Edito

La Vie en Marche

Le Pape François soutient la Marche pour la Vie qui aura lieu à Paris ce dimanche 25 janvier. Voici ce qu’il disait aux médecins catholiques italiens le 15 novembre dernier : « L’attention à la vie humaine, en particulier à celle qui connaît le plus de difficultés, c’est-à-dire au malade, à la personne âgée, à l’enfant, concerne profondément la mission de l’Église. Dans de nombreux lieux, la qualité de la vie est principalement liée aux possibilités économiques, au « bien-être », à la beauté et à la jouissance de la vie physique, en oubliant d’autres dimensions plus profondes – relationnelles, spirituelles et religieuses – de l’existence…

La pensée dominante propose parfois une « fausse compassion » : celle qui considère que c’est aider une femme que de favoriser l’avortement, un acte de dignité de procurer l’euthanasie, une conquête scientifique de « produire » un enfant considéré comme un droit au lieu de l’accueillir comme un don ; ou d’utiliser des vies humaines comme des cobayes de laboratoire en prétendant en sauver d’autres…. La fidélité à l’Évangile de la vie et au respect de celle-ci comme don de Dieu, demande parfois des choix courageux et à contre courant qui, dans des circonstances particulières, peuvent arriver à l’objection de conscience. Et aux nombreuses conséquences sociales que cette fidélité comporte. Nous vivons une époque d’expérimentation sur la vie. Mais une mauvaise expérimentation. Produire des enfants au lieu de les accueillir comme un don, comme je l’ai dit. Jouer avec la vie. Faites attention, car cela est un péché contre le Créateur : contre Dieu Créateur, qui a créé les choses ainsi… L’avortement… est un problème scientifique, car il y a là une vie humaine et il n’est pas licite de tuer une vie humaine pour résoudre un problème… Cela vaut aussi pour l’euthanasie : nous savons tous qu’avec autant de personnes âgées, dans cette culture du rebut, il existe cette euthanasie cachée. Mais… cela signifie dire à Dieu : « Non, la fin de la vie c’est moi qui la décide, comme je veux ». Un péché contre Dieu créateur. Il faut bien penser à cela…

Saint Camille de Lellis, en suggérant la méthode la plus efficace pour soigner un malade, disait simplement : « Mettez plus de cœur dans ces mains ». Tel est également mon souhait. Que la Sainte Vierge, la Salus infirmorum, soutienne les intentions avec lesquelles vous entendez poursuivre votre action.

Pape François
(extraits Abbé P. Faure) 

Domine, salvam fac Galliam !
Grand Dieu, protégez la France !

C’est par ces mots que je terminais mon sermon de dimanche dernier, au lendemain des actes de terrorisme que l’on sait, étendant cette demande de protection à l’Europe et à la civilisation chrétienne. La neuvaine à Notre-Dame de l’Assomption, patronne principale de la France depuis 1638, neuvaine de mois que nous avons commencée le 15 novembre, nous y encourage.

Pas pour fuir le réel en nous réfugiant dans la prière, mais au contraire pour stimuler notre foi afin de mieux être les protagonistes d’une évangélisation décomplexée, aussi bien auprès des musulmans abusés que des Français de souche déboussolés. J’ajoutais : « Gardez-nous dans la voie de l’espérance par les chemins escarpés du réalisme politique et de la charité surnaturelle ». Délicate conjonction qui s’impose cependant aux chrétiens que nous sommes.

Chaque jour nous sommes invités à réciter la prière ci-dessous, en l’accompagnant d’un chapelet ou d’une dizaine, et à jeûner le 1er vendredi. Je rappelle qu’à S. Eugène, la messe du vendredi soir est suivie par la récitation d’une dizaine de chapelet, de la prière et de trois quarts d’heure d’adoration au cours de laquelle est lue la méditation hebdomadaire rédigée par l’un des évêques ou prêtres parties prenantes de cette initiative nationale.

Vierge Marie, Notre-Dame de France,
Accueillez nos cœurs d’enfants confiants en votre bienveillance.
Guidez les vers Jésus notre Sauveur,
pour recevoir de son Cœur les grâces de sa divine miséricorde.
Nous vous présentons notre pays, ses souffrances, ses troubles, ses conflits,
mais aussi ses ressources et ses aspirations.
Accueillez-les, purifiez-les, présentez-les à votre Fils
afin qu’Il intercède en notre faveur, qu’Il oriente nos actions vers le Bien
et nous guide dans la Vérité.
Nous vous consacrons la France dans la fidélité à l’espérance
et la force de l’Esprit Saint reçues à notre baptême. Amen.

Vous pouvez trouver tous les renseignements sur le site de la neuvaine : www.laneuvaine.fr

Abbé Eric Iborra

Epiphanie violentée

Notre compassion chrétienne et notre soutien fraternel vont aux personnes quelles qu’elles soient, y compris musulmanes, qui ont été victimes des tueries qui viennent d’ensanglanter la France. Nous pensons à leurs familles, mais aussi aux familles des assassins qui découvrent peut-être horrifiées ce dont certains de leurs membres sont devenus capables.

L’observation et l’expérience que la plupart de nos concitoyens peuvent faire de la société française depuis plusieurs années nous disent que les crimes commis ces jours-ci ne sont pas seulement imputables à l’engagement militaire de notre pays dans des théâtres d’opérations extérieurs. La montée de l’islamisme radical en France est devenue cette semaine une réalité qui frappe et qui tue, et aucune explication de « loup isolé » ou de « défaillance psychiatrique » ne peut plus être avancée pour la nier ou la minimiser. Il ne s’agit pas d’Islam en général mais bien d’islamisme radical, d’un extrémisme religieux aussi violent qu’aveugle. C’est un fait sur lequel des voix nombreuses ont alerté à plusieurs reprises les pouvoirs publics et la société civile.

Face à ce phénomène, la connaissance concrète que nous aurons de telles ou telles personnes musulmanes, juives, hindoues, bouddhistes, animistes etc. dont nous pourrons dire que nous les connaissons vraiment contribuera efficacement à construire des liens positifs là où nous sommes, et quelle que soit notre envergure sociale.

En cette semaine de l’Epiphanie et de prière avec nos frères d’Orient, eux aussi, et lourdement, éprouvés par la violence islamiste, nous appelons la Bénédiction de Dieu et la Force de l’Esprit-Saint sur l’immense majorité des croyants qui désirent la Paix.

Abbé Patrick Faure