Edito

L’essence de la liturgie,
selon le cardinal Robert Sarah

Le cardinal guinéen Robert Sarah, nouveau préfet de la congrégation romaine du culte divin et de la discipline des sacrements, vient de publier un livre intitulé « Dieu ou rien, entretien sur la foi ». A la veille de la conférence qu’il donnera à S. Eugène sur le thème « la nouvelle évangélisation et la liturgie », je retranscris un passage de son livre :

La liturgie est un moment où Dieu désire être, par amour, en profonde union avec les hommes. Si nous vivons véritablement ces instants sacrés, nous pouvons rencontrer Dieu. Il ne faut pas tomber dans ce piège qui voudrait réduire la liturgie à un simple lieu de convivialité fraternelle. Dans la vie, il y a bien d’autres endroits pour se réjouir ensemble. La messe n’est pas un espace où les hommes se retrouvent dans un banal esprit de fête. La liturgie est une grande porte qui s’ouvre vers Dieu et qui nous permet de sortir symboliquement des murs de ce monde. Il faut envisager la sainte messe avec dignité, beauté et respect.

La célébration de l’eucharistie requiert d’abord un grand silence, un silence habité par Dieu. Il est nécessaire de respecter les circonstances matérielles pour que cette rencontre se passe de manière féconde. Je pense par exemple à la dignité et à l’exemplarité des habits et du mobilier liturgiques. Le lieu de la messe doit être empreint d’une beauté qui puisse favoriser le recueillement et la rencontre avec Dieu. Benoît XVI a beaucoup apporté à l’Église en réfléchissant au sens de la liturgie. Son livre « L’Esprit de la liturgie » est le fruit d’une pensée théologique mûrie. Si la liturgie est appauvrie de son caractère sacré, elle devient une sorte d’espace profane.

Or nous sommes dans une époque qui recherche intensément le sacré ; mais par une forme de dictature du subjectivisme, l’homme voudrait cantonner le sacré dans l’espace profane. Le meilleur exemple est donné lorsque nous créons de nouvelles liturgies, fruits d’expérimentations plus ou moins artistiques, et qui ne permettent aucune rencontre avec Dieu. Nous prétendons, avec une certaine arrogance, rester dans l’humain pour entrer dans le divin.

En ce dimanche de la Transfiguration, entrons nous aussi, avec les apôtres Pierre, Jacques et Jean, sur la montagne de la rencontre, dans l’extase mutuelle du Père et du Fils, d’où procède la lumière éblouissante de l’Esprit Saint.

Abbé Eric Iborra