Editorial

Véritable Pauvreté dans la Foi pour la Mission

         Dans la relation intime avec Dieu, la vie dans la pauvreté volontaire a toujours attiré certaines âmes et étonné les autres. Le spectacle d’un homme dans une grande simplicité du vêtement, de la nourriture et du logement par détachement de la vie terrestre ne laisse pas indifférent. Les moines et les moniales inspirent un respect presque naturel de par le monde. Mais Pascal nous prévient : « L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. » Ainsi donc, la cause d’un tel détachement volontaire ne doit pas être un pessimisme qui fuit la vie, une fausse modestie, un misérabilisme ostentatoire ou une folie solitaire. Cela serait d’ailleurs peu respectueux des pauvres qui ne désirent pas être dans un tel état d’abandon des consolations terrestres légitimes.

         Mais il est vrai que dans notre recherche du bonheur, Dieu nous appelle à dépasser la gêne matérielle et la peur du lendemain. C’est la raison des Conseils évangéliques, des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ce sont d’ailleurs des hommes et des femmes vivant dans le don total d’eux-mêmes au Verbe incarné qui ont baptisé des peuples entiers.

         Que faire pour garder la foi et la transmettre comme ces Missionnaires ? Entrer dans le combat spirituel pour connaître le Vrai, faire le Bien, admirer la Bonté divine. Le bonheur des êtres spirituels consiste à vivre dans la conscience vraie, d’aller vers le Bien divin. Nos vies familiales et sociales s’épanouissent dans l’effort d’accomplir les dix commandements dans l’Amour authentique.

         En 2020, la pauvreté risque de ne pas être volontaire mais nous serons tous appelés à une purification spirituelle et religieuse. La pauvreté avec le Vrai Dieu donne la liberté d’aimer et d’être aimé par le Sauveur Jésus, le Fils du Père éternel. Il est venu nous sauver en naissant de la Vierge Marie, se faisant pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté (2 Co 8,9).

         Dans nos vies humaines, le fait de naître dans une famille riche ou pauvre, l’occasion d’avoir un métier très rémunérateur ou très simple, a son importance. Mais faire tourner nos vies autour d’une inégalité, une injustice supposée dès la naissance, ne nous rendra pas plus riches. L’État moderne a voulu compenser cette providence apparemment défectueuse pour être la Providence. C’est un échec.

         Seuls l’amour familial et l’amitié fraternelle au nom d’un Dieu fait Homme, peuvent nous faire enfants d’un même Père dans le soutien mutuel contre la misère. Tournons-nous vers la Vierge Marie par la prière du chapelet. Le rappel de l’Annonce de la venue de Jésus sur Terre, crucifié et ressuscité, nous donnera l’espérance de le recevoir à la Sainte Communion.

Dimanche 18 octobre 2020
Chanoine Marc GUELFUCCI, curé

Retour sur notre pèlerinage

         Avec une semaine de recul, je voudrais revenir sur le pèlerinage paroissial du samedi 3 octobre à Deuil-la-Barre, sur le lieu du martyre de saint Eugène et dans l’église où ses reliques avaient été déposées lors de leur découverte dans le lac Marchais à l’époque mérovingienne.

         Il nous faut en effet d’abord rendre grâce pour cette belle journée qui nous a permis de mieux connaître saint Eugène et de voir concrètement les lieux où il a donné sa vie pour l’Eglise et fut configuré au Christ Rédempteur. Tout comme du haut de la Croix dans le Sacrifice sanglant de sa vie, Jésus nous a mérité les Grâces de Salut et fut le Pontife, le Pont entre le Ciel et la Terre, de même dans son martyre saint Eugène participa pleinement au mystère de la Croix et devint l’intercesseur privilégié pour ceux qui s’approchent de lui. Oui, cette journée fut avant tout une expérience spirituelle qui nous a fait sentir la présence et la bienveillance de notre saint patron à l’égard de notre paroisse.

         Cette expérience spirituelle nous a rappelé la vérité fondamentale de l’omniprésence du monde surnaturel. Or au milieu des tribulations et des angoisses, cette vérité de Foi est la source de toute paix intérieure. Dans nos épreuves, il nous faut retrouver le sens de l’omniprésence discrète de Dieu qui n’est rien d’autre que l’expression de son Amour pour l’homme.

         L’Omniprésence de Dieu est un dogme que nous connaissons bien et que nous acceptons volontiers en théorie mais que nous avons du mal à incarner dans le quotidien de notre vie. En effet le caractère discret de cette Présence divine afin d’attirer à elle ses enfants tout en respectant leur liberté, fait que nous la ressentons et la vivons bien souvent non comme une Présence mais comme une absence de Dieu. C’est là un des pièges majeurs du démon : nous faire croire en l’absence de Dieu, nous convaincre, qu’à la vue de la gravité, voire de l’horreur, de nos péchés, Dieu s’est éloigné de nous et nous a abandonnés. Nous ne sommes jamais seuls : si par nos péchés nous nous éloignons de Dieu, Lui est toujours là.

         Il est primordial que notre âme prenne conscience et expérimente le regard constant de Dieu sur chacune de ses créatures, regard de bonté et de lumière qui nous guide sur notre chemin de croix terrestre. L’expérimentation du regard bienveillant de saint Eugène durant cette journée de pèlerinage est une expérience qui nous aide à mieux comprendre et surtout à intégrer concrètement la discrète Présence divine au cœur de notre existence de tous les jours.

                                                                            Abbé Gabriel Grodziski, Vicaire

« Si eux se taisent, les pierres crieront » Luc, 19, 40

            Le projet de loi bioéthique, aggravé par la Commission spéciale de l’Assemblée Nationale, a été adopté le 1er août 2020, par l’Assemblée Nationale en seconde lecture, avec 101 députés présents dans l’hémicycle sur 577.

         L’adoption définitive de ce projet de loi n’est pas acquise : le texte doit encore repasser devant le Sénat et le Conseil Constitutionnel pourrait ensuite en être saisi. De nombreux évêques ont réagi à ce « désastre éthique » et le Groupe de travail bioéthique de la Conférence des évêques de France, présidé par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, a communiqué le 1er août sa désapprobation.

         Une Coordination d’associations – dont les Associations familiales Catholiques (afc-France.org), la Manif pour Tous, Alliance Vita et l’Association Juristes pour l’enfance –, qui a pour nom : « Marchons Enfants », multiplie les campagnes de sensibilisation du grand public, les démarches auprès des parlementaires, et appelle les citoyens à manifester le samedi 10 octobre prochain dans de nombreuses villes de France.

         L’Eglise a la mission d’éveiller les consciences, en rappelant les principes non-négociables qui guident la recherche du Bien commun, but principal de la Politique. Elle doit même encourager les fidèles du Christ laïcs à s’engager dans leur mission spécifique, qui est d’animer chrétiennement les réalités temporelles des familles, de la vie associative, engagement social et politique.

         Les fidèles sont invités à prendre leurs responsabilités par la décision, que chacun doit prendre librement et en conscience, de manifester. Encore faut-il qu’il soit informé de cette possibilité.

         La PMA (procréation médicalement assistée) trompe le couple d’un homme et d’une femme affligés par l’épreuve de la stérilité. Elle détourne de la confiance en la providence et de la possibilité de l’adoption, et elle induit la destruction d’embryons. Elle est maintenant « la fabrication légale et intentionnelle d’enfants sans père, induisant un bouleversement de la filiation sans précédent, où la filiation n’est plus liée à la nature – qui exige les gamètes d’un homme et d’une femme – mais à un projet parental. C’est la remise en cause pure et simple de la nature de la génération humaine et la négation de la corporéité, qui est partie intégrante de la personne humaine. Et le fait que cela ne concernera qu’un nombre limité de couples ne change rien à la révolution ainsi opérée dans le droit général de la filiation. »

         Ce projet de loi bioéthique ne s’attaque pas à des réalités contingentes, sujettes à opinions : il comporte une « rupture anthropologique majeure » qui attente à la dignité fondamentale de la personne humaine, à commencer par la plus vulnérable, et offense gravement le dessein du Créateur, Notre Père, qui a envoyé son Fils, né de la Vierge Marie, afin de le servir, Dieu vivant et véritable, en attendant des cieux son retour, « Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient. » [I Théss., 1, 10]

         Ce projet de loi prévoit en outre d’autoriser largement l’expérimentation sur les embryons humains, jusqu’à fabriquer des embryons-chimères, par l’apport de cellules souches humaines à des embryons animaux.

         Enfin, un amendement hors-sujet a été introduit, en extrême fin des discussions, visant à étendre l’Interruption Médicale de Grossesse, déjà possible jusqu’à la fin de la grossesse, aux cas de « détresse psychosociale » : il s’agit ni plus ni moins de détruire un être humain innocent – qui peut nier qu’un fœtus de 9 mois soit un enfant ?  Avec les 232 00 avortements de 2019, c’est un véritable scandale qui met en lumière le drame de tout avortement.

         Personne n’est dupe non plus sur l’adoption future de la Gestation pour autrui (GPA), qui ne saurait être longtemps ajournée, ne serait-ce que pour honorer le principe dialectique de non-discrimination entre les couples de femmes et les couples d’hommes, et pour ne pas prendre de retard dans une compétition commerciale déjà bien engagée, comme dans les salons « désir d’enfants » en France même. L’évolution des mœurs, au mépris de la loi morale aura de lourdes conséquences qui pèseront sur les générations à venir.

         La compassion et l’attention aux souffrances personnelles ne permettent pas de rester muet sur le désordre éthique que ces avancées sociétales apporteront objectivement pour tous. Le désir d’avoir un enfant ne peut le priver volontairement de père et de mère. Les épreuves et les sacrifices de la vie terrestre suffisent bien pour être méritant et héroïques.

         La prière et le jeûne demeurent les moyens privilégiés pour accompagner notre action et en garantir de la part du Seigneur la fécondité avec l’intercession maternelle de la Vierge Marie.

         Que la prière de l’Incarnation, le « Je vous salue Marie », la prière de la preuve de l’Amour du Père, que le Chapelet offert pour que le Cœur immaculé de Marie fasse le siège du Sacré Cœur, que le Rosaire soit notre recours !

            Chanoine Marc GUELFUCCI, curé
Dimanche 4 octobre 2020
            (Librement inspiré de la lettre de Mgr AILLET, Bayonne, le 24 septembre 2020)

Que Dieu soit béni pour tant de Grâces en un seul jour !

                Dans son admirable ordonnancement de la Création, Dieu a voulu que les êtres supérieurs veillent sur les êtres inférieurs, imitant en cela la bienveillance divine à laquelle ils participent dans cette mission de miséricorde. C’est ainsi que nous avons tous un Ange gardien que nous fêterons vendredi ou que chaque paroisse a un saint Patron qu’elle s’est providentiellement choisi et qui intercède spécialement pour elle auprès de Dieu.

                Il est important de ne pas oublier cette sainte protection et de la vénérer. Nous le faisons en particulier chaque année en célébrant solennellement la fête de saint Eugène, notre saint patron et en mettant en valeur à cette occasion ses saintes reliques qui nous ont été confiées. Cette année nous ajouterons une démarche spéciale en consacrant notre voyage paroissial de rentrée à un pèlerinage sur les lieux du martyre de saint-Eugène. En effet, notre saint patron a été martyrisé à Deuil-la-Barre, à moins de 15 kms au nord de Paris dans le Val-d’Oise.

                C’est une chance d’avoir un saint patron martyr qui a ainsi imité le Seigneur jusque dans sa mort. Il est alors important d’aller le prier sur le lieu où il a donné sa vie afin d’y recueillir les fruits de son sacrifice et d’y implorer les grâces divines par son intercession très puissante. Nous le ferons cette semaine, le samedi 3 octobre en allant l’honorer dans l’église où furent recueillies et conservées durant de longs siècles ses reliques et ensuite en allant pèleriner au lac Marchais, lieu où son corps fut jeté par les bourreaux.

                Ce pèlerinage vient s’insérer dans le cadre d’une dévotion qui est très chère à notre paroisse, à savoir celle des 1ers vendredis et samedis du mois. Ainsi, après avoir veillé devant le Saint-Sacrement durant la nuit en priant spécialement pour la France, nous partirons le samedi matin à Deuil-la-Barre où nous pourrons faire les dévotions demandées par la Sainte Vierge à Fatima. Entre notre culte au Cœur-Sacré de Jésus et celui au Cœur immaculé de Marie, vient donc se glisser notre pèlerinage auprès de saint Eugène qui, dans son rôle d’intercesseur, nous conduit aux Sources de tout amour et de toute miséricorde afin d’y puiser la Grâce.

                Ce jour-là sera aussi celui de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus selon le calendrier non réformé, que nous aurons solennisée, en tant que patronne secondaire de la France, le dimanche précédent, ainsi que nous le permettent les rubriques du Missel traditionnel.

                Oui, que Dieu soit béni pour tant de Grâces en un seul jour !

                                                                                              Abbé Gabriel Grodziski, Vicaire
Dimanche 27 septembre 2020

Comment vivre ce temps sans présence de Dieu, et sans prière ?

            Nous serons bienheureux si la vie quotidienne s’écoule avec les vraies joies simples et les soucis de toujours. Si nous avons la force de nous détacher de l’avalanche d’actualités et de nouvelles pleines de menaces et d’anxiété, si nous ne perdons pas notre temps sur internet, à écouter la radio ou à regarder la télévision ! Recherchons à parler avec ceux qui nous aiment en vérité, avec ceux qui sont bienveillants. Recherchons Dieu qui est notre Père et notre Frère en Jésus-Christ. Parlez-Lui, parlez à la Vierge Marie, à saint Joseph, à votre ange gardien, à saint Eugène, à sainte Cécile, à ceux qui ont votre prénom, votre nom de baptême, et qui vivent déjà avec Dieu, vos saints patrons. Heureux êtes-vous si vous savez rester en silence assis durant 15 minutes chez vous ou devant Jésus au tabernacle de l’église.

            Mais nous ne serons jamais vraiment tranquilles en cette vie terrestre. Il faut pardonner à ceux qui nous blessent et nous blessent encore. Et nous ne pouvons pas éviter de penser à la situation présente, aux familles, aux couples, aux personnes qui ont une vie troublée par les mesures sanitaires aux impacts économiques impressionnants.

            Mais alors comment vivre ce temps sans croire en Dieu ?

            Comment se projeter dans l’avenir, comment être dans l’espérance quand tout se résume à la santé corporelle individuellement et socialement ? Que ce soit l’athée qui nie l’existence du Créateur, que ce soit l’agnostique qui ne cesse de rechercher des preuves de sa présence, que ce soit celui qui se dit croyant mais qui ne prie pas et qui ne va jamais à l’église, comment vivre ce temps sans parler à Dieu une bonne fois pour toutes ? Face à la maladie, à la mort et aux péchés de guerres et de haines, l’homme reproche à Dieu un monde mal fait. Il écarte toute vérité créatrice pour vivre au jour le jour. Jusqu’à quand allons-nous ignorer les 10 commandements et la Charité héroïque ?

            De la Genèse aux Évangiles, Dieu promet qu’Il ne sera pas absent de nos vies. Il est un Père qui donne, qui pardonne à ses enfants et ne les abandonne jamais. Son aide, sa grâce est toujours présente. D’ailleurs, il vaut mieux l’indignation et la colère divines que son silence. Il vaut mieux être averti que d’être surpris dans la malice et l’insouciance à notre mort.

            Nous avons Jésus-Christ, Dieu fait homme, né de la Vierge Marie, l’Agneau de Dieu innocent qui porte les péchés du monde. Demandons-Lui comment vivre ce temps !

Monsieur le Chanoine Marc GUELFUCCI, curé
Dimanche 20 septembre 2020

Ad Jesum per Mariam, Vers Jésus par Marie

Au milieu des incertitudes qui se font de plus en plus pesantes, il nous faut lancer cette nouvelle année qui s’ouvre devant nous et affronter les défis qui se présentent en enracinant de plus en plus la vie paroissiale dans la prière.

Aussi, parmi les nouveautés qu’amène la rentrée, je suis heureux de vous présenter une nouvelle confrérie que nous sommes en train de mettre sur pieds. Il s’agit de la Confrérie Marie Corédemptrice. Tout en étant traditionnelle dans ses inspirations, elle a pour originalité de s’inscrire dans le sillage de 2 traditions mariales reconnues et encouragées par l’Eglise en alliant d’une part la grande intuition de Louis Marie Grignion de Montfort de mettre en place une armée du Rosaire et d’autre part la dévotion en la récitation hebdomadaire du chapelet de Notre Dame des 7 douleurs.

Ainsi avec la récitation du chapelet et les différentes dévotions mariales du mercredi, jeudi et vendredi avant la Messe de 19h qui ont trouvé leur place dans notre église, notre paroisse continue à affirmer et développer son attachement à la Mère de Jésus. Ces pieuses pratiques viennent préparer et renforcer les moments d’adoration eucharistique qui prennent aussi de l’importance dans notre paroisse avec le lancement depuis le début du mois de l’Heure Sainte du jeudi soir, en plus de l’adoration du vendredi. La prière et la pénitence sont les principaux moyens que le Ciel nous donne pour affronter les temps difficiles et avancer avec confiance là où, par l’intermédiaire des médias, l’anxiété se diffuse.

Avec la mise en place de la Confrérie de Marie Corédemptrice, il ne s’agit pas de se réfugier dans une spiritualité doloriste mais d’approfondir une dimension essentielle de la vie de la sainte Vierge que fut le grand moment de sa présence au pied de la Croix du Sauveur. Toute la Vie de Jésus-Christ, qui est l’immixtion de l’éternité dans notre temps, est finalisée sur sa Passion-Résurrection. Parallèlement le mystère de l’Immaculée Conception et de la Virginité perpétuelle de Marie est au service de celui de l’Incarnation et de la Rédemption de son Fils. Par l’Incarnation Marie est Mère de Dieu, par la Rédemption elle est Corédemptrice : la Corédemption de Marie est si intimement liée à sa Maternité divine, que la remettre en cause revient à mettre en doute son titre de Mère de Dieu.

Chaque mystère du salut est explicité selon un agenda divin qui dévoile progressivement les grandes vérités de la Foi avec lesquelles Jésus pare son Epouse, la sainte Eglise, des bijoux de la sainte Doctrine. En ces temps où l’Eglise semble entrer dans la période de sa passion, le contexte paraît divinement prédisposé pour l’explicitation du dogme marial de la Corédemption de la Vierge Marie. La proclamation d’un dogme est le fruit d’un grand combat dans lequel les forces ténébreuses des enfers s’opposent de toute leur énergie au surgissement de la lumière de la Vérité.

Aussi l’objet de la Confrérie de Marie Corédemptrice est à la fois de constituer d’une milice mariale dotée des armes spirituelles, spécialement celle du Rosaire, pour la promotion du mystère de la Corédemption de la sainte Vierge, mais également d’accompagner la Mère de l’Eglise dans sa compassion auprès de ses enfants en cette période de tribulations et de persécutions croissantes.

Abbé Gabriel Grodziski, Vicaire
Dimanche 13 septembre 2020

Notre vie intérieure

Au moment de rentrer à Paris, il nous faut persévérer dans les temps de silence qui nous ont permis d’écouter Dieu nous parler durant ces derniers mois. Nos simples pensées comme nos joies et nos soucis sont un livre ouvert dans lequel Notre Père lit et écrit tout en étant le Maître du passé, du présent et de l’avenir. Nos choix libres, qui vont de l’heure du lever à l’heure du coucher, sont sous le regard et l’aide de Dieu, sa grâce suffisante et efficace.

Jésus est le Verbe du Père, sa Parole éternelle, et le Premier Né. Il est Dieu et Homme. Nous devons Lui parler, nous adresser à Lui, apprendre par cœur Âme du Christ.  Cette année, nous aurons besoin de venir prier devant le tabernacle dans nos églises. Nous aurons besoin de parler à Jésus, notre Sauveur. Nous aurons besoin de venir à des adorations eucharistiques, pour Le voir dans le miracle de l’humble Hostie. 

Pour cela, chaque jeudi, de 20h00 à minuit, nous honorerons la dévotion de l’Heure Sainte, inspirée par le Christ à Paray-le-Monial à Saint Marguerite-Marie pour Le consoler durant l’agonie au Jardin des Oliviers. Ces jeudis s’ajouteront aux vendredis et à la prière pour la France de 20h00 à 21h00 et aux adorations nocturnes du premier vendredi de chaque mois. Nous aurons besoin de mieux connaître la femme qui a été préservée du péché originel et qui a été fidèle à la grâce du Saint-Esprit toute sa vie. La Vierge Marie nous aime comme son Fils et nous L’a donné au pied de la Croix tandis qu’Il nous donnait sa Mère. Disons-lui notre amour par nos propres mots mais aussi par le temps donné du chapelet.

Nous nous tournerons vers Saint Joseph pour qu’il veille sur l’Église catholique comme il a veillé sur la Sainte Famille, le pape et les évêques en particulier. Nous nous tournerons vers sainte Geneviève pour qu’elle prie pour Paris, vers saint Denys et saint Eugène pour honorer leur prédication et leur martyre.

Que nos saints anges gardiens multiplient leur zèle pour accomplir leur aimable service pour notre salut éternel. 

Texte d’âme du Christ

Âme du Christ, sanctifiez-moi,
Corps du Christ, sauvez-moi.
Sang du Christ, enivrez-moi,
Eau du côté du Christ, lavez-moi.
Passion du Christ, fortifiez-moi.
Ô bon Jésus, exaucez-moi.
Dans vos blessures, cachez-moi.
Ne permettez pas que je sois séparé de vous.
De l’ennemi défendez-moi.
À ma mort appelez-moi.
Ordonnez-moi de venir à vous,
Pour qu’avec vos saints je vous loue,
Dans les siècles des siècles, Ainsi soit-il.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 6 septembre 2020

Résolutions de l’été

Après ces belles fêtes de la fin de l’année pastorale – la première Messe du jeune abbé Gauthier GUILLAUME, la solennité des SS. Pierre & Paul, le Sacré Cœur de Jésus, le Précieux Sang, la paroisse Saint-Eugène maintient la célébration des Saintes Messes. Les offices de la semaine et du dimanche seront assurés comme à l’accoutumée (voir tableau). Seul le chapelet des jeudis et vendredis dépendront des volontaires !

A tous nous souhaitons des vacances reposantes et reconstructrices, sous le regard du Seigneur, dont nous fêterons la Transfiguration, et sous celui de sa sainte Mère, que nous aurons à cœur de fêter dignement le jour de son Assomption.

Les activités reprendront leur cours normal à partir des dimanches de septembre.

La nécessité d’un bon examen de conscience est évidente. De notre lever à notre coucher, que nous puissions nous rappeler de la présence de Dieu sans être des moines ou des moniales ! Cependant lorsque l’Esprit-Saint nous rappellera le vrai, le bien, le beau et piquera notre paresse, que nous puissions réagir dans la grâce. Tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler, ne pas prendre prétexte de l’été pour ne pas agir en vérité et cependant se reposer, avoir de bonnes lectures, voilà tout un programme !

Petite prière du matin, petite prière du soir, au moins 15 minutes de recueillement en silence chez soi ou devant Notre-Seigneur au tabernacle dans une visite au Saint-Sacrement… Et le bréviaire du pauvre, de l’enfant qui répète la Bonne Nouvelle de l’Incarnation : le chapelet quotidien.

(Ultime petite résolution : ajouter la prière « Âme du Christ » entre le « Notre Père » et les « Je vous salue Marie », car nos prières doivent être bien vraies, guidées et éclairées avec des mots pleins de force)

Chanoine Marc Guelfucci, curé

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire

été 2020

Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints Prêtres !

Cette fin de mois de juin est illuminée, à la fois par la fête des saints Pierre et Paul, piliers de l’Eglise et aussi, par les Ordinations sacerdotales qui revendiquent le patronage de ces deux saints. Ce lien met en relief la structure fondamentalement sacramentelle et hiérarchique de l’Eglise qui repose sur une double autorité de droit divin : l’une universelle qui s’appuie sur son fondement pétrinien et l’autre locale qui s’enracine dans la mission apostolique de l’Apôtre des gentils qui se dépensa dans l’édification d’Eglises locales à travers l’Empire romain. Telles les magnifiques cathédrales gothiques qui s’appuient sur leurs piliers pour s’élever vers le Ciel, de même l’Eglise est cet harmonieux édifice qui s’arc-boute sur sa hiérarchie sacramentelle pour s’élever vers Dieu.

De la stabilité des piliers dépend la solidité de l’édifice. De la sainteté de son organisation hiérarchique, dépendent la force et le dynamisme de l’Eglise. Cette comparaison n’est pas un artifice littéraire car si l’ordre naturel et surnaturel sont distincts, ils communiquent par l’analogie qui à la fois met en valeur leur origine commune qu’est Dieu et aussi leur place respective bien distincte dans la hiérarchie de l’être, dans le Plan divin de la Création.

Saint Pierre enseigne que l’Eglise est un Temple édifié à partir des pierres vivantes que sont les âmes des Baptisés qui font monter vers Dieu le sacrifice spirituel : « Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ » (IP 2, 5). Chaque pierre de l’édifice, bien posée en fonction du plan d’ensemble dessiné par les piliers, « colonne et soutien de la Vérité » (ITm 3, 15) vient renforcer la stabilité de l’édifice en confortant les colonnes.

L’incendie de notre cathédrale a rappelé l’importance de la solidité de chaque pierre : celles qui ont été endommagées par le feu seront remplacées pour que le bâtiment puisse de nouveau s’élancer vers le Ciel en retrouvant cette vigueur d’ensemble qui l’a fait traverser les siècles comme témoin inébranlable de la Foi de nos ancêtres.

Chaque Baptême est une nouvelle pierre vivante dans le Temple de l’Eglise, cependant chaque Ordination sacerdotale est une nouvelle pierre insérée dans les colonnes qui forment la structure maîtresse permettant à l’édifice de se dresser toujours plus haut vers le Ciel. Si la solidité de chaque pierre du monument a son importance, la solidité de celles qui sont cimentées dans les piliers est cruciale : la faiblesse d’une pierre murale affaiblit une partie de l’édifice, la faiblesse d’une pierre de pilier menace directement d’écroulement des pans entiers du bâtiment.

La sanctification du clergé est l’élément clef de la sainteté de l’Eglise. La crise de l’Eglise est une crise de la sainteté, et, avant tout, une crise de la sainteté de son clergé dont l’affaissement doctrinal, spirituel et moral a provoqué l’écroulement de parties entières de l’Eglise qui menace ruine. Prions pour les Prêtres : pour les nouveaux Prêtres, spécialement pour monsieur l’Abbé Gautier Guillaume qui nous fait la joie de sa 1ère Messe et aussi pour les Prêtres jubilaires afin que Dieu les affermisse dans leur fidélité et leur persévérance.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 28 juin 2020

Coeur à Coeur avec l’Invisible.

La Religion a montré son importance dans l’accès difficile des églises et l’interdiction des messes publiques. Si la prière individuelle est essentielle, la prière sociale ne l’est pas moins car nous ne sommes pas des individus solitaires. Et il y a une prière de relation et de contact avec Dieu qui dépasse la prière dans notre chambre dans le secret de nos pensées connues de Dieu.

Le Tout-Puissant Unique est Amour et il y a en Lui trois relations de Père, Fils et Saint-Esprit. Il est la source des êtres spirituels, anges et humains. Parents, familles, amis, voisins, collègues de travail, commerçants, simples passants, ennemis, nous sommes en permanence dans l’union, la communion, la relation ou la confrontation.

L’apôtre et l’évangéliste saint Jean rapporte les paroles du Christ Jésus après le repas sacrificiel du Jeudi Saint où Il nous a donné sa Personne, Corps, Sang, Âme et Divinité. Il parle de son Père avec une ferveur qui nous dépasse. Sa Divinité et son Humanité s’unissent mystérieusement pour louer le Père. Le Cœur humain et divin bat pour Dieu.

Saint Jean a reposé sa tête sur la poitrine du Seigneur et a entendu battre ce Cœur Sacré de Dieu fait Homme. Cette âme privilégiée n’a pas gardé égoïstement un tel trésor communiqué à tous les siècles. Il est au centre de l’Incarnation. Dorénavant, nous n’avons pas seulement à adorer Dieu et à lui faire des offrandes comme toutes les âmes reconnaissantes de la générosité divine, même dans les religions inventées par les hommes. Nous n’avons pas seulement à craindre de pécher et d’offenser la majesté et la puissance divine dans ses commandements, l’ordre naturel et surnaturel.

Le Cœur de Jésus, sa présence vivante dans le Tabernacle nous oblige à sortir de nous-mêmes, à aller à la rencontre de Dieu concrètement, à nous confesser à un serviteur de Dieu dans le secret pour être sincère et âme à âme lorsque nous communions.

Que l’Esprit Saint nous donne foi, espérance et charité, que le Cœur immaculé de Marie et les anges gardiens prient pour ceux qui vont recevoir le sacrement de confirmation qui épanouit cette action divine afin de nous approcher du Sacré Cœur.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 21 juin 2020

Dieu a tant aimé le monde…

Au cours de cette semaine, nous aurons 2 magnifiques fêtes de Notre Seigneur Jésus-Christ : celle du Très-Saint-Sacrement avec sa majestueuse procession et celle de son Sacré-Cœur. Ces 2 fêtes sont bien différentes mais intimement liées, montrant 2 aspects de l’Amour de Dieu, cet Amour divin qui est l’essence même de Dieu. Ces fêtes viennent donc magnifiquement compléter et expliciter la solennité de la Très Sainte Trinité qui est le mystère de la Vie d’Amour des 3 Personnes divines.

Le cœur est l’organe corporel symbolique de l’amour humain. Or la Personne de Jésus-Christ étant celle du Verbe éternel qui s’est incarné, son Cœur ne peut être que le siège d’un Amour infini qui s’est déployé, a rayonné durant toute sa Vie terrestre et dont celui de la Vierge Marie est le merveilleux et fidèle reflet, son Cœur étant immaculé.

La Présence réelle de Jésus au Saint-Sacrement de l’autel est dans la continuité de ce Cœur humain, siège pendant 33 ans d’un Amour divin qui en tant que parfait ne pouvait cesser d’être présent au milieu des hommes et ne pouvait que continuer sous une autre forme sa mission de Bon Pasteur des âmes.

Notre société a besoin de ce signe d’une humanité enracinée dans la divinité. Nous avons été faits à l’image et ressemblance de Dieu et notre humanité issue des mains de Dieu, issue de l’Amour trinitaire, a besoin de retourner à Lui. Le seul chemin est celui de cet Amour qui nous a été donné en exemple en Jésus-Christ, qui nous a racheté par son Cœur transpercé sur la Croix et qui continue à se donner en nous attendant quotidiennement au Saint-Sacrement de l’autel, présent silencieusement dans tous les tabernacles du monde pour nous attirer sur les chemins mystérieux du Père.

Jésus est caché dans nos tabernacles : Il se cache pour se manifester. C’est là un aspect de son mystère de l’Incarnation qu’Il continue dans celui de sa Présence réelle. La Présence silencieuse est le signe d’un Amour totalement gratuit, discret mais bien réel manifestant l’humilité divine, signe d’un Amour authentique qui se consume à petit feu en durant dans la fidélité jusqu’à la fin des temps. Il est aux antipodes du paraître et de l’éphémère, de la mise en valeur et de la recherche du moi égoïste. Seul celui qui accepte de se laisser interpeller et en fin de compte fasciner, car comment pourrait-il en être autrement, par cette « fournaise ardente de charité », peut entrer dans le tourbillon d’un Amour qui, du haut de la Croix, par son Cœur transpercé, attire tout à Lui pour nous mener et nous donner au Père.

Une fois par an, une fête toute spéciale est donc consacrée à cette Présence réelle de Dieu au milieu des hommes, mais la Paroisse vous donne rendez-vous chaque mois pour honorer Notre Seigneur au cours d’une nuit d’adoration dans l’exposition du Très-Saint-Sacrement afin de répondre à une demande du Ciel de vénérer le Sacré-Cœur de Jésus le 1er vendredi du mois et, conjointement, le Cœur immaculé de sa Mère le jour suivant, 1er samedi du mois.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 14 juin 2020

Dieu est Charité, Dieu est Trinité

En ce premier dimanche après la Pentecôte, l’Histoire du Salut de notre nature humaine est consommée pour le passé, le présent et l’avenir. Chaque âme peut recevoir le Don de Dieu, la Grâce, si elle n’y fait pas obstacle. La Source est l’Incarnation, les Béatitudes, le Sacrifice de la Croix, la Résurrection et l’Ascension de Jésus, Notre Seigneur et notre Frère aîné. Il entre dans la vie divine avec son corps et son âme. Tout est accompli. À nous de le suivre.

Donc, fêter Dieu en ses relations divines, de Père à Fils, de Fils à Père dans l’Amour éternel, c’est fêter la Source de toute Charité maintenant incarnée dans le Fils.

Cette fête est apparue localement en France et à Liège au tout début du Xème siècle comme la conclusion de Noël et de Pâques. Certes, le Pape Alexandre II (1073) déclara « Ce n’est pas l’usage de Rome de consacrer un jour particulier à honorer la très sainte Trinité, puisqu’à proprement parler elle est honorée chaque jour ». C’est le pape français Jean XXII, qui, en Avignon, accepta en 1334 cette fête universelle. Comme le remarquait Dom Guéranger, une fête est le monument d’un fait qui s’est accompli dans le temps, et dont il est à propos de perpétuer le souvenir et l’influence. Or, de toute éternité, avant toute création, Dieu vit et règne, Père, Fils et Saint-Esprit. Les fêtes instituées en commémoration des mystères de notre salut aboutissent toujours à la Sainte Trinité. Celles de la très sainte Vierge et des Saints sont autant de moyens qui nous conduisent à la glorification du Seigneur Dieu unique en essence et triple en personnes. Donc pourquoi cette fête ?

Car cette solennité de la Sainte Trinité constitue un jour particulier où les chrétiens s’unissent d’une manière plus directe dans la glorification solennelle du mystère de l’Unité et de la Trinité dans une même essence divine qui est venu jusqu’à nous en Jésus.

La « Fête Dieu », Solennité du Corps et du Sang du Christ, fera aussi écho à cette présence de Dieu Trinité. Réjouissons-nous de la « preuve » de l’Amour divin, la Sainte Incarnation par la servante du Seigneur, la Vierge Marie, la Nouvelle Ève. La présence du Sauveur est continuée auprès de nous par Jésus-Hostie, fruit de la Sainte Messe. C’est notre Foi, notre Espérance, la source de toute Charité..

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 7 juin 2020

Célébrons dignement l’Esprit-Saint !

La fête de la Pentecôte vient clore le cycle pascal durant lequel nous avons prié autour du mystère de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ qui est au fondement de notre Foi chrétienne.

Les grandes fêtes de l’année liturgique ont une telle ampleur de grâce et d’enseignement que l’Eglise s’est rapidement rendue compte qu’elle ne pouvait en tenir la célébration dans le cadre trop exigu d’une seule journée et, s’inscrivant dans le sillage de la Tradition juive, la Liturgie chrétienne, dans son développement organique, a engendré progressivement des octaves durant lesquelles elle déploie les richesses du mystère célébré tout au long d’une semaine qui chantent les mirabilia Dei, les merveilles de la Providence divine.

La Fête de Pâques, qui est la merveille des merveilles et le centre de l’année liturgique, déploie son cycle pascal sur une semaine de semaines, i.e. sur sept fois sept jours, et se termine, le cinquantième jour, par l’apothéose de la fête de la Pentecôte : le mystère de l’Incarnation est finalisé sur celui de la Rédemption-Résurrection qui, lui-même, trouve son prolongement dans l’envoi de l’Esprit-Saint en tant que promis par Jésus-Christ afin de ne pas nous laisser orphelins après son Ascension (Jn 14,18). Ainsi, dans le cycle pascal, la solennité de la Pentecôte est vraiment le pendant de celle de Pâques et, en même temps, la célébration du fondement d’une nouvelle ère où l’Eglise, dont l’âme est l’Esprit-Saint, est le prolongement du mystère de l’Incarnation-Rédemption. Prenant possession de ce merveilleux Dessein divin, l’Eglise a compris, à la Lumière de ce même Esprit-Saint, l’importance de la fête de la Pentecôte et a disposé progressivement, en intégrant les Quatre-temps d’été d’institution plus ancienne, une octave pour célébrer l’Esprit-Paraclet qui lui a été donné par le Père et le Fils et qui est son principe vital, son âme. La Vigile de la Pentecôte avec la bénédiction des fonds baptismaux et les Baptêmes qui y sont célébrés, est la réplique simplifiée, comme il se doit, de celle de Pâques. Aussi l’octave de la Pentecôte est la plus importante après l’octave pascale.

Cette octave, à l’instar et dans le cadre de la sainte Liturgie, est un Don de Dieu et répond à un réel besoin spirituel contribuant à la sanctification et au Salut des chrétiens. Malheureusement, il est à remarquer et à déplorer avec douleur, que c’est au moment où l’Eglise a voulu mettre entre parenthèse l’octave de la Pentecôte que le pentecôtisme s’est infiltré en son sein. La nature a horreur du vide. Sur le plan surnaturel, quand un élément vital et divin est retranché, c’est le malin qui prend la place laissée vide pour s’y cacher en singeant les Dons de Dieu. Le pentecôtisme, est un fruit du protestantisme qui, en répudiant le Don divin du Sacrement de Confirmation par lequel l’Esprit-Saint nous est donné en plénitude, a cherché un ersatz que l’esprit malin, dans le mélange et la confusion du bien et du mal, s’est empressé de lui fournir. C’est pour cette raison qu’il est très important de bien mettre le Sacrement de Confirmation en valeur et de célébrer l’Esprit-Saint dignement par une octave liturgique préparée par une neuvaine de prière comme nous y invitait notre Curé dans l’édito de la semaine dernière.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 31 mai 2020

Entre l’Ascension et la Pentecôte : la Neuvaine des Neuvaines à l’Esprit Saint

La purification du confinement qui nous a injustement privé des sacrements, et surtout de Jésus-Hostie, doit nous réveiller.

Entre le Jeudi de l’Ascension et le Dimanche de la Pentecôte, se placent les neuf jours de la prière des Apôtres à Jérusalem selon l’instruction du Sauveur Jésus. La Vierge Marie est présente au milieu d’eux avec les saintes femmes (Actes 1, 14). Croyant en un Dieu Unique en trois Personnes, relations d’Amour éternel, nous devons nous adresser à la Promesse de Dieu : l’inhabitation de la Sainte Trinité en nos âmes par l’opération du Saint Esprit.

Le Sacrifice de la Croix est accompli, le Salut éternel vient pour toutes les âmes qui n’y feront pas obstinément obstacle. Les mouvements et les inspirations, les grâces de Dieu font le siège de nos âmes pour que notre libre arbitre soit transporté par tant de prévenance et de sollicitude. Dieu veut notre salut, notre bonheur, notre paix en Lui, source et fin de toutes choses.

Osons parler à l’Invisible, à l’Amour du Père et du Fils. Il se manifeste comme un souffle doux, un vent fort, des flammes ou une paisible colombe, lui qui est la « force venue d’en haut » (Luc 24, 49) pour annoncer l’Humanité et la divinité du Sauveur Jésus. Ce sont de faibles images par rapport au Désir divin de nous sanctifier.

Or notre sanctification, c’est notre conversion du péché. La purification du confinement qui nous a injustement privé des sacrements, et surtout de Jésus-Hostie après une sincère confession, doit nous réveiller. Jésus n’a pas « condamné » la femme adultère tout en lui commandant : « ne pèche plus » (Jean 8, 11). Sans être un évêque, Bernanos nous avertit : « nous répétons sans cesse avec des larmes d’impuissance, de paresse et d’orgueil que le monde se déchristianise. Mais (…) c’est de nos cœurs que Dieu se retire, c’est nous qui nous déchristianisons, misérables ! » (« Français, si vous saviez ») .

Il est nécessaire de parler directement à l’Esprit Saint même si cela est plus difficile que de parler au Christ, visible en notre nature humaine. Prions chaque jour le Veni Sancte Spiritus, l’une des plus belles prières au monde :

La séquence « Veni Sancte Spiritus » de la Messe du jour de la Pentecôte :

Venez, Esprit-Saint, en nos cœurs, et envoyez du haut du ciel un rayon de votre lumière.

Venez en nous, père des pauvres, venez, dispensateur des dons, venez, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos, dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse, venez remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous vos fidèles.

Sans votre puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lavez ce qui est souillé, baignez ce qui est aride, guérissez ce qui est blessé.

Assouplissez ce qui est raide, réchauffez ce qui est froid, rendez droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi et qui en Vous se confient donnez vos sept dons sacrés.

Donnez mérite et vertu, donnez le salut final, donnez la joie éternelle.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 24 mai 2020

Désormais l’hiver est passé…

Nous venons de vivre comme une longue période d’hibernation qui a prolongé de façon artificielle l’hiver 2019-2020. Nous avons vécu comme un hiver social et religieux. Mais heureusement, le printemps pointe à l’horizon et la vie reprend progressivement ses droits. C’est le grand enseignement de Pâques, vécu de façon très spéciale cette année : la mort n’est qu’un passage nécessaire pour accéder à la vraie Vie. Il nous faut maintenant sortir d’un certain engourdissement, qui a pu être un temps de grâce pour nous faire comprendre que cette période de confinement n’est peut-être que l’image d’un engourdissement plus profond qui marque notre société depuis plusieurs décennies, et même depuis bien plus longtemps encore, et d’où il nous faudra bien sortir aussi un jour. En effet, la Révélation divine nous l’enseigne : il existe également une mort définitive, celle que les théologiens appellent la seconde mort, celle prophétisée par Jésus-Christ Lui-même et qui interviendra pour les damnés lors de son retour en gloire dans le cadre du jugement dernier (Mt 25, 31-46), mort définitive qui peut toucher aussi les sociétés profondément corrompues comme l’histoire nous en donne de nombreux exemples.

Alors, l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ que nous allons fêter cette semaine, vient compléter l’enseignement de Pâques et nous rappeler que notre regard doit constamment rester tourné vers le Ciel, non pas vers le Ciel physique comme le faisaient remarquer les deux anges aux disciples qui venaient de voir Jésus retourner au Père, ni vers le ciel de nos rêveries ou d’une vie toute virtuelle, mais vers le Ciel intérieur qu’est notre âme spirituelle. Tout comme le Christ est sorti du Père pour retourner au Père, notre âme également est sortie de la main créatrice de Dieu pour retourner à Dieu et ainsi nous montrer le chemin vers le vrai Ciel si nous savons nous réfugier en elle. C’est en effet du fond de notre âme que surgit la Vie, celle de la Grâce, celle qui n’aura pas de fin, celle sur laquelle la mort n’aura pas de prise et dans laquelle elle sera engloutie.

Aussi, la Liturgie de cette semaine, dans sa sagesse toute divine, va nous préparer à cette belle fête de l’Ascension par les cérémonies des Rogations qui sont des processions pénitentielles publiques car c’est toute la société dans ses structures qui doit être purifiée, réformée et rechristianisée, même si cela passe par la conversion individuelle : en ces processions salutaires, nous reconnaissons le poids de notre péché qui accable notre âme en la maintenant dans les fanges des plaisirs terrestres et nous crions, tel l’enfant prodigue, notre misère vers le Père avec l’espérance de nous réfugier dans ses bras ouverts prêts à recevoir notre repentir.

« Jam hiems transiit… » : « Maintenant l’hiver est passé, la pluie est partie, elle s’est retirée. Les fleurs sont apparues sur notre terre et le temps de tailler la vigne est venu : la voix de la tourterelle a été entendue sur notre terre » (Ct 2, 11-12)

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 17 mai 2020

La prière protectrice des saintes patronnes de France

Les 100 ans de la canonisation de sainte Jeanne d’Arc

Du mot latin pater, le père, le terme de patronus,signifie surtout le rôle protecteur du bon père de famille. Il signifie le défenseur, le protecteur de ses enfants. Sur le modèle de Notre Père qui est aux cieux, un patron et une patronne ont le souci de bonheur spirituel et matériel de leurs protégés et prient Dieu pour qu’il écoute, exauce et pardonne ceux qui sont sous leur patronage. Dieu lui-même confie chaque personne à un ange gardien dès sa conception, et des communautés à des anges protecteurs tutélaires. Saint Michel Archange est le protecteur du Peuple Juif et de la France.

Le 22 mars 1922, par sa Lettre apostolique Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam, France, fille première-née de l’Église, Pie XI proclame Notre-Dame de l’Assomption patronne principale de la France. La Fille aînée de l’Église est officiellement placée sous la protection de la Mère de Dieu sous ce vocable du fait de la consécration par Louis XIII, le 10 février 1638. Dans la même lettre pontificale, Pie XI reconnaît officiellement Jeanne d’Arc « seconde patronne de la Fille première née de l’Église romaine ». Le pape donne à ce double patronage un caractère irréversible. Jeanne avait été canonisée le 16 mai 1920, il y a près de 100 ans.

Pour sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, c’est Pie XII qui, en mai 1944, reconnait « le culte affectueux et célèbre dont les Français l’honorent », et qui la déclare patronne secondaire de la France, à l’égale de Jeanne d’Arc. La sainte carmélite écrivait de la Pucelle d’Orléans : « en lisant le récit des actions patriotiques des héroïnes françaises, en particulier celles de la vénérable Jeanne d’Arc, j’avais un grand désir de les imiter, il me semblait sentir en moi la même ardeur dont elles étaient animées, la même inspiration céleste. » Le pape agit aux heures dramatiques de l’occupation allemande, sur demande des cardinaux et évêques français. Le débarquement aura lieu en Normandie non loin de Lisieux un mois plus tard. En novembre 1944, le Pape écrit au Carmel de Lisieux : « Sainte Thérèse a répondu, ces dernières semaines, comme seuls peuvent le faire les grands amis de Dieu, à la confiance que nous mettions en elle en lui attribuant, de concert avec la sainte libératrice de Domrémy, le patronage de votre chère patrie, sous l’égide supérieure de Notre-Dame, dans le mystère de son Assomption. Cette délivrance étonnante dont la France a été l’objet est, à n’en pas douter, un de ces coups du Ciel, comme l’histoire en a enregistré plus d’une fois dans cette nation privilégiée pour ses gloires religieuses et sa vocation providentielle. »

A la demande de saint Michel, des saintes Catherine et Marguerite, sainte Jeanne d’Arc a rendu le Royaume de France à son souverain légitime le 17 juillet 1429 par le sacre de Charles VII en la cathédrale de Reims. Felíciter ! Témpora bona véniant ! Pax Christi véniat ! Regnum Christi véniat !

Oui, que la paix du Christ vienne ! Deo grátias. Amen.

Chanoine Marc GUELFUCCI, curé
Dimanche 10 mai 2020

L’épreuve dévoile les arrière-fonds

On a voulu nous convaincre pendant des décennies que la crise de l’Eglise avait permis de la purifier en révélant les chrétiens de façade, ceux qui pratiquaient par habitude ou pression sociale et qui en fin de compte ont pris le large et les vrais chrétiens, ceux qui s’engagent dans le monde social et pour qui le reste, et en particulier la Liturgie, est secondaire et doit être adapté à la mentalité moderne. On a réduit l’Eglise à une association caritative et de services spirituelles et elle est maintenant perçue comme telle par une très large majorité de la population, et, horreur, par une bonne partie des catholiques eux-mêmes qui trouvent raisonnable le traitement réservé aux religions dans le plan du déconfinement. Comment s’étonner de la façon dont l’Eglise est traitée en ce moment ?

L’Eglise n’est plus perçue dans sa dimension surnaturelle comme l’unique planche de Salut voulue et instituée par Notre Seigneur Jésus-Christ. On récolte ce que l’on a semé. L’ivraie du socialisme et du libéralisme qui a infesté la semence de la Bonne Nouvelle sous prétexte de la revitaliser (comme si dans les siècles passés l’Eglise n’avait jamais eu l’amour des pauvres et que l’objectif d’une mère est d’opprimer ses enfants !) et qui a été semée pendant des décennies, a levé et a fini par envahir et ravager les consciences de nos concitoyens et de nos coreligionnaires. Nous sommes traités comme nous le méritons, même s’il est injuste de mettre tout le monde dans le même sac : alors ne nous étonnons pas que les consciences saines se révoltent devant ce qui est une atteinte aux droits divins de l’Eglise d’assumer sa Mission.

Heureusement, tout ce qui est voulu ou permis par Dieu a son utilité dans le Plan divin de Salut : la période exceptionnelle que nous vivons a cet effet de révéler le fond des cœurs. Face à un évènement grave ou jugé comme tel, nous réagissons en fonction de nos tripes, en fonction de ce qui est pour nous le plus important à préserver, à sauver.

C’est alors l’occasion de nous interroger, non pas de façon théorique, mais bien concrète sur l’enseignement fondamental du Seigneur : «  Qui voudra sauver sa vie, la perdra ; et qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile, la sauvera » (Mc 8, 35). Il ne s’agit pas de négliger sa vie naturelle mais de la mettre à sa juste place dans une perspective anthropologique réellement chrétienne.

Quand nous sommes obnubilés par notre santé corporelle, par nos intérêts matériels au point de mettre au second plan ce qui fait la gloire et la grandeur du chrétien, nous pouvons alors nous demander : notre existence naturelle a-t-elle à nos yeux plus de sens que notre vie surnaturelle ? En fin de compte : sommes-nous chrétiens ou païens ? Et nous revenons à la même question : notre christianisme est-il de façade, est-il un verni ou imprègne-t-il toute notre vie ? Ainsi, cette épreuve nous est donnée par Dieu comme occasion d’interroger notre conscience et d’y discerner à la lumière de l’Esprit-Saint ce que la Grâce nous a permis de réaliser avec courage pour Jésus-Christ et l’Evangile et aussi d’y débusquer nos faiblesses afin, avec la miséricorde de Dieu, de les guérir et de nous préparer à de plus grandes épreuves : c’est ainsi que Dieu émonde sa Vigne pour qu’elle donne plus de fruits.

Abbé Gabriel Grodziski ; Vicaire
Dimanche 3 mai 2020

Espérance inébranlable de Pâques

En guise d’éditorial, un curé est un prêtre qui doit soigner, procurer une cure, un soin aux âmes. Les eaux thermales donnent une santé qui peut se perdre. Les eaux du baptême donnent la mort de la Crucifixion et la Vie de la Résurrection, une santé qui ne se perd pas. Un curé au sein de l’église se doit d’attirer les âmes auprès de celui qui attend au tabernacle : le Bon Pasteur, le Christ Jésus Notre Sauveur.

Mais nous sommes empêchés de recevoir directement le Pain des Anges, Jésus-Hostie qui illumine l’âme et augmente en elle la présence divine par la grâce. La communion spirituelle devient une prière de désir unie au regret des fautes par un acte de contrition le plus sincère possible. Le Saint-Siège a accordé une indulgence plénière chaque jour en attendant de pouvoir se confesser et communier en vérité, directement, corporellement et dans l’humilité du face à face ! Ayons soif et restons dans la foi et l’espérance ! Pour cela, veuillez méditer, lire et relire ce que l’Esprit Saint a inspiré à Saint Paul :

« Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.

Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères.

Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire.

Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Dieu est celui qui rend juste : alors, qui pourra condamner ? Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous : alors, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?

En effet, il est écrit : C’est pour toi qu’on nous massacre sans arrêt, qu’on nous traite en brebis d’abattoir. Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Épitre aux Romains, chapitre 8, v. 28-39)

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 26 avril 2020

Vers la Renaissance chrétienne

Cette semaine, le 21 mars, nous célébrerons le trépas de saint Benoît, fondateur de la vie bénédictine et patron de l’Europe. L’exemple de ce saint est très instructif car il a vécu à une époque qui en bien des points fut semblable à la nôtre : une période de crise profonde de la société. Il a assisté à l’effondrement d’une grande civilisation, la civilisation romaine, mais surtout, il contribua notablement à fonder sur ces ruines de la culture gréco-romaine la chrétienté qui étendit ses ramifications jusqu’aux confins de la Terre.

Toute réalité en ce monde est marquée par le péché originel qui fait que tout empire terrestre est appelé à s’effondrer, à mourir. Seules les réalités divines perdurent, seule l’Eglise qui est la continuité du mystère de l’Incarnation, a reçu cette promesse que les portes de l’enfer, de la mort ne prévaudront point contre elle : elle est l’ultime héritière et dépositaire de la Promesse qui remonte non seulement à Abraham mais bien au-delà, à nos 1ers parents à qui avait été promis que leur « descendance écraserait la tête du serpent ».

Notre société a apostasié sa foi et elle fait l’expérience amère de l’enfant prodigue qui a quitté le foyer familial. La faim spirituelle et la misère morale avec les souffrances qui en découlent sont autour de nous. Ce monde qui se dissout et s’écroule n’est déjà plus le nôtre : il n’est plus celui de la promesse du baptistère de Reims mais le monde païen, celui de la Rome persécutrice, qui s’effondre sur lui-même. Au milieu de ces bouleversements, comme à l’époque de saint Benoît, il est temps de penser à l’avenir, et de commencer à poser les bases d’un renouveau qui se fera autour de l’Eglise, notre Mère qui, pleine d’une patience miséricordieuse, attend le retour de l’enfant prodigue.

Cette semaine nous aurons une autre fête, encore plus importante, celle de saint Joseph, qui ayant reçu la mission terrestre de gardien de la sainte Famille, continue son œuvre comme patron de l’Eglise universelle. De par le lien spirituel intime qui l’unit à son épouse et à son fils, il est appelé à jouer un rôle décisif dans la renaissance de l’Eglise. Le 19 mars, redoublons de ferveur envers saint Joseph et déposons à ses pieds avec une grande confiance le renouveau de l’Eglise et, en lien avec saint Benoît, celui de l’Europe chrétienne.

« Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph.

Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des Ténèbres ;

et de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant-Jésus au péril de la mort,

défendez aujourd’hui la Sainte Eglise de Dieu des embûches de l’Ennemi et de toute adversité ».

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 15 mars 2020

Résolutions de Carême

Apprendre des prières par cœur

Âme du Christ, sanctifiez-moi, Corps du Christ, sauvez-moi. Sang du Christ, enivrez-moi, Eau du côté du Christ, lavez-moi. Passion du Christ, fortifiez-moi. O bon Jésus, exaucez-moi. Dans vos blessures, cachez-moi. Ne permettez pas que je sois séparé de vous. De l’ennemi défendez-moi. À ma mort appelez-moi. Ordonnez-moi de venir à vous, pour qu’avec vos saints je vous loue, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Prière de Madame Élisabeth de France


Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu, je l’ignore. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que Vous ne l’ayez prévu de toute éternité. Cela me suffit, ô mon Dieu, pour être tranquille. J’adore vos Desseins éternels, je m’y soumets de tout mon cœur. Je veux tout, j’accepte tout, je Vous fais un sacrifice de tout ; j’unis ce sacrifice à Celui de votre cher Fils, mon Sauveur, Vous demandant, par son Sacré-Cœur et par ses Mérites infinis, la patience dans mes maux et la parfaite soumission qui Vous est due pour tout ce que Vous voudrez et permettrez. Ainsi soit-il.

Prière pour un malade à l’Enfant-Jésus de Prague

Ô Jésus Enfant, Maître de la vie et de la mort, bien qu’indigne et pauvre pêcheur, je me prosterne devant Vous pour implorer la guérison de (nom de la personne pour qui on demande la grâce), qui me tient tant à cœur. Celui (ou celle) pour qui je prie, souffre terriblement ; Dans sa douleur, il (ou elle) n’a pas d’autre issue que Vous qui êtes Tout-Puissant, en Vous, il (ou elle) met tout son espoir. Soulagez, Ô Médecin du Ciel, ses peines, délivrez-le (la) de ses souffrances et donnez-lui une santé parfaite, si cela est conforme à Votre Volonté et pour le bien de son âme. Ainsi soit-il.

Chanoine Marc Guelfucci, curé Dimanche 8 mars 2020

Parcours Alpha

Cette semaine la vie de la paroisse sera marquée par un événement important qu’est le lancement du « Parcours Alpha » qui sera au 1er plan de notre activité missionnaire au cours des mois qui viennent.

Nous vivons dans un monde sécularisé qui s’est profondément déchristianisé. Le relativisme généralisé couplé au laïcisme idéologique de notre société a anémié la vie spirituelle de nos concitoyens qui évoluent dans une ambiance d’indifférentisme religieux. Mais chaque homme possède une âme spirituelle qui est au principe de toute sa vie et qui l’amène bien souvent à se poser des questions sur le sens de son existence. Et c’est là, qu’en tant que Baptisés, nous avons la grave responsabilité vis-à-vis de notre prochain de lui apporter cette Lumière de la Foi dont nous avons la chance de bénéficier parce que d’autres nous l’ont transmise.

En fait, bien souvent on voudrait faire quelque chose car en notre conscience chrétienne résonne cet appel du Christ à porter l’Évangile mais, à cause de notre inexpérience ou face à l’ampleur de l’entreprise, nous ne savons pas comment nous y prendre. La paroisse vous offre justement en ces mois à venir une structure adaptée dite « parcours Alpha » pour parler de notre Foi aux personnes de notre entourage ou que la Providence divine a mises sur notre chemin et qui sont en recherche spirituelle.

A la base, pour chacun d’entre nous, la mission consiste simplement à inviter et à accompagner un parent, un voisin, un ami, un collègue de travail, une personne providentiellement rencontrée à un dîner amical qui sera suivi d’un temps de réflexion (topo et échange en groupes) sur un thème religieux propre à chaque soirée. Ensuite l’équipe Parcours Alpha s’occupe de l’organisation de la soirée. Vous pouvez, alors aussi, selon votre charisme, proposer vos services pour le bon déroulement de ces rencontres : soit au niveau de la logistique matérielle, soit dans l’encadrement intellectuel.

Aspects pratiques : les dates des soirées et les thèmes abordés sont notés ci-dessous dans cette feuille d’information paroissiale ; les fiches d’invitations sont disponibles au fond de l’église ; soirées gratuites avec participation libre aux frais.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 1 mars 2020

Parcours Alpha

Mercredi 4 mars : Le christianisme, une religion fausse, ennuyeuse et démodée ? Mercredi 11 mars: Qui est Jésus ? Mercredi 18 mars : Pourquoi Jésus est-il mort ? Mercredi 25 mars : Comment savoir si j’ai la foi ? Mercredi 1 avril : Prier : pourquoi et comment ? Mercredi 6 mai : Lire la Bible, pourquoi et comment ? Mercredi 13 mai : Comment Dieu nous guide-t-il ? Samedi 16 mai : Qui est l’Esprit-Saint ? L’action de l’Esprit-Saint. Comment être rempli de l’Esprit Saint ? Comment tirer le meilleur parti du reste de ma vie ? Mercredi 20 mai : Comment résister au mal ? Mercredi 27 mai  :  En parler aux autres : pourquoi et comment ? Mercredi 3 juin : Dieu guérit-il encore aujourd’hui ? Mercredi 10 juin :  L’Église, qu’en penser ?

Suivre le Christ sur le chemin du Carême,
un évangile chaque jour
pour connaître et aimer

Que nous ayons un missel ou que nous recevions les textes quotidiens par internet, le Carême est un temps de vérité et de grâce avec des textes différents chaque jour. Le Sauveur nous parle en paraboles ou directement pour nous élever, nous avertir, nous rassurer, nous consoler, nous sauver de la faiblesse et du péché en ce monde. La volonté de son Père est notre bonheur par l’épanouissement de notre nature qui est d’aimer et d’être aimé à son image. Temps de grâce, le Carême va nous permettre d’écouter le Christ révéler ce salut pour les âmes rudes ou fines.

Si la montée vers Pâques peut faire peur comme l’invitation d’être parfait comme notre Père est parfait, il nous faut avoir confiance en un Dieu qui vient jusqu’à nous par sa Parole, sa Sagesse incarnée. Le Messie, le Sauveur va nous illuminer, nous guérir, nous relever. Il va nous parler de nos vies, de nos familles, de nos amours, de nos souhaits, de nos envies, de nos jalousies pour les redresser.

Nous sommes mortels, poussière d’ossements, corps malades et vieillissants et pourtant nous voulons vivre ! Cette aspiration va être comblée dans le passage, la Pâque dans 40 jours. Ce but doit abaisser tout obstacle au travail de la grâce en nos âmes pour que nous soyons plus attentifs et réfléchis. Il nous faudra du silence, une vie corporelle plus saine, se coucher plus tôt, se reposer des soucis quotidiens et des écrans d’images et d’informations, manger et boire avec mesure, et fuir la paresse.

Mais ce ne sera pas seulement pour être en forme, saint dans un corps sain. Il faudra préparer le Vendredi Saint en nous arrêtant chaque vendredi, il faudra être plus attentif à notre prochain, plus aimable, moins rapide dans nos jugements, sans agacements, sans critiques, sans exaspérations, bienveillant et prompt à pardonner. Pour le vivre ensemble ? Bien plutôt pour vivre selon Notre Père, selon notre Sauveur et Frère aîné, le Christ Jésus dans l’unité du Saint Esprit.

La présence de la Vierge Marie, notre Mère au pied de la Croix, de saint Joseph, l’homme juste et bon, de notre ange gardien, sera notre secours pour écouter le Christ toujours vivant et présent dans la Sainte Hostie.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 23 février 2020

Le temps : un champ à cultiver

Le temps est un Don du Père céleste que Celui-ci octroie à ses enfants comme cadre d’épanouissement, comme terre à faire valoir et que nous sommes appelés à cultiver pour qu’elle puisse transformer en fruits d’éternité les actes humains que nous semons tout au long de notre temps terrestre. Ainsi, nous sommes à la fois les bénéficiaires du temps que Dieu nous donne en ce monde, mais nous en sommes aussi les cultivateurs et responsables devant Lui.

Dieu est le Maître du temps, du champ qu’il nous faut cultiver. Le prince de ce monde tente de s’en emparer et de le dénaturer en faisant croire à l’homme qu’il en est le maître, après lui, bien sûr : le temps serait ainsi un cadre a priori de la sensibilité que se donne l’être humain, le lieu de ses états de conscience, sans portée métaphysique, sans ouverture sur l’Eternité. Nous avons là un exemple terrible de falsification diabolique d’un don divin qui ne peut plus alors porter son fruit surnaturel.

Le temps est le lieu providentiel de notre Salut. Aussi, au summum du don du temps par le Créateur, il y a le don du temps liturgique, avec, d’une part, le temporal qui déroule les mystères de la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ sur cette Terre depuis son Incarnation jusqu’à son Ascension avec les fêtes qui en découlent, et, d’autre part, avec le sanctoral qui étale les mystères de Dieu incarnés en ses saints en qui le Fils continue sa mission au cours des temps jusqu’à la fin du monde. Le temps liturgique est le don de Dieu à son Eglise : il est le cadre divin de la vie paroissiale, le champ qu’il nous faut cultiver pour en tirer les fruits spirituels de vie éternelle. Notre paroisse met à notre disposition un magnifique champ (chant) liturgique, pour que nous en tirions des fruits de sanctifications : ne le négligeons pas, ne nous en laissons pas déposséder par le démon.

Ainsi, cette semaine, nous aurons la joie de fêter le centenaire du retour à Dieu de sainte Jacinthe de Fatima qui, avec son frère François et sa cousine Lucie, bénéficia en 1917 des visites de la Vierge Marie. Elle fut frappée par la vision de l’enfer, par les souffrances de ceux qui ne surent pas tirer parti du temps terrestre et transformèrent le champ de leur vie en terre pierreuse et inculte. Si le temps nous est compté, ce fut tout spécialement le cas pour elle car elle décéda à l’âge de 9 ans, non sans avoir su tirer les fruits d’éternité d’une fin de vie configurée à celle de la Passion du Christ. En effet, après avoir été l’une des victimes de l’épidémie catastrophique de grippe espagnole lors de l’hiver 1918, elle n’en réchappa que pour être frappée d’une grave maladie des poumons dont elle décéda le 20 février 1920 après de terribles souffrances qu’elle vécut dans une union héroïque à la Croix du Sauveur. Celle-ci demeure l’instrument de Salut de Dieu par la présence de sa verticalité éternelle dans l’horizontalité de notre temps dégradé par le péché et la mort qui, même se déployant de façon effroyable comme dans une pandémie, peut donner ses fruits d’éternité.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 16 février 2020

Vision de la Bienheureuse
Anne Catherine Emmerich

Mystique allemande, Anne Katharina Emmerick (8 septembre 1774 – 9 février 1823) a été béatifiée le 3 octobre 2004, par le Saint Père régnant Jean-Paul II. Sa vie fut caractérisée par une profonde union avec le Christ que prouvaient les stigmates ou plaies. Elle avait une profonde dévotion à l’égard de Marie. À travers la foi et l’amour elle servit l’œuvre de la Rédemption : « J’ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j’ai prié Dieu afin qu’il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d’être utile. A présent je sais qu’il a exaucé ma prière. »

Dans la dernière moitié d’août 1820, elle eut souvent, pendant des journées entières, la vue de la tiédeur et de l’indifférence de bien des prêtres et des laïques envers le très-saint Sacrement, et cela avec accompagnement de douleurs indicibles. On lui mit alors sous les yeux, pour la confusion des mauvais chrétiens, des païens aspirant au salut.

Elle vit aussi la cessation du sacrifice à l’époque de l’Antéchrist. « J’eus, dit-elle, une grande vision touchant l’Église… Je vis l’église de Saint-Pierre et tout autour beaucoup de champs, de jardins, de forêts. Je vis beaucoup de personnages contemporains venus de toutes les parties du monde… dont les uns entraient dans l’église, tandis que les autres passaient devant avec indifférence et allaient en divers lieux.

Il y eut une grande solennité dans l’église et je vis au-dessus d’elle une nuée lumineuse sur laquelle descendaient des apôtres et de saints évêques qui se réunissaient en chœurs au-dessus de l’autel. Je vis parmi eux saint Augustin, saint Ambroise et tous ceux qui ont beaucoup travaillé à l’exaltation de l’Église.

C’était une grande solennité ; la messe fut célébrée, et je vis au milieu de l’église un grand livre ouvert où pendaient trois sceaux du côté le plus long et deux sceaux à chacun des autres côtés. Je vis aussi en haut l’apôtre saint Jean et j’appris que c’étaient des révélations qu’il avait eues à Pathmos. Le livre était placé sur un pupitre dans le chœur… Le Pape n’était pas dans l’église. Il était caché. Je crois que ceux qui se trouvaient dans l’église ne savaient pas où il était. Je ne sais plus s’il priait ou s’il était mort. Mais je vis que tous les assistants, prêtres et laïques, devaient poser la main sur un certain passage du livre des Évangiles et que sur beaucoup d’entre eux descendait, comme un signe particulier, une lumière que leur transmettaient les saints apôtres et les saints évêques. Je vis aussi que plusieurs ne faisaient cela que pour la forme.

Au dehors, autour de l’église, je vis arriver beaucoup de juifs qui voulaient entrer, mais qui ne le pouvaient pas encore. A la fin, ceux qui n’étaient pas entrés au commencement arrivèrent, formant une multitude innombrable : mais je vis alors le livre se fermer tout à coup, comme sous l’impulsion d’un pouvoir surnaturel. Cela me rappela comment un soir, au couvent, le diable souffla ma chandelle et ferma mon livre.

Tout autour, dans le lointain, je vis un sanglant et terrible combat et je vis spécialement une immense bataille du côté du nord et du couchant. Ce fut une grande vision très imposante.» Anne-Catherine Emmerich – Vie de la célèbre mystique – Père K.E. SCHMOEGER, Éditions Téqui.

Que sainte Geneviève et la bienheureuse Anne Catherine Emmerich demandent la lumière de la foi, de l’espérance et de la charité afin que nos lampes restent allumées.

Chanoine Marc Guelfucci, Curé
Dimanche 9 février 2020

« Avez-vous reçu l’Esprit-Saint ? » (Ac. 19, 2)

En ce dimanche 2 février, nous célébrons la fête de la Présentation de Jésus au Temple et de la Purification de la Vierge Marie, 40 jours après la Naissance du Sauveur, en application des prescriptions de la Loi juive. La lumière est un thème majeur de cette fête qui nous apporte un dernier éclat de la Nativité du Soleil éternel qui a pris chair en Marie pour venir illuminer notre monde marqué par les ténèbres du péché. La Prophétie du vieillard Siméon nous rappelle le sens de la fête de Noël : Jésus est la Lumière venue pour éclairer les nations. A cette occasion, sainte Geneviève viendra de nouveau nous visiter en ses reliques et nous illuminer de son cierge.

Dans notre société assombrie par la grisaille d’une culture sécularisée qui a décidé d’occulter toute luminosité surnaturelle, on pourrait croire que le retour au Ciel de la Lumière du Monde au jour de l’Ascension a définitivement éteint la présence de la Lumière divine au milieu des hommes.

Et c’est là qu’il ne faut pas oublier que Jésus nous a promis de continuer à illuminer son Eglise en nous envoyant son Esprit, l’Esprit-Saint, la 3ème Personne de la Très Sainte Trinité. La Lumière venue en notre Monde et manifestée au jour de sa Nativité ne peut continuer à briller que si les chrétiens sont habités par l’Esprit-Saint. Pour réaliser cette promesse de nous communiquer son Esprit, Jésus-Christ a voulu que, parmi les 7 Sacrements qu’Il a Lui-même institués pour continuer en son Eglise la mission que le Père lui avait confiée, un Sacrement soit tout spécialement consacré au Don de l’Esprit-Saint afin que tout chrétien reçoive une plénitude de lumière qui lui permette de devenir un vrai fils de la Lumière. Ainsi que le rappelle le Catéchisme de l’Eglise catholique : « Ce sceau de l’Esprit Saint marque l’appartenance totale au Christ, la mise à son service pour toujours, mais aussi la promesse de la protection divine dans la grande épreuve eschatologique » (n°1296).

C’est donc un devoir pour tout baptisé que de recevoir le Sacrement de Confirmation s’il veut atteindre la plénitude de « l’homme nouveau », devenir temple de l’Esprit-Saint et être porteur de la lumière divine qui « éclaire tout homme qui vient en ce monde ». Aussi, notre paroisse organise chaque année une célébration du Sacrement de Confirmation : la prochaine aura lieu le dimanche 21 juin à 11h. Tout sacrement est une démarche personnelle et libre qui demande une préparation et un accompagnement. Pour vous y aider, un cursus de formation vous est proposé. Il vient de commencer et la prochaine réunion aura lieu ce mercredi 5 février à 20h à la salle sainte Cécile. Les rendez-vous suivants sont fixés aux mercredis 26 février, 11 et 25 mars, 22 avril, 6 et 20 mai, 3 et 17 juin, toujours à 20h au même endroit.

Abbé Gabriel Grodziski, Vicaire
Dimanche 2 février 2020

Victoire et Paix

L’Amour de notre Créateur et Père se manifeste par le bonheur de ses créatures et enfants. C’est la gloire de Dieu que sa volonté soit faite. Le péché n’est pas seulement un égoïsme stérile, un faux chemin qui ne donne jamais satisfaction. Il est également une sorte d’ombre à la gloire de Dieu.

Le sacrifice de la Croix montre le prix du refus de donner, de pardonner, de construire dans la patience et l’exigence de nos vies libres mais marquées par le commandement de l’amour de Dieu et du prochain. La Résurrection apporte la victoire et la paix après la violence et l’inutilité du péché. La Vierge Marie, la Sainte Mère de l’Enfant Dieu et du Sauveur, vit cette paix en son Cœur Immaculé.

Mais le Christ demande une participation à son sacrifice. Il nous demande de porter la croix et d’apprendre la douceur et la légèreté de son Cœur sacré. Debout au pied de la Croix, Notre-Dame devient notre mère et la reine des martyrs et de tous les saints.

A nous de vivre dans la vérité, la bonté, l’humilité, le courage du sacrifice pour les victoires et les paix véritables de la vie terrestre. Au moment de l’appel de Dieu, à la séparation temporaire de l’âme et du corps, à notre mort, le Christ nous jugera.

Le purgatoire purifiera les âmes de ceux qui sont morts sans avoir tout donné et tout pardonné. En ne suivant pas parfaitement la volonté divine qui exige la véritable bienveillance, ils doivent réparer ce temps perdu. Notre devoir est de donner nos prières et nos œuvres comme faire célébrer une messe, se recueillir devant leur corps qui ressuscitera.

Dieu, qui est hors du temps, saura répartir les mérites du Saint Sacrifice et nos prières pour alléger le Purgatoire ou même donner des grâces nécessaires à une conversion avant la mort d’un être cher ou d’un ennemi.

Que la Vierge Marie, les saints Anges, les Martyrs, les saints et les saintes connus et inconnus nous invitent à la Victoire de l’Agneau de Dieu et sa Paix. Son Père et notre Père réclame notre fidélité devant tant d’espérance et de bonheur éternel promis.

Chanoine Marc Guelfucci, curé
Dimanche 3 novembre 2019

Nuit d’adoration du premier vendredi du mois dans la nuit du 1 au 2 novembre

INDULGENCES de novembre :

On appelle indulgence la rémission devant Dieu de la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnés quant à la faute par le regret en confession.

1) Le jour des défunts, 2 novembre :

S’étant confessés dans les huit jours avant ou après, et ayant communié le jour même, les fidèles qui visitent une église en vue de prier pour les défunts, et qui récitent aux intentions du Souverain Pontife un « Notre Père » et un « Je crois en Dieu », obtiennent une indulgence plénière (c’est-à-dire toute la remise de la peine temporelle) applicable seulement aux âmes du purgatoire.

2) Du 1er au 9 novembre :

Les fidèles peuvent obtenir chaque jour, une fois par jour, une indulgence plénière, applicable aux âmes du purgatoire, en visitant un cimetière et en priant pour les défunts. Pour l’indulgence, il faut en avoir l’intention, accomplir intégralement les œuvres prescrites (confession, communion, prière pour le Pape) et être en état de grâce et même être détaché de tout péché véniel pour qu’elle soit entière, sinon, elle sera au moins partielle.

Prière pour le Pape : la liberté de l’Église catholique d’annoncer l’Évangile, la diffusion de la Foi, la fin des hérésies et des schismes, la conversion des pécheurs, la concorde entre les chefs chrétiens, tous biens du peuple chrétien.

Le triptyque de la sainteté

Au cours de cette semaine l’Eglise militante, qui est sur Terre, est tout spécialement appelée à prier pour l’Eglise souffrante qui termine sa purification au Purgatoire, l’ultime moment de la miséricorde divine envers les pécheurs, et à louer l’Eglise triomphante qui est au Ciel tout en sollicitant ses suffrages pour ceux qui sont encore en chemin. Par les deux grandes et magnifiques célébrations que sont la fête de tous les saints et la commémoration de tous les fidèles défunts, la Liturgie a mis en relation en ce début du mois de novembre les trois composantes de l’unique Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ qui sont réunies comme pour marquer l’unité du Corps mystique du Christ dont la Communion se diversifie actuellement en ses différentes conditions de vie, en attendant son achèvement dans la pleine unité de la Communion des saints lors du retour triomphal de Notre Sauveur à la fin des temps.

Si la sainte Eglise nous offre ce magnifique triptyque ecclésiologique à contempler, c’est qu’il est le reflet d’une réalité très profonde qui nous est vitale car elle nous rappelle que la vie en ce monde est un combat qu’il nous faut mener, Deo auxiliante, jusqu’au bout avec courage (Eglise militante) et que si nous baissons les bras avant d’accéder au triomphe qui nous est promis (Eglise triomphante), il nous faudra de toute façon porter les croix que nous aurons repoussées par faiblesse humaine afin que soit achevée notre mission terrestre (Eglise souffrante). De plus, si nous continuons le bon combat en ce monde, nous pouvons, tout en gagnant notre Ciel, aider par nos mérites les âmes du Purgatoire à se purifier, développant ainsi des liens d’entraide et d’amitié spirituelles qui nous préparent à la Communion des saints au Paradis céleste.

Le thème commun de ce magnifique triptyque, vous l’avez deviné, est la sainteté : dans sa phase de conquête, puis si nécessaire dans sa phase d’achèvement et enfin dans sa phase finale de plénitude. Tout cela a été divinement disposé afin de réaliser le commandement que le Seigneur a laissé à Moïse : « Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël, et tu leur diras : Soyez saints, parce que je suis saint, moi, le Seigneur votre Dieu » (Lv. 19,1-2) et que Notre Seigneur Jésus-Christ reprendra sous la forme : « Soyez donc parfaits, vous, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48).

Que ces saintes journées riches d’enseignement sur notre condition humaine nous aident à persévérer courageusement au milieu des épreuves quotidiennes car nous savons que celles-ci ont un sens, qu’à travers elles nous pouvons vraiment progresser vers la Patrie céleste en participant à l’œuvre de Rédemption de Notre Seigneur Jésus-Christ : c’est là l’unique chemin vers la Béatitude céleste car c’est le chemin que Jésus-Christ Lui-même, Chef et Tête de l’Eglise, son Troupeau, a voulu parcourir en venant en ce monde et c’est pour nous le tracer et nous le montrer qu’Il s’est incarné.

Abbé Gabriel Grodziski, vicaire
Dimanche 27 octobre 2019