Editorial de la semaine

Totus tuus, Maria

Nous avons magnifiquement chanté cette semaine la fête de Notre Dame des Sept Douleurs. Stabat iuxta crucem (Jean 19,25). Nous avons alors pu contempler la beauté et la dignité de la très sainte Vierge Marie au pied de la croix. Et pourtant, au même moment, confirmant la parole prophétique du saint vieillard Siméon, une épée lui transperçait l’âme !

Elle est souffrante, la mater dolorosa, comme nous le rappelait si bien saint Bernard de Clairvaux : « Ne vous étonnez pas, frères, qu’on puisse dire de Marie qu’elle a été martyre dans son âme ». (Sermon du dimanche après l’Assomption). Elle est confiante aussi, car assurément elle espérait qu’il ressusciterait aussitôt.

J’ai pu constater, dès les premiers jours de mon arrivée dans cette bonne paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile, une grande affection et une belle dévotion à Marie, Mère de Jésus, vrai Dieu, vrai homme ; notre Mère.

A peine avais-je été appelé à la charge de curé que déjà je pensais qu’un jour, nous pourrions consacrer notre paroisse et nos paroissiens à si douce Mère et à si forte protection, afin de nous placer sous haute défense des vents et des tempêtes dont le Seigneur Jésus nous avait prédit la violence en parabole. Il voulait nous inviter à bâtir notre maison sur le roc.

Il s’agit donc de nous fonder solidement en Dieu, en tant que paroisse parisienne et en tant que chrétiens, car en Lui se tiennent toutes les vérités éternelles. A l’image de la Vierge des douleurs, souvent, notre cœur gémit et pleure, mais pourtant immédiatement nous faisons appel à l’espérance : Dieu ne déçoit jamais !

Sursum corda !

Votre curé, le père Julien Durodié
Dimanche 19 septembre 2021

N.B. : je demande instamment à chacun de porter le masque pendant les offices, surtout dans les différents mouvements, tant que nous le requièrent l’obéissance et la prudence chrétiennes.

La Confrérie Marie Corédemptrice

La rentrée de notre paroisse est marquée, cette année, par une nouvelle dévotion mise en place par la Confrérie Marie Corédemptrice. En effet, nous venons de commencer cette semaine une neuvaine de prières préparatoire à la fête de Notre Dame des Sept Douleurs, le 15 septembre, qui est la fête patronale de cette confrérie. Prévue de longue date, depuis près d’un an, cette neuvaine nous fait entrer dans le mystère de la Passion du Christ et nous invite à méditer celui de la Compassion de la Très Sainte Vierge Marie afin de nous aider à porter un regard chrétien, plein de confiance vers Dieu au milieu des épreuves qui peuvent accabler les uns et les autres en ces temps de grandes incertitudes.

 Tout enfantement en ce monde se fait dans les souffrances et la Vierge Marie a enfanté ses enfants dans l’ordre de la Grâce au pied de la Croix en acceptant le glaive de douleurs qui transperçait son cœur, afin de contribuer à nous rouvrir les portes de la Vie éternelle et nous permettre d’accéder auprès de Dieu. Le mystère de la Rédemption nous rappelle que tout est grâce car tout est voulu ou permis par Dieu pour le bien de ceux qui L’aime. En ce bas monde la Croix est omniprésente mais elle peut être, en fonction du Plan divin, plus ou moins pesante, selon que cela est nécessaire à notre sanctification.

Aussi ce chapelet hebdomadaire à Notre Dame des Sept Douleurs est une grande grâce pour la vie de la paroisse, elle est un magnifique Don de Dieu car en maintenant notre regard tourné vers Jésus à l’instar de la Vierge au pied de la Croix, cette dévotion nous aide à espérer contre toute espérance et à attendre des temps meilleurs dans la confiance filiale surnaturelle. Pâques est le merveilleux fruit du Vendredi Saint vécu comme Don de Dieu dans l’espérance de la Résurrection. C’est dans cette spiritualité que désire nous faire entrer le chapelet hebdomadaire de Notre des Sept Douleurs. Et c’est aussi pour cette raison, lorsque les circonstances s’y prêtent, lors d’une fête mariale, comme celle du 15 août, nous aimons méditer les Sept Gloires de Marie ou ses Sept Joies.

Si notre société a perdu l’Espérance surnaturelle, c’est parce qu’elle a perdu le sens chrétien de la souffrance. La théologie moderniste a voulu évacuer la dimension sacrificielle de la Rédemption, la réduisant à un résidu doloriste du Moyen-Age, alors qu’elle est à la source de notre Salut. Le chapelet de Notre Dame des Sept Douleurs a pour objet de permettre de nous réapproprier cette dimension fondamentale de la théologie catholique et de préparer ainsi nos cœurs à mieux entrer dans le mystère de la sainte Messe, qui est le saint Sacrifice de la Croix rendu présent sur nos autels et nous communiquant la Vie divine. Cette dévotion paraliturgique est donc tout à fait complémentaire à la Messe et y prépare.

Abbé Gabriel Grodziski, Vicaire
Dimanche 12 septembre 2021