Edito

L’Esprit-Saint, âme de l’Eglise

Si l’Église est notre mère, si cette même Église a pour Mère celle qui fut comblée de la grâce du Saint-Esprit, elle qui conçut la Tête du Corps au jour de l’Annonciation et qui enfanta ses membres lorsque ce même Esprit descendit sur les Apôtres, futures colonnes de l’Église, réunis en prière autour d’elle au 50e jour de Pâques, c’est que l’Esprit Saint est en quelque sorte l’âme de ce grand Corps dont la stature domine les siècles et qui traverse l’histoire en pèlerin vers la Jérusalem céleste où le Christ ressuscité, sa Tête, est déjà parvenu en vainqueur. L’Esprit Saint est l’âme de l’Église, c’est lui qui la vivifie de l’intérieur et la conduit comme l’écrivait il y a bientôt 30 ans S. Jean-Paul II dans son encyclique Dominum et vivificantem. Voici un extrait de la Conclusion :

« L’Esprit Saint, dans son lien mystérieux de divine communion avec le Rédempteur de l’homme, est celui qui assure la continuité de son œuvre : il reçoit ce qui est du Christ et le transmet à tous, il entre sans cesse dans l’histoire du monde en venant dans le cœur de l’homme. Il devient là, comme le proclame la Séquence liturgique de la solennité de la Pentecôte, le véritable père des pauvres, dispensateur des dons, lumière de nos cœurs ; il y devient l’hôte très doux de nos âmes que l’Église salue sans cesse au seuil de l’intériorité de tout homme. Il apporte, en effet, « repos et réconfort » au milieu des fatigues, du travail des bras et du travail de l’esprit humain ; il apporte « repos » et «soulagement » au milieu de la chaleur du jour, au milieu des préoccupations, des luttes et des dangers de toute époque ; il apporte enfin la « consolation », lorsque le cœur humain pleure et connaît la tentation du désespoir.

C’est le sens de la Séquence qui proclame : « Sans ta puissance divine il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti ». Seul l’Esprit Saint, en effet, « met en lumière le péché », le mal, dans le but de rétablir le bien dans l’homme et dans le monde humain, pour « renouveler la face de la terre ». C’est pourquoi il purifie tout ce qui « souille » l’homme, « ce qui est sordide » ; il soigne les blessures, même les plus profondes de l’existence humaine ; il change l’aridité intérieure des âmes et les transforme en champs fertiles de grâce et de sainteté. Ce qui est « rigide », il « l’assouplit », ce qui est « froid », il le « réchauffe », ce qui est « faussé », il le « rend droit » sur les chemins du salut.

En priant ainsi, sans cesse l’Eglise professe sa foi : il y a dans notre monde créé un Esprit qui est un Don incréé. C’est l’Esprit du Père et du Fils: comme le Père et le Fils, il est incréé, immense, éternel, tout-puissant, Dieu, Seigneur. L’Esprit de Dieu « remplit l’univers », et tout ce qui est créé reconnaît en lui la source de sa propre identité, découvre en lui son expression transcendante, se tourne vers lui et l’attend, l’invoque de tout son être. Vers lui, Paraclet, Esprit de vérité et d’amour, se tourne l’homme qui vit de vérité et d’amour, et qui, sans la source de la vérité et de l’amour, ne peut pas vivre. Vers lui se tourne l’Eglise, qui est au coeur de l’humanité, afin d’implorer pour tous et de dispenser à tous les dons de l’Amour qui, par lui, « a été répandu dans nos cœurs ». Vers lui se tourne l’Église sur les chemins escarpés du pèlerinage de l’homme sur la terre ; et elle demande, elle demande sans se lasser, la rectitude des actes humains, car elle est son œuvre ; elle demande la joie et la consolation que lui seul, le vrai Consolateur, peut apporter en descendant au plus profond des cœurs humains ; elle demande la grâce des vertus qui méritent la gloire céleste ; elle demande, par la communication plénière de la vie divine, le salut éternel auquel le Père a éternellement prédestiné les hommes, créés par amour à l’image et à la ressemblance de la très Sainte Trinité ».

Que ces jours de la Pentecôte nous habituent à la présence du Saint-Esprit en nous et dans l’Église. Que nous sachions nous mettre docilement à son école, comme les pèlerins de Chartres…

Abbé Eric Iborra

Passage de témoins

Il y a un an, la paroisse de St Eugène – Ste Cécile a été au point de départ de la grande procession en l’honneur du roi Saint Louis qui s’est rendue à la cathédrale Notre-Dame au son de la fanfare et des chants, accompagnée de multiples bannières colorées, dans les rues de Paris étonnées mais ravies par la beauté de cette manifestation catholique joyeuse et ensoleillée. Nous sommes partis à environ 600 fidèles et nous nous sommes retrouvés à presque 2000 personnes dans la cathédrale et ses environs. En ce 17 mai 2014, par les mains du bon roi saint Louis, Dieu a donné sa bénédiction à ceux qui ont témoigné de leur foi en marchant et en priant, ainsi qu’à ceux qui se sont associés par le regard et par le cœur à cet événement heureux pacifique et encourageant.

En particulier notre paroisse a vécu un beau moment d’unité de tous ses membres attachés à l’une ou l’autre forme de la messe. Que la mémoire de cette grâce et de toutes les autres qu’elle reçoit continue de la porter pour qu’elle avance dans l’accomplissement de sa mission au sein du diocèse de Paris. Après six années que j’ai passées comme curé de St Eugène, le cardinal archevêque, Mgr André Vingt-Trois, m’accorde une année sabbatique en dehors de Paris pour que j’avance notamment dans les travaux d’exégèse que j’ai entrepris depuis plus de dix ans sur les Actes des Apôtres pour le compte de l’Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem où j’ai soutenu ma thèse en 2003. Mon successeur à St Eugène, à compter du 1er septembre prochain, est l’abbé Marc Guelfucci du diocèse de Paris, actuellement vicaire à Notre-Dame de Grâce de Passy, et vicaire épiscopal pour les mariages. Il n’est pas un inconnu dans la paroisse puisqu’il y est déjà venu certains étés pour remplacer l’abbé Iborra et moi-même lorsque nous étions simultanément absents. J’appelle la bénédiction de Dieu sur la nouvelle équipe sacerdotale. Conscient que c’est grâce à la forme ordinaire de la messe que St Eugène – Ste Cécile est une paroisse à part entière et qu’à ce titre elle peut accueillir la forme extraordinaire, je demande particulièrement pour elle au Seigneur la grâce de l’équilibre et de la Paix. Avec reconnaissance et confiance je la remets particulièrement à la protection de st Joseph et des saintes patronnes de la France, la Vierge Marie, Sainte Jeanne d’Arc et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.

Abbé Patrick Faure, curé