées par faiblesse humaine afin que soit achevée notre mission terrestre (Eglise souffrante). De plus, si nous continuons le bon combat en ce monde, nous pouvons, tout en gagnant notre Ciel, aider par nos mérites les âmes du Purgatoire à se purifier, développant ainsi des liens d’entraide et d’amitié spirituelles qui nous préparent à la Communion des saints au Paradis céleste.

Le thème commun de ce magnifique triptyque, vous l’avez deviné, est la sainteté : dans sa phase de conquête, puis si nécessaire dans sa phase d’achèvement et enfin dans sa phase finale de plénitude. Tout cela a été divinement disposé afin de réaliser le commandement que le Seigneur a laissé à Moïse : « Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël, et tu leur diras : Soyez saints, parce que je suis saint, moi, le Seigneur votre Dieu » (Lv. 19,1-2) et que Notre Seigneur Jésus-Christ reprendra sous la forme : « Soyez donc parfaits, vous, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48).

Que ces saintes journées riches d’enseignement sur notre condition humaine nous aident à persévérer courageusement au milieu des épreuves quotidiennes car nous savons que celles-ci ont un sens, qu’à travers elles nous pouvons vraiment progresser vers la Patrie céleste en participant à l’œuvre de Rédemption de Notre Seigneur Jésus-Christ : c’est là l’unique chemin vers la Béatitude céleste car c’est le chemin que Jésus-Christ Lui-même, Chef et Tête de l’Eglise, son Troupeau, a voulu parcourir en venant en ce monde et c’est pour nous le tracer et nous le montrer qu’Il s’est incarné.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 27 octobre 2019

Le mariage, les noces de l’Agneau de Dieu

Quand nous prions le Credo, le « Je crois en Dieu », quand nous recevons la Bonne Nouvelle de la venue de Dieu sur Terre, nous ne sommes plus assez conscients de notre Espérance. Si nous avons été baptisés « bébé », plongés dans l’amour des mérites du Christ crucifié et ressuscité, nous ne nous rendons plus compte du trésor que nous possédons. Les adultes non-baptisés sont plus fervents car ils ont soif. Cependant le catéchisme des enfants dans la grâce des communions et des confessions est une source particulière de sainteté. La tiédeur et la paresse des baptisés n’est pas une fatalité. Il nous faut préparer le retour du Christ pour qu’il trouve notre foi quand il viendra pour l’achèvement de son mariage mystique, de ses noces éternelles.

Comme l’écrit saint Paul, il faut demeurer ferme dans ce que nous avons appris : le catéchisme a le pouvoir de communiquer la sagesse, en vue du salut par la foi en Jésus Christ : « Toute l’Écriture est inspirée par Dieu ; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l’homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire (IIème à Timothée 3,14-17.4,1-2). »

La Vierge Marie a été choisie pour nous conforter dans la foi. Sa virginité perpétuelle, avant, pendant et après l’enfantement, est notre espérance dans la victoire sur la fragilité du corps qui vit et vieillit. Elle est la Dame catéchiste, elle rend l’Incarnation incontournable. Spirituellement et moralement, elle est la toute pure. Elle est la vraie Mère, corps et âme, et non pas la boue de la planète Terre. Par le chapelet, elle offre nos prières au Grand Roi pour ses enfants afin qu’ils reçoivent le pardon et la tunique blanche de la fête du mariage éternel, des noces de l’Agneau de Dieu.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 20 octobre 2019

La couronne des saints

Cette nouvelle semaine, à l’instar de chacune de celles qui se succèdent durant l’année, nous amène son lot magnifique de saints et de saintes qui viendront orner et illuminer les jours à venir qui, sans eux, seraient bien sombres et moroses. Se détachent d’abord de ces commémorations durant cette semaine, la solennité reportée au dimanche du Patron-fondateur de notre diocèse, saint Denis, et la fête de saint Luc, le 18 octobre, qui nous renvoient à la période apostolique du temps héroïque de l’Eglise naissante juste après le départ du Sauveur qui continue à être présent en ses saints martyrs et dans son enseignement, spécialement celui consigné dans les Saintes Ecritures. La semaine est aussi illuminée par la présence de 2 grandes mystiques : d’abord sainte Thérèse d’Avila qui, par la spiritualité carmélitaine, a donné un nouveau souffle à la vie de prière de l’Eglise en un siècle qui, comme le nôtre, en pleine crise, cherchait à conforter un élan de renouveau sur les bases de la prière ; et ensuite sainte Marguerite-Marie-Alacoque dont le message sur la dévotion au Cœur sacré de Jésus liée au 1er vendredi du Mois et sur la consécration de la France au Sacré-Cœur, si chères à notre paroisse, nous rappellent les véritables enjeux surnaturels de la crise politique de la Fille ainée de l’Eglise. Et puis, on peut aussi citer sainte Edwige, reine de Pologne, qui nous renvoie au saint Pape Jean-Paul II qui garde une place spéciale dans le cœur de nombreux catholiques pour l’énergie qu’il déploya en vue de la vraie réforme de l’Eglise.

Ainsi, grâce au sanctoral, qui est le cycle annuel des fêtes des saints, la semaine est bénie par la présence du dies natalis, l’anniversaire du jour de la naissance au Ciel des saints qui, en cette occasion, brillent d’un éclat tout spécial dans le firmament du Paradis, lueur dont nous pouvons recueillir les rayons de grâce si nous nous approchons d’eux par une prière plus fervente en leur honneur ce jour-là.

Si le temporal, le cycle annuel qui déroule les mystères du Salut, est essentiel pour la sanctification des chrétiens qui désirent revivre le mystère de l’Incarnation-Rédemption afin d’en recueillir les grâces méritées par le Sauveur, le sanctoral, en s’emboitant dans le temporal, le complète admirablement en incarnant dans la diversité des créatures élues de Dieu les différentes facettes des richesses de la Rédemption. La cohorte des saints, qui nous sont donnés en exemple, actualise et diffuse dans le temps et l’espace qu’ils sanctifient, chacun selon son charisme, un aspect de l’infinie richesse de sainteté de Notre Seigneur Jésus-Christ, l’unique Saint parfait aux yeux du Père car Lui seul peut réunir en sa Personne du Verbe incarné la sainteté dans sa plénitude.

« Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant,
Vous trouvez votre gloire dans l’assemblée des Saints
et, en couronnant leurs mérites, vous couronnez vos propres dons.
En eux, vous avez voulu que nous trouvions une vie qui nous serve d’exemple,
une communion qui nous donne une famille, une prière qui nous soit un secours;
afin qu’environnés d’une telle nuée de témoins,
nous courrions sans défaillance au combat qui nous est proposé
et recevions avec eux la couronne impérissable de la gloire. »
(Préface des saints)

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 13 octobre 2019

Mois d’Octobre, Mois du Rosaire
La Toute Puissance de la Foi en l’Incarnation
et le Salut par la Croix

En ce jour où se rencontrent la salutation angélique, la salutation de l’Archange Gabriel à la Vierge Marie et la mémoire de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, nous avons un rendez-vous avec la foi en Dieu.

En priant le chapelet, nous posons un acte de foi en l’Incarnation et le Salut par la Croix. Jésus est notre Sauveur. Il est Dieu et homme. Il tient sa nature humaine d’une femme en son corps, la Vierge Marie. Les mérites infinis de son sacrifice par la mort de la Croix et sa victoire par la Résurrection sont notre salut. La Petite Thérèse a cru et prie encore pour la France et le monde. L’aide de Dieu, la grâce, est puissance divine à la rencontre de notre liberté. Ne lui faisons pas obstacle mais laissons-nous relever de nos péchés et de nos misères pour avoir les joies de l’humilité et le bonheur.

Au moment où l’Église ouvre un Synode du 6 au 27 octobre sur l’“Amazonie : Nouveaux chemins pour l’Église et pour l’écologie intégrale”, il nous faut adorer le Christ, et demander à Marie d’user de son influence sur le Sacré Coeur. La planète ou la terre n’est pas notre mère. Dieu est Notre Père, Jésus est son Fils et notre Frère aîné. Marie nous a été donnée comme Maman du Ciel.

Nous devons aider nos frères et soeurs de France et d’ailleurs en témoignant de la Vérité et de l’Amour de Dieu. L’insousciance des pays riches de l’Occident abuse de sa technique médicale et, après avoir singé la procréation naturelle et intime pour les couples homme et femme, ils veulent priver les enfants de père. Comme l’écrit l’archevêque de Paris, Mgr Michel AUPETIT, le 4 octobre dernier : « Un évêque de l’Église catholique se doit d’annoncer l’Évangile, de permettre à chacun de rencontrer Dieu et de proposer à tous d’entrer dans la Vie éternelle que le Christ a ouverte par sa résurrection. Justement, par son incarnation, le Christ, le Fils de Dieu, est venu transfigurer notre vision de l’homme en lui conférant une dignité indépassable et ceci quelle que soit son origine ethnique, sa situation sociale, son sexe, sa culture ou son âge. […] Le projet de loi bioéthique en discussion touche aux fondements les plus essentiels sur lesquels sont bâties nos sociétés humaines : la filiation, la non-marchandisation du corps humain, le respect de toute vie de sa conception jusqu’à sa mort naturelle, l’intérêt supérieur de l’enfant, une médecine philanthropique et non marchande, une écologie humaine où le corps n’est pas un instrument mais le lieu de l’édification de la personnalité.[…] On transmet la vie, elle ne nous appartient pas.

Il n’est pas possible d’instrumentaliser un enfant au prétexte de combler un désir individuel. Si la frustration entraîne une souffrance qu’il faut savoir accompagner, elle ne peut justifier en aucun cas une revendication parentale. »

Il ne suffira pas de manifester et de témoigner de la vérité, il faut dire : Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 6 octobre 2019

Qui est comme Dieu ?

Après le patronage de la Très Sainte Vierge Marie qui nous a honorés de sa présence spirituelle et de son enseignement dans la Liturgie pendant 2 dimanches de suite, voici que c’est au tour de l’Archange Saint Michel de venir nous visiter dans le cadre de la magnifique Messe et des merveilleux offices qui lui sont consacrés en ce dernier dimanche du mois de septembre. Dieu dispose tout pour le bien de ceux qui L’aime (Rm 8, 28), aussi ceux qui aiment Dieu ne peuvent voir dans cette disposition divine du calendrier liturgique que le signe, l’indication d’un message que l’Archange de Dieu, à la suite de la très sainte Vierge Marie, est chargé de nous transmettre en ce début d’année 2019-20.

Saint Michel-Archange est le Chef de la milice céleste : Dieu lui a confié la mission de diriger du haut du Ciel les grands combats qui, en ce monde livré par nos 1ers parents au prince du royaume des ténèbres lors de la chute originelle, opposent les forces des enfers aux enfants de Dieu. Est-ce en prévision d’importantes batailles à venir que Dieu veut attirer notre attention sur la dimension surnaturelle de certains enjeux décisifs et nous encourager à redoubler de dévotion envers le Prince de la Milice céleste ?

Dans sa stratégie d’attaque et de combat, l’Archange saint Michel a providentiellement disposé plusieurs lieux privilégiés qui lui sont tout spécialement dédiés. Et comme sur cette terre, nous avons besoin de signes pour reconnaître l’action de Dieu, il a placé ces sanctuaires sur une ligne droite parfaite qui, telle un trait de lance disposé pour terrasser le dragon dans le combat décisif de la fin des temps, part de Skelling Michael en Irlande et a sa pointe au monastère du Mont-Carmel en Israël, haut lieu du combat spirituel illustré au 9ème siècle avant JC par la présence du Prophète Elie qui passa au fil de l’épée les faux-prophètes de Baal.

A l’instar de la Très Sainte Vierge Marie, Patronne principale de notre nation, dont les plus importants lieux d’apparitions dans notre pays forment géographiquement un grand M reliant ces sanctuaires mariaux, Saint Michel, notre Patron secondaire, a voulu que son épée passe dans notre pays par le Mont-Saint-Michel qui constitue une place-forte privilégiée qui rappelle à la Fille ainée de l’Église que dans sa mission elle peut, et même, doit compter sur l’intercession et l’intervention très puissante de son Patron céleste.

C’est donc une chance et un bienfait de la Messe traditionnelle que d’avoir dans les prières léonines la récitation de l’oraison à saint Michel. Mais rien n’empêche, comme l’y incitait le Pape Jean-Paul II, de les réciter également, en action de grâce, dans la forme ordinaire du rite romain de la sainte Messe afin d’en tirer un profit équivalent.

« Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat,
contre la malice et les embûches du démon.
Que Dieu lui fasse sentir Son empire, nous vous en supplions
et vous, Prince de la milice céleste, repoussez en enfer par la force divine
Satan et les autres esprits mauvais, qui œuvrent dans le monde à la perte des âmes. Amen. »

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 29 septembre 2019

Les fils de ce monde sont plus habiles que les Fils de la Lumière

La nouvelle loi bioéthique sera examinée à partir du lundi 23 septembre par les députés. Ainsi, la loi du 29 juillet 1994 sur le corps humain, le don et l’utilisation des éléments et produits du corps humain, va subir sa troisième révision légale. La première loi avait établi le principe de la non-patrimonialité du corps humain qui ne peut être réduit à une chose pouvant faire l’objet d’un contrat. Ce qui sera démenti par l’adoption future de la gestation pour autrui, GPA, où une femme est payée, « défrayée », pour porter et vendre l’enfant comme dans de nombreux États des USA (80 000 à 180 000 euros), dans huit pays européens (70 000 à 85 000 euros), la Russie, la Géorgie et l’Ukraine (50 000 à 80 000 euros), le Canada (60 000 à 100 000 euros) sauf le Québec, le Brésil, l’Inde (20 000 à 30 000 euros), Israël. Chaque pays impose ses prix pour la FIV (fécondation en tube de verre dite in vitro) et le transfert embryonnaire.

Et Dieu dans tout cela ? Son divin Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ, a-t-il évoqué ces techniques de procréation médicalement assistée ? Oui, par les successeurs de Pierre et leur enseignement venant éclairer la loi naturelle par l’assistance du Saint-Esprit. Ainsi, ce n’est pas seulement une question d’argent mais une réalité humaine et familiale. Tout en étant compréhensif pour les couples mariés éprouvés par l’infertilité, c’est une faiblesse et un péché de vouloir un enfant sans l’acte conjugal naturel intime de l’homme et de la femme. L’intervention d’un médecin est immorale.C’est la raison fondamentale qui n’ouvre que la solution de l’adoption.

Si l’on n’écoute pas Dieu, on va user des lois naturelles biologiques pour former des petites vies en éprouvette, les exposer volontairement à la mort, éliminer les embryons survivants surnuméraires. Cela pour la PMA même dans un couple marié, homme et femme. Avec la GPA, l’origine paternelle ou maternelle est nécessairement blessée.

Alors, en effet, les fils de ce monde sont plus habiles que les Fils de la Lumière : pour les désirs excessifs, les frustrations, les insatisfactions et les profits de ceux qui les exploitent.

Prions donc la Très Sainte Vierge Marie qui nous étonne avec le miracle de sa maternité virginale pour manifester la venue du Verbe, de la Parole éternelle du Père dans notre chair. Il n’y a pas eu d’embryons maltraités ou tués mais une vie directe, une source d’espérance : une mère, un père adoptif merveilleux en Joseph. L’hymne à la Vérité et à la Vie. Manifestons notre foi, notre espérance et notre véritable charité pour tous !

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 22 septembre 2019

Sous le regard de Marie

Voici une nouvelle année qui commence pour notre chère paroisse avec ce que cette rentrée 2019 nous apporte de nouveautés dans la continuité. C’est là une caractéristique fondamentale de tout organisme vivant en bonne santé qui se développe et s’épanouit harmonieusement pour le bien commun de tous ses membres.

Saint Eugène reste saint Eugène, Dieu merci avec toutes ses particularités qui constituent ses richesses et qui font de notre paroisse un pôle de rayonnement spirituel extraordinaire et unique en son genre dans le diocèse.

Et puis il y a plusieurs nouveautés. Parmi celles que la Providence divine a disposées pour notre paroisse, il vous a été annoncé il y a quelques mois ma nomination de vicaire à Saint-Eugène par Mgr Benoît de Sinéty, notre Vicaire général. C’est mon 1er ministère en paroisse qui permet de faire mes 1ers pas de vicaire. Je compte donc sur votre indulgence pour cette année qui sera comme un temps de noviciat. Mais je suis confiant car mes 1es contacts avec vous m’ont montré votre bienveillance.

J’ai déjà eu l’occasion de vous faire part de ma joie de venir parmi vous et de me mettre à votre service sous la direction de notre Curé, M. l’Abbé Guelfucci. Mon désir est de me fondre dans ce que Saint-Eugène a d’essentiel et qui forme sa magnifique tradition vivante que je découvre progressivement et qui font déjà ma joie de vicaire. Bien sûr, j’essaierai d’y apporter l’originalité des dons reçus de Dieu et de l’expérience acquise au cours de mes années de vie religieuse et d’aumônier d’hôpital. La biographie qui a été insérée dans la feuille paroissiale de la semaine dernière vous a donné une idée de mon parcours original. En particulier pour l’ensemble de la paroisse, je vous propose pour cette année un cours sur la Sainte Messe intitulé « l’esprit de la Liturgie comme source et vie de la prière authentique de l’Eglise » qui exposera des éléments d’une théologie fondamentale de la Liturgie (l’objet et le contenu de ce cours sont exposés dans un tract disponible à la sortie de l’église et vont être mis en ligne sur le site de la paroisse).

Visiblement, la Providence divine a voulu que nous inaugurions cette nouvelle année sous le regard maternel de la Vierge Marie : après le dimanche de rentrée placé sous le patronage de sa Nativité et avant de nous retrouver pour le pèlerinage à Notre Dame de Chartres, la sainte Vierge continue à nous accompagner avec l’émouvante liturgie de la fête de Notre Dame des sept douleurs que nous célébrons ce dimanche. Dieu a voulu que la Très Sainte Vierge Marie fût intimement associée à son Fils jusque dans sa Passion afin que, nous enfantant au pied de la Croix dans les douleurs à la Vie surnaturelle, elle devienne vraiment, dans cette communion parfaite au Crucifié, notre Mère selon l’ordre de la grâce : « Femme, voici votre fils ».

Je vous souhaite une bonne et sainte semaine sous son regard maternel.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche  15  septembre  2019

Une année de grâces par la Vierge Marie
avec sainte Geneviève

Quel beau dimanche pour commencer une nouvelle année sur le rythme de la société civile même si l’année liturgique de la foi l’emporte toujours. En effet, l’année de la prière commence par le premier dimanche de l’Avent qui nous prépare à la Nativité, l’Incarnation du Verbe éternel, de la Parole éternelle du Père, l’Enfant Jésus, le Christ Sauveur. Mais cette nuit de Noël du 25 décembre, 9 mois après le 25 mars, a été préparée par l’Immaculée Conception, le 8 décembre, qui nous donne le 8 septembre, 9 mois plus tard, la Nativité de la Vierge Marie, née de Joachim et d’Anne.

En fêtant la naissance de la Servante du Seigneur, nous fêtons toutes les prévenances et délicatesses de Dieu qui prépare ses interventions dans la vie personnelle et celle de nos nations. De notre prière du matin à notre réveil à notre prière du soir au coucher, souvenons-nous de cette présence. La nouvelle Ève participe à cette œuvre de la Rédemption du nouvel Adam qui se donne en nourriture par les Noces de l’Agneau de Dieu, de la Crucifixion à la Résurrection, mystère eucharistique. Le plan de Dieu passe par la Femme et la Mère afin de restaurer la nature humaine par le Fils. Le Christ est la tête du Corps mystique de toutes les âmes, Marie en est le cou comme le disait Saint Bernard. Son collier est sa fidélité à toutes les grâces. Sa couronne sera la participation à la victoire du Roi des rois.

Marie, reine de France dans son Assomption, est médiatrice de toutes grâces pour le Monde, la France, Chartres, Paris et notre paroisse. Elle a donc participé à la venue de l’abbé Gabriel Grodziski. Que Sainte Geneviève, dont nous fêterons les 1600 ans de sa naissance, que saint Denis, saint Eugène et sainte Cécile intercèdent pour nous !

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 8 septembre 2019

Réellement présent

A Akita, au Japon, le vendredi 6 Juillet 1973, c’était déjà la nuit profonde quand, vers trois heures du matin…Soeur Agnès était en train de prier. C’est alors qu’elle a entendu une voix : « Ne crains pas. Ne prie pas seulement à cause de tes péchés, mais en réparation de ceux de tous les hommes. Le monde actuel blesse le Très Saint Cœur de Notre-Seigneur par ses ingratitudes et ses injures. La blessure de Marie est beaucoup plus profonde et douloureuse que la tienne. Allons prier ensemble à la chapelle. »

Son ange gardien l’y conduisit puis disparut. Se trouvant devant la statue de la Vierge, elle sentit que le bois prenait vie, baigné d’une lumière éblouissante. Une voix d’une beauté indescriptible a frappé ses oreilles totalement sourdes: «  Ma fille, ma novice, tu m’as bien obéi en abandonnant tout pour me suivre. L’infirmité de tes oreilles est-elle pénible ? Elles guériront, sois-en sûre. Sois patiente. C’est la dernière épreuve. La blessure de la main te fait-elle mal ? Prie en réparation des péchés de l’humanité. Chaque personne de cette communauté est ma fille irremplaçable. Dis-tu bien la Prière des Servantes de l’Eucharistie ? Allons, prions ensemble. »

Alors qu’Elle commençait la prière, l’ange qui m’avait conduit à la chapelle réapparut à côté de moi et se joignit à nos voix. 

Toujours prosternée et l’esprit vide de toute autre pensée, je venais d’entamer la phrase « Jésus présent dans l’Eucharistie » quand la voix m’interrompit: « réellement présent », et comme pour mieux l’imprégner dans mon esprit troublé, la voix compléta: « Dorénavant, tu ajouteras réellement », dit-elle en insistant sur le mot réellement. »

 » Ô Jésus qui êtes réellement présent dans l’Eucharistie, je joins mon cœur à Votre Cœur adorable immolé en perpétuel sacrifice sur tous les autels du monde, dans la louange du Père, implorant la venue de votre Règne, et je vous fait l’oblation totale de mon corps et de mon âme. Daignez agréer cette humble offrande comme il vous plaira, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Sainte Mère du Ciel, ne permettez pas que je sois jamais séparée de votre Divin Fils et gardez-moi toujours comme votre propriété. Amen. « 

En cette Fête-Dieu du Saint Corps et du Très précieux sang de Notre Sauveur Jésus, prions pour les intentions du Souverain Pontife :

la mission de l’Eglise catholique d’enseigner la foi en l’Incarnation, la Crucifixtion et la Résurrection de Jésus, Fils de Dieu, le baptême offert à tous, la fin des hérésies, la conversion des pécheurs, la paix des peuples au nom du Christ Sauveur.

Chanoine Marc Guelfucci, curé

« Je te signe du signe de la croix
et je te confirme du chrisme du salut »

Une quarantaine de jeunes et d’adultes reçoivent aujourd’hui, solennité de la Sainte Trinité, le sacrement de la confirmation des mains de Mgr de Germiny, évêque émérite de Blois, déjà familier de cette célébration annuelle à S. Eugène.

La confirmation est un « sacrement vrai et spécifique » (concile de Trente, 1547), distinct du baptême et cependant intimement lié à lui. La pratique orientale manifeste leur liaison : il est aussitôt administré par le prêtre au néophyte ; la pratique occidentale manifeste le lien de la confirmation à l’évêque : elle est ordinairement conférée par celui qui signifie l’unité de l’Église, l’évêque. Il faut tenir les deux vérités à la fois, en évitant aussi bien la séparation que la confusion des sacrements.

En 1204 Innocent III déclarait : « Par la confirmation le Saint-Esprit est donné pour la croissance et pour la force ». Pour S. Thomas d’Aquin, la confirmation est le sacrement du combat parce qu’elle est celui de l’âge adulte dans la vie spirituelle. La confirmation est au baptême ce que la croissance est à la naissance : développement et maturation, tant au plan spirituel que moral.

Le concile de Florence (1439) affirme que « le confirmand reçoit une onction sur le front, où la honte se manifeste, pour ne pas rougir de confirmer le nom du Christ et surtout sa croix. C’est pourquoi on le marque aussi du signe de la croix ». S. Charles Borromée, dans le Catéchisme Romain (1566), écrit : « La confirmation a d’abord ceci de particulier qu’elle perfectionne la grâce du baptême. Ceux qui sont devenus chrétiens par le baptême demeurent encore faibles et sans énergie, comme des enfants nouvellement nés, mais ensuite le sacrement du saint chrême les rend forts pour résister aux attaques de la chair, du monde et du démon ; il fortifie la foi dans leurs cœurs pour qu’ils puissent confesser et glorifier le Nom de notre Seigneur Jésus Christ ».

Comme le dit enfin le Catéchisme de l’Église catholique, « Par le sacrement de la confirmation, le lien des baptisés avec l’Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et par l’action, en vrais témoins du Christ » (CEC 1285). Répandre et défendre la foi : de manière offensive, c’est la mission ; de manière défensive, c’est l’apologie. Par la parole et par l’action : c’est-à-dire par le discours, qui sollicite l’intelligence ; par l’agir, qui sollicite la volonté. Et en vrais témoins du Christ, c’est-à-dire en imitant la charité du Christ, lui rendant témoignage comme lui-même a rendu témoignage au Père. Comme le dit S. Pierre, et comme s’en souviennent tous les scouts, qui en portent l’inscription gravée sur leur ceinturon : « Soyez toujours prêts – semper parati – à rendre compte de l’espérance qui est en vous » (1 P 3, 15).

A cela s’ajoute la doctrine des sept dons du Saint Esprit : la confirmation perfectionne les vertus infusées par le baptême (les trois théologales) et les vertus surnaturalisées par lui (les quatre cardinales). Les dons du Saint-Esprit sont ainsi des « dispositions permanentes qui rendent l’homme docile à suivre les impulsions du Saint Esprit » (CEC 1830). Ils permettent de percevoir d’instinct ce que Dieu veut et d’accomplir sa volonté avec aisance.

Abbé Eric Iborra
Dimanche  16  juin  2019

L’Esprit Saint, âme de l’Église

Si l’Église est notre mère, si cette même Église a pour Mère celle qui fut comblée de la grâce du Saint-Esprit, elle qui conçut la Tête du Corps au jour de l’Annonciation et qui enfanta ses membres lorsque ce même Esprit descendit sur les Apôtres, futures colonnes de l’Église, réunis en prière autour d’elle au 50e jour de Pâques, c’est que l’Esprit Saint est en quelque sorte l’âme de ce grand Corps dont la stature domine les siècles et qui traverse l’histoire en pèlerin vers la Jérusalem céleste où le Christ ressuscité, sa Tête, est déjà parvenu en vainqueur. L’Esprit Saint est l’âme de l’Église, c’est lui qui la vivifie de l’intérieur et la conduit comme l’écrivait S. Jean-Paul II dans son encyclique Dominum et vivificantem. Voici un extrait de la Conclusion :

« L’Esprit Saint, dans son lien mystérieux de divine communion avec le Rédempteur de l’homme, est celui qui assure la continuité de son œuvre : il reçoit ce qui est du Christ et le transmet à tous, il entre sans cesse dans l’histoire du monde en venant dans le cœur de l’homme. Il devient là, comme le proclame la Séquence liturgique de la solennité de la Pentecôte, le véritable père des pauvres, dispensateur des dons, lumière de nos cœurs ; il y devient l’hôte très doux de nos âmes que l’Église salue sans cesse au seuil de l’intériorité de tout homme. Il apporte, en effet, repos et réconfort au milieu des fatigues, du travail des bras et du travail de l’esprit humain ; il apporte repos et soulagement au milieu de la chaleur du jour, au milieu des préoccupations, des luttes et des dangers de toute époque ; il apporte enfin la consolation, lorsque le cœur humain pleure et connaît la tentation du désespoir.

C’est le sens de la Séquence qui proclame : Sans ta puissance divine il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti. Seul l’Esprit Saint, en effet, met en lumière le péché, le mal, dans le but de rétablir le bien dans l’homme et dans le monde humain, pour renouveler la face de la terre. C’est pourquoi il purifie tout ce qui souille l’homme, ce qui est sordide ; il soigne les blessures, même les plus profondes de l’existence humaine ; il change l’aridité intérieure des âmes et les transforme en champs fertiles de grâce et de sainteté. Ce qui est rigide, il l’assouplit, ce qui est froid, il le réchauffe, ce qui est faussé, il le rend droit sur les chemins du salut.

En priant ainsi, sans cesse l’Église professe sa foi : il y a dans notre monde créé un Esprit qui est un Don incréé. C’est l’Esprit du Père et du Fils: comme le Père et le Fils, il est incréé, immense, éternel, tout-puissant, Dieu, Seigneur. L’Esprit de Dieu remplit l’univers, et tout ce qui est créé reconnaît en lui la source de sa propre identité, découvre en lui son expression transcendante, se tourne vers lui et l’attend, l’invoque de tout son être. Vers lui, Paraclet, Esprit de vérité et d’amour, se tourne l’homme qui vit de vérité et d’amour, et qui, sans la source de la vérité et de l’amour, ne peut pas vivre. Vers lui se tourne l’Église, qui est au cœur de l’humanité, afin d’implorer pour tous et de dispenser à tous les dons de l’Amour qui, par lui, a été répandu dans nos cœurs. Vers lui se tourne l’Église sur les chemins escarpés du pèlerinage de l’homme sur la terre ; et elle demande, elle demande sans se lasser, la rectitude des actes humains, car elle est son œuvre ; elle demande la joie et la consolation que lui seul, le vrai Consolateur, peut apporter en descendant au plus profond des cœurs humains ; elle demande la grâce des vertus qui méritent la gloire céleste ; elle demande, par la communication plénière de la vie divine, le salut éternel auquel le Père a éternellement prédestiné les hommes, créés par amour à l’image et à la ressemblance de la très Sainte Trinité ».

Que ces jours de la Pentecôte nous habituent à la présence du Saint-Esprit en nous et dans l’Église. Que nous sachions nous mettre docilement à son école, comme les pèlerins de Chartres qui offrent leurs souffrances pour la diffusion du règne du Christ dans les cœurs et en particulier dans ceux de la cinquantaine de jeunes qui recevront dimanche prochain une nouvelle effusion de l’Esprit par le sacrement de la confirmation…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 9 juin 2019

La puissante neuvaine de la Pentecôte

Dieu le Père nous donne sa Parole éternelle, son Verbe qui se fait chair et assume notre nature humaine. Après l’accomplissement de sa mission en naissant de la Vierge Marie et en offrant sa vie innocente, il promet d’envoyer l’Esprit Saint. Cet Amour éternel agit dans la Création, dans la sanctification, pour la Vérité et le Salut éternel.

Il nous faut mieux connaître l’Esprit Saint car la Sainte Trinité n’est pas trois dieux mais l’Unité, l’Éternité de trois liens personnels. Notre-Seigneur Jésus-Christ répondait à Philippe : « Qui me voit, voit le Père » (Jean ch 14, 9). De même, l’Esprit Saint Avocat, Paraclet, Consolateur, est l’Amour du Père, l’Amour du Fils. Si nous croyons que Jésus est la Bonté même, nous devrions croire en son Amour, parler à son Amour, prier son Amour.

La dévotion au Sacré-Cœur est une dévotion à un amour compatissant et miséricordieux de Jésus Dieu et Homme. Mais cet organe humain qu’est le cœur, siège des émotions humaines par ses réactions aux élans de notre âme, c’est l’Esprit Saint qui l’a tissé en Marie. La bonté féminine et maternelle de Marie qui a entouré l’Enfant-Jésus est aussi le fruit de la puissance de l’Esprit Saint.

Alors, nous devrions parler aussi directement à l’Esprit Saint, le prier directement comme nous prions le Père qui engendre le Fils, miroir de son être, de sa substance.

Et la plus belle neuvaine, de l’Ascension à la Pentecôte est le Veni Sancte Spiritus :

Venez, Esprit-Saint, et envoyez du haut du ciel un rayon de votre lumière. Venez en nous, Père des pauvres, Venez, dispensateur des dons, Venez, lumière de nos cœurs. Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur. Dans le labeur, le repos, dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort. O Lumière bienheureuse, Venez remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous vos fidèles. Sans votre puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti. Lavez ce qui est souillé, baignez ce qui est aride, guérissez ce qui est blessé. Assouplissez ce qui est raide, réchauffez ce qui est froid, rendez droit ce qui est faussé. A tous ceux qui ont la foi et qui en Vous se confient donnez vos sept dons sacrés. Donnez mérite et vertu, donnez le salut final, donnez la joie éternelle !

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 2 juin 2019

« Aujourd’hui, notre Seigneur Jésus-Christ monte au ciel ; que notre coeur y monte avec lui » (Saint Augustin)

Pendant quarante jours, le Seigneur ressuscité s’est montré vivant à ses disciples pour enraciner en eux la foi et planter son Église sur la terre. Au jour de l’Ascension, il quitte les siens sous sa forme corporelle, il reste avec eux sous sa forme sacramentelle et donc ecclésiale. Le cierge pascal est désormais éteint : le Seigneur disparu dans les nuées n’est plus à rechercher jusqu’à la consommation des siècles ailleurs que dans son Église. Composée au 10e siècle, l’hymne Optatus votis omnium chante ainsi le mystère de l’Ascension (traduction de l’hymnaire de Solesmes) :

Nous l’appelions de tous nos vœux , ce jour rayonnant de lumière, où le Christ, espoir du monde, s’élève jusqu’au sommet des cieux.

Comme trophée du grand combat où il terrassa le prince de ce monde, il présente aux regards du Père la gloire de son corps victorieux.

Porté par la nuée lumineuse il devient l’espoir des croyants ; il ouvre enfin le paradis fermé par nos premiers parents.

Quelle immense joie pour tous : le Fils que la Vierge enfanta , après les crachats, les fouets, la croix, monte s’asseoir auprès du Père.

Louange donc et gratitude au vainqueur qui nous sauve tous ; notre corps fut porté bien haut jusqu’au palais du roi du ciel.

Avec les habitants des cieux, exultons d’une même joie : il va se montrer à eux, il ne s’éloigne pourtant pas de nous.

Maintenant, Christ, en montant au ciel, élève jusqu’à toi notre cœur, et envoie-nous d’en-haut l’Esprit qui précède du Père et de toi. Amen.

Cet Esprit dont nos confirmands de cette année recevront bientôt une nouvelle actuation dans deux semaines, le 16 juin, des mains de Mgr de Germiny. Au terme du Temps pascal, soumettons-nous à l’emprise de l’Esprit qui nous mènera là où le Père veut nous mener, sur la route sûre (et parfois sinueuse) que trace pour nous le Fils bien-aimé…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 26 mai 2019

Victoire et Gloire des chrétiens

Les 40 jours qui nous conduisent de la Résurrection à l’Ascension laissent un temps de recul nécessaire à la Vierge Marie, aux saintes femmes, aux apôtres et aux disciples. Après un évènement violent ou durant une longue attente, le temps s’allonge. Cela permet de continuer à vivre et de réfléchir. Ce temps est celui de la patience, de la purification avant le dénouement, l’accomplissement, une révélation, une élévation spirituelle par une nouvelle étape vers la récompense et la gloire. Et la gloire pour l’homme, c’est partager la Vie divine dans la Lumière de Gloire.

Le déluge de Noé dura 40 jours (Gn 7,4). Élie marcha 40 jours et 40 nuits avant d’atteindre le mont Horeb. Il jeûna pendant 40 jours avant de commencer son ministère public et il resta 40 jours sur le mont Carmel. (1 R 19,8). Moïse demeura 40 jours et 40 nuits au sommet du mont Sinaï avant de recevoir les tables de la Loi (Ex 24,18). Les Hébreux ont erré 40 ans dans le désert (Nb 32,13). Les 40 jours de jeûne de Jésus dans le désert nous ont portés durant le Carême (Mt 4,2).

Que faisons-nous de notre temps ? Entre la paresse, la procrastination et l’activisme, l’homme se disperse et tue le temps. Or nous devons nous aimer les uns les autres. Nous avons tout juste le temps d’obéir à ce commandement que déjà les 40 jours, les 40 ans sont écoulés. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur cet amour exigeant mêlé de justice et de miséricorde. Nous avons fait le bien et défendu la vérité ; nous avons éduqué dans la douceur et nous avons puni pour corriger et sauver ; nous avons pardonné mais pas assez de fois, 77 fois 7 fois. Nous avons commis des péchés ; nous avons reconnu nos torts, nous avons demandé pardon, nous nous sommes relevés, nous avons espéré. La vie humaine, en famille, en société, est salut individuel et collectif. La communion des saints porte le temps et le transforme en grâces à la suite du Crucifié. Le Premier né d’entre les morts, le Ressuscité a couronné le temps de sa victoire. La patience de la Vierge Marie a été couronnée de gloire.

Dans l’attente de la Pentecôte, le cinquantième jour après Pâques, après la Grande Neuvaine à l’Esprit Saint après l’Ascension, demandons à la Vierge Marie sa force et sa patience. Demandons-lui d’user de son influence sur le Cœur Sacré de son divin Fils. Le temps passe, le temps lasse alors que Notre-Dame peut transformer nos sacrifices, nos offrandes de joies et de peines, nos chapelets pour faire pression sur la Miséricorde de Dieu, avec tous les saints et saintes du Ciel. Quel dommage de ne pas en profiter. Soyons persévérants, ne désespérons pas. Si nous avons la foi, nous pourrons sauver Vincent Lambert. Il est le symbole du duel entre la vie et la mort. Comme le dirent les trois Enfants hébreux face à la fournaise : « Notre Dieu, que nous servons, … nous délivrera de la fournaise de feu ardent et de ta main, ô roi. Et même s’il ne le fait pas, sois-en bien sûr, ô roi : nous ne servirons pas tes dieux, nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as érigée (Daniel 3, 17-18). »

La Victoire finale appartient toujours au Christ.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 19 mai 2019

Jeanne d’Arc et la Chrétienté

Dans le transept gauche de la cathédrale catholique de Westminster, à Londres, on trouve un étonnant monument à la gloire de S. Jeanne d’Arc. Signe que la mission de Jeanne ne saurait se réduire à une entreprise de libération purement nationale, où le spirituel serait soumis au temporel. S’il y a eu une intention politique – en faisant sacrer le Dauphin Charles, on signifiait aux Lancastre qu’il n’avaient aucun droit à régenter la France –, cette intention politique relevait d’une mission au sens le plus élevé du terme, à cette altitude où le politique se fait l’instrument d’un dessein spirituel, universel comme l’est le catholicisme.

« Tel est le sens du patriotisme de Jeanne d’Arc, écrit l’historien Daniel-Rops. C’est en Dieu qu’elle aimait la France, comme les saints ont aimé en Dieu les pauvres et les pécheurs, et, précisément, elle l’aimait parce qu’elle la voyait misérable, déchirée, pécheresse, elle l’aimait d’un amour de rédemption. Il n’y avait, dans cet amour, rien d’orgueilleux ni d’agressif ; elle n’a jamais parlé d’aller conquérir l’Angleterre, ni d’imposer à quiconque sa domination. Elle n’a jamais non plus pensé qu’en faisant ce qu’elle faisait, elle couvrait de gloire sa patrie et que ses prouesses lui donneraient des droits à commander aux autres. Tout ce qu’elle réclamait pour son pays, pour son roi, comme pour elle-même, c’était une vie simple et humble, où il serait rendu à chacun selon son droit. Elle se battait pour faire régner la justice de Dieu et pour nulle autre cause : ‘Dieu hait-il donc les Anglais ?’ lui demandera-t-on pour lui tendre un piège. Nullement. Il les aime autant que tout autre peuple, mais chez eux, selon l’équité, et non pas quand ils attentent aux libertés des autres. Ce n’était pas tant les Anglais que Jeanne combattait que l’injustice.

Ainsi, par-delà le but immédiat qu’elle visait, la libération de la France et la restauration du royaume en sa dignité, il y en avait un autre plus essentiel. A plusieurs reprises, elle l’a désigné. Quand, par exemple, elle écrivait aux Anglais de Bedford sa fameuse lettre du mardi saint 1429 pour les inviter à quitter la France avant d’en être boutés hors, ou quand elle s’adressait au duc de Bourgogne le 17 juillet de la même année, ou encore – ce qui est plus étonnant – quand elle tançait dans une véhémente épître les hussites de Bohême, parce qu’elle avait entendu dire que leur guerre impie, née d’un sentiment patriotique exacerbé, déchirait l’Église. En toutes circonstances, sa conclusion était la même : il faut mettre fin aux luttes entre baptisés ; il faut unir toutes les forces chrétiennes en un seul faisceau pour servir le Christ ; il faut que tous travaillent d’un même cœur à la même entreprise. Laquelle ? A cette unité reconstituée, Jeanne proposait comme but formel la croisade, en quoi elle demeurait de son temps. Mais à travers le rêve du ‘grand passage’, ce qu’elle concevait, c’était en réalité un nouvel ordre de la chrétienté, où chaque nation aurait sa mission propre à accomplir, mais où toutes seraient associées en une intention supérieure, celle dont tout chrétien formule quotidiennement le souhait : l’avènement du règne de Dieu ».

Clairvoyance de Jeanne, nostalgique de la Chrétienté comme projet politique pour l’Europe, qui anticipait celle qu’auraient ces Papes qui, au lendemain du Grand Schisme d’Occident, s’efforceraient, mais trop tard et en vain, de fédérer les princes chrétiens face à la menace turque : 22 ans plus tard Constantinople tombait et la domination ottomane s’imposait pour des siècles dans les Balkans et en Asie Mineure tandis que le schisme d’Orient, lui, achevait de se durcir. Jeanne voyait plus grand et plus haut que les hommes de son temps…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 12 mai 2019

Pasteur et Agneau.

En ressuscitant, Jésus nous donne le miracle le plus important de l’histoire humaine. Les hommes sont frappés de leur faiblesse finale, accident, maladie, vieillesse. Leurs chefs ont vainement demandé à être considérés comme des dieux pour tenter d’étendre leur vie et leur pouvoir. Seul le Christ réalise ce désir d’immortalité. En vérité, il le réalise pour tous par sa puissance unie à l’humilité et à la faiblesse.

Les hommes, les femmes et les enfants veulent vivre. Les agneaux veulent être protégés. Mais voici que le Pasteur est aussi l’Agneau. Les hommes n’y avaient pensé.

Pourtant il n’est pas déraisonnable mais surnaturel que Dieu s’abaisse pour s’unir à notre nature blessée par le péché et par la mort. Seul Dieu pouvait nous donner le pouvoir de réparer l’orgueil, seul un homme devait le mériter pour ses frères et sœurs.

Ainsi Jésus est à la fois Pasteur et Agneau. Aux Colossiens, Saint Paul révèle que Jésus est «la tête du corps, la tête de l’Église : c’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel.»

Jésus a voulu rendre présent son sacrifice à toutes les générations. Ses prêtres réalisent cette présence eucharistique et sacramentelle.  Le prêtre catholique donne sa personne au Christ pour agir et parler en son nom. Il est donc aussi pasteur et victime. Il devrait être un saint et il est bien dommage qu’il ne le soit pas toujours. Quand il est converti, il doit confirmer ses frères comme tout évêque mais particulièrement le Pape qui est assisté par l’infaillibilité de Pierre, le Vicaire du Christ. La mission pontificale est inscrite dans le catéchisme universel, l’enseignement, le magistère qui nous confortent dans la Vérité de l’Incarnation, la Crucifixion, la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte. Le Pape est vicaire du Bon Pasteur et Agneau victime.

En ce mois de mai, le mois le plus beau car consacré à la Très Sainte Vierge Marie, c’est l’Immaculée Conception qui protège cette transmission de la foi. Elle est médiatrice de la grâce. Marie est le canal, elle est le cou du Corps mystique de son Fils Tête, Pasteur et Agneau. Ce cou porte le collier précieux du chapelet des mystères de son Fils. Que par la prière de ces mystères,  Marie nous mène à son Fils pour que nous vivions et ressuscitions déjà avec Lui dans la communion pascale à la Sainte Hostie.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 5 mai 2019

Après l’épreuve, l’espérance divine.

Le dimanche qui clôt l’octave de Pâques est riche de sens. Tout d’abord il achève cet arrêt sur image qu’est l’octave, cette prolongation sur 8 jours de la joie du matin de Pâques, pivot de l’histoire du salut, fondation de la foi, espérance de la gloire à venir, manifestation de la charité divine, le Père relevant le Fils par la puissance du Saint-Esprit, cette dextera Domini si bien chantée par la liturgie.

C’est encore le dimanche in albis deponendis : les catéchumènes, devenus néophytes (petites pousses) déposent aujourd’hui le vêtement blanc qu’ils ont revêtu la nuit de Pâques et prennent place dans la communauté des vieux baptisés. Cela ne nous empêchera pas de veiller sur eux, qui se préparent désormais à recevoir la confirmation.

Enfin, depuis Jean-Paul II, c’est le dimanche de la Miséricorde divine. Si l’évangile met en valeur l’acte de foi, à travers l’histoire de l’apôtre Thomas, c’est la miséricorde du Père et du Fils qu’a voulu souligner le pape polonais.

Nous avons eu peut-être un signe éclatant de cette miséricorde dans la nuit du lundi saint où finalement la structure de la cathédrale a été épargnée par les flammes. On a souligné, au lendemain de la catastrophe, l’émotion qui semblait avoir gagné tous les milieux. Des donations généreuses, appuyées par l’argent public, vont contribuer à réparer l’édifice endommagé. Et déjà les polémiques – celles dont la France a hélas le secret – se font jour. Il y a ceux qui se réjouissent de voir disparaître ces signes ostensibles du christianisme que sont nos églises et qui critiquent l’afflux des dons ; il y a ceux qui voudraient reconstruire en signant des marques du nihilisme de leur époque le vieil édifice sacré ; il y a ceux enfin qui s’offusquent de voir cet argent aller aux pierres plutôt qu’aux hommes.

Ces derniers ne sont pas sans rappeler Judas, critiquant le geste gratuit de Marie de Béthanie, répandant un nard précieux sur les pieds de Jésus en vue de sa sépulture (Jn 12, 1-8). Il y a des gestes gratuits – comme l’édification d’une cathédrale – qui auront toujours valeur de symbole et qui servent plus profondément les hommes que n’importe quele nourriture : ils fondent l’identité propre d’un peuple, préservent sa cohésion religieuse et culturelle, ils lui rappellent qu’ici-bas, nous ne sommes que des étrangers et des voyageurs. J’ajouterais que dans l’histoire ce que les riches ont financé – œuvres d’art, châteaux, palais, églises surtout – est devenu le bien commun de tous… Combien de centaines de millions de gens ont profité de la munificence des rois qui ont édifié Notre-Dame ou Versailles ! N’oublions pas la beauté : c’est un fondement de notre civilisation européenne !

Pour terminer, je reprends la mise en garde de Monsieur le Chanoine Guelfucci dimanche dernier : si vous voulez contribuer à la reconstruction de la cathédrale, privilégiez les circuits ecclésiaux, celui du diocèse en particulier. Le plus simple est de donner au Denier. S. Eugène n’oubliera pas Notre-Dame quand il s’agira de dépenser à bon escient !

Abbé Eric Iborra
Dimanche 28 avril 2019

Alleluia
En trois jours il a relevé le Temple de son corps

En cette fête des fêtes, en cette solennité des solennités, Jésus-Christ Notre-Seigneur a accompli sa promesse : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » Il a vaincu le péché et la mort. Notre joie doit être parfaite car fondée sur la Foi et l’Espérance.
Le Temple de Jérusalem avait été construit selon le désir du Roi David par son fils Salomon. Il donnait une habitation de pierre à la présence divine manifestée par l’Arche d’Alliance, réceptacle des preuves des miracles du Seigneur pour son peuple tiré de l’esclavage de l’Égypte par le sacrifice du petit agneau pascal d’un an, sans tâche.
Cet agneau et le temple étaient une figure, une annonce, une prophétie du véritable Agneau de Dieu. Dieu veut habiter des cœurs doux et humbles, pas des cœurs de pierre mais des cœurs de chair (Éz. 36). Le prophète Jérémie avait averti : « Quoi ! Voler, tuer, commettre l’adultère, suivre des dieux étrangers, puis – comme si de rien n’était – venir se présenter devant moi et dire: ‘ Nous voilà en sûreté ! ‘ À vos yeux, est-ce un repaire de brigands, ce Temple qui porte mon nom ? » (Jr. 7). Il ne suffit pas de vociférer «Temple du Seigneur, temple du Seigneur, temple du Seigneur», encore faut-il vivre d’une manière qui corresponde à la sainteté de la Présence divine en ce Lieu : « Ce n’est pas en me disant: ‘Seigneur, Seigneur’, qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père » (Mt, 7, 21), « La pierre que les bâtisseurs avaient rejetée, est devenue la pierre d’angle » (Ps 118, 22).
Au Calvaire, sur la Croix, le Temple du Corps de Jésus semble anéanti. Ressuscité, le Temple véritable, le lieu sacré, c’est Jésus en personne, lui qui l’annonçait à la Samaritaine : « Ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem » que les véritables adorateurs adoreront le Père (Jn 4, 21). Aujourd’hui, la sainte humanité du Sauveur Jésus est le temple de cette Présence même, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Présence substantielle dans la Sainte Hostie du Verbe qui s’est fait chair, en qui habite corporellement toute la plénitude de la divinité (Col 2, 9).
Ainsi, une église, une cathédrale, c’est Jésus-Christ Notre-Sauveur, mort et ressuscité, qui rassemble les membres de son Corps et enseigne de son siège royal, de sa cathèdre. En effet, ce mot de cathèdre vient du grec ἕδρα, hédra, « siège », du verbe ἕζομαι, hézomai, « asseoir ». En sa cathédrale, l’évêque enseigne et offre le Saint Sacrifice de la victoire sur le péché et la mort. Jésus est assis à la droite du trône de la majesté divine de son Père et nous parle : « C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie, » (Jn 6, 63) et « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure » (Jn 14, 23).
Ô Notre-Dame, vous qui étiez debout au pied de la Croix et qui vous êtes réjouie avec les anges lors de la victoire pascale, ayez pitié de vos enfants qui sont meurtris. Redéployez votre manteau pour ramener à votre divin Fils les pauvres pécheurs que nous sommes : Qu’Il augmente en nous la Foi ! Qu’il puisse faire sa demeure en nos âmes !
Chanoine Marc Guelfucci, curé

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche  21 avril 2019, Pâques

L’acédie et la paresse.

L’acédie figure dès l’origine parmi les péchés capitaux, mais c’est à la Renaissance qu’elle disparaît du septénaire, au profit de la paresse. Cette disparition est l’une des ruses les plus réussies du démon. Il est important de distinguer les deux.

La paresse : l’autoroute qui mène à toutes les tentations

La paresse prend souvent la forme de la procrastination : remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même. Elle peut revêtir deux formes : ne rien faire – et c’est la flemme –, ou faire autre chose que ce que l’on devrait faire – et c’est la diversion. Un bel exemple de paresseux (qui a réussi !), c’est La Fontaine qui écrivit cette épitaphe : « Jean s’en alla comme il était venu, mangea le fonds avec le revenu, tint les trésors pour chose peu nécessaire. Quant à son temps, bien sut le dispenser : deux parts en fit, dont il soulait (avait l’habitude) de passer l’un à dormir et l’autre à ne rien faire ».

Tout le contraire de S. Paul qui affirme : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Or nous entendons dire qu’il en est parmi vous qui mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire. Ceux-là, nous les invitons et les engageons à travailler dans le calme et à manger le pain qu’ils auront eux-mêmes gagné » (2 Th 3, 10-12). En effet, la paresse mène à l’oisiveté, et l’oisiveté est dangereuse parce qu’elle facilite le mécanisme des tentations. S. Jérôme écrit à un moine : « Vis de telle sorte que le démon te trouve toujours occupé ». On est d’autant moins sensible aux sollicitations du mal que l’on est davantage occupé au bien, que ce soit le travail ou même des loisirs sains. Ce qui suppose d’ailleurs de garder de l’énergie pour se détendre, et donc refuser le surmenage au travail…

L’acédie : assoupissement de l’âme qui mine espérance et charité

« L’acédie, ou paresse spirituelle, va jusqu’à refuser la joie qui vient de Dieu et à prendre en horreur le bien divin » (CEC 2094). On pourrait dire qu’avec l’orgueil, l’acédie est le péché le plus antithéologal de toute la série puisqu’il s’attaque à la charité, en son premier commandement : ce n’est pas se détourner du bien suprême par fascination pour des biens secondaires, mais c’est prendre en dégoût le bien suprême en tant que tel. Lorsque l’acédie s’en prend à une âme déjà avancée, c’est-à-dire déjà renoncée, elle provoque un état proche de la dépression : puisque l’on n’est plus attiré par les choses d’en bas, auxquelles on a tourné le dos, et que soudain celles d’en haut nous répugnent, l’âme est comme suspendue, paralysée, plongée dans une torpeur désespérante.

Dans cet état de désolation, la tentation est celle du changement : se dire que l’on a fait fausse route, qu’il faut changer de lieu. Les Pères du désert avaient bien identifié cette tentation. Le « démon de midi » pousse le moine à quitter sa cellule, à changer de monastère, à voir ailleurs s’il ne serait pas mieux pour vivre sa vocation : le changement extérieur comme substitut au changement intérieur. Ce sera la fuite dans l’activisme : on se donne bonne conscience en multipliant les actions, même bonnes, pour fuir Dieu et pour se fuir entrain de le fuir.

S. Ignace de Loyola nous indique le remède : « Quoique nous ne devions jamais changer nos résolutions au temps de la désolation, il est cependant très utile de nous changer courageusement nous-mêmes, je veux dire notre manière d’agir, et de la diriger tout entière contre les attaques de la désolation. Ainsi, il convient de donner plus de temps à la prière, de méditer avec plus d’attention, d’examiner plus sérieusement notre conscience, et de nous adonner davantage aux exercices convenables de pénitence ». C’est ce que nous avons dû faire, j’imagine, pendant ce carême !

Abbé Eric Iborra
Dimanche 14 avril 2019

Va, et désormais ne pèche plus.

En ce temps de la Passion, viennent les jours de souffrance du Dieu fait homme, de l’Agneau de Dieu, du premier né d’entre les morts, de l’Aîné d’un grand nombre de frères.

C’est l’Innocent, le Saint des saints envoyé par le Père qui va porter les péchés du monde. Notre-Seigneur Jésus-Christ peut dire sans orgueil et en vérité : « Qui de vous me convaincra de péché ? » Il n’est pas envieux car il possède tout, il n’est pas avare, il n’est pas colérique et il est pur : « Quand Dieu a envoyé son propre Fils dans une condition charnelle semblable à celle des pécheurs pour vaincre le péché, il a fait ce que la loi de Moïse ne pouvait pas faire à cause de la faiblesse humaine : il a condamné le péché dans l’homme charnel. » (Romains, ch. 8, v. 3)

Blessés par le péché originel qui met le désordre dans l’intelligence et la volonté, nous n’osons pas croire que Dieu est venu jusqu’à nous. Et c’est aussi par fausse modestie que nous refusons de nous laisser approcher par notre Frère Aîné, vrai Dieu et vrai homme. Sa présence nous oblige à vivre en vérité, en justice et en bonté. Cela nous brûle. Il est tellement pratique de ne pas croire ou de se déclarer définitivement faible et pécheur. C’est par paresse que nous nous installons dans notre égoïsme, notre routine et notre sensualité. Cela demande tellement de vérité, d’humilité et de courage d’être dans la volonté de Notre Père : la sainteté, la constante volonté du bien. Que ce soient des péchés de pure malice ou des péchés honteux, le Seigneur peut les détruire par sa Passion et sa Résurrection.

Nombreux sont les hommes et les femmes qui luttent contre leurs péchés avec manque de confiance en la grâce. Or la sainteté, c’est d’aimer Dieu et son prochain dans la persévérance. Il faut avoir une constante volonté d’être porté par la grâce, de saisir la grâce, de vivre l’aide, la force et la présence divine pour aimer et être heureux. Les saints et les saintes ne veulent pas pécher : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. »(Romains, ch. 7, v. 19) Ils reconnaissent leurs torts, ils veulent entendre de la bouche du prêtre : « Va, et désormais ne pèche plus. » Et s’ils rechutent, ils ne se lassent pas, ils se relèvent et suivent le Christ sur le Chemin de Croix jusqu’à la victoire sur le péché et la mort. La Vierge Marie les console, leurs amis essuient leur visage. Les anges les portent.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 7 avril 2019

Colère

La colère est comme une lave qu’on sent monter en soi. La colère, comme passion, est légitime, mais moralement, elle est ambiguë : « Le mal peut se trouver dans la colère, par exemple lorsque quelqu’un se met trop ou pas assez en colère, sortant de la mesure de la droite raison. Mais si l’on s’irrite selon la droite raison, se mettre en colère est louable », enseigne S. Thomas d’Aquin. La colère devient un péché, lorsqu’elle est injuste, vindicative ou démesurée. Pour être bonne, il lui faut un objet, une intention droite et une réaction proportionnée à « l’injustice » qui l’a déclenchée

Qu’est-ce qui suscite la colère ? La résistance. Nous nous agaçons lorsque les choses résistent et que nos désirs ne sont pas satisfaits. Nos colères sont à la mesure de nos déceptions. Les plus vives viennent de ceux que nous aimons le plus.

Même si Dieu se met souvent en colère dans la Bible, la colère est pourtant qualifiée de vice capital pour l’homme. Elle a souvent des effets catastrophiques, liés à sa démesure, comme la violence en particulier, mais aussi la rancune. Elle fait du mal autant à celui qui est visé par elle que par celui qui l’extériorise ou bien, pire encore, la laisse le miner intérieurement. Il y a les amers qui s’agacent contre l’autre et presque jamais contre eux-mêmes, et les perfectionnistes qui s’agacent contre eux-mêmes plus que contre les autres. Enfin, il y a une variante camouflée de la colère : l’indifférence est souvent de la colère rentrée.

Cela signifie que la colère, si elle pousse à l’action, et parfois pour le bien commun, demeure toujours une passion à modérer sous peine de dégénérer en vice, voire en péché. Nous en faisons l’expérience aussi bien au niveau collectif qu’au niveau individuel.

C’est pourquoi l’Ecriture nous met en garde et Jésus le premier lorsqu’il dit dans les Béatitudes : « Heureux les doux, ils posséderont la terre » (Mt 5, 4) ou bien lorsqu’il dit : « Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal » (Mt 5, 22). Si le Christ reconnaît à la colère des vertus, au point de la pratiquer lui-même, il sait à quels excès elle peut conduire : l’engrenage inexpiable de la violence qui ruine les communautés et qui meurtrit les individus, aussi bien les victimes de la violence que ses auteurs.

C’est pourquoi saint Paul, caractère passionné s’il en est, met lui aussi en garde contre la colère : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère ». Et il poursuit : « Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes. Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ » (Eph 4, 31-32). C’est à cela que nous sommes appelés !

Abbé Eric Iborra
Dimanche  31  mars  2019

La Vierge Marie, cause de notre joie,
reine des prophètes

Saint Jean-Baptiste est le dernier messager de Dieu pour le peuple d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il désigne le Messie au peuple juif avec tout le poids de l’attente de tant de siècles. Depuis plus de quatre mille ans, les prophètes annonçaient la venue du Sauveur du monde.

Mais en annonçant le Sauveur, ils étaient les serviteurs du moyen de sa venue : la descendance de la Femme qui allait écraser la tête de Satan, celui qui avait provoqué l’orgueil d’Adam et d’Ève. La Vierge Marie est ainsi la reine de tous les prophètes et prophétesses, hommes et femmes qui ont annoncé ou figuré la source immaculée du fleuve qui allait nous purifier, Jésus le Sauveur. Que ce soient la Reine Esther ou Judith, mais surtout les mères qui ont donné naissance à l’ascendance du Christ jusqu’à sainte Anne, elles ont frappé Satan à la tête.

Notre père et notre mère nous transmettent la vie. Dans le ventre de notre mère, nous sommes vivants et la naissance nous fait connaître le monde. Nos parents nous protègent et appellent la grâce du baptême pour illuminer notre âme de la présence de Dieu, Père qui aime son Fils dans l’Esprit-Saint. Notre joie de vivre a sa source en nos parents. Même indignes, nous devons prier pour nos parents et souhaiter qu’ils aiment Dieu et leur prochain pour leur salut éternel.

Mais l’enfantement est bien le trésor des mères. La mère est signe et reine de la vie, source de la joie. Pour aller à l’Enfant-Dieu, il nous faut trouver Marie, la mère qui transmet la nature humaine au Christ. Nous ne pourrons jamais assez remercié la Vierge Marie de ce don, bien plus encore d’avoir été debout au pied de la Croix pour offrir son enfant. Moyen choisi par le Père pour l’Incarnation de son Fils, associée au salut, médiatrice de la grâce parce que toujours fidèle à sa mission, elle est la cause de notre joie. Sachons nous réjouir du salut qui nous est offert.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 11 décembre 2016

Saint Jean-Baptiste et Saint Nicolas

Dimanche dernier, la liturgie attirait notre attention sur le dernier avènement du Christ, précédé de signes manifestant sa grande puissance. Aujourd’hui, elle nous ramène au premier avènement et nous présente la figure de celui qui, à la charnière des temps, rassemble en sa personne toute la prophétie d’Israël, Jean, le Précurseur.

Jean-Baptiste qui apparaît ce dimanche aux deux extrémités de sa mission. D’un côté, il est au terme de sa course, près de son martyre, s’interrogeant sur l’identité de Celui qu’il a annoncé comme Messie et qui tarde, lui semble-t-il, à pleinement se manifester. De l’autre, il nous est présenté juste au moment où il surgit sur les rives du Jourdain, au moment où il inaugure sa prédication. D’une certaine manière, la réponse à la question qu’il se pose dans sa prison est donnée par l’évangéliste qui relate l’autre scène : en donnant les noms des principaux protagonistes de la Passion, S. Luc laisse entendre que l’accomplissement des prophéties apportera quelque chose d’inédit, quelque chose qui fera que les attentes d’Israël en sortiront bouleversées et renouvelées, au point qu’un Nouveau Testament devra prendre le relais de ce qui désormais apparaîtra comme l’Ancien. Alors que Jean-Baptiste avait annoncé la mission de Jésus sans encore bien la cerner, Jésus, lui, confirme la justesse de la proclamation de Jean : la Bonne Nouvelle est bien annoncée aux pauvres.

Cette Bonne Nouvelle continue d’être annoncée à toutes les générations. A toutes, même aux plus blasées, il est dit qu’en triomphant de la mort et de ses ténèbres, un homme – le Fils de Dieu venu dans la chair – a rouvert le chemin du ciel, celui de la vie, de la béatitude. La geste de S. Nicolas, relevant du saloir les corps déjà dépecés des trois enfants, en est comme une parabole. Livrée à elle-même et à ses démons, notre société soi-disant évoluée a montré qu’elle était capable d’accomplir à la lettre – avec les dérives de la bioéthique, du transhumanisme et du prétendu droit à la santé reproductive – ce que la légende décrivait comme image d’un monde qui s’abandonne à la cupidité et à la violence. A travers la figure du bon évêque Nicolas, c’est le Christ agissant par les sacrements de son Église qui dévoile l’imposture, châtie le crime et rétablit les victimes. La popularité de la légende de S. Nicolas n’est-elle pas alors le reflet de notre besoin de justice et de salut, de notre désir d’eucatastrophe, de retournement salutaire par-delà même l’irréparable, par-delà la mort et le péché ?

C’est de cette espérance dont nous aura parlé entre-temps Mgr André Léonard, lundi soir, en philosophe et en théologien, dans sa conférence dont je vous rappelle le titre : « La charte de l’espérance chrétienne selon saint Paul (Rm 8, 14-39) ».

Abbé Eric Iborra
Dimanche 4 décembre 2016

Espérer la venue du Christ glorieux et s’y préparer

Si l’année de prière liturgique débute 4 semaines avant Noël, si ce premier temps s’appelle l’Avent, c’est-à-dire Adventus, la Venue, c’est parce que l’Eglise attend le retour glorieux du Christ, sa deuxième venue, non pas seulement le souvenir de sa première venue dans la nuit de la Nativité.

Rendre présente la première venue dans la beauté et la simplicité de la sainte nuit de la crèche est essentiel pour approcher l’Enfant Jésus, et être attiré par le vrai Dieu. Il apparaît doux et humble de cœur. Voir ce bébé dans la crèche doit nous rappeler la bonté et la bienveillance divines. Dieu le Père envoie sa Parole, son Verbe éternel. La Vierge Marie a accepté de devenir la mère du Sauveur, saint Joseph son gardien et père adoptif.

Cependant, le temps de l’Avent est imprégné d’une préparation spirituelle qui en fait un temps de pénitence et de jeûne encore respecté en Orient chrétien. Le Verbe s’est fait chair, il a vécu au milieu de nous, il a offert son innocence et mérité le salut. Tout est accompli. Il est ressuscité d’entre les morts. Il y aura une récompense éternelle pour tous ceux qui attendent le secours divin. C’est à nous de vivre selon cette Bonne Nouvelle, de nous réjouir de tous les vrais bonheurs terrestres et de traverser les épreuves. Espérer la récompense et l’aboutissement de tous nos efforts, chutes et relèvements, regrets sincères et fierté du bien accompli, en se laissant porter par la grâce, repose sur la promesse de Notre-Seigneur.

Le Christ est présent à nos prières en notre chambre, dans la rue, dans l’église. Présent dans la Sainte-Hostie, nous sommes unis à Lui. Chaque communion est un Noël. Mais l’Eglise souhaite qu’il n’y ait plus de crainte de Le perdre : lors de son retour glorieux, il n’y aura plus ni péché, ni faiblesse, ni maladie, ni mort, ni séparation. A la résurrection des morts, au jugement dernier, ceux qui sont déjà dans la vision divine depuis des siècles, et ceux qui viendront de mourir lors de la fin des temps dans l’amour de Dieu et du prochain face à l’Antéchrist, verront et vivront Dieu dans la gloire et la paix.

Père Marc Guelfucci, curé
Dimanche 27 novembre 2017

Sainte Cécile :
l’alliance de la Musique et de la Liturgie

C’est aujourd’hui, avec la fête de saint Eugène, nos journées d’amitié avec toutes les occasions pour se rencontrer et mieux se connaître. Mardi nous célébrerons la fête de sainte Cécile, patronne des musiciens, par une messe chantée, avec la schola. C’est que liturgie et musique entretiennent un lien étroit, comme l’a rappelé Benoît XVI au collège des Bernardins il y a maintenant huit ans. Il s’est d’ailleurs souvent exprimé sur ce sujet : notre maître de chapelle a d’ailleurs préfacé un petit livre, L’esprit de la musique (Artège), où j’ai rassemblé ses écrits sur cette question.

« Dès l’origine, liturgie et musique ont été étroitement unies. Quand l’homme loue Dieu, la simple parole ne suffit pas. Parler avec Dieu dépasse les limites de la parole humaine. C’est pourquoi ce dialogue avec Dieu a partout fait appel à la musique, au chant et aux voix de la création représentées par le son des instruments. Car la louange de Dieu ne revient pas à l’homme seul. Le culte divin est le fait d’unir sa voix au discours de tous les éléments du monde »1

Pourquoi cela ? Parce que le christianisme enseigne que la parole humaine participe au Logos – le Verbe divin – et que ce Verbe divin est l’archétype de la création. « Le Logos est en effet le grand artiste en qui toutes les œuvres d’art – la beauté de l’univers – sont contenues dès les origines. Chanter à l’unisson avec l’univers signifie dès lors marcher sur les traces du Logos et se rapprocher de lui. Tout art humain véritable est donc une participation à l’art de l’archétype par excellence : le Christ »2.

Le Christ, c’est le Verbe divin qui se fait chair, qui devient homme, pour que l’homme soit spiritualisé, divinisé, dès cette vie, grâce à la liturgie. « Les deux se compénètrent. Dieu ne revient pas sur l’incarnation mais celle-ci ne devient définitive qu’au moment où le mouvement s’inverse : la chair elle-même devient Logos. Quand la Parole se fait musique (dans la liturgie), il y a bien passage aux sens, incarnation, annexion de forces en deçà et au-delà du rationnel, captage de l’harmonie cachée de la création, révélation du chant qui sommeille au fond des choses. Mais alors, cette transformation en musique est aussi elle-même le tournant du mouvement : elle n’est pas seulement incarnation du Verbe, mais aussi spiritualisation de la chair. Le bois et le cuivre deviennent son, l’inconscient et l’insoluble se muent en harmonie emplie d’ordre et de sens (logos). Il se produit un passage à la corporéité qui est passage dans l’ordre de l’esprit, et une spiritualisation qui est incarnation. L’incarnation au sens chrétien est toujours en même temps spiritualisation, et la spiritualisation chrétienne est incarnation dans le corps du Logos qui s’est fait chair »3.

C’est pourquoi l’humanité du Verbe – du Logos – est l’unique voie qui puisse nous conduire au ciel. C’est pourquoi aussi notre célébration du Verbe a besoin de jouer sur toute la palette des sens, car l’homme récapitule dans la liturgie toute la louange muette de la création.

Abbé Eric Iborra
Dimanche 20 novembre 2016

1« Liturgie et musique d’Eglise » dans Croire et célébrer, p. 91
2L’esprit de la liturgie, p. 124
3« Liturgie et musique d’Eglise » dans Croire et célébrer, p. 103

La véritable union des âmes

En ce mois de novembre, nous avons la grâce d’être invités spécialement à prier avec et pour ceux qui sont morts. Leur âme a été séparée du corps pour rencontrer Jésus-Christ, Dieu fait homme, et lui rendre compte de leur vie, baptisés ou non. Parmi ces personnes, il y a les saints canonisés, les inconnus, les personnes de notre famille, des amis, des ennemis.

En ce mois de novembre, respectivement le 15 et le 22, nous fêterons deux êtres qui prient spécialement pour nous et à qui nous demandons d’obtenir des grâces : saint Eugène, évêque martyrisé sous l’empereur Maximien dans les années 290, et sainte Cécile, vierge et martyr des années 220, patrons de la paroisse. Les siècles ne séparent pas ceux qui ont la même espérance. Certains saints sont plus connus, d’autres plus éloignés et pourtant, la présence d’une âme à celui qui lui parle est hors du temps. Le Christ nous invite à parler à sa sainte Mère, à ses frères et sœurs parvenus à la vie en Dieu. En effet, comme il est écrit dans le Catéchisme romain du Cardinal Pierre Gasparri de 1929 (Q° 109 ) : «  Toute prière est adressée à Dieu qui seul peut nous accorder ce que nous demandons; mais nous prions encore tous ceux qui sont au ciel, spécialement la Très Sainte Vierge Marie, et même les âmes du Purgatoire, afin qu’ils intercèdent pour nous auprès de Dieu. »

Ainsi, nous prions tout d’abord pour qu’un défunt ait voulu vivre avec Dieu, qu’il ait choisi la vie éternelle, qu’il ait sauvé son âme. Des personnes qui nous ont fait souffrir peuvent être converties et nous pourrons les trouver au ciel et vivre en paix avec elles et parmi bien d’autres. Ensuite, dans l’ignorance de l’état d’une âme, en purgatoire ou dans la vision de Dieu, nous l’accompagnons de nos prières. Enfin, les âmes défuntes demandent notre progrès dans la bonté. C’est la véritable union des âmes, c’est la communion des saints, c’est la communauté de tous ceux qui veulent la paix divine. L’indulgence miséricordieuse du Père, les mérites de son Fils, la communion du Saint-Esprit, sont le lien de la paix.

Père Marc Guelfucci, curé
Dimanche 13 novembre 2016

Confirmations 2017 : c’est en mai prochain,
mais il faut déjà y penser !

La confirmation n’est pas facultative. C’est un sacrement important, normalement obligatoire par exemple pour contracter validement mariage. Reprenant la constitution dogmatique Lumen Gentium, le Catéchisme de S. Jean-Paul II (1990) en résume l’essence en cette formule très dense que je vous laisse méditer :

« Par le sacrement de confirmation, le lien des baptisés avec l’Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ » (CEC 1285).

L’Archevêque de Paris souhaite que la confirmation ait lieu maintenant tous les ans. C’est pourquoi nous avons invité Mgr de Germiny, évêque émérite de Blois, à venir la donner le dimanche 14 mai 2017 à la messe de 11h.

« Parce qu’elle est – étymologiquement – « convocation » de tous les hommes au salut, l’Église, par sa nature même, missionnaire, envoyée par le Christ à toutes les nations pour en faire des disciples » (CEC 767). Elle en fait des disciples en les intégrant à son être qui est structuré par les sacrements. On entre dans l’Église par les sacrements de l’initiation chrétienne que sont le baptême, la confirmation et l’eucharistie. On peut être confirmé à tout âge, aussi bien adulte qu’enfant ou adolescent.

Si vous n’êtes pas confirmé ou si vous connaissez des gens susceptibles de l’être, vous êtes donc concerné. Les inscriptions ont lieu au secrétariat (secretariat@saint-eugene.net) et la préparation commencera en janvier prochain (les dates seront ultérieurement communiquées).

La mission de l’Église passe par vous : lancez vos filets (cf. Mt 13, 47-50, Jn 21, 1-14), que nous soyons nombreux une fois encore le 14 mai prochain !

Abbé Eric Iborra
Dimanche 6 novembre 2016

Dieu, Sauveur et Roi des vivants

Les autorités publiques doivent assurer la paix du bon ordre social. Pour cela, elles ont la puissance de la justice distributive… Le pouvoir politique dispose des impôts pour assurer le bien commun, la tranquillité publique, la sécurité, la santé. Il finance les services publics essentiels, juges, policiers, militaires, médecins, pompiers, ingénieurs, employés… Cependant les collecteurs d’impôts n’ont jamais vraiment été populaires. Quant à la morale publique, aux mœurs d’une nation, d’une société, cela devient plus complexe. En effet, il s’agit de bien connaître la nature humaine pour lui enseigner le vrai, le bien, le beau. L’éducation des enfants appartient aux parents et à ceux qu’ils délèguent. Or la Vérité, la Bonté, la Beauté appartiennent à Dieu. Il a rendu ses créatures spirituelles capables de connaître et de vouloir ce qui est vrai, bon et bien. Seul celui qui puise à cette source divine ne se trompe pas.

Tous les puissants ont cherché à dominer les intelligences, les volontés, les cœurs pour déterminer leur conduite. Mais ils savent que finalement seul Dieu est le maître des esprits. Que c’est Dieu seul qui entre dans le secret des consciences. Que seul Dieu connaît les pensées, les actes présents, passés et futurs. C’est pourquoi de nombreux chefs ont jalousé la vraie religion, l’Église catholique. De fait, l’homme parle à Dieu car il croit que seul le Tout-Puissant peut le connaître. Seul le vrai Dieu est infiniment bon parce qu’infiniment parfait, sans défaut, sans fausse colère, sans inutile sévérité mais il éprouve les âmes pour qu’elles donnent tout. Dieu est un Père qui a demandé à sa Sagesse éternelle de se faire Homme, ayant ainsi une autorité souveraine sur ses frères et sœurs.

Jésus-Christ est le Sauveur et le Roi humain que les faux princes jalousent et que les bons princes servent. Dans un pays chrétien, les âmes sont aidées à se sanctifier et invitées à rejoindre la vie divine à leur mort corporelle. Dans un pays chrétien, nous apprenons à connaître la Vierge Marie, Reine de tous les saints, Mère qui prie pour les enfants qui lui ont été confiés au pied de la Croix pour qu’ils ne se perdent pas. Elle prie aussi pour ceux qui sont sauvés mais réparent leur manque de pardon et de don au Purgatoire. Offrons-lui le chapelet après octobre et en novembre et chaque jour, pour qu’elle présente à son Fils la foi, l’espérance et la charité de tous les peuples.

Père Marc Guelfucci, curé
Dimanche 30 octobre 2016

Oraison et sainteté : à propos de récentes canonisations

Alors qu’Halloween, récupération mercantile du paganisme celte, retombe dans l’oubli avec ses oripeaux morbides et grotesques, la Toussaint, elle, brille de tous ses feux avec la proclamation de nouveaux saints et bienheureux comme M. Teresa de Calcutta, Sr. Elisabeth de la Trinité, le Fr. Salomon Leclercq, ou encore le P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus. Si l’on y ajoute la canonisation des parents de S. Thérèse de l’Enfant-Jésus, il y a un an, on s’aperçoit que le Carmel, et plus largement son esprit, est bien représenté. Et cela d’autant plus qu’en octobre nous fêtons aussi justement S. Thérèse de l’Enfant-Jésus et la réformatrice du Carmel, S. Thérèse de Jésus (1515-1582).

Cette parenté, c’est l’esprit d’oraison dont la réformatrice du Carmel donna une esquisse dans ses écrits, presque tous autobiographiques : « un commerce d’amitié avec le Seigneur dont on se sait aimé ». Elle en détaille les étapes à partir de son expérience, expérience enrichie par celle de S. Jean de la Croix (1542-1591), expérience qu’il transmettra, avec ses commentaires, à ses correspondantes carmélites. C’est de ce riche patrimoine spirituel que se nourriront S. Thérèse de l’Enfant-Jésus (1873-1897) et S. Elisabeth de la Trinité (1880-1906), Thérèse y découvrant la voie d’enfance, actuation de la filiation baptismale, et Elisabeth l’inhabitation trinitaire, actuation de l’adoption filiale, autre aspect de la vie baptismale. Le P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967), carme, bientôt béatifié (le 19 novembre prochain), tirera des maîtres spirituels de son ordre une synthèse théologique magistrale, cette somme spirituelle qu’est « Je veux voir Dieu ».

Le P. Marie-Eugène y souligne le rapport entre la pratique de l’oraison et la donation de soi à laquelle celle-là conduit immanquablement. Cela signifie, entre autres choses, qu’il n’y a pas d’opposition entre la vie contemplative et la vie active : celui qui s’offre tout entier au Christ dans le silence de l’oraison s’associe d’autant mieux à la tâche rédemptrice du Christ qui se continue dans l’Église, tâche qui peut passer par des actions extérieures (le P. Marie-Eugène fut un provincial à poigne, et Thérèse d’Avila n’en manquait pas non plus ; songeons encore à S. Teresa de Calcutta, qui n’a pas choisi le nom de religion pour rien et qui institua 2 heures quotidiennes d’adoration dans ses maisons) et/ou par l’oblation intérieure (S. Thérèse de Lisieux, S. Elisabeth de la Trinité, qui eurent beaucoup à souffrir, physiquement et spirituellement, vivant un véritable « martyre blanc »). Les grands spirituels du Carmel ont ainsi conçu leur union au Christ comme un engagement apostolique, en particulier pour le soutien des prêtres engagés dans le combat pour les âmes : S. Thérèse de Jésus (Avila) est formelle sur ce point : elle stimule ses sœurs dans leur recherche de la sainteté en leur représentant l’urgence de contribuer au salut des âmes qui se perdent du fait des hérésies : « le monde est en feu » !

Cette donation au Christ et à son œuvre de salut peut trouver son couronnement dans le « martyre rouge », celui par exemple de S. Salomon Leclercq (1745-1792), Frère des Ecoles chrétiennes, disciple de S. Jean-Baptiste de La Salle (souvenez-vous de ses reliques à Liesse-Notre-Dame!) et donc, à travers lui, de « l’Ecole française de spiritualité », cousine, au 17e siècle, de l’école espagnole d’oraison, celle du Carmel. Il est le premier des « bienheureux martyrs des carmes », massacrés par les révolutionnaires, à être canonisé.

Nous aussi, au-delà de la prière du matin ou du soir, avançons sur les chemins de l’oraison, sinon 2 heures par jour, au moins 5 ou 10 mn…

Abbé Eric Iborra
Dimanche 23 octobre 2016

Connaître la Vérité et en vivre

En ce dimanche consacré aux missions, il est important de demander à Dieu de nous dire la Vérité. Or, avec le miracle des prophéties, des révélations sur la volonté de Notre Père, la connaissance de la vie de Jésus, son divin Fils, cette vérité peut être connue pour être crue comme authentique. Que les témoins parlent, écrivent et transmettent cette vérité ! Que la Vierge Marie nous transmette ce qu’elle a vécu ! Que les apôtres, les disciples, les saintes femmes, les saints et les saintes, les missionnaires prêtres et catéchistes transmettent à tous, petits et grands, ce qui a été entendu et vu de la vérité. Les enfants, les adultes veulent connaître la vérité. Si toute vérité n’est pas bonne à dire sur toutes les blessures d’une vie humaine, la vie du Christ apporte la foi, l’espérance et la charité réelles…

Oui la vérité est ce qui est réel !!! Ou de manière savante et philosophique : l’adéquation du réel et de la pensée. Ou encore, la vérité est le fait que notre connaissance corresponde à ce qui existe réellement, « vraiment » même si nous ne l’avons pas vu. La vérité n’est pas un conte, une légende, un faux récit gentil pour nous consoler. L’intelligence même de la personne la plus lente et la plus simple, est capable du vrai. L’être humain est fait pour le vrai, pour connaître la réalité des choses, des faits, des paroles, des actes.

Or le Bon Dieu va à la rencontre de tous les êtres humains pour leur dire la vérité, c’est la Mission : « Allez et enseignez toutes les nations, baptisez les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ». Celui qui connaît la vérité doit la dire à tous ceux qui ne l’ont pas. A ceux qui croient en l’existence de Dieu, en des divinités rivales, en une énergie cosmique ou qui ne croient qu’au plaisir égoïste, le Bon Dieu veut faire connaître la Voie, la Vérité et la Vie : Jésus, son Fils né de la Vierge Marie, doux et humble de cœur, mort et ressuscité, promesse d’une récompense éternelle après la vie terrestre.

Donnons à la Vierge Marie des preuves de foi en la Vérité, qu’elle puisse avoir des actes de foi à offrir pour consoler le Cœur Sacré de son Fils, qui a tant aimé le monde. Chaque « Je vous salue Marie » du chapelet est un acte de foi, d’espérance, une source de charité quotidienne.

Père Marc Guelfucci, curé
Dimanche 16 octobre 2016

Saint Denis et les vocations

La fête de S. Denis, premier évêque de Paris nous rappelle la structure hiérarchique de l’Église. Chaque Église particulière – diocèse – s’édifie sur la charge de l’évêque, successeur avec les autres évêques en communion avec le Pape, l’évêque de Rome, de ce Collège des Apôtres voulu par le Christ pour être le fondement permanent de son Église.

Ce fondement hiérarchique, à Paris, resplendit davantage du fait que notre premier évêque a connu le martyre, reproduisant ainsi dans sa chair le témoignage rendu par les Apôtres au Christ et le témoignage du Christ à son Père : celui du sang versé pour la conversion des pécheurs. Martyre dont la forme reste toujours tragiquement actuelle comme l’a rappelé celui de l’abbé Jacques Hamel l’été dernier en Normandie.

Ce fondement hiérarchique apparaît d’une manière encore plus marquante du fait qu’au martyre de l’évêque Denis est associé celui du prêtre Rustique et du diacre Eleuthère. Ce qui souligne la forme tripartite du ministère sacré : la hiérarchie, depuis que le 2e concile du Vatican l’a précisé, se compose de l’ordre des évêques, de celui des prêtres et de celui des diacres, tous appelés à collaborer dans l’unité à la tâche apostolique, avec les ministres de rang inférieur et les laïcs.

Les plus curieux d’entre vous auront remarqué qu’une figuration de S. Denis, décollé, orne le retable de l’autel de S. Eugène. La tradition a vu, en effet, en S. Denis un ami du saint patron de notre paroisse.

En cette fête du diocèse, prions pour nos pasteurs. Prions aussi pour ceux qui les rejoignent en répondant à l’appel de Dieu à servir Dieu et l’Église dans le sacerdoce. Ils s’engagent généreusement sur un chemin exigeant de plusieurs années qui les verra peut-être au terme accéder au sacerdoce. Pensons en particulier à Stanislas de La Rochefoucauld qui a servi la messe l’an dernier à S. Eugène et qui rejoint aujourd’hui son séminaire. Tous auront besoin de notre prière. Soyons ardents à la leur offrir ! Que S. Denis et ses compagnons les inspirent et qu’ils veillent sur leur vocation !

Abbé Eric Iborra
Dimanche 9 octobre 2016

Heureuse celle qui a cru en la parole du Seigneur

Loin du hasard, le Bon Dieu agit avec une volonté claire et limpide. Il connaît tout, le passé, le présent, l’avenir. Cependant, sa connaissance du futur nous laisse libres de choisir. Il n’y a pas de fatalité. Nous ne sommes pas des marionnettes. Même si Dieu sait ce que nous allons décider, il n’y a pas de contraintes.

Toutefois, Dieu décide aussi d’évènements futurs qui nous échappent et auxquels nous aurons à réagir. Les évènements extérieurs heureux ou malheureux accompagnent nos vies. Le Bon Dieu nous donne des joies, des épreuves, des consolations, des croix, des résurrections. L’important est de croire qu’il est Notre Père, qu’il veut le meilleur pour nous, qu’il nous purifie et nous élève vers le vrai bonheur parce qu’il nous aime. Cela comme des parents qui donnent un médicament amer qui sauve leur enfant.

Cela est difficile à accepter quand la maladie et la pauvreté nous frappent. La prière de guérison ou de prospérité n’est pas toujours exaucée. A l’agonie du Jardin des Oliviers, Jésus a demandé à ne pas souffrir au point de donner sa vie innocente, de voir sa mère assister à sa crucifixion. Pourtant le Christ a accepté librement cette volonté paternelle pour notre salut.

Lorsque nous méditons les mystères du Rosaire, sommes-nous vraiment attentifs à la prière du « Je vous salue Marie » ? En effet, l’archange saint Gabriel propose à Notre-Dame de devenir la mère du Messie Sauveur avec toutes les grâces de peines et de joies. Et elle accepte. Entre la prière de demande et accueillir la volonté de Dieu, nous avons besoin de toute notre foi.

Mais justement, n’oublions pas que le Vierge Marie peut forcer le cœur de son divin Fils. Certes, le Bon Dieu sait déjà ce que nous allons lui demander, ce que Marie va demander en notre nom, mais justement, dans ses décisions éternelles, il aime tenir compte de ceux qui croient en son amour. Or Marie a cru en la parole de l’ange et elle a tout donné.

Père Marc Guelfucci, curé
Dimanche 2 octobre 2016

Créateur de l’univers invisible

Le 2 octobre tombant cette année un dimanche, les Anges gardiens vont devoir se faire plus discrets qu’à l’accoutumée : ces créatures invisibles, qui veillent sur chacun de nous, aiment de toute manière la discrétion. Mais la semaine qui vient nous aura permis de célébrer les Archanges, et en particulier S. Michel, qui veille particulièrement sur plusieurs nations. Ces Anges, dont nous citons les chœurs dans la préface de la messe et à la louange desquels notre liturgie terrestre s’unit, qui sont-ils, que font-ils ? Voici ce qu’en dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique, en s’appuyant principalement sur la Bible :

328 L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Écriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Écriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition.

329 S. Augustin dit à leur sujet : Ange désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? – Esprit. Tu demandes la fonction ? – Ange ; d’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange. De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent constamment la face de mon Père qui est aux cieux (Mt 18, 10), ils sont les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole (Ps 103).

330 En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté : ils sont des créatures personnelles (Pie XII) et immortelles (Lc 20, 36). Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne (Dn 10, 9-12).

331 Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à Lui (Mt 25, 31). Ils sont à Lui parce que créés par et pour lui : Car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances ; tout a été créé par lui et pour lui (Col 1, 16). Ils sont à Lui plus encore parce qu’Il les a faits messagers de son dessein de salut : Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ? (He 1, 14).

332 Ils sont là, dès la création et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation : ils ferment le paradis terrestre (Gn 3, 24), protègent Lot (Gn 19), sauvent Agar et son enfant (Gn 21, 17), arrêtent la main d’Abraham (Gn 22, 11), la loi est communiquée par leur ministère (Ac 7, 53), ils conduisent le Peuple de Dieu (Ex 23, 20-23), ils annoncent naissances (Jg 13) et vocations (Jg 6, 11-24 ; Is 6, 6), ils assistent les prophètes (1 R 19, 5), pour ne citer que quelques exemples. Enfin, c’est l’ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même (Lc 1, 11. 26).

333 De l’Incarnation à l’Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l’adoration et du service des anges. Leur chant de louange à la naissance du Christ n’a cessé de résonner dans la louange de l’Église (Lc 2, 14). Ils protègent l’enfance de Jésus (Mt 1, 20 ; 2, 13. 19), servent Jésus au désert (Mc 1, 12 ; Mt 4, 11), le réconfortent dans l’agonie (Lc 22, 43), alors qu’il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis (Mt 26, 53) comme jadis Israël (2 M 10, 29-30 ; 11, 8). Ce sont encore les anges qui  » évangélisent  » (Lc 2, 10) en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Incarnation (Lc 2, 8-14), et de la Résurrection (Mc 16, 5-7) du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu’ils annoncent (Ac 1, 10-11), au service de son jugement (Mt 13, 41 ; 24, 31 ; Lc 12, 8-9).

334 D’ici là toute la vie de l’Église bénéficie de l’aide mystérieuse et puissante des anges (Ac 5, 18-20 ; 8, 26-29 ; 10, 3-8 ; 12, 6-11 ; 27, 23-25).

335 Dans sa liturgie, l’Église se joint aux anges pour adorer le Dieu trois fois saint ; elle invoque leur assistance (ainsi dans In Paradisum deducant te angeli… de la Liturgie des défunts), elle fête plus particulièrement la mémoire de certains anges (S. Michel, S. Gabriel, S. Raphaël, les anges gardiens).

336 Du début de l’existence (Mt 18, 10) au trépas (Lc 16, 22), la vie humaine est entourée de leur garde (Ps 34, 8 ; 91, 10-13) et de leur intercession (Jb 33, 23-24 ; Za 1, 12 ; Tb 12, 12).  » Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie  » (S. Basile). Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.

Unissons notre prière à la leur et comptons sur leur assistance aimante

Abbé Eric Iborra
Dimanche 25 septembre 2016

Véritablement envoyés en mission 2015-2018

Lorsqu’un enfant découvre le monde qu’il entoure, il ne cesse d’observer, de mémoriser les images, les sons, les présences, les voix, les étreintes affectueuses ou les douleurs. L’enfant tire du réel ses premiers sentiments. Il juge de ce qui est agréable, rassurant et bon ou douloureux, agressif et mauvais. De manière naturelle, le père et la mère entourent l’enfant d’une présence apaisante. Il apprendra cependant l’effort pour ne pas se laisser dominer par le caprice. Il va reconnaître l’autorité de ses parents puis il va apprendre que ses parents ne sont pas tout-puissants. Certains parents ont même été absents ou pécheurs contre leurs enfants. Cependant la Providence mettra toujours sur leur chemin un être reflet de la bonté divine. Il reconnaîtra une force supérieure à laquelle ses propres parents sont liés. Apprendre que ce Tout-Puissant est le Bon Dieu, un Père, sera une belle nouvelle. Croire qu’Il demande de s’écarter du mal et qu’il encourage en pardonnant, sera une admirable nouvelle. Mais entendre qu’Il a envoyé son Fils, le Premier Né d’une multitude de frères et sœurs, né d’une douce mère, Marie, puis blessé, mort sur une croix pour nos péchés et ressuscité, présent dans la Sainte Hostie, c’est la Bonne Nouvelle.

Une religion peut dire de Dieu qu’il est Créateur, qu’il est miséricordieux et pardonne seul les péchés, cela ne suffit pas pour qu’il soit infiniment bon et infiniment aimable : « En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus » (Saint Paul à Timothée I, 2, v. 5) Et cet Homme a opéré des miracles divins et a pardonné les péchés : il est Dieu. Tout est accompli…

Prions donc pour que les enfants soient baptisés, éduqués dans la foi chrétienne. Que les chefs d’état permettent à leurs citoyens de connaître le Sauveur Jésus et les y encouragent. Faut-il que les fils de ce monde soient toujours plus habiles entre eux que les fils de la lumière ? Ils répètent aux enfants que Dieu n’existe pas ou que toutes les religions se valent, ce qui est une fausse nouvelle pour faire leurs affaires. En cette année 2016-2017, la mission est toujours celle des Apôtres et des premiers chrétiens : un seul Sauveur, doux et humble de cœur, Jésus, né de la Vierge Marie. En cela, la prière quotidienne du chapelet est profondément missionnaire, Credo, Notre Père et Ave Maria…

Père Marc Guelfucci, curé
18 septembre 2016

Une rentrée sous le regard de la Vierge Marie

La Vierge Marie nous accompagne particulièrement en ce mois de septembre. Jeudi dernier, nous fêtions sa Nativité. S. Pierre Damien (11e s.), fondateur des ermites bénédictins connus sous le nom de camaldules, nous en donnait le sens : « Aujourd’hui est le jour que choisit Dieu pour mettre en œuvre son plan éternel de salut, car il était nécessaire que se construise la maison avant que le Roi ne descende y habiter. »

Lundi 12 nous célébrerons le S. Nom de Marie, fête instituée par le B. Innocent XI, en 1683, en mémoire de la victoire du Kahlenberg que venaient de remporter sur les Turcs les armées de la S. Ligue, débloquant Vienne assiégée. Nous nous souviendrons de la Femme de l’Apocalypse : « le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ». La lune, dont le croissant était déjà dans l’antiquité, et dans l’Ancien Testament donc, le symbole des cultes idolâtriques du Proche Orient… Pour S. Bernard de Clairvaux (12e s.), Marie signifie « étoile de la mer », et il en chante les splendeurs dans un célèbre sermon : « regarde l’étoile, invoque Marie. » Dans l’araméen du temps de Jésus, Marie signifie plutôt « Princesse, Dame de haut rang ». La Femme couronnée d’étoiles ne sera-t-elle pas contemplée dans le dernier mystère du rosaire comme la Reine qui reçoit la couronne du Royaume des Cieux par son propre Fils glorifié à la droite du Père ?

Jeudi 15, au lendemain de l’Exaltation de la S. Croix, qui marque le début du carême monastique, nous fêterons les Sept Douleurs de la Vierge. Née en Allemagne (13e s.), cette dévotion sera popularisée par les Servites de Marie, ordre mendiant fondé à Florence à la même époque. Nous nous rappellerons que pour être couronnés au Ciel, il faut avoir partagé la Passion du Seigneur… Sept coups d’épée transpercent le Cœur de Marie (comme on le voit si souvent dans les églises d’Espagne ou d’Italie) : 1 – la prophétie de Syméon sur l’Enfant Jésus (Lc, 2, 34-35), 2 – la fuite en Égypte de la S. Famille (Mt, 2, 13-21), 3 – la disparition de Jésus au temple (Lc, 2, 41-51), 4 – la rencontre de Marie et Jésus sur la via crucis (Lc, 23, 27-31), 5 – Marie debout au pied de la Croix (Jn, 19, 25-27), 6 – la Descente de croix, la Pietà (Mt, 27, 57-59), 7 – la mise au tombeau. (Jn, 19, 40-42).

Le samedi 24 septembre prochain, nous nous rendrons au sanctuaire de Notre-Dame de Liesse. Celui-ci remonte à l’an 1134. Trois chevaliers faits prisonniers en Terre Sainte et conduits dans les prisons du sultan du Caire, refusèrent d’apostasier ; loin de se laisser convaincre par la fille du sultan, Ismérie, ils lui expliquèrent que Jésus, Dieu fait homme pour sauver tous les hommes, était venu pour elle aussi ; une statue de la Vierge Marie en bois noir, miraculeusement arrivée toute sculptée durant la nuit, montra à la jeune fille ce qu’était la S. Vierge et l’Enfant Jésus. S’évadant de nuit avec la fille du sultan, les trois chevaliers se retrouvèrent miraculeusement en France, sur leurs terres, près de Laon, avec Ismérie et la statue. Notre Dame les avait tous quatre rendus à la liberté et ils firent édifier une église là où la S. Vierge, sa statue devenant soudain trop lourde et intransportable, manifesta son intention de voir ériger un sanctuaire. Miracle qui, en nos temps, pourrait se reproduire si nous tenons ferme la foi et si nous la proposons tout aussi fermement aux païens qui nous entourent…

Abbé Eric Iborra
11 septembre 2016

À Jésus par Marie
Ad Jesum per Mariam

En ce mois de rentrée scolaire et de reprise générale de la vie quotidienne, nous sommes invités à retrouver ce qu’il a de plus important dans nos vies : être des enfants d’un seul Dieu et Père. C’est la source de notre vie, du réveil le matin à notre sommeil réparateur. Nos pensées,  nos paroles et nos actions sont faites en présence de Notre Père et ses anges. C’est pourquoi, n’étant jamais vraiment seuls, nous sommes appelés à être frères et soeurs.

Ceci est la vérité et la sagesse, la vraie religion sans laquelle nous ne pouvons pas vraiment aimer notre prochain, nos parents, notre famille,  nos amis et même nos ennemis.

Dieu nous ordonne,  nous commande d’aimer notre prochain et même celui qui nous fait du mal, notre ennemi. Cet amour consiste à vouloir que notre prochain soit juste et bon. Aimer son ennemi ne consiste pas à favoriser le mal, mais à tout faire pour qu’il ne soit plus mauvais et nuisible, qu’il se tourne vers le bien et la vraie paix. Le martyr meurt pour le vrai Dieu, la Vérité et la Vie éternelle, non pour une fausse paix.
Or Notre Père a envoyé sa Sagesse, sa Parole, son Verbe, son Fils unique. Il s’est uni à notre nature humaine dans le sein de la Vierge Marie. Voici la source de la vraie fraternité humaine : Jésus,  notre frère aîné.  Dieu, Seigneur et Roi, il est aussi notre frère aîné. Il a porté nos péchés sur la Croix, sous les yeux de sa sainte mère. Il renouvelle son Saint Sacrifice à chaque messe et se donne en Hostie vivante.

En cette fin de l’année jubilaire , nous devons profiter de la Miséricorde paternelle pour nous ressourcer encore et toujours, passant sous les portes saintes pour recevoir l’indulgence comme à Notre-Dame de Liesse, et dans les sanctuaires désignés.
En cette rentrée,  la Nativité de la Vierge le 8 septembre,  et la fête du saint nom de Marie le 12,  nous invitent à comprendre l’Amour authentique du Père et le véritable salut. La Vierge Marie est la femme et la mère qui a reçu humblement la mission de conduire les hommes à son divin Fils,  de faire de nous, capricieux, égoïstes et paresseux,  des frères et soeurs d’un Frère aîné. A Jésus par Marie !

Les baptisés dans la Croix et la Résurrection du Christ doivent défendre ce trésor mais aussi le faire connaître: allez et enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père,  et du Fils et du Saint-Esprit. Sainte Thérèsa de Calcutta a toujours porté le crucifix du chapelet sur son épaule, et évangelisait ainsi les hindous, quoiqu’on en dise. En 1916, l’ange du Portugal apprenait à trois enfants des prières pour la diffusion de la foi et de l’espérance chrétienne pour arracher les âmes au refus de la vie éternelle. Que Notre-Dame de Fatima illumine cette année nouvelle. 

Abbé Marc Guelfucci, curé
04 septembre 2016