Présentation générale

CONFRERIE MARIE COREDEMPTRICE

Crucifixion avec la Sainte Vierge, Saint Jean, et Marie Madeleine de Fra Angelico, 1419

 

La Confrérie de Marie Corédemptrice de la Paroisse Saint-Eugène Sainte-Cécile est avant tout une confrérie du saint Rosaire, inspirée par ces paroles de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire:

« La Sainte Vierge révéla un jour au bienheureux Alain de la Roche qu’après le saint sacrifice de la messe, qui est la première et la plus vive mémoire de la passion de Jésus-Christ, il n’y avait point de dévotion plus excellente et plus méritoire que le Rosaire, qui est comme une seconde mémoire et représentation de la vie et de la passion de Jésus-Christ. »

« … Comment abattre les forces de Satan ?  La sainte Vierge, protectrice de l’Eglise, n’a point donné de moyen plus efficace pour apaiser la colère de son Fils, pour extirper l’hérésie et réformer les mœurs des chrétiens que la confrérie du saint Rosaire… »[1]

 

Triple but de la confrérie 

  • Former une armée de l’Immaculée, dont l’arme privilégiée et invincible est le Très Saint Rosaire : Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dans son Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge parle d’une armée mariale spécialement nécessaire dans les derniers temps qui seront marqués par une présence très forte de Notre Mère céleste et toute l’histoire du Très Saint Rosaire montre que celui-ci est une arme redoutable contre les forces du mal, contre Satan : « Marie doit être terrible au diable et à ses suppôts comme une armée rangée en bataille, principalement dans ces derniers temps. »[2].  Cette vérité a été profondément ressentie par certains des fidèles qui ont chanté le Rosaire au chevet de la Cathédrale Notre-Dame de Paris en proie aux flammes lors de l’incendie spectaculaire du 15 avril 2019, signe très manifeste envoyé du ciel afin de réveiller les fidèles de leur sommeil spirituel.

 

  • Faire des actes de réparation pour les péchés contre la Sainte Eglise, en associant à chacune des douleurs de la Sainte Vierge une intention de réparation pour un péché particulier qui blesse gravement l’Eglise.  Le but de réparation a été suggéré explicitement par Mgr Athanasius Scheider lors d’une conférence le 22 mai 2020, en réponse à une question posée sur ce que les fidèles pourraient faire dans la crise de l’Eglise que nous subissons.  Il a répondu : « D’abord, nous devons demander la grâce d’avoir toujours un cœur contrit, nous devons aller plus fréquemment à la Sainte Confession, organiser des Heures Saintes, des processions de réparation pour les grands péchés dans l’Eglise : les péchés contre la Sainte Eucharistie, les péchés contre le Premier Commandement de Dieu, les péchés contre  la vérité de l’unicité du salut en Jésus-Christ, les péchés contre la sainteté du mariage, les péchés contre la sainteté du sacerdoce… »[3].    Ce but de réparation a été inspiré également par ces paroles du Pape Benoît XVI en mai 2010 à Fatima, dans lesquelles il a exposé le lien entre les prophéties de Fatima et la crise ecclésiale sans précédent aussi dramatique et qui annonce la Passion de l’Eglise.  Lorsqu’on lui a demandé si le troisième secret de Fatima était lié aux scandales cléricaux, le pape, répondant à cette question qu’il avait lui-même personnellement sélectionnée auparavant, a révélé qu’il y a dans le Secret, «… des réalités de l´avenir de l´Eglise qui peu à peu se développent et se manifestent …  Concernant les nouveautés que nous pouvons découvrir aujourd´hui dans ce message, il y a aussi le fait que les attaques contre le pape et l´Eglise ne viennent pas seulement de l´extérieur mais que les souffrances de l´Eglise viennent précisément de l´intérieur de l´Eglise, du péché qui existe dans l´Eglise. On a toujours su cela mais aujourd´hui, nous le voyons de façon réellement terrifiante : la plus grande persécution de l´Eglise ne vient pas d´ennemis extérieurs mais elle naît du péché de l´Eglise et l´Eglise a donc profondément besoin de réapprendre la pénitence, d´accepter la purification, d´apprendre le pardon, mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice… »[4]

 

  • Honorer la Très Sainte Vierge Marie en tant que Corédemptrice de l’humanité, par une dévotion particulière à Notre-Dame des Sept Douleurs, et appeler de tous nos vœux la proclamation du cinquième dogme marial qui viendrait couronner Notre Dame du titre de Corédemptrice. Afin d’honorer Notre Dame en tant que Corédemptrice, les membres de la confrérie  pratiqueront spécialement la dévotion à Notre-Dame des Sept Douleurs, en récitant le chapelet des Sept Douleurs de Notre-Dame, puisque c’est par ses souffrances et ses larmes qu’elle est devenu Corédemptrice de l’humanité :  « …la Vierge est vraiment notre Mère car elle nous a enfantés à la vie de la grâce dans la souffrance de l’enfantement par son cœur transpercé d’un glaive de douleurs. Ceci nous fut explicitement manifesté quand le Christ du haut de la Croix dit à l’Apôtre St Jean et à travers lui à chacun d’entre nous « Voici votre Mère… Dans le mystère de l’Incarnation Marie obtient le titre de Mère de Dieu … Si Marie est Mère dès l’instant de l’Incarnation, Marie n’a jamais été plus Mère qu’au pied de la Croix. Et là le titre qui lui est donné est celui de Corédemptrice. » (Monsieur l’abbé Grodziski, dans son homélie pour la fête de Notre Dame des Douleurs du 15 septembre 2019)

 

Engagements

  • Récitation quotidienne du chapelet.
  • Récitation hebdomadaire du chapelet des Sept Douleurs de Notre-Dame (si possible dans l’église le dimanche à 17h, avant les Vêpres et le Salut du Très-Saint Sacrement à 17h45)
  • Récitation d’une neuvaine de Notre-Dame des Sept Douleurs du 6 au 14 septembre.
  • Consécration à la Très Sainte Vierge Marie de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.Et dans la mesure du possible :

Et dans la mesure du possible :

  • Participation à la fête patronale de la confrérie à la paroisse le 15 septembre pour la fête de Notre Dame des Sept Douleurs
  • Adoration eucharistique (dans la mesure du possible une fois par semaine, le jeudi ou le vendredi soir à l’église SaintEugène).
  • Participation à une Retraite du Rosaire avec la Fraternité Saint Vincent Ferrier.

 

[1] Les deux citations sont de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire, Troisième Dizaine : L’excellence du Saint Rosaire dans la méditation de la vie et de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.  La lecture de ce livre est hautement recommandée afin, justement, de pénétrer ce ‘secret admirable’ qu’est la prière du Rosaire.

[2] Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, 1ère partie, ‘Nécessité de la dévotion à Marie particulièrement dans les derniers temps’ ; cf. aussi Cantique des Cantiques 6, 4.

[3] Mgr Athanasius Scheider a suggéré ces actes de réparation le 22 mai dernier, lors d’une conférence qu’il a faite dans le cadre de la Rome Life Forumhttps://lifesite.kartra.com/page/DAYTHREE ; sa réponse commence à 8 :10.

[4]http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr//speeches/2010/may/documents/hf_ben-xvi_spe_20100511_portogallo-interview.html

 

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Histoire de la dévotion

à Notre-Dame des Sept-Douleurs

Le Chapelet aux Sept Douleurs a été développé par l’Ordre des Servites de Marie, fondé à Florence en Toscane en 1223, au cours du XIIIème siècle.  Il est parfois appelé le Chapelet aux Sept Épées en référence à la prophétie de Syméon :  « Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées. » (Lc 2, 34-35).  Par sa lettre Redemptoris du 26 septembre 1336, le pape Benoît XII enrichit la pratique, grâce à des indulgences. Le pape Clément XII confirma et augmenta celles-ci par sa bulle Unigeniti du 12 décembre 1734. Toutes ces indulgences furent de nouveau confirmées par un décret de la Congrégation Sacrée des Indulgences, émis selon la volonté du pape Clément XIII, du 13 mars 1763.  

L’éclosion de cette dévotion a été préparée par les auteurs spirituels des XIème et XIIème siècle, en particulier saint Pierre Damien († 1072), saint Anselme († 1109), Eadmer de Cantorbéry († 1124), saint Bernard († 1153) qui tous méditent sur la souffrance de la Vierge au pied de la Croix[1]. Ce courant spirituel qui médite sur les douleurs de la Vierge est illustré par l’admirable séquence Stabat Mater dolorosa, qui fut écrite par un ardent franciscain, le Frère Jacques de Benedetti de Todi (1236 † 1306).  La méditation sur les douleurs de la Vierge s’épanouit surtout au cours des XIVème et XVème siècles. Notre Dame a révélé à Sainte Brigitte de Suède, que la dévotion à ses Sept Douleurs apporterait de grandes grâces aux fidèles.  Une confrérie de Notre Dame des 7 Douleurs fut fondée à Bruges en 1492. Elle célébrait sa fête le dimanche dans l’octave de l’Ascension.

Une première fête de Notre Dame de Compassion, dite aussi Notre-Dame des Douleurs ou Notre-Dame de Pitié, ou encore de la Transfixion[2] de Notre-Dame, fut instituée par le Concile de Cologne en 1423 contre les Hussites qui désolaient alors les églises et détruisaient les images saintes. Cette fête est fixée au vendredi après le dimanche de la Passion : afin – dit le Concile – d’honorer l’angoisse et la douleur qu’éprouva Marie lorsque, les bras étendus sur l’autel de la Croix, notre Rédempteur Jésus-Christ s’immola pour nous et recommanda cette Mère bénie à saint Jean (…) surtout afin que soit réprimée la perfidie des impies hérétiques Hussites. Cette fête, qui existe toujours, a été inscrite au Martyrologe Romain par le pape Sixte IV (1471-1484) et étendue à toute l’Eglise latine par le pape Benoît XIII en 1727.  Cependant les règles liturgiques austères du Carême ne permettent pas un plein épanouissement de cette célébration en tant que fête. Aussi l’Ordre des Servites commença en 1668 à célébrer une seconde fête de Notre Dame des 7 Douleurs fixée de façon mobile au IIIème dimanche de septembre, ce qui lui fut confirmé comme un privilège propre par le pape Innocent XI. Rendu à la liberté, le pape Pie VII étendit cette fête à toute l’Eglise latine le 18 septembre 1814. Conséquence du changement du Bréviaire en 1908, on décida en 1914 de libérer un dimanche en fixant cette fête désormais au 15 septembre, octave de la fête de la Nativité de la sainte Vierge et lendemain de celle de l’Exaltation de la sainte Croix.[3] Enfin, lors des apparitions de la Sainte Vierge à Fatima, elle est apparue aux trois petits bergers comme Notre Dame des Douleurs.

 

Les promesses de Notre Dame

Selon les visions de Sainte Brigitte de Suède (1303-1373)[4], notre sainte Mère promet d’accorder sept grâces à ceux qui L’honorent et s’approchent d’Elle et de son Fils, chaque jour en méditant sur ses douleurs et en participant à son chagrin.

  • ‘J’accorderai la paix à leurs familles.’
  • ‘Ils seront éclairés sur les mystères divins.’
  • ‘Je les consolerai dans leurs douleurs et les accompagnerai dans leur travail.’
  • ‘Je leur donnerai tout ce qu’ils demanderont tant qu’ils ne s’opposeront pas à la volonté adorable de mon divin Fils ou à la sanctification de leurs âmes.’
  • ‘Je les défendrai dans leurs batailles spirituelles avec l’ennemi infernal, et je les protégerai à chaque instant de leur vie.’
  • ‘Je les aiderai visiblement au moment de leur mort, ils verront le visage de leur mère.’
  • ‘J’ai obtenu cette grâce de mon divin Fils, afin que ceux qui répandent cette dévotion à mes larmes et à mes peines soient emmenés directement de cette vie terrestre au bonheur éternel, puisque tous leur péchés seront pardonnés et que mon Fils sera leur consolation éternelle et leur joie.’

 

Prière à Notre-Dame des Sept-Douleurs de Sainte Brigitte

Sainte Vierge Marie, Mère Immaculée de Dieu, qui avez enduré un martyre d’amour et de chagrin en voyant les souffrances et les peines de Jésus !  Vous avez coopéré au bénéfice de ma rédemption par vos innombrables afflictions, et en offrant au Père Eternel son Fils unique comme holocauste et victime de propitiation pour les péchés.  Je Vous remercie pour l’amour indicible qui Vous a conduit à Vous priver du fruit de vos entrailles, Jésus, vrai Dieu et vrai Homme, pour me sauver, moi, pécheur.   Oh !  Profitez de l’intercession indéfectible de vos peines avec le Père et le Fils pour que je puisse faire amende de ma vie et ne plus jamais crucifier mon Rédempteur aimant, par de nouveau péchés ; et que, persévérant jusqu’à la mort dans sa grâce, je puisse obtenir la vie éternelle par les mérites de sa Croix et de sa Passion. Amen.

 

[1] Voici par exemple ce qu’écrit saint Anselme :  « Ta peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu’une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l’on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de ta douleur. Elle a été si grande et si immense, qu’elle a crucifié toutes tes entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de ton cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que tu n’aurais jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l’esprit de vie de ton aimable Fils, pour lequel tu souffrais de si grands tourments, ne t’avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie. » (Saint Anselme, De l’exercice de la Vierge, I 5.) 

[2] Ce terme (qui vient du latin transfigere, transpercer) rappelle la prophétie du vieillard Siméon lors de la Présentation au Temple de Jérusalem : ‘… un glaive te transpercera l’âme …’

[3] Cette histoire de la dévotion est tirée du site de la Schola Sainte Cécile : https://schola-sainte-cecile.com/2019/09/14/programme-de-la-fete-de-notre-dame-des-7-douleurs/

[4] Sainte Brigitte de Suède, fille de Birger Persson, prince suédois et issu de la famille des Brahe, est née en 1303 en Suède. Mère de huit enfants, elle devient veuve en 1344. Après s’être retirée au monastère d’Alvastra, elle se fixe en 1349 à Rome où elle se consacre à des pèlerinages, une vie d’intense apostolat et de prière assidue. Renommée pour ses prophéties et ses révélations mystiques, elle est connue pour ses conseils politiques et religieux sur la gouvernance des États ainsi que sur la papauté réfugiée à Avignon.  Après un pèlerinage en Palestine, elle mourut à Rome le 23 juillet 1373. Canonisée dès 1391, elle fut d’abord fêtée le 8 octobre puis le 23 juillet. Jean-Paul II l’a proclamée co-patronne de l’Europe avec sainte Catherine de Sienne et la philosophe Edith Stein, canonisée sous le nom de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix.

 

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LA CORÉDEMPTION

 

Crucifixion avec la Sainte Vierge et Saint Jean, Giotto di Bondone (1267-1337), Collection Privée

 

 

Au pied de la Croix, Marie acquiert le titre de Corédemptrice

« …la Vierge est vraiment notre Mère car elle nous a enfantés à la vie de la grâce dans la souffrance de l’enfantement par son cœur transpercé d’un glaive de douleurs. Ceci nous fut explicitement manifesté quand le Christ du haut de la Croix dit à l’Apôtre St Jean et à travers lui à chacun d’entre nous « Voici votre Mère… Dans le mystère de l’Incarnation Marie obtient le titre de Mère de Dieu … Si Marie est Mère dès l’instant de l’Incarnation, Marie n’a jamais été plus Mère qu’au pied de la Croix. Et là le titre qui lui est donné est celui de Corédemptrice. Si au moment de l’Incarnation Marie acquiert le titre unique de Mère de Dieu, au pied de la Croix, elle acquiert le titre non moins unique de Corédemptrice par lequel elle devient Mère de tous les baptisés… son enfantement au jour de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ fût sans douleur… Mais par contre, à cause de nos péchés, ce fut dans la douleur qu’elle nous enfanta au pied de la Croix à la Vie de la Grâce… Tout comme Marie, de par le mystère de l’Incarnation après avoir enfanté son enfant Jésus, est lié à son Fils au pied de la Croix, nous aussi, qui avons été enfantés à la vie de la grâce par Marie, nous devons être liés à elle au pied de la Croix, tel saint Jean, le fils qui lui fut donné par Jésus du haut de la Croix. Là où Jésus est passé, il fallait que Marie passât. Là où Marie est passée à la suite de son Fils, il faut que l’Église passe.  L’Église militante est au pied de la Croix avec Marie, comme saint Jean au jour de la Passion. Mais il est des périodes où cette présence au pied de la Croix est plus forte, comme par exemple aux moments des persécutions… Dieu a voulu la Passion de son Fils et la Compassion de sa Mère au Pied de la Croix. Marie est l’image de l’Église : là où Jésus est passé, sa Mère qui lui est intimement lié est passée, et l’Église, à son tour, doit les suivre. » (Homélie de Monsieur l’abbé Grodziski lors de la fête de Notre-Dame des Douleurs, le 15 septembre 2019)

 

Marie participe au mystère de l’union hypostatique :

« En dessous du sacrifice du Christ, il y a le Sacrifice de la Sainte Vierge, la Corédemption au pied de la Croix[1].  C’est quelque chose d’unique également, mais du point de vue de la créature, parce qu’elle a pu être élevée à un niveau au-dessus de toute autre créature.  Et c’est pour cela que la Sainte Vierge dépasse toutes les créatures, même les anges.  Elle est Regina Angelorum.  La Vierge occupe une place très spéciale.  Quand la Vierge Marie offre son Fils au pied de la Croix, elle l’offre sans murmurer ; elle le donne.  L’oblation, du point de vue de la créature, est parfaite.  L’oblation est finie du point de vue de la personne offrant ; elle est parfaite mais finie parce que la Vierge est une créature.  Mais l’oblation est infinie du point de vue de la victime offerte.  La Vierge, grâce à cela, est Corédemptrice.  Puis, le corps que Jésus offre sur la Croix est le corps qu’il a reçu de la Vierge Marie.  Et le corps auquel nous communions, c’est le corps que Jésus a reçu de la Vierge Marie.  Elle a donc un rôle à part dans tout le mystère de salut, dans le mystère hypostatique.   Le mystère de la Vierge Marie est de l’ordre de l’union hypostatique.  C’est pour cela que, avec autorité, le Concile d’Ephèse a dit que Marie est Mère de Dieu.  Au pied de la Croix elle est donc corédemptrice parce qu’elle est Mère de Dieu.  C’est pourquoi il y a à son égard un culte d’hyperdulie.  Le culte de latrie n’est dû qu’à Dieu.  Le culte de dulie est dû aux saints.  Le culte d’hyperdulie est réservé à la Sainte Vierge.   La Sainte Vierge est davantage que la plus belle des créatures, au sommet de toutes les autres créatures, de l’Eglise.  En fait, le mystère de la Sainte Vierge n’est pas de l’ordre de l’Eglise, mais de l’ordre de l’union hypostatique, c’est-à-dire du mystère de Jésus-Christ vrai Dieu, vrai homme.  La Sainte Vierge a une place spéciale dans ce mystère dans lequel la divinité se lie à l’humanité.  C’est pour cela qu’elle est Mère de Dieu et qu’elle a une place spéciale dans le mystère même de la Trinité.  Elle a un mystère  qui transcende tout le mystère de la création, tout en étant une créature.  Elle a une place intermédiaire : elle n’est pas dans la Trinité, mais elle transcende complètement toute la création.  Elle participe donc au mystère de l’union hypostatique.  Elle n’est donc pas simplement la créature la plus sainte de l’Eglise.  Elle est Corédemptrice. » (Extrait du cours de Monsieur l’abbé Grodziski sur la liturgie, le 5 décembre 2019)

 

Corédemption et consécration mariale à la lumière du message de Fatima :

« Le message de Fatima est dans son intégralité un appel à coopérer avec Notre Dame pour le salut de l’humanité.  Cette coopération, qui en langage technique peut être exprimée comme ‘corédemption’, joue un rôle central dans l’ensemble du message, car elle est présente depuis la première apparition de la Dame Blanche le 13 mai 1917, lors de laquelle Elle demande aux trois petits bergers s’ils sont prêts à s’offrir à Dieu et à supporter toutes les souffrances qu’Il leur enverrait comme acte de réparation pour la conversion des pécheurs…  Il y a également un caractère corédemptif dans l’union du Coeur Immaculé de Marie avec le Très Sacré Cœur de Jésus, dont l’éclat brille déjà dans la seconde prière que l’Ange de la Paix a apprise aux trois bergers en 1916…  La prière se termine ainsi : ‘Et par les mérites infinis de son très Saint Cœur, et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.’  Pourquoi cette référence aux mérites de Notre Dame, étant donné que les mérites infinis du Cœur du Christ sont plus que suffisants pour notre salut ?  … Sœur Lucia… explique que dans le message de Fatima le mystère de la Corédemption de Notre Dame est si éminent qu’il ne le cède en importance qu’au mystère du Cœur Immaculé de Marie, mais que les deux sont intimement liés…

[Elle dit] : ‘Dieu a commencé l’œuvre de notre rédemption dans le Cœur de Marie, puisque c’est par son ‘fiat’ que la rédemption a commencé … Ainsi, dans l’union la plus intime entre deux êtres humains, le Christ a commencé, avec Marie, l’œuvre de notre salut.  Les battements du cœur du Christ sont ceux du cœur de Marie, la prière du Christ est la prière de Marie, les joies du Christ sont les joies de Marie ; c’est de Marie que le Christ a reçu le Corps et le Sang qui seront versés et offerts pour le salut du monde.  Par conséquent, Marie ne fait qu’un avec le Christ, et elle est la Corédemptrice du genre humain.  Avec le Christ dans son sein, avec Jésus-Christ dans ses bras, avec le Christ à Nazareth et dans sa vie publique ;  avec le Christ, elle est montée sur la colline du Calvaire, elle a souffert l’agonie avec Lui, recueillant dans son Cœur Immaculé les dernières souffrances du Christ, ses dernières paroles, sa dernière agonie et les dernières gouttes de son Sang, afin de les offrir au Père.’

… L’union corédemptive de Marie avec son Fils est manifestée… spécialement sur le Calvaire, au moment de la mort de Jésus, [quand] cette union salvifique est parfaitement consommée : Notre Dame au pied de la Croix a offert Son Fils à Dieu et avec Son Fils s’est offerte Elle-même.  Un sacrifice, un amour salvifique jusqu’à la fin, offert sur deux autels : le corps du Christ et le cœur de Marie. 

Au Calvaire, Marie est la Femme dont l’heure est venue d’enfanter, c’est pourquoi elle souffre des douleurs de l’enfantement de notre régénération (cf. Jean 16, 21, en rapport avec la Femme de l’Apocalypse 12,2, qui crie en enfantant, dont le symbolisme est pleinement révélé dans la Femme du Calvaire, Jean 19, 25-27)… Par conséquent, de même que la Rédemption est le ‘prix’ que le Christ a payé pour nous (1 Pierre 1, 18-19)…  de même la Co-rédemption est aussi un ‘prix’ que Marie a payé pour nous : Son sacrifice maternel en même temps que ses mérites offerts pour notre salut… Ici nous devrions considérer l’union du cœur de Marie avec Jésus dans l’offrande de l’unique sacrifice qui opère notre salut, et avant tout le consentement que Notre Dame a donné à l’immolation de Son divin Fils, afin de collaborer personnellement à son Offrande, au salut de tous…

… Benoît XV, dans son Encyclique ‘Inter sodalicia’ (22 mai 1918)… dit : ‘Marie…a offert son Fils afin d’apaiser la justice divine ; donc nous pourrions bien dire qu’elle a, avec le Christ, racheté l’humanité.’…

… Le fondement théologique de la consécration mariale est essentiellement la maternité spirituelle de Notre Dame, dont le noyau théologique, de nouveau, est la co-rédemption mariale : ‘femme, voilà ton fils’, et ‘fils, voilà ta Mère’ (Jean 19, 26-27).  Marie est en effet notre chère mère puisqu’Elle a contribué… activement à nous enfanter à la nouvelle vie d’enfants de Dieu.  Notre vie éternelle est un don du Christ à travers Marie, obtenue par le Sang du Christ et les larmes de Marie. 

Consécration signifie ‘être rendu sacré’, ‘mettre à part’, pour Dieu et pour Notre Mère Bénie.  Mais afin d’être sacré, c’est-à-dire d’appartenir exclusivement à Dieu, l’on doit Lui être offert: on doit être sacrifié.  Le sacrifice, mot dérivé de ‘sacrum facere’ (rendre quelque chose sacré), est la source même par laquelle on est rendu sacré ou ‘consacré’ …. D’une claire théologie corédemptive de la collaboration de Notre Dame à  notre salut découle l’expression ‘consécration’ à Marie…

… Notre Dame de Fatima a demandé la ‘consécration’…  De même que la consécration nous mène à considérer soigneusement que Marie est vraiment Co-rédemptrice, qu’Elle a joué un rôle maternel unique dans notre régénération surnaturelle, réciproquement, notre consécration à Marie nous permet de vivre pleinement le mystère de la Co-rédemption Mariale, comme demandé par Notre Dame de Fatima…

… Il pourrait advenir une grâce spéciale capable de répondre à tous nos vœux  de voir Notre Dame davantage aimé… la proclamation du 5ème Dogme Marial… qui joindrait indissolublement Co-rédemption et Consécration en tant qu’identité du Chrétien dans ce monde, son essence et son opération.  Ceci  serait le moyen propice pour rassembler officiellement cette armée Mariale spéciale nécessaire pendant les temps derniers, marqués par une présence spéciale de Notre Mère et Reine… » (Extrait d’une conférence faite par le Père Serafino M. Lanzetta le 20 mai 2020 lors du Rome Life Forum intitulée ‘Corédemption et consécration mariale à la lumière du message de Fatima’, traduit de l’anglais)[2]

 

[1] Crucifixion entre la Vierge et Saint Jean, Bernardo Daddi, école toscane, XIVème siècle, Palais de Carnolès, Menton.

[2] https://voiceofthefamily.com/co-redemption-and-marian-consecration-in-the-light-of-the-fatima-message-for-our-times/

 

 

Un sacrifice, un amour salvifique jusqu’à la fin, offert sur deux autels :

le corps du Christ et le cœur de Marie.

 

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Prière indulgenciée en réparation des injures

contre la Sainte Vierge [1] :

 

Ô Sainte Vierge, Mère de Dieu, du haut du Ciel où vous êtes intronisée comme Reine, daignez abaisser votre regard miséricordieux sur moi, pauvre pécheur, votre indigne serviteur. Bien que je connaisse parfaitement ma propre  indignité, du plus profond de mon cœur, je vous loue et je vous glorifie comme la plus pure, la plus sainte et la plus belle de toutes les créatures de Dieu, afin de réparer les outrages dont se rendent coupables envers vous tant de langues impies et blasphématrices.

Je bénis votre saint Nom; je loue votre privilège exalté d’être vraiment Mère de Dieu, toujours Vierge, conçue sans la tâche du péché, et corédemptrice de la race humaine. Je bénis le Père éternel qui vous a élue entre toutes pour sa Fille; je bénis le Verbe Incarné qui, dans votre sein très pur, a revêtu la nature humaine et a fait de vous sa Mère; je bénis l’Esprit-Saint qui vous a choisie pour son Épouse. Toute honneur, louange et action de grâces à la Très Sainte Trinité qui vous a prédestinée et aimée d’un tel excès d’amour de toute éternité au point de vous exalter au-dessus de toutes les créatures vers les hauteurs les plus sublimes.

Ô Vierge sainte, Vierge miséricordieuse, obtenez à tous ceux qui vous offensent la grâce de la repentance et daignez agréer ce pauvre acte d’hommage de ma part, votre serviteur, obtenant également pour moi de votre divin Fils le pardon et la rémission de tous mes péchés.

Ainsi soit-il.

 

[1] Source: Raccolta delle orazioni e pie opere per le quali sono sono concedute dai Sommi Pontefici le SS. Indulgenze (1950).  Prière enrichie par le Saint Office d’une indulgence de 500 jours (janvier 22, 1914), dans laquelle la Vierge Marie est appelée ‘corédemptrice de la race humaine’