Edito

Homme nouveau et chant nouveau :
la Passion de sainte Cécile

C’est ce dimanche la fête de la co-patronne de notre paroisse, S. Cécile. Voici ce qu’en disait il y a 18 ans le cardinal Ratzinger, notre bien-aimé pape émérite :

« Cantantibus organis (1ère antienne des laudes de S. Cécile) : « Au son des instruments Cécile chantait ainsi : que mon cœur soit sans tache afin que je ne sois pas détruite… ». Extérieurement Cécile célébrait ses noces avec Valérien, à une époque où jamais le jeu des instruments ne faisait défaut. Mais intérieurement elle en épousait un autre, le Christ, à qui appartenait tout son amour. Deux mariages, deux types d’amour, et du coup deux types de musique qui s’opposent : dehors, c’est le cantique ancien du vieil homme, la musique païenne, bruyante et séduisante aux sens, tournée vers l’extérieur, qui porte l’homme vers la superficie et le bas, l’étourdit et l’arrache à lui-même, réduisant au silence son chant intérieur. Et puis il y a la nouvelle intériorité, la nouvelle hauteur et profondeur de l’homme qui se manifestent dans un amour nouveau, dans la rencontre avec le Christ. Avec elles s’éveille le chant nouveau.
Au début, ce chant est encore timide, étouffé, chant de l’âme et chant du cœur. Dans la légende de S. Cécile il doit encore se dissimuler à l’intérieur, combattre le chant strident du monde ancien. Mais ensuite il devient toujours plus libre et plus fort, de sorte qu’il réussit petit à petit à intégrer, de manière nouvelle, les instruments de musique qui en avaient été d’abord écartés (…). Maintenant la voix du cosmos n’est plus inaudible [la matière des instruments – bois, métal – et leur âme – le souffle, le son – sont intégrés dans le chant nouveau] (…).
Des commencements du christianisme jusqu’à nos jours nous sommes devant ce merveilleux processus par lequel le chant nouveau, au début si humble, et même caché, se développe de manière toujours nouvelle, ne cessant d’attirer à lui la richesse de toutes les possibilités humaines, la richesse du cosmos, les transformant en chant, en chant pour Dieu (…).
Aujourd’hui, en la fête de S. Cécile, nous écoutons toute la splendeur du chant nouveau et nous sommes heureux qu’il résonne au milieu de nous avec tant de beauté. Chers musiciens, nous vous remercions de nous aider à louer Dieu. Nous voulons tous ensemble prier afin qu’aujourd’hui et demain le chant de la Nouvelle Alliance ne se taise pas mais qu’il résonne avec une joie renouvelée à la gloire de Dieu ».

Card. Joseph Ratzinger, Sermon 22 nov. 1996, à S. Carlo ai Catinari (Rome), in Benoît XVI, L’esprit de la musique, Artège, pp. 174-175.

Abbé Eric Iborra

Saint Eugène martyr de la Charité

A cause de son histoire très spéciale dans le diocèse de Paris, grande est la tentation de la paroisse « saint-Eugène sainte-Cécile » de se centrer sur la forme de la messe au lieu de se centrer sur le Christ. Grande est la tentation de se focaliser sur la forme qui diffère d’un missel à l’autre au lieu de se focaliser sur le fruit qui rassemble et qui est la sainteté même de Dieu. Mais l’Esprit-Saint est là qui veille et qui suscite au cœur des uns et des autres des engagements dans tel ou tel projet pastoral où l’on découvre, quelquefois étonné, que parmi les fidèles de l’autre forme il y a aussi des personnes estimables, voire sympathiques, avec lesquelles on peut travailler dans la vigne du Seigneur. L’unité de notre paroisse repose bien entendu sur l’Eucharistie, sur la messe, mais sur son fruit plus que sur sa forme, sur sa finalité plus que sur ses rubriques, sur l’amour que nous avons les uns pour les autres plus que sur la manière liturgique dont nous nous rapportons à cet amour…

Soyons donc pleins de reconnaissance envers Dieu pour toutes les activités pastorales qui nous permettent de nous retrouver les uns avec les autres, et de mettre en pratique ensemble toutes les grâces que la messe nous apporte sous une forme ou sous une autre. Rendons grâce pour les « Journées d’Amitié » où beaucoup d’entre nous s’investissent beaucoup. Rendons grâce pour le « Parcours Alpha » qui est une expérience magnifique pour tous les paroissiens qui l’organisent. Rendons grâce pour les grandes processions, pour les voyages de rentrée en septembre et pour tant d’autres moments de la vie paroissiale où la messe peut porter son fruit de respect réciproque et d’amour fraternel.

Dans cet élan, et par l’intercession du martyr saint Eugène, demandons donc à Notre Père l’Esprit-Saint qui, en unissant les deux testaments de la Bible, l’Ancien et le Nouveau, unit également, dans leur profondeur, les deux formes de la messe, l’ancienne et la nouvelle, en nous aidant en permanence à faire passer la relation de cœur avant la relation d’idées, aussi bien avec Dieu qu’entre nous. C’est en grandissant dans cet amour de charité que tous nous reconnaîtront pour ce que nous sommes et aspirons à être, des disciples du Christ, témoins de sa Vie et de sa Paix.

Abbé Patrick Faure, curé
(extraits de l’homélie du 16 nov. 2014)

Une neuvaine pour la France

A l’heure où Philippe de Villiers fait paraître son Roman de Jeanne d’Arc et au moment où s’achève l’année consacrée à S. Louis, Thibaud Collin – le philosophe que je citais dans mon sermon de la Toussaint – nous invite à prier la Vierge Marie pendant 9 mois pour la France.

Cette neuvaine, patronnée par le cardinal Barbarin et adressée à Notre-Dame de l’Assomption, Reine de France, est destinée à favoriser la conversion des cœurs, étape préalable et indispensable à la reconstruction spirituelle et matérielle de notre pays. Souvenons-nous de la fécondité de celle – de 9 ans – décrétée par les évêques de Pologne pour préparer le millénaire chrétien de leur pays (1958-1966) !

Cette initiative trouvera tout naturellement sa place à Saint-Eugène, et en particulier dans le cadre des Veilleurs à genoux, l’adoration eucharistique qui prolonge la messe du vendredi soir.

Précisons en quoi elle consiste. Du 15 novembre 2014 au 15 août 2015, il s’agit de :

  1.  S’engager quotidiennement à réciter le chapelet (ou une dizaine) et la prière de la neuvaine
  2.  Jeûner le 1er vendredi du mois
  3. Consulter le site de la neuvaine (www.laneuvaine.fr) : de nombreux textes y traiteront du dessein divin sur la nation et la France en particulier, les saints et les lieux qui ont façonné notre pays, etc.
  4.  Se nourrir des méditations proposées chaque vendredi par des évêques, abbés et prêtres de France.

Et évidemment faire connaître cette démarche de prière et de conversion autour de soi !

Abbé Eric Iborra

La Neuvaine
15 novembre 2014 – 15 août 2015

Vierge Marie, Notre-Dame de France, accueillez nos cœurs d’enfants
confiants en votre bienveillance.
Guidez-les vers Jésus notre Sauveur, pour recevoir de son Cœur
les grâces de sa divine miséricorde.
Nous vous présentons notre pays ses souffrances, ses troubles, ses conflits
mais aussi ses ressources et ses aspirations.
Recevez-les, purifiez-les, présentez-les à votre Fils, afin qu’Il intercède en notre faveur, qu’Il oriente nos actions vers le Bien et nous guide dans la Vérité.
Nous vous consacrons la France dans la fidélité à l’espérance et la force de l’Esprit Saint reçues à notre baptême. Amen.

FIP 141109